Police nationale : « Engagez-vous, rengagez-vous ». Mais, au fait, à qui s’adresse-t-on ?

13 Fév

Les renforts en effectifs dans la police nationale sont un des piliers de la réforme de la sécurité publique, lancée le 8 février par le ministère de l’intérieur. Pour remettre les forces de l’ordre sur le terrain, Gérard Collomb a déclaré que,  » dans les cinq ans qui viennent, nous allons créer 10 000 postes «  dans la police et la gendarmerie.

Dans un contexte de menace terroriste, les recrutements étaient déjà repartis à la hausse sous le précédent quinquennat avec près de 9 000 créations de postes. Un changement de braquet radical, après les années de rigueur de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) de Nicolas Sarkozy.  » Alors qu’on a recruté moins de 500 élèves gardiens de la paix en  2012, on en a pris 4 800 en  2016 et 4 700 en  2017 « , témoigne Philippe Lutz, directeur central du recrutement et de la formation de la police nationale. Cette année, un concours exceptionnel, en plus de la session ordinaire, doit se tenir en mars, comme ce fut le cas déjà en  2016, après les attentats.

Mais cette montée en puissance ne se fait pas sans difficultés.  » Les gouvernements n’ont pas recruté de façon régulière et, maintenant, ils veulent massivement combler les trous, quitte à prendre des policiers qui ne savent pas réfléchir, s’alarme un fonctionnaire qui intervient en école de formation. Devant les élèves, on lutte. Au niveau de l’expression, du vocabulaire, de l’orthographe… Il y a aussi des choses qu’ils n’intègrent pas au niveau procédural, sur ce qu’ils peuvent faire ou pas. Ils ont besoin d’être encadrés en permanence. S’ils sont livrés à eux-mêmes sur la voie publique, ça va être compliqué. «  «  On ne peut pas impunément multiplier par dix le nombre d’élèves recrutés. Il est logique que la qualité soit plus diffuse « , ajoute-t-il.

En d’autres termes, et réfléchissez bien à cela, le niveau culturel des élèves policiers est nécessairement le même que celui des candidats à l’entrée en faculté, après le baccalauréat, c’est-à-dire TRÈS MAUVAIS. Mais les qualités que l’on est en droit d’exiger de ceux-là en terme de SECURITE PUBLIQUE sont très différentes. Or, vous l’aurez sans doute remarqué, de plus en plus de gardiens de la paix sont issus de l’immigration, principalement maghrébine et africaine. Se pose alors un double problème : celui du niveau de connaissance et de réflexion acquis durant leurs études et celui de leurs origines culturelles et des conséquences qu’elles sont susceptibles d’entrainer dans le domaine de la sécurité de notre pays.

Actuellement, le recrutement de gardiens de la paix se fait par deux voies, à peu près à parts égales : un concours externe ouvert à partir du niveau bac et un concours interne, auquel se présentent principalement des adjoints de sécurité, les anciens emplois jeunes de la police, accessible sans condition de diplôme. C’est notamment sur ce dernier concours, au niveau de l’Ile-de-France, que les tensions les plus fortes se font sentir. Plusieurs sources syndicales assurent que le niveau d’admission a été abaissé.  » L’an dernier, ils ont pris des candidats en dessous de 8 de moyenne au concours « , rapporte l’une d’elles. Malgré cela, en  2017, environ 400 postes n’ont pas été pourvus (Ne manquez pas de lire notre article de mars 2016, intitulé « Et voici venir ce que nous annoncions » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/03/10/bulletin-climatique-quotidien-10-mars-2016-de-la-republique-francaise/).

Philippe Lutz, directeur central de la formation et du recrutement de la police nationale, se dit  » vigilant «  et reconnaît avoir dû, l’an passé,  » repousser les dates limites de dépôt de candidature, car nous étions en retrait par rapport au nombre attendu « . Près de 24 000 personnes se sont portées candidates en  2017. L’engouement massif qui s’était manifesté après les attentats a fait long feu.  » En  2016, lors du concours exceptionnel, nous avions eu 35 000 candidats, mais c’est un pic qu’on n’a jamais retrouvé « , dit M.  Lutz. Il tempère en outre le succès de cette moisson :  » Les candidats n’avaient pas forcément le profil qu’on attendait. Ils étaient surtout dans la réaction aux événements terroristes. Or, on ne va pas à la DGSI en sortant de l’école. Le quotidien, c’est la police secours, les cambriolages, les troubles de voisinage, les violences conjugales… « 

 » Le concours n’attire pas des personnes ayant le niveau de le passer « , tranchait jeudi dans un communiqué le syndicat Vigi (ex-CGT Police). Plusieurs facteurs peuvent contribuer à tarir le vivier de recrutement, en particulier le système d’affectation des policiers. Alors que la majorité des élèves gardiens de la paix sont des jeunes originaires de villes de moins de 5 000 habitants – la région Hauts-de-France fournit le plus important contingent –, ils sont pour 70 % à 80  % d’entre eux affectés en région parisienne, notamment dans des quartiers difficiles, contraints d’y demeurer cinq à huit ans avant de demander une mutation. Un aspect qui peut rebuter.  » C’est un métier dangereux et difficile « , ajoute Philippe Capon, secrétaire général du syndicat de gardiens de la paix UNSA Police. Il évoque, pêle-mêle, les suicides de fonctionnaires, les heures supplémentaires, le manque de moyens, l’affaire Théo, la mort de Xavier Jugelé, tué lors d’une attaque terroriste sur les Champs-Elysées…

La police nationale est aussi concurrencée par d’autres recruteurs tels que la gendarmerie nationale, la police municipale ou encore la sécurité privée (beaucoup moins regardante sur les CV…). Pour remédier au manque d’attractivité des postes en Ile-de-France, le directeur général de la police nationale, Eric Morvan, a annoncé jeudi réfléchir à des aides au logement et au transport ainsi qu’à ouvrir le concours interne aux agents de la fonction publique. Le ministère de l’intérieur envisage aussi de réformer les épreuves du concours externe, le plus à risque, pour donner plus de poids à l’entretien oral par rapport à l’étude de texte ou au test de questions/réponses. Autrement dit, tirer encore un peu plus le niveau vers le bas…

Un chantier qui n’est pas sans risque.  » Le but, ce n’est pas de faire la dictée de Bernard Pivot, résume M. Lutz. D’un autre côté, il faut se rappeler que ces fonctionnaires vont faire de la procédure, prendre des plaintes…  » Et bien d’autres choses dont l’importance ou la gravité ne peuvent vous échapper !

En résumé, là comme ailleurs, les prétendues  » Chances pour la France  » N’EN SONT PAS.

Le 13 février 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, Conseiller aux affaires intérieures, à l’ordre public et à l’organisation du territoire.

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