Les conséquences désastreuses de l’asservissement de la France à la Turquie d’Erdogan.

5 Avr

Emmanuel Macron joue les matamores  en Syrie, dans la région d’Afrin, envahie par l’armée turque de Recep Tayyip Erdogan pour combattre les soldats Kurdes. Mais, en réalité, il n’a aucun moyen d’action et, pire, il ne veut surtout pas se fâcher avec le dictateur islamo-fasciste turc. Alors, il se contente de rouler des mécaniques et d’adresser quelques paroles compatissantes aux Kurdes.

D’ailleurs, que la France envoie ou non certaines de ses forces spéciales déjà présentes en Syrie vers Manbij dans le but de prévenir l’offensive annoncée à grand bruit par le président turc Erdogan ne changera pas grand-chose. Confirmé par les uns, démenti par les autres, ce déploiement, s’il a lieu, ne pourra être que symbolique. Manbij, une ville arabe contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont l’encadrement est principalement kurde, est déjà sous la protection de soldats américains depuis l’automne 2016 (https://www.lorientlejour.com/article/1108291/alerte-maximale-a-manbij-menacee-par-une-offensive-turque.html).

Les FDS et les unités kurdes sont les alliés de la coalition internationale contre l’Etat islamique, dont la France fait partie depuis 2014. Elles ont pris Rakka, la capitale du  » califat  » syrien de l’organisation Etat islamique (EI). Vue depuis Paris, la poursuite de la lutte contre les djihadistes est un impératif de sécurité nationale. Il nécessite d’apporter un minimum de garanties politiques et sécuritaires aux FDS, visées par M. Erdogan, qui les considère comme le prolongement, en Syrie, du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) contre lequel il est en guerre. La prise de l’enclave kurde syrienne d’Afrin par l’armée turque et ses alliés arabes syriens a été le premier acte de la lutte à mort que M. Erdogan veut leur mener.

En recevant une délégation civile et militaire, liée au FDS, jeudi 29  mars à l’Elysée, Emmanuel Macron a cherché à montrer sa solidarité (un peu virtuelle faut-il le rappeler) avec les meilleurs alliés de la France dans sa guerre contre le djihadisme. Pour Ankara, cette forme de reconnaissance est totalement inacceptable : l’implantation durable d’une entité politique dominée par les FDS à sa frontière est, pour la Turquie, une menace existentielle.

Or la Turquie est aussi un partenaire essentiel de la France dans la lutte contre le djihadisme et c’est là que le bât blesse – en extradant les ressortissants français qu’elle intercepte sur son territoire et en servant de garde-frontière à l’Europe dans le cadre de sa politique migratoire. Paris cherche donc à ménager tout le monde ce qui aboutit à risquer de perdre sur tous les tableaux. Dans le communiqué officiel publié à l’issue de la rencontre de jeudi, l’Elysée affirme que le président de la République  » a assuré les FDS du soutien de la France  » et a  » rappelé l’engagement de la France contre le PKK « . Pour Ankara, les FDS sont le PKK. On touche là les limites de la  » diplomatie de l’en même temps  » de M. Macron.

Les Etats-Unis, qui cherchent à ménager leur allié turc dans l’OTAN tout en donnant des garanties à leurs partenaires des FDS dans la guerre contre l’EI, sont confrontés au même dilemme. Mais ils sont plus puissants – et donc craints d’Ankara – et plus lointains géographiquement de la Turquie : les conséquences d’une querelle avec M. Erdogan ne sont pas les mêmes. En particulier depuis la négociation unilatérale d’Angela Merkel avec Recep Tayyip Erdogan pour bloquer le passage des migrants syriens (Lire « Des discussions de marchands de tapis » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/03/09/bulletin-climatique-quotidien-9-mars-2016-de-la-republique-francaise/).

M.  Macron a proposé ses bons offices et  » souhaité qu’un dialogue puisse s’établir entre les FDS et la Turquie avec l’assistance de la France « . Il est permis de douter du succès d’une telle démarche, balayée par Ankara dès vendredi. Seuls un front uni et une démarche commune des Occidentaux – Français, Américains, Britanniques, Allemands, etc. – pourraient dissuader M.  Erdogan de stopper sa croisade anti-kurde en Syrie.

Il y a trouvé un puissant outil de mobilisation d’une société turque travaillée par l’islamo-nationalisme virulent promu par le pouvoir en place. M.  Erdogan, candidat à sa propre succession en  2019, n’a aucune raison de mettre fin à une guerre qui le rend populaire et lui permet de réprimer ses opposants à l’intérieur du pays…

De la frime en même temps qu’un marché de dupes.

Le 5 avril 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Publicités

Une Réponse to “Les conséquences désastreuses de l’asservissement de la France à la Turquie d’Erdogan.”

  1. Hervé J. VOLTO avril 5, 2018 à 12:40 #

    Attention ! Les turcs et les russes sont alliés en Syrie. Si on se les met à dos, on risque de les avoir un jour à Paris, comme dans les prophéties !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :