Economie mondiale : les nuages grossissent (post scriptum).

21 Avr

Nous venons d’attirer l’attention sur les divergences qui apparaissent entre l’optimisme affiché par nos responsables politique en matière économique et un certain nombre de réalités inquiétantes dont nous tenons davantage compte (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/04/21/economie-mondiale-les-nuages-grossissent/). Voici un argument supplémentaire plaidant en faveur de notre réflexion et de la méfiance qu’elle devrait engendrer. Il émane du dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI), publié le 18 avril 2018 et porte spécifiquement sur le niveau faramineux et sans précédent des dettes publiques et privées dans le monde : il atteignait la somme de 164 000 milliards de dollars (132 500 milliards d’euros) à la fin de 2016 (dernière date connue) soit 225% du produit intérieur brut (PIB) mondial…

Depuis 2007, année qui marque le déclenchement de la grande crise financière, ce fardeau a augmenté de 40 %. Trois pays (Etats-Unis, Chine, Japon) concentrent plus de la moitié de cette somme vertigineuse. Mais le phénomène n’épargne aucune région du monde. Le plus gros stock est l’apanage des économies avancées, conséquence des plans de relance engagés pour lutter contre la récession de 2008-2009. La dette publique – qui constitue l’essentiel de la charge pour les pays riches – y est stabilisée depuis cinq ans au-delà de 105 % du PIB, un ratio inédit depuis la seconde guerre mondiale. La France, comme nous le rappelions dans l’article précédent n’y échappe pas avec une dette de plus de 2000 milliards d’euros et 100% du PIB de notre pays.

Profitant d’une croissance très élevée depuis trente ans, les pays émergents ont longtemps gardé la maîtrise de leurs finances publiques. Mais les temps ont changé. Ces économies ont été les principales responsables de l’augmentation de l’endettement mondial enregistrée au cours de la dernière décennie. La Chine, à elle seule, y a contribué pour près de la moitié.

Le groupe des pays en développement n’échappe pas non plus à cet emballement avec une dette publique qui dépasse, en moyenne, les 40 %, soit une hausse de plus de 10 points de pourcentage depuis 2012. Ce niveau est inférieur aux pics déjà atteints dans l’histoire récente. Mais les risques de dérapage y sont particulièrement élevés, dans des pays qui mobilisent peu de recettes fiscales. Il y a déjà eu, en Afrique, de vastes opérations d’annulation ou de restructuration de dette qui n’ont pourtant pas apporté d’amélioration significative de la situation.

Les causes de cet empilement de dettes sont variées. Outre la crise et ses stigmates, les politiques monétaires ultra-généreuses déployées par les banques centrales ont joué un rôle. Les Etats et les entreprises ont profité de ces liquidités déversées sur les marchés pour emprunter à bon compte et financer leur croissance. C’est ce que nous n’avons cessé de dénoncer face au fameux Quantitative Easing (QE) de la Banque centrale européenne (BCE) toujours en cours. La crise des prix des matières premières, entre 2014 et 2016, a aussi pesé lourd dans les comptes des pays exportateurs, en Afrique, au Moyen-Orient ou en Amérique latine.

Y a-t-il lieu de s’inquiéter au moment où l’économie mondiale connaît une phase de reprise significative (seul élément favorable mais retenu avec naïveté par nos dirigeants politiques) ? Le FMI prédit une croissance planétaire de 3,9  % cette année et la suivante. Pourtant,  » il n’y a pas de place pour la complaisance « , a insisté Vitor Gaspar, responsable du département des finances publiques du Fonds. Des risques existent, notamment en cas d’accélération surprise de l’inflation aux Etats-Unis, susceptible d’entraîner une remontée brutale des taux d’intérêt. Un retour de bâton qui exposerait surtout les économies émergentes dont la dette est largement libellée en dollars.

Mais comme le phénomène est mondial, le message du FMI s’adresse à tous les pays.  » Il faut profiter de la reprise économique pour accumuler des réserves financières en prévision des temps orageux qui finiront par arriver « , a prévenu M. Gaspar. Autrement dit, c’est quand la conjoncture est porteuse qu’il convient de resserrer les boulons. Hélas, ce message n’est guère entendu.

Il s’adresse tout particulièrement aux Etats-Unis de Donald Trump. Alors que l’économie américaine tourne déjà au maximum de ses capacités, la réforme fiscale tout juste approuvée et le projet de budget vont creuser le déficit et gonfler la dette publique. Celle-ci devrait passer de 107  % du PIB en  2017 à près de 117  % en  2023… alors même que l’ensemble des autres pays avancés prévoient de diminuer leurs niveaux d’endettement. 

La France y parviendra-t-elle ? Il y a lieu d’en douter lorsqu’on entend nos dirigeants politiques ajouter les unes aux autres les annonces de dépenses budgétaires, de la folle politique dite « de la ville » (c’est-à-dire des banlieues malfamées) qui n’est en vérité qu’un nouveau tonneau des Danaïdes à la nécessaire reprise de la dette catastrophique de la SNCF…

Il y a d’ores et déjà des choix draconiens à faire. Le notre est fait :

Le 21 avril 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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5 Réponses to “Economie mondiale : les nuages grossissent (post scriptum).”

