Voeux de Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aux Français.

20 Jan


Français, mes  chers compatriotes,

Depuis plusieurs années, j’ai  pris l’habitude de m’adresser à vous durant le mois où des vœux sont formés pour ceux que l’on aime.

Au début, ce message du 21 janvier n’était reçu que par les  fidèles qui, en cette date anniversaire de la mort du Roi Louis XVI revivaient en leur cœur, l’espérance de la tradition. Il y avait sans doute alors un peu de nostalgie en souvenir d’un temps glorieux  où la France était une grande nation. Puis, d’année en année, l’audience de ce message s’est développée, notamment  avec l’essor des nouvelles formes de communication.

En ce début 2018, je veux poursuivre cette rencontre.  Elle  fait partie de mon devoir de successeur légitime des rois dont l’histoire se confond avec celle de la France. Comme héritier des Rois, je me dois d’incarner cette tradition qui ne peut consister uniquement à assister à des cérémonies de mémoire. Elles sont pourtant  nécessaires et j’y participe toujours avec joie. Elles permettent de résister à la destructrice amnésie mémorielle instrumentalisée par ceux qui n’ont pas envie de voir la France fière d’elle-même et soucieuse de prolonger dans l’avenir, le rôle de moteur qu’elle eut durant si longtemps.

Mais, à quoi  me servirait-il  d’être  l’héritier d’une dynastie millénaire ? Il ne peut s’agir pour moi de me satisfaire de considérer la gloire de mes ancêtres. Il m’appartient encore plus, si je veux être digne d’eux,  de contribuer à l’édification du présent et de l’avenir à ma manière, avec mes moyens. Je serai ainsi fidèle à ce qui était la nature de la royauté française, faire de l’action du roi, avant tout, un service rendu à tous.

Remplir ce devoir  me paraît d’autant plus important que notre pays traverse une épreuve difficile comme l’histoire en réserve, malheureusement, à espaces réguliers. Dans ces moments c’est toujours en revenant à ses fondamentaux que la France a pu trouver un nouveau souffle. Devant les difficultés il ne s’agit ni de se cacher la réalité, ni d’abandonner,  mais de réagir. Tel est le devoir d’état de chacun, des familles en particulier, même si c’est souvent difficile et impose des sacrifices.  Par ma position,  n’ayant pas à me placer dans le contexte de promesses ou de programmes de la politique au quotidien, il m’appartient de le rappeler. 

Attaquée à l’extérieur et sur notre sol par un ennemi aussi insidieux que brutal et qui souvent trouve du renfort dans  nos faiblesses et notre laxisme; rongée de l’intérieur par une crise morale qui lui fait parfois renier son identité, notre pays, la France, est tenue de réussir à se reprendre. Elle le  doit à tous ses enfants ; elle a aussi une obligation envers ceux qui l’ont toujours regardée comme le foyer où naissent les grandes idées et s’épanouit la civilisation née du double héritage gréco-latin et chrétien.

Cet héritage,  s’il nous a été transmis, n’a de sens que pour le présent. Il nous appartient de le faire vivre. Cela d’autant plus que la société est à un tournant et, surtout,  en attente. Le contexte ayant changé, il faut lui redonner un cadre.  Celui dans lequel nous vivions depuis deux siècles s’effrite. Fait de beaucoup d’idéalisme, d’égoïsme et de matérialisme il ne répond plus aux besoins de la société car elle s’est prise dans ses propres contradictions. Ses excès dans tous les domaines ont abouti à d’immenses échecs  tant dans le domaine social qu’environnemental et l’homme en fait les frais. Ce mouvement délétère pour les libertés devenues licences, l’économie devenue financiarisation, l’emploi précarisé, la culture, l’éducation  et le patrimoine trop souvent livrés aux destructions,  se développe puisque, face à lui, un nouveau contexte se met en place. Il se nomme mondialisme, société du numérique et de la dématérialisation, émergence de nouvelles puissances, éclatement de la société en « réseaux », remise en cause de certains fondamentaux en matière d’éthique tels que famille et couple ou la valeur de la vie humaine, déculturation.

La situation n’est pas simple et il est difficile de trouver la juste conduite face à ce monde qui change. Un monde nouveau est à redessiner ce qui demande de récréer une anthropologie donnant sa place à la gratuité.  Abandonnons donc les constats et la nostalgie d’un temps qui n’est plus celui dans lequel nous vivons et encore moins celui de nos enfants !

Acceptons, enfin, de relever  les défis de demain pour redonner du sens à nos actions présentes et futures. Redonnons à la jeunesse l’espérance, non pas celle des facilités matérielles mais celle(s) de l’épanouissement de soi et des autres à commencer par la famille qui doit redevenir  le socle principal de toute vie commune. La génération montante, la mienne, ayant redécouvert les vertus du réalisme qui doit imprégner l’action, a largement déjà contribué à la remise en cause des excès d’une société sans limite et oublieuse de la nécessaire transcendance sans laquelle l’homme n’est pas pleinement homme.

