Nous sommes au royaume d’Ubu. Il a un nom : l’Absurdie.

17 Mai

La France passera au prélèvement à la source pour l’impôt sur le revenu à partir du 1er janvier 2019. Mais cette réforme pose encore de nombreuses questions et son intérêt ne saute pas aux yeux.

Le premier problème est d’ordre essentiellement psychologique car les contribuables redevables de l’impôt, notamment les salariés, constateront en fin de chaque mois une baisse de leur revenu net versé par les employeurs.

Ce détail sème pourtant la panique dans les rangs gouvernementaux et, du coup, voilà que des petits génies de trois ministères (peut-être même les ministres…) ont eu une idée formidable :  » écrivons en PLUS GROS et PLUS GRAS sur les bulletins de salaire le montant du salaire avant l’impôt !  »  Et cela donne l’arrêté du 9 mai publié discrètement au Journal Officiel de la République française (tenez-vous bien, vous allez éclater de rire) :  » pour la composition de la mention net à payer avant impôt sur le revenu, il faudra un corps de caractère dont le nombre est au moins égal à une fois et demi le nombre de points de caractères utilisé pour la composition des autres lignes « .

En clair, qu’est-ce que cela veut dire ?.

Un : nous sommes au royaume d’Ubu, en Absurdie, l’Etat décide de la taille des caractères des bulletins de paie de ses sujets.

Deux : ce gouvernement a si peu confiance dans sa réforme qu’il met des airbags pour qu’elle fasse moins mal ! Peut-être sont-ce les entreprises qui lui ont demandé cela, parce qu’elles craignent des revendications salariales…

Trois : on prend les contribuables pour des demeurés (et ce n’est pas le mot qui vient spontanément à l’esprit). Ils regardent davantage leurs comptes en banque que leurs bulletins de salaire, et on sait tous qu’aujourd’hui, le revenu versé le 30 est amputé vers le 15 de l’impôt (pour ceux qui en paient et sont mensualisés).

On rit d’une telle niaiserie mais en réalité, il faut bien comprendre que l’effet le plus brutal de la retenue à la source sera ailleurs : chacun découvrira, en voyant l’écart entre son revenu super-brut (avec toutes les cotisations sociales patronales et salariales) et son revenu super-net (après impôt), chacun découvrira alors l’importance des prélèvements obligatoires dans notre beau pays !

 » Merci Macron ! Merci Macron ! « 

Le 17 mai 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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2 Réponses to “Nous sommes au royaume d’Ubu. Il a un nom : l’Absurdie.”

  1. Hervé J. VOLTO mai 24, 2018 à 2:59 #

    Perte des valeurs morales, délocalisations, chômage, précarité, insécurité, lois liberticides et fiscalité confiscatoires : nous l’avons déjà dit et nous le répèterons, aujourd’hui, en ce début de XXI° siècle, ce n’est plus la faute à Marie-Antoinette !

Trackbacks/Pingbacks

  1. Non possumus - Cril17 - mai 18, 2018

    […] française, tant la situation du Royaume d’Ubu, qu’est devenue la France ( voyez le CER ) , nous semble désespérée, après des lustres et des lustres de gouvernance de ses élites, […]

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