  1. Hervé J. VOLTO avril 21, 2018 à 1:35 #

    Le Règlement européen sur la protection des données, qui vise à garantir les droits et la sécurité des données des citoyens, a été adopté en 2016. Les entreprises ont eu deux ans pour se préparer. Elles doivent, théoriquement, être en conformité avec le règlement européen le 25 mai prochain. Beaucoup s’en font une montagne ! La Cnil et Bpifrance ont décidé d’accompagner le mouvement des entreprises encore à la traîne. L’autorité de contrôle se veut pleine de mansuétude, à partir du moment où les entreprises ont entamé des démarches. Elles ont pourtant beaucoup à gagner dans l’opération.

    La France, qui pourrait profiter d’une conjoncture à eòlle favorable, semble boien encore une fois en avant garde de ces mesures. Mais le Conseil dans l’Espérence du Roi encore une fois pertinamment analysé la sitiuation : la France est un pays ingouvernable, toujours en grève, qui a une dette abyssale et posssède des banlieues-ghettos zone de non-droit devenues ingérables.

    Si le Président Macron, à la grande différence de son prédécesseur qui ne nous laisse comme le çons de politique que son casque, entend s’attaquer au premier problème, Il faudrait profiter de la reprise économique pour régler l’ardoise laissée par les années Mittérand et accumuler des réserves financières en prévision des temps orageux qui finiront par arriver. La France y parviendra-t-elle ? Il y a lieu d’en douter lorsqu’on entend nos dirigeants politiques ajouter les unes aux autres les annonces de dépenses budgétaires, de la folle politique dite « de la ville » (c’est-à-dire des banlieues malfamées) qui n’est en vérité qu’un nouveau tonneau des Danaïdes à la nécessaire reprise de la dette catastrophique de la SNCF…

  2. Hervé J. VOLTO avril 21, 2018 à 2:16 #

    Que devrait faire la France pour relancer l’économie ?

    1. Mettre en cause les aspects néfastes du libre-échangisme mondial.
    2. Retrouver la cohérence économique par la baisse des dépenses publiques.
    3. Retrouver la prospérité en libérant l’économie.

    1. Mettre en cause les aspects néfastes du libre-échangisme international.

    Proposer une conférence internationale sur l’assainissement des relations économiques mondiales, assurer le filtrage des fluxs commerciaux, aider nos entreprises sur les marchés extérieurs, reconquérir le marché intérieur, repenser les mécanismes d’aide aux pays en voie de dévelopepement, intégrer les préoccupations non marchandes dams la régulation de la compétition internationale.

    2. Retrouver la cohérence économique par la baisse des dépense publiques.

    Réduire les dépenses publiques de 70 milliars d’euros en 7 ans, mettre un ternme à la gabegie au sein du Ministère de l’Education, éliminer les gaspillages dans la gestion de la sécurité sociale, lutter contre un interventionisme économique et social intempestif, mettre un treme au gaspillage administratif, supprimer les grandes administrations locales (suppression des conseils régionaux, généraux et cantonaux, revalorisation du préfet comme représentant du Souverain dans les collectivités locales), alléger la charge de l’immigration non-chrétienne (inversion des fluxs migratoires).

    3. Retrouver la prospérité en libérant l’économie.

    Soulager les marchés des capitaux, réduire les prélèvements obligatoires, interdir constittionnellement les prèlevements obligatoires au-delà de 23% du revenu (sauf cas d’effort de guerre exeptionnel), améloirer la situation des salariés en augmentant le pouvoir d’achat, affecter la disponibilité budgétaires aux priorités nationales, réduire substantiellement le chômage en assurant la priorité d’accès à l’emploi aux français, rendre aux Français pour 46 milliards d’euros d’entreprises étatisées, rendre leur épargne aux Français par une interdiction constitutionnelle de toute imposition sur l’épargne, retourner au franc et conforter la satbilité du franc.

    Le tout, appuyé par une politique étrangère faisant de la France un pays indépendamnt et rayonnant :

    1.Se doter de moyens de la Grandeur.
    2. La France Fille, Ainée de l’Eglise et Educatrice des Peuples.
    3. La France défenseur des nations.
    4. La France, promoteur du développement.
    5: La France, pivot de l’Europe des Patries.
    6. La France, partenaire de l’Afrique et du Moyen-Orient.
    7. La France présente dans le monde.
    8. La France, artisan de paix.

    Une idée de politique étrangère à long terme : redevenir un pays officiellement Chrétien, instituer une cohalition Chrétienne sur le modèle de la Sainte Alliance, travailler à une Europe Monarchique et Chrètienne sur le modèle du projet de Robert Leplus, cultiver une amitié politique avec la Russie, intervenir diplomatiquement pour repacifier blocs de l’est et de l’Ouest…

  3. Hervé J. VOLTO avril 21, 2018 à 2:25 #

    Une telle politique étrangère ne peut être menée qu’appuyer par une politique militaire digne des ambitions de la France. Là, celà devint le rayon de François Romain…

  4. Hervé J. VOLTO avril 21, 2018 à 2:26 #

    Comme pour les problèmes èconomique Pierre Jeanthon…

    • conseilesperanceduroi avril 21, 2018 à 8:26 #

      Les avis de Pierre Jeanthon en matière économique sont toujours excellents. Qu’il n’hésite pas à s’exprimer…

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