Les dette de la SNCF que l’on nous cache mais…

16 Avr

qu’il nous faudra payer malgré nous.

En voici un bref résumé :

  • La gigantesque dette de la SNCF dépasse les 54 milliards d’euros – dont 46,6 milliards pour SNCF Réseau – et elle a augmenté de 1,7 milliard en un an,
  • Elle sera reprise en partie et progressivement par l’Etat (entendez par le contribuable),  » à mesure que les réformes se font « , a indiqué Emmanuel Macron, jeudi 12 avril, sur TF1,
  • Il faut y ajouter quelque 11,9 milliards d’euros de capitaux propres négatifs, qu’il faudra payer pour constituer les nouvelles sociétés par actions,
  • Au moins 1,2 milliard d’engagements hors bilan s’y ajoute, ainsi qu’une  » dette grise « , liée au péage des TGV, qui pourrait atteindre 15 milliards.

Et, maintenant, allons voir cela de plus près.

La dette  » sera pour partie progressivement reprise, à mesure que ces réformes se font, a déclaré Emmanuel Macron, sur TF1, jeudi 12 avril. A partir du moment où – la SNCF – deviendra une société (…) à capitaux publics, elle ne peut pas porter 50  milliards d’euros de dettes. Donc l’Etat va, dès le début, en reprendre une partie « .

Ce début d’ouverture n’a pas de quoi arrêter le mouvement des cheminots, qui verraient plutôt dans cette légère concession (ainsi que dans la reprise de quelques-unes de leurs revendications dans le projet de loi) une confirmation que la pression doit être accentuée alors que la grève en pointillé se poursuit.  » Le rapport de force a permis d’entrouvrir la porte des négociations « , estime Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT-Cheminots.

C’est connu, la dette de la SNCF est considérable. Elle dépasse les 54  milliards d’euros, l’essentiel étant assumé par SNCF Réseau. Or cette dette – soit 46,6  milliards d’euros liés à la construction et à l’entretien des voies ferrées – n’est pas soutenable. Elle a encore coûté 1,2  milliard d’euros de frais financiers en  2017. Et elle a  augmenté de 1,7  milliard d’euros en un an. Elle est par ailleurs incompatible avec la future transformation du groupe ferroviaire en sociétés par actions, votée par l’Assemblée nationale, le 10  avril. D’où la mise au point du président ce jeudi.

Et si ce trou était encore plus profond que redouté ? Lors de la discussion sur le projet de loi réformant le système ferroviaire, qui s’est achevée jeudi, le député (Union des démocrates et indépendants) de la Marne, Charles de Courson, a souligné la nécessité que l’Etat reprenne  » de 36  milliards à 43  milliards d’euros de dette «  avant que SNCF Réseau ne devienne société anonyme. L’élu a pointé un fait passé un peu inaperçu, pourtant dans les comptes consolidés du groupe : l’existence de capitaux propres négatifs de 11,9  milliards d’euros.

La raison : ces dernières années, les pertes et les dépréciations d’actifs de SNCF Réseau ont grignoté le capital social initial (9,8  milliards d’euros) du gestionnaire d’infrastructure de plus de 20  milliards d’euros. Or, des capitaux propres négatifs sont incompatibles avec la constitution d’une société par actions, fût-elle 100 % publique. Cela signifie que l’Etat devra probablement remettre le capital à un niveau positif en plus d’une inévitable reprise de dette.

Du côté des syndicats, on estime nécessaire une recapitalisation de l’ordre de 15  milliards d’euros.  » En théorie, une remise au pot serait nécessaire, répond une source interne de la SNCF. Mais le désendettement promis de SNCF Réseau fera mécaniquement revenir les capitaux dans le vert. « 

 » Donc le problème n’est pas là. Le vrai sujet, c’est de réduire la dette de Réseau, poursuit cet expert. Aujourd’hui, aucune banque ne prête à une entreprise d’infrastructures si sa dette représente plus de sept fois sa marge opérationnelle. Ce ratio est de 24,5 aujourd’hui à SNCF Réseau. Un minimum serait de reprendre 33  milliards d’euros. « 

Pour la SNCF, officiellement, il n’y a pas de problème supplémentaire.  » Pour une reprise en société anonyme, ce qui compte ce sont les capitaux des comptes sociaux. Or ceux-ci s’élèvent aujourd’hui à  plus de 8  milliards d’euros « , répond-on à la direction du gestionnaire d’infrastructure. La discussion semble donc être close. Et le montant qui circule depuis quelques semaines – autour de 35  milliards d’euros d’endettement à reprendre – paraît faire consensus. Une broutille ! Que le contribuable devra bien sûr assumer.

Sauf qu’on oublie aussi peut-être d’autres dettes moins considérables mais fort bien cachées. A commencer par 1,2  milliard d’euros (au bas mot) d’engagements dits hors bilan, c’est-à-dire n’apparaissant pas dans les comptes officiels de l’entreprise. Le plus gros est lié au fait que SNCF Réseau a dû (un peu contraint et forcé par les précédents gouvernements) garantir des emprunts de Vinci pour la construction de la ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux.

Et il y a encore plus retors. C’est ce que les experts appellent la  » dette grise « . C’est en fait un endettement à venir dissimulé dans les trajectoires financières exagérément optimistes du niveau des péages liées aux quatre dernières LGV construites en France. Ces exagérations évitaient à l’époque – il y a une dizaine d’années – qu’Etat et collectivités locales n’augmentent leurs concours financiers. Avec des recettes élevées, SNCF Réseau était en mesure de rembourser des emprunts et donc de s’endetter davantage.

Le contournement Nîmes-Montpellier est un exemple parlant de cet exercice de  » gonflette « . Sur cette dernière LGV mise en service en France (c’était en novembre  2017), seulement quatre TGV par jour passent quotidiennement, alors que le plan de financement s’est fait sur trente trains par jour. Résultat : des recettes réelles bien au-dessous des prévisions. Sur d’autres lignes, le veto mis par l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières sur certains tarifs de péage a  réduit les gains attendus.

Aucun calcul officiel n’a été fait de ces dérives, d’autant plus préoccupantes que la dette ainsi créée ne peut être remboursée. A long terme, elles pourraient coûter cher. En interne, un chiffre circule : sur la seule ligne TGV Paris-Bordeaux, les cumuls de ce déficit caché pourraient être compris dans une fourchette allant de 10  milliards à 15  milliards d’euros à un horizon d’une vingtaine d’années.

Tout chef d’entreprise qui gèrerait son affaire de la sorte :

1/ serait rapidement mis en faillite,

2/ ne manquerait pas d’être poursuivi pour cela et

3/ devrait répondre de sa gabegie sur ses deniers personnels…

Souvenez-vous de ce que déclarait François Fillon, Premier ministre de Nicolas Sarkozy, le 21 septembre 2007 :

http://www.ina.fr/video/I09082525

Seront-ils tous pendus ?

Le 16 avril 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “Les dette de la SNCF que l’on nous cache mais…”

  1. Hervé J. VOLTO avril 16, 2018 à 2:40 #

    Par ses choix, par inclinaison intellectuelle et sociale, Emmanuel Macron organise avec grande détermination la déconstruction de la France : déserts médicaux, culturels ET MAINTENANT FERROVIAIRES, abandons des classes, des personnes agées, des services publics en zone rurales, abandon de l’Outre-Mer, etc…

    Il lui reste quatre ans pour nous démontrer si l’on s’est trompé.

    Dans l’ettente, beaucoups de Français, en ce début de XXI° siècle, ont le sentiment d’appartenir à un groupe victime d’une oppression sans issue. Leur idéal politique catholique et Royal leur parait tellement desespéré qu’ils en viennent à considérer que seul un cataclysme pourra ouvrir une brèche dans le bétonnage idéologique environnant. Ils se réfugient dans l’attente d’un Grand Soir, un évènement inatendu, imprévisible, spectaculaire, surhumain, et pour tout dire, miraculeux, qui leur apportera la délivrance.
    Un homme Providentiel de Sang Royal ? Une aube Royale ?

    LES FOUS DU ROIS savent quand à eux que le Fantôme du Louvre est assis serainement dans la pénombre, sur un siège avec des accoudoirs, regardant sur son écran les évènements avec le même détachement de quelqu’un qui regarderait un match de foot, fumant un bon havanne dont la fumée s’accumule au plafond, déborde par une fenêtre ouverte pour aller s’ajouter aux nuages menaçant qui s’amoncellent dangereusement dans le ciel.

    Et qu’il n’a plus qu’à attendre.

    Oui. Une étincelle…

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