Le grand écart de Jacqueline Gourault sur la PMA.

20 Mar

Invitée ce dimanche 18 mars sur France 3, Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur – en charge notamment du dossier Corse – s’est montrée déstabilisée quand on lui a demandé son avis sur l’ouverture de la PMA aux couples de femmes, promesse d’Emmanuel Macron. Logique : elle était contre…avant de devenir ministre.

Malaise palpable sur le plateau de France 3. Invitée ce dimanche 18 mars de l’émission Dimanche en politique, Jacqueline Gourault a perdu pied lorsque les journalistes lui ont demandé sa position sur l’ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux lesbiennes. « Excusez-moi, j’ai pas bien compris votre question », commence la ministre. « Etes-vous favorable à la PMA pour les couples de femmes ? », lui répète-t-on. « Eeeuuuuh… La PMA… Je suis en train de réfléchir parce que… », bafouille Jacqueline Gourault, qui cherche manifestement à se rappeler la position de son gouvernement, voire carrément à se souvenir ce que veut dire PMA.

« Procréation médicalement assistée », l’aide un journaliste. « Oui, c’est ça, euh, c’est une question éthique, personnelle, auquel (sic) j’apporterai ma réponse quand le sujet viendra », élude alors la ministre. Comme le sujet est venu sur le plateau, justement, un journaliste se permet de la relancer mais Jacqueline Gourault reste ferme dans sa non-position qu’elle a eu tant de mal à déterminer : « J’apporterai ma réponse quand le sujet viendra et je mettrai tout ce que je crois dans la discussion ».

Une confusion qui masque en réalité sa gêne : Jacqueline Gourault fait partie de ces ministres qui, avant d’entrer au gouvernement d’Emmanuel Macron, avaient pris position contre la PMA, et même contre l’ouverture du mariage aux couples homosexuels. « Le mariage est un héritage de notre histoire qui, je crois, devrait être préservé en ce qu’il a de symbolique (…) Pour des raisons culturelles et de tradition, je crois qu’il aurait été préférable de faire évoluer le Pacs vers une nouvelle forme d’union civile », expliquait-elle en 2013 sur son blog de sénatrice MoDem. Quant à la PMA, elle s’était également dite opposée à son ouverture, usant du même argument que la Manif pour tous (LMPT) : « Cette autorisation entraînerait indéniablement, au nom de l’égalité entre les couples de femmes et les couples d’hommes, la légalisation de la gestation pour autrui ».

Problème : l’ouverture de la PMA était une promesse du candidat Macron. « Il n’y a pas de justification juridique pour que la PMA ne leur soit pas ouverte« , écrivait-il sur son site de campagne. Depuis son élection, le président de la République fonceur sur le terrain social se montre bien plus prudent sur les sujets sociétaux… Au mois de septembre dernier, il avait ainsi donné des gages aux représentants des religions : « La manière que j’aurai d’aborder ces débats ne sera en rien de dire que le politique a une prééminence sur vous et qu’une loi pourrait trancher ou fermer un débat qui n’est pas mûr ». 

Mais la ministre Gourault continue d’insister sur le plateau de France 3 : « Je pense qu’il faut dans ces domaines écouter, débattre, écouter les comités d’éthique, les scientifiques… » Et même les religions ? « Bien sûr, tout le monde doit être écouté dans un débat, il ne faut exclure personne… ».

Pas facile d’accepter un maroquin de complaisance !

Le 20 mars 2018.

(Merci àGJ)

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