Cela  me parait conforme au rêve capétien  qui a bâti la France et enfanté l’Europe.  Il était vision d’un avenir partagé. Les grandes nations ont besoin de tels horizons. Regardons autour de nous, les pays qui prospèrent sont ceux qui croient en eux et en leur devenir.  Ce fut longtemps l’esprit qui  a animé notre pays et le monde occidental.  Avec lui la France a pris une place prépondérante dans le monde car elle était porteuse d’espoir pour ceux qui aspiraient à devenir sujets du Roi de France. Ainsi ils avaient l’assurance de participer à cette aventure commune que la France offrait à tous dès lors qu’ils l’aimaient et voulaient contribuer à sa grandeur.

Face aux nouveaux enjeux il y a place pour un pays qui  s’affirme avec son identité propre et ses valeurs. Déjà de nombreux d’entre vous en ont conscience : ceux qui entreprennent, ceux qui trouvent de nouveaux terrains sur lesquels le génie français peut se déployer ; ceux qui pensent que le Bien commun sera toujours supérieur aux égoïsmes ; ceux qui ont compris que la vie en société est préférable à tous les communautarismes, formes nouvelles des féodalités archaïques. Il y a un espace pour la France dans le monde de demain et donc pour les Français. Il appartient à chacun de le construire en restant fidèle aux valeurs et aux principes légués par l’histoire. Soyons fiers d’être des héritiers et sachons transmettre l’héritage.

En ce début d’année, mes vœux s’adressent tout particulièrement à tous ceux qui croient en la France, mais je pense aussi à ceux que la société a laissé sur le bord du chemin, ayant oublié que la charité demeurait le premier devoir des hommes. Ils ont leur place. Ne l’oublions pas !

En 2018, pour l’aider à être elle-même, puisse la France, fille aînée de l’Eglise compter sur tous les Saints qu’elle a vu naître, à commencer par Saint-Louis, le modèle des gouvernants.

Louis de Bourbon, Duc d’Anjou

le 20 janvier 2018

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5 Réponses to “Voeux de Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aux Français.”

  1. Hervé J. VOLTO janvier 20, 2018 à 11:05 #

    Grands bel discourt, digne d’un vrai fils de Saint Louis.

    Merci, Monseigneur…

  2. Catoneo janvier 21, 2018 à 7:53 #

    Remercions le prince de Bourbon de ses voeux très en phase avec les défis qu’affronte la société française aujourd’hui. J’avais envie d’entendre l’annonce d’une concrétisation dans la veine de ce qu’avait construit son père. L’IMB ne suffit plus s’il sert encore à quelque chose. Le mémoriel ne projette rien dans un monde quantique. Or-ga-ni-sa-tion !

    • conseilesperanceduroi janvier 21, 2018 à 8:02 #

       » J’avais envie d’entendre l’annonce d’une concrétisation dans la veine de ce qu’avait construit son père. L’IMB ne suffit plus s’il sert encore à quelque chose. Le mémoriel ne projette rien dans un monde quantique « , dites-vous. Oh combien nous partageons votre point de vue ! Mais rien. Rien ne vient dans le sens de ce que nous attendons tant. Car nous sommes lassés du « commémorationnisme » (le 21 janvier en est le sommet) qui résume l’activité des différents mouvements royalistes. Rien. Jamais rien qui soit tout simplement politique et permette d’espérer que tout change…

      • Catoneo janvier 22, 2018 à 7:36 #

        Il y a quelques années, j’ai entendu le président de l’UCLF devant la statue de Chambord à Ste Anne d’Auray expliquer au journaliste de FR3 (qui ne lui demandait rien) que ses activités présentes n’avaient rien à voir avec une restauration de la monarchie.

        Le mémoriel consomme de l’énergie en pure perte car il ne déborde jamais la poignée de croyants qui s’y prête. Et même les messes pour Louis XVI n’interpellent pas l’opinion parce qu’elles sont vues comme une manifestation religieuse annuelle pour initiés. Dans l’esprit des Français, Louis XVI fut un brave type qui n’avait pas les qualités de l’emploi (même si c’est inexact) et surtout pas de chance.

        Si on regarde l’histoire du royaume, il s’est fait de haut en bas. C’est à chaque étape le roi qui agit en défense ou qui l’agrandit. Jamais ses sujets ou les féodaux (vassaux ou pairs).

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  1. Quelle heuristique pour notre CRIL17 ? [ MAJ 21/01] - Cril17 - janvier 21, 2018

    […] … héritier légitime de Louis XVII, fils du Roi Louis XVI et de la Reine Marie-Antoinette, nécessaire à la France et à l’Europe, et face au cancer de l’islam qui s’est développé en France, grâce au sida mental des valeurs dites républicaines et démocratiques, associées à la pastorale mise en oeuvre par le concile Vatican II, merci Monseigneur, pour cette très belle déclaration … Voeux de Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aux Français . […]

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