Nous avions le nez creux !

5 Mar

C’est chose faite aujourd’hui ! Et nous voici face à un nouvel épisode de la lutte des Guelfes contre les Gibelins…Mais qui s’en souvient, tant s’est perdue la longue mémoire européenne ?

Actualisation des résultats

L’ampleur du bouleversement dessiné par les premiers résultats de ce scrutin législatif est inédit. Aucune majorité parlementaire claire n’émergeait encore, lundi 5 mars au petit matin, alors que les Italiens étaient appelés dimanche à élire pour cinq ans les 630 membres de la Chambre des députés et les 315 membres du Sénat.

Au niveau des partis, c’est le Mouvement 5 étoiles (M5S) qui frappe un grand coup. Avec des premières estimations le créditant de plus de 30 % des voix, le parti créé en 2009 sur la promesse d’un « changement de système » s’impose comme la force majeure de l’échiquier politique italien. Le parti obtiendrait ainsi entre 195 et 235 sièges, confirmant largement sa place de premier parti d’Italie.

Mais aussi haut que le parti populiste culmine, le M5S ne peut pas rêver d’un gouvernement seul. Il lui faudra sceller une alliance pour atteindre une majorité absolue à la Chambre des députés et au Sénat, estimée par les politologues aux alentours de 40 % des voix. Une concession qu’il avait déjà commencé à évoquer en fin de campagne, alors que le parti avait auparavant construit son programme politique sur le rejet des coalitions et des combines politiques.

Le futur allié du M5S se cache peut-être du côté de la coalition de droite. Si la formation, qui rassemble les partis Forza Italia (Silvio Berlusconi), la Ligue (Matteo Salvini) et Fratelli d’Italia, est en tête du scrutin avec environ 37 % des votes, elle n’atteint pas la majorité.

Surtout, au sein même de cette coalition, apparaît le plus gros bouleversement de ce scrutin. Le parti de la droite dure de Matteo Salvini, la Ligue, dépasse de 5 points (18 %) le parti historique de Silvio Berlusconi, Forza Italia (13 %), selon les premiers résultats. Un score qui illustre là encore la montée en puissance des partis anti-européens, vrais gagnants de cette élection. Et c’est là que va se jouer l’avenir.

Enfin, si cette élection ne permet pas d’établir un vainqueur incontestable, le perdant, lui, est vite trouvé. Le Parti démocrate (PD) – au pouvoir – essuie une défaite cuisante, avec un score évalué à moins de 20 %. Un revers électoral d’ampleur qui pourrait le renvoyer dans l’opposition. « Si c’est le résultat, pour nous, c’est une défaite », a commenté Ettore Rosato, président PD de la Chambre des députés. Selon les projections, ce parti décrocherait entre 115 et 155 sièges à la Chambre des députés. Une gifle pour son chef, Mateo Renzi, l’homme d’Angela Merkel, Emmanuel Macron et quelques autres de la Commission européenne.

Les semaines qui viennent vont être décisives, tant pour l’Italie que pour l’UE. Souhaitons que les divisions ne l’emportent pas sur l’essentiel.

Le 5 mars 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “Nous avions le nez creux !”

  1. Conseil dans l'Espérance du Roi mars 5, 2018 à 8:01 #

    Ne nous réjouissons pas trop vite et contentons-nous d’espérer le scénario le plus favorable à la mise à mort de cette association de malfaiteurs qu’est devenue l’UE : la majorité absolue d’une union entre le M5S et la Ligue.

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