La boulimie de l’UE la perdra. Et c’est tant mieux.

21 Mar

Nous avons, à de nombreuses reprises, dénoncé la boulimie de l’Union européenne et de son appendice financier, la zone euro, dans leur démarche incessante d’élargissement par des vagues successives d’intégration économique et politique des États environnants. Nous avons, en particulier, regretté l’entrée des Etats baltes dans la zone euro (Lire « Mirage sur la Baltique » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/08/23/bulletin-climatique-quotidien-23-aout-2016-de-la-republique-francaise/ et aussi « Le loup et le chien – ou la courte vue des pays baltes – » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/01/04/bulletin-climatique-quotidien-4-janvier-2017-de-la-republique-francaise/).

Eh bien, au moment même où les institutions européennes imposaient à la Grèce les conditions drastiques d’un quatrième plan d’aide financière, un ver sournois rongeait le système bancaire de la Lettonie, mettant à mal les affirmation de la BCE sur le prétendu rétablissement du système bancaire européen et l’efficacité de son MSU (mécanisme de surveillance unique) !

Samedi 24 février, la Banque centrale européenne (BCE), qui héberge le MSU, a déclaré ABLV  Bank, la troisième banque de Lettonie, en « état de faillite ou faillite probable », cinq jours après avoir imposé un gel des paiements à l’établissement – une mesure inédite. La banque est dans la tourmente depuis le 13 février. Ce jour-là, le Trésor américain l’a accusée d’avoir « institutionnalisé le blanchiment d’argent » impliqué dans des programmes illégaux de développement d’armes en Corée du Nord. Il réclame des sanctions. La banque dément avec vigueur, criant au sabotage.

Reste que, depuis, ABLV est coupée du système financier, au point de frôler l’asphyxie. Samedi, le mécanisme de résolution unique (MRU), pilotant les procédures concernant les banques défaillantes de la zone euro, a confirmé sa faillite. Jugeant que l’établissement ne peut pas être restructuré ou repris, il va désormais procéder à sa liquidation.

D’après le MRU, les déboires d’ABLV ne représentent que peu de risque pour la stabilité financière de la zone euro. De son côté, le gouvernement du premier ministre Maris Kucinskis a choisi de ne pas sauver la banque, estimant que son exposition à l’économie lettone est faible.

Cette faillite intervient alors que le gouverneur de la banque centrale lettone Ilmars Rimsevics, est lui aussi pris au cœur d’un scandale politico-financier confus, où il est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin. Même si elles ne sont pas liées, ces deux affaires mettent en lumière les particularités du système bancaire letton, régulièrement secoué par des scandales de corruption. Il est certes dominé par les grandes banques nordiques, saines et stables, finançant les ménages et les entreprises locales. Mais à côté évoluent des établissements lettons qui se sont fait une spécialité, lorsque le pays a regagné son indépendance, en 1991 : servir de pont entre l’Europe et l’ex-URSS. Dans le détail, ils recueillent les dépôts de non-résidents russes ou d’ex-républiques soviétiques.

Ces sommes versées par les non-résidents pèsent près de 40 % du total des dépôts. Certaines sociétés écrans offshore en profitent pour effectuer des transactions par le biais des banques lettones. « C’est malheureusement une porte ouverte au blanchiment », regrette un économiste letton, redoutant que la réputation de Riga soit entachée par le scandale ABLV. Le Fonds monétaire international a déjà sommé plusieurs fois la Lettonie, qui a rejoint la zone euro en 2014, d’agir pour limiter ces activités frauduleuses. Vendredi, le gouvernement a promis de mettre sur pied un plan afin de réduire de moitié les dépôts des non-résidents.

L’avertissement du Trésor américain à propos d’ABLV a soulevé une salve de critiques et d’interrogations à l’égard de la zone euro et de son système de régulation. Pourquoi ces activités offshore sont-elles encore tolérées ? Pourquoi l’alerte n’est-elle pas venue de la BCE elle-même ? Le 22 février, celle-ci a mis les choses au point, par la voix de Danièle Nouy, présidente du MSU : « Les violations en matière de blanchiment d’argent peuvent être symptomatiques de déficiences plus profondes de la gouvernance au sein d’une banque, mais la BCE ne dispose pas de pouvoirs d’enquête pour déceler de telles déficiences. »

Dit autrement : les Etats sont en première ligne dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. La BCE n’a ni les moyens ni les pouvoirs pour cela. « Cela souligne que le système de supervision est perfectible et qu’il faudrait revoir la répartition des compétences « , reconnaît une source européenne. 

Nous nous en doutions ! Comme nous prétendons encore que l’UE n’est rien d’autre qu’une association de malfaiteurs.

Le 21 mars 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

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Une Réponse to “La boulimie de l’UE la perdra. Et c’est tant mieux.”

  1. Hervé J. VOLTO mars 21, 2018 à 9:51 #

    A lire:

    Robert Leplus, ET POURQUOI PAS UNE EUROPE MONARCHIQUE ET CHRETIENNE ? (La Pensée Universelle)

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