Chronique d’une imposture annoncée : Jean-Louis Borloo va encore nous mettre dans la m….

9 Avr

Cela fait huit mois que l’ancien ministre de la ville de Jacques Chirac – entre 2002 et 2004 – et le père d’une rénovation urbaine dont vous pouvez apprécier tous les jours les résultats catastrophiques – 48 milliards d’euros en quinze ans – a repris du service à la demande des « acteurs de terrain » et du lobby immigrationniste. Désemparés après l’annonce, l’été dernier, des coupes budgétaires puis celle du gel des emplois aidés, ils se sont rassemblés pour faire entendre leurs revendications lors de la première édition des Etats généraux de la politique de la ville, mi-octobre. Un mouvement baptisé l’« appel de Grigny ». Tout un programme de pompe à fric et d’accélérateur de la mixité sociale.

A chaque étape de cette mobilisation inédite, aux petites réunions comme aux grands rassemblements, Jean-Louis Borloo, 67 ans, était présent, entrant en scène discrètement, sans jamais se presser, la veste jetée sur l’épaule ou suspendue au bout de deux doigts, balayant le sol au passage. « Je suis là pour donner un petit coup de main si je peux, c‘est tout », leur martelait-il.

Le « petit coup de main » s’est transformé en mission officielle lorsque, mi-novembre, le président de la République lui a confié la tâche de mettre en œuvre un plan de bataille pour les quartiers populaires et faire une série de propositions. Depuis, tous attendent de Borloo – « Notre dernier espoir », disent les maires – qu’il parvienne à relancer une grande « mobilisation nationale » en faveur des banlieues, que le chef de l’Etat a appelé de ses vœux lors de son discours de Tourcoing, en novembre, mais dont vous savez qu’il n’y a aucun espoir de la voir aboutir car elle s’adresse à des populations indécrottables. Pourtant, ni les pouvoirs publics ni les « acteurs de terrain » ne veulent l’entendre et tous persistent dans cette voie de garage particulièrement coûteuse.

Ce vendredi 6 avril, l’ancien ministre s’est hélas imposé sur ce terrain. En signant le pacte de Dijon, en sa présence, les métropoles et les agglomérations s’alignent sur le « plan Borloo » et envoient un signal fort au gouvernement. Dans ce pacte en forme de manifeste pour une nouvelle politique de « cohésion urbaine et sociale » (entendez qu’il s’agit de déverser encore des milliards d’euros dans le tonneau des Danaïdes des territoires interdits de la République), les deux signataires, France urbaine (association des agglomérations et des métropoles de France) et l’Assemblée des communautés de France (AdCF) actent leur feuille de route et s’engagent à « prendre leurs pleines responsabilités (…) dans la résorption des fractures urbaines et sociales » tout en appelant l’Etat à jouer son rôle. Tout en sachant que personne n’y est jamais parvenu depuis le premier « plan banlieues« , en 1977, et malgré plus de 100 milliards gaspillés !

Dans ce document de quatre pages, c’est l’esprit du plan Borloo qui se dessine. En commençant par énoncer d’intolérables mensonges : « Cette politique est loin d’avoir démérité, est-il rappelé, en préambule. De véritables reconquêtes ont eu lieu. De nombreuses familles ou personnes accueillies un temps dans ces quartiers y ont commencé leur parcours résidentiel, leur intégration socio-économique et même culturelle. Il convient de penser à ce que seraient devenus ces territoires sans les considérables efforts qui ont été accomplis par les pouvoirs publics et leurs partenaires. »

