Nous avions prévenu, c’est confirmé : l’exode des Tunisiens vers l’Italie d’abord, la France après, explose.

30 Avr

Nos responsables politique et nos médias aux ordres avaient qualifié le renversement du président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, en 2011, de  » Printemps arabe  » et de  » Révolution du jasmin  » ! Sept ans plus tard, la situation économique et sociale du pays est devenue catastrophique. Comme ce fut le cas en Libye, après le renversement de Mouammar Kadhafi par les troupes Franco-Anglo-Américaines… Ces gens-là ont manifestement un sens aigu de la géopolitique ! (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/02/02/emmanuel-macron-en-tunisie-le-pere-noel-a-distribue-ses-cadeaux/).

Mais le résultat le plus terrible de cet échec est l’explosion de l’exode des jeunes Tunisiens, sans culture, sans formation, ni universitaire ni professionnelle, vers la rive nord de la Méditerranée. L’Italie est pour eux la plus proche mais il leur suffit d’atteindre Vintimille ou les Alpes pour franchir sans peine la frontière franco-italienne et débarquer chez nous avec la complicité du lobby immigrationniste (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/11/22/en-1945-les-collabos-se-cachaient-en-2017-ils-se-pavanent/).

Hedi Labet rêvait du grand large, de l’Italie, de la France et, pourquoi pas, de l’Europe. Partir loin de cette steppe caillouteuse de la Tunisie intérieure, son pays à lui où l’herbe n’est pas aussi verte que là-bas. S’évader de son bourg de Redeyef, tout près de la frontière algérienne, où l’industrie vieillissante du phosphate ne suffit plus à nourrir son monde, attisant la détresse sociale dans toute la région minière de Gafsa. «  Rien ne m’encourage à rester ici « , avoue-t-il en oubliant que les Romains avaient su faire de Gafsa l’un de leurs plus importants municipes de la région. Mais, à l’époque, on était courageux…

Alors, pourquoi pas lui ? Tant de ses amis, ces jeunes désœuvrés de Redeyef, ont déjà tenté l’aventure et l’ont parfois réussie. Le phénomène est troublant : l’émigration clandestine des jeunes vers l’Italie, porte d’entrée de l’Europe, a littéralement explosé en  2017.

Le nombre de Tunisiens arrivés illégalement sur la péninsule italienne a atteint, selon le ministère de l’intérieur, 6 150  personnes, soit 7,5  fois plus qu’en  2016. Pour l’essentiel, ces migrants sont arrivés de Tunisie même, d’où ont embarqué 5 900  illégaux ayant accosté en Italie. Parmi eux s’est glissée une petite minorité (moins de 10  %) d’Africains subsahariens, tentés eux aussi par un prétendu Eldorado européen . Si l’on y ajoute les 3 178  migrants interceptés en mer par les gardes-côtes tunisiens, cela fait 9 078  tentatives – réussies ou échouées – de départ de Tunisie sur l’ensemble de l’année (pour un pays qui ne compte que 11 millions d’habitants).

Partir, fuir. En arabe, on dit  » haraga «  : brûler. Prendre le bateau, c’est  » brûler  » les frontières,  » brûler  » aussi ses papiers en mer pour brouiller les pistes.  » Ici, je ne connais personne qui n’y pense pas « , lâche Hedi. Les chiffres le prouvent. Et demain…

Electricien de formation, il avait travaillé sur les chantiers de quoi gagner le pécule nécessaire : 2 800  dinars (environ 930  euros). Son frère s’était rendu en  » mission exploratoire «  à Kerkennah, l’île au large de la cité portuaire de Sfax d’où part l’essentiel des bateaux de migrants vers Lampedusa, le sas d’entrée en Italie. Bref, tout était bouclé. Jusqu’à ce matin du grand départ quand la mère de Hedi a éclaté en sanglots, l’a supplié de rester.  » J’ai changé d’avis au dernier moment devant les larmes de ma mère « , raconte-t-il.

Hedi a donc vu ses amis partir sans lui. Fin 2017, un grand silence s’est abattu sur Redeyef, comme après un feu qui aurait tout  » brûlé « . Quelque 700  jeunes du bourg, qui compte 25 000  habitants, ont disparu, aspirés dans le grand exode haraga. Ils ont fourni un des plus gros contingents d’arrivées illégales en Italie en provenance de Tunisie en  2017.

Le courant est sans précédent depuis la vague de départs (autour de 30 000) du printemps 2011, exode exceptionnel, permis à l’époque par le vide sécuritaire qui avait suivi la chute du régime de Zine El-Abidine Ben Ali. Un temps béni !

Depuis le début de 2018, les Tunisiens sont devenus la deuxième nationalité, après les…Erythréens, à débarquer en Italie, alors qu’ils se situaient au huitième rang en  2017. Une telle poussée migratoire en dit long sur la désespérance sociale qui frappe la jeunesse de la Tunisie intérieure, celle-là même qui avait déclenché la révolution de 2011 à l’origine d’une transition démocratique tant vantée par les politiques et les médias européens. Souvenez-vous de « l’intifada de Sidi Bouzid » et des descriptions dithyrambiques de nos médias*.

Mais, derrière la vitrine politique, les attentes socio-économiques ont été sévèrement déçues. Dans la région de Gafsa, où Redeyef est l’un des centres d’extraction du phosphate, le taux de chômage se hisse à 28  %, soit 13  points de plus que la moyenne nationale.  » Il n’y a pas de travail ici « , souffle Hedi. Faut-il lui avouer qu’il n’y en a pas non plus chez nous ?

Alors Hedi parle de son ami Hamza Taleb. Hamza est un expulsé d’Italie. Il a fait partie de la grande vague haraga de l’automne dernier. Son but était très clair : rejoindre Nantes, en France, où vivent son grand frère et son oncle – ainsi qu’une importante communauté originaire de Redeyef. Un appel d’air pourtant nié par nos responsables politiques.

Au large de Sfax, le chalutier sur lequel il avait embarqué avec une soixantaine de candidats à la traversée n’a pas eu de difficultés à s’éloigner du littoral.  » Un bâtiment de la garde nationale nous a aperçus, se souvient Hamza, mais il n’a pas cherché à nous bloquer. «  En  2017, les gardes-côtes tunisiens ont beau avoir  » intercepté  » sur la route vers l’Italie trois fois plus de migrants que l’année précédente (3 178 contre 1 063), la ceinture de surveillance de la frontière maritime est loin d’être étanche.

La corruption joue certes son rôle. De nombreux candidats au départ racontent avoir glissé des billets à des fonctionnaires. Mais, au-delà des pots-de-vin, la volonté de l’Etat de faire barrage est-elle aussi nette que les discours officiels le prétendent ? La rumeur court, insistante chez les observateurs de ce rebond migratoire : certaines autorités fermeraient les yeux, car la vague de départs permet objectivement de désamorcer la bombe sociale que représente la jeunesse au chômage. C’est précisément ce que nous dénoncions, il y a peu, à propos des jeunes africains sub-sahariens poussés au départ par leurs familles pléthoriques et leurs gouvernements impécunieux (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/12/06/ca-ne-leur-coute-pas-cher-mais-ca-peut-leur-rapporter-gros/).

Quoi qu’il en soit, le gouvernement italien ne semble pas en faire une source de crispation diplomatique, en tout cas publiquement.  » Nous sommes satisfaits de la coopération avec la Tunisie « , se félicite l’ambassadeur italien à Tunis, Lorenzo Fanara. Pour preuve, il cite la pleine collaboration de Tunis aux rapatriements forcés des illégaux. Du 1er  janvier au 23  avril, l’Italie a expulsé 800 d’entre eux, soit la moitié des arrivées clandestines (1 600) durant la même période. En moyenne, 50 Tunisiens sont rapatriés d’Italie chaque semaine par charter. Les autres s’échappent jusqu’à Vintimille et passent clandestinement la frontière franco-italienne !

Hamza Taleb, lui, est tombé dans les griffes des policiers italiens. Son rêve de Nantes s’est effondré et il a fait parti des expulsés. Mais, comme il le dit lui-même… »Je recommencerai« . Et il recommencera.

Alors, rappelons ce que nul ne devrait oublier : à l’époque de Ben Ali ou de Kadhafi, il n’y avait quasiment pas de migrants clandestins en partance de Tunisie et de Libye. Qu’on se le dise.

