Le niveau des étudiants en licence est apocalyptique !

7 Fév

Plus ça va et…moins ça va. Les enseignants d’université récoltent aujourd’hui les fruits de la dégradation déjà ancienne mais qui s’accélère de l’enseignement des élèves du primaire puis de secondaire. ILS N’EN PEUVENT PLUS ET LE DISENT ENFIN, après que nous ayons tant et tant dénoncé ces faits.

Ainsi, le tweet d’un enseignant-chercheur d’une université francilienne publié le 12 janvier : 

 » Je viens de corriger des copies de deuxième année d’histoire et lettres, je n’ai jamais vu ça. JAMAIS.  »  Texte complété aussitôt par ceci :  » Un anglais apocalyptique et un français nunuche niveau CE1. J’aimerais exagérer, vraiment. Que de lâchetés et de petites démissions de l’école pour en arriver là « , enchaînait-il.

Il n’en fallait pas plus pour relancer l’inflammable débat sur le niveau des étudiants en licence, alors que les enseignants corrigent les copies des premiers partiels de l’année et que les universités sont en train de dévoiler les  » attendus  » requis pour entrer en licence, dans le cadre de la nouvelle procédure d’admission sur la plate-forme Parcoursup. Le niveau baisse-t-il à l’université ? Est-ce la faute de l’école ? A-t-on rogné sur les exigences du diplôme de licence ? 

Dans les diverses copies d’examen, c’est avant tout la maîtrise de la langue française qui apparaît déficiente. En voici un petit florilège extrait de copies de licence d’histoire, de sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), de sciences de l’éducation ou encore d’administration économique et sociale (AES), de différentes universités :

 » Dès l’âge de sept ans, les enfants aidés les parents, les petites filles aidées leurs mères « , » On dis aux appelés « , » Ou est ce que tu habitait quand la guerre à commencer ? « , » Ce ne serait qu’effleurer le sujet que de dire que la seconde guerre mondial a été le dernier grand conflit militaire où le nombre de victime civil s’éleva au dessus de celui des militaires tombés « … Sur ces copies, les commentaires agacés s’accumulent dans les marges, sans compter les dizaines de fautes d’orthographe entourées en à peine quelques lignes :  » Md « , pour  » mal dit « , » fs «  pour  » faux sens « , ou encore des  » incompréhensible «  et autres  » incohérent « .

Une maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Cergy-Pontoise, résume le sentiment général de ses collègues en ces termes :  » C’est catastrophique car cela constitue un obstacle à tous les exercices, en empêchant ensuite les étudiants d’analyser ou d’argumenter.  » Mais, aussitôt, elle se reprend tant l’idéologie est prégnante dans ce corps enseignant :  » Mais je vous le dis tout de suite, la réponse n’est pas la sélection à l’entrée de l’université « , tient-elle à souligner tout  en donnant son sens à l’imposture des 90% de réussite au baccalauréat… 

Preuve supplémentaire de l’incandescence du sujet, le Tweet irrité de l’enseignant-chercheur en civilisation du monde anglophone et la discussion qui s’en est ensuivie ont été supprimés par l’universitaire, à la suite des réserves émises par sa hiérarchie, inquiète des conséquences néfastes pour l’image de son établissement. Car ces choses ne sont manifestement pas bonnes à dire ! Alors, vite, 

CACHONS LA POUSSIÈRE SOUS LE TAPIS.

 » Les enseignants parlent de leurs difficultés face aux copies parce que c’est une souffrance, s’explique pourtant ledit enseignant-chercheur. Ce ne sont pas des cas isolés ou des questions de perception, comme on peut l’entendre chez ceux qui évacuent la question d’un revers de main, arguant qu’on ne peut prouver, scientifiquement, que le niveau a baissé. Quand je me retrouve face à des étudiants qui ne savent pas conjuguer le verbe avoir à l’indicatif, je suis désolé, mais il y a un problème. « 

D’ailleurs,  » Sans faire de serments ni de promesses vide (sic) de tout sens, je mets tout en œuvre pour éradiquer cette tare qui me pèse « , lui écrit tristement cet étudiant de deuxième année de licence auquel il a reproché son orthographe et sa syntaxe.

Du côté des sciences dures aussi, cette question de la maîtrise de la langue n’est pas sans conséquences :  » C’est une chose de ne pas savoir résoudre un problème de mathématiques ou de physique parce qu’on ne maîtrise pas l’outil, ou qu’on ne parvient pas à faire la mise en équation, c’en est une autre de ne pas comprendre la question posée « , souligne un maître de conférences qui enseigne la science des matériaux.

Au-delà, certains professeurs regrettent le manque de connaissances.  » Entre le lycée et la licence, les programmes vont beaucoup moins loin qu’avant. Résultat, quand nos étudiants arrivent en master, on voit bien qu’il y a des exercices qu’ils ne savent plus faire, des connaissances qu’ils n’ont plus « , estime un autre enseignant-chercheur en mathématiques. Et sans compter que, selon d’autres enseignants,  » Le niveau est une question qui se pose en permanence. La syntaxe et l’orthographe peuvent être encore complètement défaillantes à la fin de la licence « .

Une manière de soulever une autre question taboue : celle du niveau du fameux diplôme délivré à l’issue des trois premières années d’études universitaires. Avec la massification de l’enseignement supérieur, l’université a-t-elle revu ses exigences à la baisse ? La plupart des universitaires interrogés contestent cette idée, même si certains évoquent des  » adaptations « . Tel l’enseignant d’anglais qui dénonçait sur Twitter le  » niveau apocalyptique «  des étudiants. Il indique avoir lui-même  » capitulé «  face à l’impossibilité de faire commenter des images intégralement en anglais, en donnant la moitié des commentaires à rendre en français. De même qu’il a décidé d’ajouter des questions de cours sur des repères chronologiques, afin de  » mieux valoriser l’apprentissage, faute de pouvoir obtenir de l’analyse « .

 » Les mailles du filet sont peut-être un peu moins serrées qu’avant pour avoir certains diplômes. Mais il faut rappeler que l’université compte toujours de nombreux bons étudiants. En réalité, derrière ce sentiment d’un problème ou d’une baisse de niveau exprimé par une partie des enseignants, c’est l’arrivée d’un public bien plus hétérogène sur les bancs de l’université qu’il faut voirreconnaît le sociologue Mathias Millet, de l’université de Tours. Notamment celui des bacheliers professionnels et technologiques, qui ont toute leur place à l’université, mais qui sont aussi moins armés ou préparés sur le plan académique que les publics “d’héritiers” ou d’anciens sur-sélectionnés scolairement. « 

 

Alors, au fond et si l’on veut bien admettre que les élèves d’aujourd’hui ne sont pas nécessairement plus idiots que ceux d’hier, cette tragédie (dont notre pays paiera avant longtemps les conséquences) résulte-t-elle de l’incompétence des enseignants du primaire puis du secondaire ou de leur capitulation face aux difficultés nées du métissage ethno-culturel que l’on sait et de l’acculturation qui en résulte ?

LES DEUX, MON CAPITAINE !

Pourrions nous sans doute répondre. Mais, dans les deux cas, les responsables sont les mêmes : les élites politiques qui assassinent la culture et son enseignement en même temps qu’elles mettent en oeuvre leur projet criminel de  » Grand Remplacement « .

Le 7 février 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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