Coup d’arrêt au festivisme en Île-de-France.

7 Mar

Alors qu’Emmanuel Macron a donné son feu vert à l’extension aussi inutile que nuisible du parc d’attraction de Disneyland, en Seine-et-Marne (Lire « Face à ce déferlement de festivisme* » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/03/01/face-a-ce-deferlement-de-festivisme-philippe-muray-se-retourne-dans-sa-tombe/), le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé, mardi 6 mars, l’arrêté du préfet du Val-d’Oise autorisant la création de la zone d’aménagement concerté (ZAC) dite du « Triangle de Gonnesse » devant accueillir le mégacomplexe de commerces et de loisirs  » Europacity  » (sic) au nord de Paris.

Vue d’artiste du projet 

Le tribunal, saisi par plusieurs associations de défense de l’environnement, a estimé « que l’étude d’impact mise à disposition du public dans le cadre de l’enquête publique (…) était insuffisante » sur plusieurs points, notamment environnementaux. Le jugement souligne ainsi « l’importance de l’impact potentiel de ce projet sur l’environnement, compte tenu notamment de la suppression de 280 hectares de terres agricoles ».

Dans son jugement, le tribunal souligne également que les analyses étaient « très insuffisantes » concernant « la question des émissions de CO2 induites par les déplacements de touristes par déplacements terrestres ou aériens, eu égard à la proximité de l’aéroport (de Roissy-Charles-de-Gaulle) et dans la perspective de la création d’Europacity » qui entend attirer 31 millions de visiteurs (gratuits et payants) par an. Pour le tribunal, ces lacunes « ont nécessairement, par leur importance et leur cumul, été de nature à nuire à l’information complète de la population et à exercer une influence sur la décision de l’autorité administrative ».

Cette décision affecte aussi le parc d’affaires, prévoyant jusqu’à 800 000 m2 de bureaux, qui devait être construit sur la même ZAC.

Le directeur du développement d’Europacity, David Lebon, a déclaré que la décision du tribunal administratif ne portait « pas un coup d’arrêt » au projet, dont le calendrier a déjà été rallongé fin février, quand le gouvernement a reporté de trois ans (à 2027), par manque de moyens financiers, la construction de la gare du Grand Paris Express desservant le triangle de Gonesse.

Les porteurs du projet ont fait savoir qu’ils prenaient acte de la décision de justice, mais n’abandonnaient pas le projet pour autant. « Cette étape administrative n’impacte pas la volonté des actionnaires de réaliser ce projet d’intérêt national créateur de plus de 10 000 emplois » (ou comment se faire passer pour des mécènes alors que seuls les dividendes et le profit constituent le moteur de cette entreprise) , précise un communiqué. Par ailleurs, le maire de Gonesse, Jean-Pierre Blazy (un de ces édiles toujours prêts à des opérations commerciales destructrices de leurs centres-villes) , estime qu’« il s’agit plus d’un contretemps que d’une remise en cause ».

Le mégacomplexe  » Europacity  » prévoyait d’implanter d’ici à 2024 un parc d’activités à vocation touristique et culturelle sur 80 hectares de terres encore agricoles du Val-d’Oise, autrefois zones de maraîchage destinées à ravitailler Paris.

Europacity se présentait comme un « projet touristique d’un nouveau genre », associant « loisirs, culture, sport, commerce, hôtels, restaurants et agriculture urbaine pour tous les publics franciliens, les touristes nationaux et internationaux ». Un projet à 3,1 milliards d’euros porté par Immochan, la filiale immobilière du groupe de distribution Auchan, et cofinancé par le géant de l’immobilier chinois Wanda. Celui-ci envisageait d’attirer les visiteurs sur une zone où la construction de logements est impossible en raison des nuisances causées par les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et du Bourget.

Dubaï

Initialement critiqué comme une « dubaïsation » de l’Ile-de-France, en raison des pistes de ski artificiel inscrites dans le projet et de l’abondance de centres commerciaux évoquant l’émirat de Dubaï, le projet était voué aux gémonies en raison du bétonnage prévu de terres qui furent parmi les plus fertiles d’Europe (relire « Face à ce déferlement de festivisme* » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/03/01/face-a-ce-deferlement-de-festivisme-philippe-muray-se-retourne-dans-sa-tombe/).

Ces gens sont fous…

Le 7 mars 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

* L’irremplaçable Philippe Muray affirmait que  » il n’y a plus rien à espérer de l’ Homo festivus, et la seule tâche encore un peu noble qu’il reste possible d’accomplir aujourd’hui est d’en relever la bêtise. »

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