Le 30 avril 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* 1. « Sidi Bouzid, mon amour », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne [archive])

2. « La génération Facebook plus forte que Ben Ali », Slate.fr,‎ (lire en ligne [archive])

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4 Réponses to “Nous avions prévenu, c’est confirmé : l’exode des Tunisiens vers l’Italie d’abord, la France après, explose.”

  1. Hervé J. VOLTO avril 30, 2018 à 1:03 #

    Ce serait le moment de créer un organisme de défense des frontières et de contrôle des populations étrangères (regrouper certaines compétances aujourd’hui Police de l’Air et les Frontières, les Renseignement Territoriaux (ex-Renseignement Généraux), la DGSI et les Douannes), redonner aux RT (ex-RG) leurs compétances en matière de contrôle politique, placer la lutte anti-terroriste sous le contrôle de la DGSI, renforcer la notion de Secret Défense.

  2. Hervé J. VOLTO avril 30, 2018 à 1:04 #

    Et avant tout fermer les frontières avec l’Italie…

  3. Hervé J. VOLTO avril 30, 2018 à 7:58 #

    Pendant ce temps là, face aux nouvelles invsions barbares, la France patriotique se réorganise !

    Le déjeuner était secret, il ne l’est plus : le 21 mars 2018, chez Drouant où sont décernés chaque année les Prix Goncourt et Renaudot, MARION MARECHAL LEPEN a déjeuné avec PATRICK BUISSON. L’ex-députée FN du Vaucluse avec l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy : une belle affiche qui fleure bon l’union des droites.

    Révélé par Eric Mandonnet dans l’Express, le déjeuner est confirmé par Patrick Buisson. En fait, c’est avec Jeanne d’Arc qu’il a déjeuné :

    -Marion Maréchal-Le Pen « est en train de revisiter le mythe du sauveur cher à la droite », confie-t-il à l’Express à propos de la jeune femme de 28 ans qui fait rêver une partie du FN et une partie de la droite.

    Il précise sa pensée :

    -Air du temps oblige, la femme providentielle a supplanté l’homme dans cet emploi. Même les plus conservateurs sont prêts à faire cette concession à la modernité. Ça leur rappelle Domrémy et Vaucouleurs.

    Rien que ça.

    Selon lui, Marion Maréchal-Le Pen, « si elle devait revenir sur la scène politique, disposerait d’un avantage sur ses éventuels concurrents. Elle a marqué les esprits en montrant son détachement à l’égard des mandats électifs, quand d’autres s’accrochent durant des lustres. Et sa capacité à dissocier le service du bien commun de son intérêt personnel. Par opposition, le discours de Laurent Wauquiez peut apparaître insincère et daté ».

    Entre le Front National, qui va bientôt changer de nom pour devenir le Rassemblement National (les bulletins de vote sont en train d’être adressés aux adhérents) et Les Républicains où le discours de Laurent Wauquiez peine à percer, les grandes manœuvres sont lancées. Des rapprochements sont en cours en vue des élections municipales. Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Frédéric Poisson, Emmanuelle et Robert Ménard, Bruno North se rencontrent, gambergent et pensent aux élections européennes. Les uns vantent Les amoureux de la France, les autres lancent « l’appel d’Angers » appelant à cette union des droites, auquel s’est joint l’ancien député LR Thierry Mariani. Mais jusqu’à quand échapperont-ils à la guerre des ego ?

    Marion Maréchal-Le Pen n’a pas besoin d’aller à Domrémy et Vaucouleurs, ni de tendre beaucoup l’oreille pour entendre des voix qui en appellent à son retour. Reviendra-t-elle?

  4. Hervé J. VOLTO avril 30, 2018 à 8:08 #

    Si Marion Maréchal Le Pen décide de retouner et participer à empécher que la France n’explose, nous ne pourrions que lui conseiller de faire sienne le devise de la Princesse Marie Christine de Kent (épouse d’une cousin de la Reine Elisabeth II d’Angleterre) :

    -BIEN FAIRE, ET LAISSER DIRE.

    Dans l’attente, nous ne pouvons que l’entourer de notre respect, de notre sympathie et de notre affection :

    -MARION, TIENS BON !

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