Mais d’ajouter avec un petit peu de réalisme: « Au demeurant, la politique de la ville se trouve aujourd’hui en voie d’essoufflement (ndcer: alors que les crédits n’ont pas cessé de croître) et en quête de refondation. » Un constat formulé sans détours par Jean-Louis Borloo lors d’un atelier de travail avec France urbaine et l’AdCF le 21 mars dernier à Paris : « Nous sommes à la fin d’un système épuisé, inefficace, menteur où les pouvoirs publics font rapport sur rapport pour expliquer leur inaction. Personne n’en peut plus », avait-il alors dénoncé. L’ancien ministre de la ville et initiateur de la rénovation urbaine avait, à cette occasion, fait le point sur la situation des 1 500 quartiers prioritaires en déclarant que 200 d’entre eux étaient en passe de décrocher, que 60 autres l’avaient déjà fait, tandis qu’une quinzaine étaient « dans l’affrontement avec la République ». Mais personne ne veut entendre que ce n’est pas un problème financier mais culturel : L’IMPOSSIBLE ASSIMILATION DE CES HORDES. Nous l’avons d’ailleurs rappelé il y a peu à propos de la violence islamique (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/04/06/quand-nos-medias-et-autres-lobbyistes-de-limmigration-decouvrent-lexistence-de-leau-tiede/).

« Nous souhaitons apporter des solutions nouvelles aux difficultés des quartiers populaires », prétendent les signataires du pacte de Dijon. Les actions à venir s’articulent autour de cinq axes : l’emploi et l’excellence numérique, le renouvellement urbain, les mobilités quotidiennes (modes de transport), l’éducation et la formation, l’action sociale et la santé. Alors que rien ou presque n’est fait pour nos compatriotes de souche qui s’enfoncent dans la misère.

Le document se contente de tracer les contours du « plan Borloo », sans en divulguer le contenu… Même si quelques pistes se précisent, comme la création dans les quartiers de lieux uniques consacrés au numérique et au digital. Ou encore la relance de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) en repensant les « politiques de peuplements » : « Il faut arrêter de concentrer toujours les mêmes, les plus pauvres, aux mêmes endroits et faire jouer la solidarité entre les communes », commente Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine et maire (LR) de Toulouse. « Ce pacte est un appel à une clarification des responsabilités, exclusives et partagées, des collectivités locales et de l’Etat », est-il indiqué à plusieurs reprises dans le document.

CE N’EST QUE DU VENT !

Chacune des ambitions énoncées s’accompagne ainsi de la mention suivante : « Cela sera possible si l’Etat et ses services s’engagent », dans le désordre à « garantir la stabilité des dispositifs qui concourent, dans les quartiers, à l’insertion économique », « initier et mettre en œuvre un grand plan national de lutte contre l’illettrisme », « simplifier la tuyauterie administrative et financière de l’ANRU », « renforcer l’offre éducative, culturelle et artistique dans les quartiers en difficulté », « lancer un vaste plan de lutte contre le décrochage scolaire »« Nous sommes prêts à prendre les commandes de la politique de la ville, à en être les maîtres d’ouvrage, mais cela ne sera possible qu’à condition que l’Etat prenne lui aussi un engagement fort, souligne Jean-Luc Moudenc. Or, depuis le discours de Tourcoing, nous sommes en attente. »

À le lire, il n’est effectivement pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

La signature de ce pacte intervient dans un contexte tendu. La démission, le 27 mars, du maire de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon, pour protester contre « le mépris de l’Etat » et l’insuffisance des politiques publiques dans les banlieues a déclenché une vague de soutiens émanant d’élus de tout bord politique. « Nous, maires de banlieue, connaissons la violence, la misère et la relégation. Nous savons lutter contre. Cependant, nous ne tolérons pas le mépris du gouvernement #noussommestousgatignon », avait tweeté, le soir même, Catherine Arenou, maire (LR) de Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines (Lire « À Chanteloup-les-Vignes, le réveil des édiles est douloureux » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/04/08/a-chanteloup-les-vignes-le-reveil-des-ediles-est-douloureux/).

Et la maire de Cantaloup d’ajouter : « Les toutes prochaines semaines seront cruciales. Les choix que fera M. Macron pour les sites populaires fragiles constituent l’ultime voie pour que se rétablisse – ou pas – la confiance entre plus (ndcer: largement plus, hélas) d’un dixième du peuple de France et la nation républicaine. » 

Comment leur faire enfin comprendre combien leur utopie est mortifère ? Et combien de temps devrons-nous perdre encore avant que le bon sens l’emporte chez nos compatriotes ?

Le 9 avril 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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