Brève histoire de la politique étrangère de la France (Par Hervé J. Volto, CJA, des comtes Voltolini di Valtelina).

3 Avr

Le testament de Saint Remy a une importance capitale pour nous Français : c’est une véritable vision d’avenir qui prend une autorité toute particulière du fait que toute l’histoire de la politique étrangère de la France reprose sur ce Testament.

Les Mérovingiens repoussent les barabres, alamans, wisigoths, burgondes et, avec eux l’hérésie arienne. Les Carolinigiens portent sous le règne de Charlemagne UNE FOI, UN ROI, UNE LOI de la Catalogne à la Pologne, battant les Lombards qui menaçaient le pape, les bavarois rebelles et les saxons qui entretenaient le paganisme aux marche du Saint Empire.

Mais des forces antagonistes vont entrer en jeux. Le Saint Empire Carolingien (751-843) va se briser en trois. On peut dire que c’est le traité de Verdun qui a créé les nations allemande et française. Issue de la Francie Occidentale, le Saint Royaume de France va devoir retrouver sa puissance et pour celà devenir indépendant et rayonnant.

Si, au départ, la France est affaiblie par les incursion viking et sarrazines, comme le développement du Saint-Empire Germanique (843-987), à partir du règne d’Hugues Capet, les Capétiens, avant de chercher à tenir un rôle international, essaient d’asseoir leur légitimité sur le trône de France et combattent ardemment contre l’hégémonie des grands seigneurs de l’époque. L’exemple parfait en est la relation difficile entre Henri I°, Roi de France de 1031 à 1060 et son puissant vassal, Guillaume de Normandie, qui sera aussi Roi d’Angleterre.

Au Moyen Age, plusieurs féodaux sont détenteurs de patrimoines en dehors du Royaumes : Normands puis Angevins en Angleterre, Champenois en Navarre, Angevins en Italie, préparant les Savoie au Piémont-Sardaigne et les Lorraine en Autriche. Et de 987 à 1145, les Capétiens devront lutter pour l’autorité du Royaume de France.

De 1145 à 1270, la France aura à conduire la Chrétienté aux Croisades et lutter contre l’Angleterre. Le règne de Louis VII le Jeune de France est marqué par une politique désastreuse à l’intérieure, que ses descendants mettront plus d’un siècle à effacer, mais prestigiuse à l’extérieure, étant le premier de roi de France à partir physiquement aux Croisades. Le Roi accepte de prendre part à la deuxième croisade. Il part de France avec son épouse Aliénor d’Aquitaine, le 11 juin 1147. En Terre Sainte, Louis VII se sépare de la volage d’Aliénor qui, en 1152, se remarie avec Henri Plantagenet, futur Roi d’Angleterre. Ce mariage, livre sur un plateau le tiers du Royaume de France au Roi d’Angleterre. Louis tente alors de reprendre le contrôle en favorisant le fils d’Henri, Henri le Jeune, soit la politique qu’avait auparavant faite Philippe I° avec Guillaume le Conquérant.

Tous les successeurs de Louis VII lutteront contre la couronne anglaise et reprendront, au fil des batailles, les territoires anglais. Cette lutte est à son apogée sous le règne de Philippe II Auguste, fils de Louis VII, qui livre bataille constamment contre les Anglais durant son règne et qui favorise les dissensions entre les possibles prétendants au trône d’Angleterre. En 1204, Jean sans Terre, devenu Roi d’Angleterre, se fait reprendre tous ses biens par Philippe Auguste. Le Roi d’Angleterre s’allie alors avec l’Empereur Otthon IV de Brunwick pour se venger mais les éclatantes victoires françaises à Bouvine ainsi que celle de la Roche-aux-Moines en 1214 anéantissent l’alliance et marquent la fin de l’hégémonie anglaise sur une partie du Royaume.

La couronne d’Angleterre est en fait dans une situation catastrophique ce qui explique, en partie, les victoires Françaises. En effet, Jean sans Terre refuse d’appliquer la Magna Carta ce qui provoque un soulèvement des barons anglais et l’excommunication du pape qui offrent la couronne d’Angleterre à Louis VIII le Lion, fils de Philippe Auguste. Malheureusement pour Louis, Jean sans Terre meurt et les barons préfèrent un Prince anglais à Louis, qui doit renoncer à la couronne anglaise au Traité de Lambret en 1217, contre une forte somme d’argent. Mais, cette dernière n’étant pas payée, Louis reprend les armes contre les anglais et les chassent du Royaume de France, reprenant les posssétions continentales sur le sol Français : Normandie, Bretagne, Poitou, Guyenne.

Cette période est aussi celle de la lutte acharnée contre les hérésies. Philippe Auguste et Louis VIII luttent notamment contre le comte de Toulouse, qui est devenu Albigeois. Ils partent en Croisade contre ce dernier et imposent l’Inquisition.

À la mort de Philippe Auguste en 1223, Louis VIII monte sur le trône mais n’y reste que trois ans, terrassé par une dysenterie. Son fils, Saint-Louis IX, lui succède en 1226.

Louis IX est alors à la tête du royaume le plus puissant d’Europe ce qui lui permet de devenir l’arbitre des conflits entre les différents souverains européens comme la question de la succession de Flandre ou encore le conflit entre l’Empereur du Saint-Empire Romain Germanique et le Pape, de partir en Croisade et d’envoyer des missions en Asie.

Avec les Croisades, de nombreux domaines de Terre Sainte -Royaume de Jérusalem, Principauté d’Antioche, Comtés de Tripoli et d’Edesse- sont créés par des féodaux Français, impliquant de fait la France dans les relations internationales. Le début de la vocation Catholique de la France, bien ancrée à l’intérieure par la construction des cathédrales et la protection du Roi Très Chrétien envers les Ordres monastiques (Cluny), commence à s’affirmer à l’étranger.

De 1270 à 1328, la politique étrangère de Phillipe III le Hardi, Philippe IV le Bel et de ses fils aura pour but de construire la France moderne et d’agrandir le Royaume. La Guerre de Cent Ans (1328-1453) et l’opposition à Charles le Téméraire (1453-1492) voient le rattachement de la Bourgogne à la France et la paix avec l’Angleterre, alors que le Saint Empire Germanique se fragmente à cause de dissentions internes (rebellions des villes italiennes puis des Princes allemands).

Dès les années 1480, Charles VIII veut reconquérir le Royaume de Naples, pour avoir un port pour faire une croisade, une sorte de base arrière. Il veut aussi être le réformateur de l’Église Catholique et veut arrêter l’avancée ottomane en Europe. Charles VIII arrive en Italie avec 100.000 hommes et de l’artillerie en 1494. C’est une promenade militaire. Charles VIII pendant son voyage va donner matière aux réformes des institutions. Ainsi, il prend la mesure crédible de favoriser une république du christ en laissant partir Laurent de Médicis. Louis XII puis François I° reprendront l’idée : ce sont les campagnes d’Italie, préludes aux ambitions italiennes (1492-1559).

En 1515, François I° prend le Milanais par la Victoire de Marignan, mais en juin 1519, Charles I°est élu Empereur du Saint-Empire Romain Germanique. Le traité de Noyon n’est alors plus valable pour Charles I°, qui devient Charles V ou Charles Quint, car le Milanais fait le cordon entre les possessions habsbourgeoises au nord et au sud. Un conflit reprend donc dans les années 1521-1522. Milan est perdu très vite (Bataille de la Bicoque, perdue par l’armée française). En 1523, le connétable de France passe du côté de l’empereur. En 1524, Bayard est tué. En 1525, Pavie est une défaite importante où le Roi de France est fait prisonnier puis contraint de signer le Traité de Madrid. La guerre reprend néanmoins son cours malgré la Paix des Dames signée en 1529.

Les guerres italiennes étant devenues des guerres entre la France et l’Empire, François I° renoue avec la politique de ses prédécesseurs. En 1532, le Roi signe une alliance avec les protestants de l’Empire et avec les Turcs en 1536 pour assurer le Protectorat Français sur les Lieux Saints, chef d’oeuvre diplomatique qui durera jusqu’en 1926, date où la République renoncera au Protectorat.

La lutte se révèle être très coûteuse et, minés par leurs problèmes intérieurs, les deux belligérants signent la Paix de Catau-Cambresis en 1559 mettant définitivement un terme aux guerres d’Italie. Notre premier colonisateur, Jacques Cartier, débarque-t-il au Canada, dont il prend possession au nom du Roi, le 24 juillet 1534, qu’il y plante une croix, voulant que son premier acte fût un hommage de sa conquête au Christ. Henri IV envoie-t-il Champlain pour réoccuper le Canada, que celui-ci (au dire de G. Goyau) est, par excellence, « l’explorateur apôtre« . Le Roi lui envoie des missionnaires pour conquérir à Dieu les sauvages.

L’ambassadeur Jean de La Forêt est, de son côté, envoyé à Constantinople où il devient le premier ambassadeur permanent à la cour ottomane, chargé de négocier les traités de 1536. Il négocie les Capitulations le 18 février 1536, sur le modèle des accords commerciaux précédemment signés par les Ottomans avec les répubiques maritimes de Venise et Gêne, bien qu’elles n’aient vraisemblablement été ratifiées par les Ottomans que plus tard, en 1569, sous l’ambassadeur Claude du Bourg. Elles comportent des clauses commerciales mais également des dispositions garantissant aux marchands chrétiens le droit de pratiquer leur religion en terre d’islam sans être inquiétés.

Depuis 1536 en effet, date du célèbre accord passé entre Soliman et François I°, la « Fille aînée de l’Église » a obtenu de protéger ses sujets résidant dans l’Empire, protection élargie en 1740, tant individuellement que collectivement, à tous les religieux de rite latin établis au Levant, quelle que soit leur nationalité, ainsi que leurs établissements. À ces privilèges fondés en droit, la coutume ajouta enfin par la suite la protection des catholiques de rite oriental.

Par le traité de 1536 et les suivants, appelés Capitulations, le Protectorat Français sur les Lieux Saints est établit et peut entretenir des églises, nommer des consuls dans toutes les villes de l’empire ottoman, garantir la liberté commerciale, civile et religieuse des sujets Français. Au fur et à mesure de leur renouvellement, les Capitulations étendent le protectorat de la France à tous les Chrétiens de l’Empire relevant de Rome : Espagne, Saint-Empire, Royaume de Naples, Pologne, Malte, Irlande. Ce droit au protectorat des communautés Chrétiennes d’Orient constituera l’instrument privilégié de l’influence Française au Proche Orient.

En 1560, les Franciscains acquièrent l’actuel couvent du Saint-Sauveur de Jérusalem où ils transfèrent la Custodie, institution Catholique responsable des intérêts de l’Eglise Catholique en Terre Sainte, notamment de la garde des Lieux Saints de Jérusalem et l’accueil des pèlerins, depuis le XIII° siècle. Le Protectorat Français et le Protectorat Napolitain -les Rois Angevins de Naples descendants du frère de Saint-Louis et les Bourbons de Naples descendants du second petit-fils de Louis XIV- sur la Custodie permettent le développement de cette dernière en Terre Sainte et la présence constante des Franciscains en Terre Sainte sera déterminante pour le développement de l’Église locale, jusqu’à rendre possible en 1847 la restauration du Patriarcat Latin à Jérusalem, dissous après le chute de Jérusalem puis de Saint-Jaen d’Acre.

Ces Capitulations permettent aux Français d’obtenir d’importants privilèges, tels que la sécurité des biens et des personnes se rendant en pèlerinage à Jérusalem, l’extra-territorialité ou la liberté de transporter et de vendre des biens à condition de payer le selamlik et les taxes douanières. La France devient la première puissance européenne à obtenir des privilèges commerciaux autant que religieux. Ces Capitulations donnent en réalité aux Français un quasi-monopole sur le commerce en Orient, autorisent les navires Français à naviguer librement dans les eaux ottomanes sous le pavillon fleurdelisé et chaque navire appartenant aux autres pays a l’obligation de battre pavillon Français et demander la protection des consuls Français pour commercer ou pour envoyer des pèlerins en Terre Sainte. Surtout, par l’alliance de 1536, les Français puis les Chrétiens peuvent pratiquer leur religion dans l’Empire ottoman, et les Catholiques Français se voient confier la garde des Lieux Saints, favorisant la Custodie Franciscaine en Terre Sainte.

Une ambassade française et une chapelle chrétienne sont établies dans le quartier de Galata à Constantinople, et des privilèges commerciaux sont également consentis aux marchands Français au sein de tout l’Empire turc. Par les capitulations de 1536, les Français se voient accorder le privilège de commercer librement dans tous les ports ottomans. Les Capitulations seront encore renouvelées en 1604, et dureront jusqu’à l’établissement de la république de Turquie en 1923.

La politique extérieure des derniers Valois (1559-1589) est marquée par un conflit entre les puissances Catholiques et protestantes d’Europe et un renforcement du Protectorat français sur les Lieux Saints. La stabilité du Royaume de France est alors compromis par les événements liés à la Réforme, ce qui réduit pendant 30 ans son rôle international. Les autres pays d’Europe n’hésitent d’ailleurs pas à financer les différents partis pour semer encore plus de désordre en France. Ainsi, l’Angleterre soutient les huguenots et l’Espagne soutient La Ligue Catholique. Lors de l’avènement d’Henri IV, l’Espagne refusera de reconnaître le roi, pourtant successeur légitime au trône, mais de religion protestante. Devant la pression, le Bon Roi Henri jugera que “Paris vaut bien une messe” et se convertira.

Sous les Bourbons (1589-1792), la vocation catholique de La France se renforce. Louis XIII, avec le Cardinal de Richelieu, continue la lutte contre les Habsbourgs et notamment contre l’Espagne. La France s’engage dans la guerre de Trente ans et Louis XIII consacre la France à Marie avant de créer la première ambassade de France permanante à Jérusalem.

Une ambassade est envoyée en Tunisie en 1608, menée par François Savary de Brèves. L’influence Française reste considérable à Istanbul, et les capitulations renouvelées en 1604 contraignent toutes les autres nations à commercer sous bannière et protection françaises, au l’exception de l’Angleterre et de Venise, en concurrence avec la Hollande pour l’influence dans le Levant. A Jérusalem, la France défend les droits des Latins chargés des Lieux Saints. C’est à la suite d’un incident survenu entre Franciscains et Arméniens à la Grotte de la Nativité de Bethléem que le Roi Louis XIII, appelé à rétablir le droit menacé des Latins, décide de nommer un consul de France permanant à Jérusalem « pour la gloire de Dieu et le soulagement des personnes pieuses qui vont par dévotion visiter les Lieux Saints« . Ce premier consul, le sieur Jean Lempereur, doit faire face, dès son arrivée en 1623, à l’hostilité conjuguée de ses protégés, des autorités locales et des puissances étrangères, en l’occurrence les Vénitiens.

Peu après, le Père Joseph, grâce à l’appui de Louis XIII, organise de nouvelles missions en Orient. Le Roi de France, dans ces régions, est si bien considéré comme le protecteur des chrétiens, que notre ambassadeur écrit à son maître qu’à Naxos et à Scio «La fleur de lys et le nom du Roi sont en même honneur que dans la propre France» (G. Fagniez : Le Père Joseph et Richelieu, pp. 326 et 356, T. I.). Présenté au Roi par le Père Joseph en 1626, l’Archevêque de Naxos lui attesta la popularité persistante de la France dont le Roi prenait place dans les prières publiques, immédiatement après le Pape. L’ambassadeur de France était, en effet, le protecteur de la population des Cyclades contre les exactions des fonctionnaires ottomans (E. Jarry : Les Missions coloniales françaises. Almanach Catholique Français 1931, p. 264) . Des missions sont fondées à Constantinople, Smyrne, Alep, Beyrouth, Sidon, en Chypre et en Perse, etc… Le Roi les soutenait par de nombreuses libéralités, à tel point qu’en 1633  » le Saint Siège consentit à ce que les missionnaires désignés par le Roi, pussent se rendre à leur poste sans autre approbation que celle du Nonce en France (E. Jarry : Les Missions coloniales Françaises. Almanach Catholique Français 1931, p. 264) « . A la même époque, en 1626, Richelieu fonde, pour les Antilles, la Compagnie des Isles, dont le but, dit-il, est «le peuplement des îles découvertes et la conversion à la Religion Catholique, Apostolique et Romaine des sauvages indigènes».

Mazarin continue la politique de son prédécesseur Richelieu et s’acharne à affaiblir les Habsbourgs. Le traité de Westphalie de 1648 va considérablement affaiblir le Saint Empire, permettant à la France de renforcer ses frontières Nord. Du côté Espagnol, la guerre continue jusqu’en 1659 avec la signature du traité des Pyrénées. Louis XIV est marié avec Marie-Thérèse d’Autriche, héritière du trône d’Espagne mais le monarque espagnol n’est pas d’accord et veut que sa fille ne puisse transmettre la couronne d’Espagne. La France accepte mais demande, en contrepartie une énorme indemnité de guerre que les Espagnols ne paieront jamais. Ce sera le casus belli de la Guerre de Dévolution.

Louis XIV semble d’abord dans de mauvaises dispositions à l’égard de l’Empire Ottoman, et des troupes Françaises combattent aux côtés des Autrichiens contre les Turcs à la bataille de Saint-Gothard en 1664, puis aux côtés des Vénitiens au Siège de Candie en 1669 sous la direction de François de Vendôme. En effet, Louis XIV est engagé à cette époque dans une alliance avec les Habsbourg à la suite de son mariage avec sa cousine Marie-Thérèse d’Espagne en 1660. La mère du Roi Soleil, Anne d’Autriche est en effet elle aussi une Habsbourg.

En 1673, Louis XIV envoie une flotte jusqu’aux Dardanelle et obtient de nouvelles Capitulations qui le reconnaissent comme seul protecteur des Catholiques. Il évite de s’engager dans une alliance formelle avec l’Empire ottoman, et maintient une prudente neutralité bienveillante à l’égard des Turcs qui lui permettent le libre accès des Chrétiens en Terre Sainte. Il profite du conflit de l’Empire Ottoman contre le Saint Empire Romain pour favoriser les intérêts territoriaux de la France.

Au fil des Capitulations, profitant des bonnes relations existantes entre le Royaume de France et l’Empire ottoman, les émissaires du roi de France ont fait élargir le champ d’application de ces capitulations. La France s’arrogera d’elle-même, mais à la grande joie du Saint-Siège, un protectorat sur les religieux Catholiques non indigènes de l’empire : tout Catholique, même non-Français peut désormais bénéficier de la protection du Consulat Français de Jérusalem. Cette politique trouve un premier aboutissement avec les Capitulations de 1740 qui constitueront, encore au milieu XIX° siècle, la base du protectorat de la France en Orient. Le prestige de la France aboutit à faire du français une langue internationale. Parmi les conseillers du Roi figure désormais le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères.

C’est donc seulement sous le règne de Louis XV -avec les Capitulations de 1740- que le droit de Protectorat de la France est reconnu officiellement, grâce au rôle qu’elle joue en faveur de l’Empire Ottoman au traité de Belgrade et gràce à l’influence Catholique au Pacte de Famille signé entre les Bourbons de France, d’Espagne, de Naples et de Parme, sur le reste de l’Europe, qui permet de renverser l’alliance entre pays protestants du Nord, pacte étendu par la suite aux Maison de Habsbourg et de Savoie : le Roi Ferdinand I° de Naples épousant Marie-Caroline de Habsbourg, soeur de Marie-Antoinette, le Duc Ferdinand I° de Parme épousant Marie-Amélie de Habsbourg, autre Soeur de Marie Antoinette, et les Comtes de Provence, futur Louis XVIII, et d’Artois, futur Charles X, frères de Louis XVI, épousant Marie-Joséphine et Marie Thérèse de Savoie, dont le frère Charles-Emmanuel IV de Savoie, Roi de Piémont-Sardaigne, a épousé leur soeur Clotilde de France.

Le Saint Siège reconnait donc officiellement le Protectorat Français sur tous les Catholiques, de quelque nationalité qu’ils soient, y compris turque, de l’Empire ottoman et également sur ceux des rites orientaux (Pour un aperçu de l’histoire de la Palestine depuis le Moyen-Age, voir Bichara Khader, L’Europe et la Palestine: des Croisades à nos jours, Louvain-la-Neuve, L’Harmattan, 1999. L’Edit de Tolérance de Louis XVI envers les juifs, les protestants et les orthodoxes fait que les juifs et les orthodoxes de Terre Sainte peuvent bénéficier à leur tour de la protection du Consulat Français de Jérusalem.

La Révolution et l’Empire arrêtent net l’essor colonial et missionnaire de la France. Mais les Vendéens et les Chouans sauvent l’honneur de la France en se battant « pour Dieu et le Roi » (Voir de la Franquerie : La Vierge Marie dans l’Histoire de France, ch. XVII : Vendéens et Chouans sauvent l’honneur de la France, p. 223 et sv). Avec la Restauration, l’évangélisation reprend et la conquête de l’Algérie rend possible, non seulement la reconstitution de notre Empire Colonial, mais encore la magnifique renaissance des oeuvres et la création ou l’épanouissement des instituts religieux consacrés aux Missions, dans nos propres Colonies, comme aussi dans le monde entier. Un rapprochement avec l’Angleterre fait que le seul ennemi de la France demeure l’Allemagne protestante. La perte de l’Alsace et de la Lorraine, en 1871, fera naître l’esprit de revanche cher à l’Action Française.

Mais la France est le Pays qui assure à l’Eglise le plus grand nombre de missionnaires, et ceux qui obtiennent les résultats les plus beaux. Un exemple entre beaucoup d’autres le prouve nettement : alors que les missionnaires allemands, pendant 26 ans, avaient converti péniblement 25 000 noirs au Cameroun, les Pères du Saint-Esprit Français, qui remplacèrent en 1916 les Allemands, en convertirent en quinze ans dix fois plus.

L’Empire, la Monarchie de juillet et la République maintiendront le Protectorat Français sur les Lieux Saints, l’influence qu’il donne à la France favorisant leur politique étrangère.

A cette époque, l’affaiblissement de l’Empire Ottoman exacerbe la compétition entre les grandes nations pour le partage de ses dépouilles. Le régime des Capitulations permet aux puissances Chrétiennes d’étendre leur protection à une population toujours plus nombreuse. Chaque consul compte ses protégés et le représentant de la France doit redoubler de vigilance pour faire respecter les droits et privilèges que lui confère son antériorité diplomatique. La rivalité religieuse autour des Lieux Saints prend une telle acuité qu’une simple querelle de moines à propos de la disparition de l’étoile de la grotte de la Nativité est une des causes de la guerre de Crimée de 1853, où s’affrontent la Russie, protectrice des Orthodoxes, et la France, protectrice des Latins. Les travaux antérieurs sur le protectorat de la France ont rarement étudié ce double aspect diplomatique et religieux.

Pour accroître son influence, le Consul de France prend appui sur le puissant mouvement missionnaire Catholique Français de la fin du XIX° siècle et du début du XX° siècle, par ailleurs encouragé par les gouvernements successifs, y compris les plus anticléricaux. De nombreuses congrégations religieuses Françaises viennent ouvrir des maisons à Jérusalem et autour des Lieux Saints, comme celle, par exemples des Chevaliers du Saint-Sépulcre, association de fidèles Catholiques reconnue par le Saint Siège, et qui œuvre pour aider la communauté Chrétienne installée en Terre Sainte et à Chypre. Le Prince François-Xavier de Bourbon-Parme en sera le Lieutenant pour la la France dans les années 50…

Les accords de Mytilène (1901) et Constantinople (1913) qui confient à la France la protection diplomatique d’un certains nombre d’établissements religieux en dénombrent près de 130. Qu’elles se consacrent à soigner, à enseigner, à recueillir des orphelins, à étudier l’histoire biblique ou à prier, ces communautés renforcent la présence française dans la région avant la première guerre mondiale.

En outre, du fait de la colonisation Française en Afrique du Nord et en Afrique noire, le Consulat étend sa protection à de nombreux ressortissants Chrétiens en provenance de ces pays, venus s’installer dans la Ville Sainte. La réouverture des première écoles Chrétiennes en Palestine à partir de 1880, protégées et subventionnées par la République, contribue au rayonnement culturel de la France dans la population palestinienne.

Lorsque l’empire ottoman s’effondre en 1918, le Consulat général de France à Jérusalem s’émancipe de l’Ambassade de France à Constantinople dont il relevait jusque là. Même si le mandat britannique, instauré en 1922, suspend son protectorat sur les Chrétiens de Palestine, le Consulat général maintient une aire d’influence importante. Il poursuit son action culturelle à travers les congrégations religieuses, les écoles Chrétienne de Terre Sainte, ses centres culturels et subventionne le département de Français de la toute nouvelle Université Chrétienne. Sa nouvelle autonomie lui confère, à côté de ses tâches consulaires, un rôle diplomatique accru au sein d’un Proche-Orient en pleine recomposition. C’est dans ce contexte que démarre pourtant, en 1923, le recul de l’influence Française au Levant avec le paradoxal renoncement au Protectorrat Français en Terre Sainte.

Malheureusement, les principes maçonniques, sur lesquels repose la République et l’Union Européenne, portent leurs fruits et tendent à tuer le recrutement missionnaire, à lutter sournoisement contre les missions, à détruire les bases de notre Empire colonial et à faire disparaître ainsi l’influence de la France dans le monde, passée de première puissance mondiale en 1700 à deuxième puissance européenne en 2018. La france, jadis évangélisatrice, subit aujourd’hui le contrecoup de ces reculs et des hordes de migrants non-Chrétiens envahisent son territoire.

Pour retrouver sa Grandeur, la France devrait :

1. Se doter des moyens de la grandeur par une politique militaire et de renseignement réalistes.
2. Redevenir la Fille Aînée de l’Eglise et Educatrice des Peuples.
3. Devenir le défenseur des nations.
4. Devenir promoteur du développement.
5: Devenir pivot d’une Europe des Patries Chrétiennes.
6. Redevenir partenaire de l’Afrique et du Moyen-Orient.
7. Etre présente dans le monde.
8. Etre artisan de paix.

Celà supposerait une diplomatie Chrétienne et une vue à long terme que seule la monarchie restaurée, pourrait apporter à la France…

Hervé J. VOLTO, CJA

Le 3 avril 2018.

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