L’avenir de l’Afrique (mais de l’Europe aussi) passe par l’éducation.

25 Jan

L’éducation va nécessairement devenir une priorité de l’aide internationale en Afrique et la conférence de reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), prévue les 1er et 2  février à Dakar (Sénégal), en constitue les prémices. Le PME est en effet le seul fonds multilatéral consacré à l’éducation. Il cible les pays les plus pauvres et en leur sein les populations les plus fragiles. Les pays du continent africain en sont donc les principaux bénéficiaires. Ajoutons à ceci qu’une autre importante préoccupation s’ajoute à la misère chronique des populations africaines : leur démographie.

Nous avons abordé cette question il y a peu dans quelques-uns de nos articles :

  • « Ça ne leur coûte pas cher mais ça peut leur rapporter gros » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/12/06/ca-ne-leur-coute-pas-cher-mais-ca-peut-leur-rapporter-gros/
  • « Il paraît qu’il sera bientôt trop tard pour tenter de sauver la planète » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/11/15/il-parait-quil-sera-bientot-trop-tard/
  • « Démographie mondiale, attendez-vous au pire ou alors faites des enfants » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/09/21/demographie-mondiale-attendez-vous-au-pire-ou-alors-faites-des-enfants/
  • « Démographie en Afrique » (1ère partie) : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/08/08/demographie-en-afrique-les-migrations-daujourdhui-ne-sont-rien-a-cote-de-ce-qui-attend-nos-enfants/
  • « Démographie en Afrique » (2ème partie) : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/08/08/demographie-en-afrique-les-migrations-daujourdhui-ne-sont-rien-a-cote-de-ce-qui-attend-nos-enfants-2eme-partie/
  • « Et si maintenant le climat s’en mêle » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/12/24/et-si-maintenant-le-climat-sen-mele/

Depuis le début de la décennie, l’aide publique au développement consacrée à l’éducation par les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) stagne, globalement, mais en Afrique subsaharienne elle a subi une coupe importante. En  2016, elle s’élevait à 2,7  milliards de dollars (2,2  milliards d’euros), contre 3,7  milliards six ans plus tôt. Le désengagement de la France explique pour une bonne part ces chiffres. L’aide française a été presque divisée par trois, passant de 819  millions de dollars en  2010 à 307  millions de dollars en  2016.

Les enfants africains sont pourtant loin de jouir d’un enseignement pour tous, promesse faite à l’aube du siècle avec les Objectifs de développement du millénaire et prolongée en  2015 par les Objectifs de développement durable. Des progrès ont été réalisés. La plupart des pays consacrent une part plus importante de leurs ressources budgétaires à l’école. Ainsi, rapporté à la richesse nationale, le Niger fait plus d’efforts que la Corée du Sud pour la formation de sa jeunesse. Globalement, l’accès à l’école primaire profite à 80  % des enfants, contre 64  % en  2000. Et près de quatre enfants sur dix vont au collège, contre moins de trois il y a quinze ans.

Pour autant, cette course vers l’éducation universelle s’est souvent faite au détriment de la qualité de l’enseignement, et en laissant plus souvent à la maison les filles que les garçons. Au Congo-Kinshasa, au Mali, en Ethiopie, une fille va deux fois moins longtemps à l’école que son frère.

Vous comprenez dès lors pourquoi

1/ il est essentiel pour l’Afrique que ses forces vives ne quittent pas le continent pour un illusoire Eldorado et participent, sur place, au développement de leurs pays,

2/ il est mensonger de faire croire à nos compatriotes que les migrants africains qui envahissent notre pays via la Méditerranée sont des « REFUGIES » qui fuient la terreur et ont des formations universitaires ou professionnelles à la hauteur des exigences d’un pays comme le notre,

3/ trop d’employeurs européens se réjouissent de l’arrivée d’une main-d’œuvre peu éduquée et donc docile et peu exigeante en terme de salaire !

Enfin, n’oubliez pas que, d’ici à 2030, 170  millions d’enfants supplémentaires devront être scolarisés. Les systèmes éducatifs déjà sous tension ne pourront faire face à cette nouvelle vague sans appui financier ni sans notre extrême vigilance. A fortiori si l’ambition est d’offrir un avenir à cette jeunesse aujourd’hui confrontée au chômage de masse. Ce n’est qu’à ce prix que l’Afrique pourra tirer profit, comme d’autres régions en développement avant elle, de son dividende démographique.

Sinon…Nous disparaîtrons.

Le 25 janvier 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :