Razzia sur l’hosto.

24 Mai

Razzia (pronociation anglaise : /ˈræziə/) est un terme français, et italien, emprunté à l’arabe algérien : غزية ghaziya(« pillages »). Vient du verbe berbère : ghez (mordre) > sghez (faire mordre, faire paître ses animaux dans le pâturage d’autrui) > aghezzou (pillage, destruction) > razzia ou ghazzia (forme arabisée de aghezzou en dialecte dardja).

Razzia peut désigner :

  • Employé en tant que nom commun : une razzia est une attaque, une incursion rapide en territoire étranger, dans le but de prendre du butin.
  • Le mot razzia est utilisé pour signifier le fait de tout rafler, de tout emporter, comme dans le titre du film français Razzia sur la chnouf.
  • Employé comme nom propre : c’est le nom donné à l’un des personnages de la bande dessinée Les Légendaires.

Bref, la razzia est un comportement traditionnel qui est né et perdure dans les pays arabo-musulmans mais que nos visiteurs d’outre-Méditérranée sont parvenus à exporter en le collant aux babouches des migrants. Et c’est ainsi qu’on le retrouve, entre autres, pratiqué…au sein même des hôpitaux publics français ! Il faut avouer cependant qu’il est favorisé par la pénurie de médecins dans les hôpitaux publics.

Ces dernières semaines, en effet, plusieurs établissements de soins ont été contraints de fermer ponctuellement des services, faute d’anesthésiste-réanimateur ou de médecin urgentiste pour en assurer le bon fonctionnement. Mais des fermetures dues au  » boycott  » lancé par des médecins intérimaires pour protester contre l’application du décret plafonnant depuis le 1er  janvier leur rémunération à 1 404,05  euros brut la garde de 24  heures, soit un peu moins de 65 euros brut de l’heure. Or, il faut que vous sachiez que beaucoup de ces médecins intérimaires sont issus de pays étrangers et, en particulier, du Maghreb.

Ces médecins remplaçants – souvent qualifiés de  » mercenaires « , un peu comme le furent en leur temps les janissaires ou les spahis d’origine chrétienne dans l’armée ottomane… – sont devenus au fil des ans indispensables à l’hôpital public :  » 25  % à 30  % des postes hospitaliers sont vacants, et jusqu’à 90  % dans certaines disciplines et certains établissements « , estime Jacques Trévidic, le président d’Action praticiens hôpital (APH), qui qualifie l’intérim de  » cancer «  de l’hôpital. «  Les intérimaires font tourner la boutique pour obtenir des actes, mais ils ne sont pas investis dans la vie intra-hospitalière ou dans la prise en charge collégiale de patients lourds « , abonde Anne Geffroy-Wernet, la vice-présidente du SNPHAR-e, le syndicat des anesthésistes-réanimateurs.

Alors, en bons marchands de tapis, ils font monter les prix !

Et, en plus, ils se permettent de faire du chantage pour augmenter leurs gains.

Louis-John Endres (1896-1989) : Les Marchands de tapis

Conséquence du rapport de forces engagé par les intérimaires, par le biais notamment de la publication d’une  » liste noire  » des hôpitaux appliquant le décret : les situations de fermetures provisoires apparues ce printemps, encore rares pour le moment, pourraient se multiplier d’ici à l’été. A Bourges par exemple, entre le 10 et le 17  mai, l’hôpital a dû fermer à quatre reprises sa ligne de service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR), n’ayant pas réussi à trouver un médecin urgentiste pour monter dans un véhicule destiné à traiter des urgences vitales, renvoyant les demandes sur les hôpitaux voisins.  » Une situation sans précédent « , reconnaît la direction de cet établissement, qui compte huit urgentistes titulaires et cherche à en recruter seize autres de façon pérenne.

A Dole (Jura), l’hôpital a dû suspendre en mars quelques jours son unité de surveillance continue, qui accueille notamment des patients atteints de détresse respiratoire, faute, là aussi, d’avoir pu recruter un anesthésiste-réanimateur, pour lequel il déboursait jusque-là 1 550 à 1 600  euros brut la garde de 24  heures.

 » On a finalement limité la casse et trouvé un terrain d’entente avec ceux qui venaient régulièrement chez nous, explique Emmanuel Luigi, le directeur. On leur a démontré qu’on était un peu coincés de tous côtés, et ils ont accepté de revenir en  2018. Mais il y a une vraie incertitude pour les années suivantes.  » Ce serait à mourir de rire si ce n’était pas si tragique.

A l’hôpital de Cherbourg, Maxime Morin, le directeur, reconnaît être  » inquiet « pour cet été. «  Il y a deux semaines en août où nous n’avons pas les moyens anesthésiques de maintenir les blocs de chirurgie programmée, dit-il. On est dans une situation très tendue. «  En août  2015, il avait déjà été obligé de fermer les urgences de Valognes, l’hôpital satellite situé à une vingtaine de kilomètres, n’ayant pas réussi à embaucher d’urgentistes pour cette structure à une époque de l’année où ils sont particulièrement demandés.

Coincés entre la nécessité d’assurer la continuité des soins, l’obligation d’appliquer la loi et l’impossibilité matérielle de trouver des médecins, certains directeurs ont fait le choix de repousser l’application du décret.  » Cela aurait un effet sismique chez moi « , confie sous le couvert de l’anonymat le directeur de plusieurs hôpitaux en zone rurale.

C’est comme la dhimmitude : les mercenaires au croissant obligent les dhimmis à payer l’impôt qui leur évite (temporairement) la disparition.

Dans ce type d’établissements, il arrive que des services entiers fonctionnent uniquement avec des médecins  » mercenaires  » payés 14 000  euros par mois pour quatorze jours de travail.  » Ça me coûte les yeux de la tête d’avoir dû internaliser ces intérimaires, témoigne un directeur. L’agence régionale de santé sait que c’est intenable.  » Et pourtant,que fait le gouvernement pour que cela change ? RIEN. Comme toujours.

Du côté des pouvoirs publics, on prétend suivre avec attention ce bras de fer entre hôpitaux et intérimaires.  » Etouffer des établissements appliquant la réglementation est inacceptable du point de vue des principes républicains « , assure-t-on à la direction générale de l’offre de soins (DGOS) au ministère de la santé, où l’on se dit  » choqué sur le plan de la symbolique et des valeurs «  par l’existence d’une  » liste noire « .

Mais, sacrebleu, ce n’est pas une question de symbolique ou de valeurs. C’est de la lâcheté et une capitulation totale du pouvoir régalien. Les « mercenaires » auraient tort de ne pas continuer à nous imposer leur art de vivre…

Fin mars, les agences régionales de santé ont envoyé un courrier aux directeurs d’hôpitaux pour dénoncer  » certaines exigences, parfois démesurées, de la part de médecins dans un contexte délicat de recrutement « , assimilant même ces exigences à une  » forme de chantage « .  » Même si c’est compliqué, nous faisons tout pour tenir bon « , fait-on valoir à la Fédération hospitalière de France (FHF), le lobby des hôpitaux publics.

Directeurs d’hôpitaux, autorités sanitaires et syndicats de médecins hospitaliers titulaires s’étaient tous prononcés en faveur de ce plafonnement, qui doit encore être abaissé ces deux prochaines années de manière à atteindre 1 170,04  euros brut la garde de 24  heures en  2020.

Avant ce texte, témoignent plusieurs acteurs du monde hospitalier, une véritable surenchère pouvait avoir lieu entre établissements, les prix flambant jusqu’à 3 000  euros les 24  heures à Noël ou au 15  août.  » On était arrivé au bout d’une situation, les rémunérations n’avaient plus de limite, et des établissements allaient dans le mur, ce n’était pas viable « , juge Thierry Gamond-Rius, directeur de l’hôpital de Lorient et président de la Conférence des directeurs de centre hospitalier.

Mais, comme si ce racket des hôpitaux par des médecins intérimaires ne suffisait pas, voici un autre scandale qui menace la prise en charge de nos compatriotes.

L’entrée en vigueur au mois de novembre 2017 de la réforme du troisième cycle des études de médecine a entraîné une baisse significative du nombre d’internes de médecine générale en stage dans les hôpitaux publics. A l’origine de cette diminution : une nouvelle maquette prévoyant que ces étudiants  » presque médecin  » effectuent davantage de stages chez des praticiens libéraux au cours de leurs six semestres de formation pratique.

Dans les hôpitaux, où les internes contribuent bien souvent à faire tourner les services, l’impact a été fortement ressenti. A Sedan (Ardennes), par exemple, ce sont huit postes d’interne sur douze qui ont été perdus, quinze sur soixante-dix à Charleville-Mézières. Des pertes qui ont  » renforcé les tensions pesant sur les équipes médicales « , reconnaît la direction du groupement hospitalier réunissant ces deux sites. A Troyes, les urgences pédia-triques ont même dû fermer leurs portes, faute d’internes.  » Nous nous attendions à une baisse, mais je ne pensais pas que nous passerions de six internes à aucun « , a déclaré Philippe Blua, le directeur du site, dans un entretien à L’Est éclair le 2  mai. A Bourges, on affiche également  » zéro interne aux urgences, contre quatre ou cinq les précédents semestres « .

Certains hôpitaux ont dû se résoudre à  » fermer régulièrement «  des plages de consultations, d’autres ont dû davantage recourir à…l’intérim.  » Les hôpitaux sont très impactés « , estime-t-on à la Fédération hospitalière de France (FHF), qui représente les établissements publics.  » Cette réforme a induit une désorganisation assez marquée dans pas mal d’endroits « , insiste Thierry Godeau, le président de la Conférence nationale des présidents de commissions médicales d’établissements de centres hospitaliers, qui regrette la mise en place  » brutale  » de la nouvelle maquette.  » Dans un contexte déjà tendu, c’est un facteur d’aggravation, dit-il. Et on ne peut pas remplacer ces internes parce que nous n’avons pas de médecins à recruter sur le marché.  » Et si l’on « importait » des internes des facultés de la rive sud de la Méditeranée ?…Qu’en pensez-vous ?

Chez les syndicats d’internes, où l’on était demandeur de cette réforme, on ne s’étonne guère de cette situation.  » Il y a certains services qui sont clairement en difficulté, parce qu’ils sont sans internes et sans suffisamment de médecins. Pour l’instant, il n’y a pas de solution miracle, ils se sont débrouillés « , explique Maxence Pithon, le président d’ISNAR-IMG, le syndicat des internes de médecine générale.

 » C’est un phénomène intéressant, ajoute Jean-Baptiste Bonnet, le président de l’intersyndicale nationale des internes (ISNI). On nous reproche d’avoir une formation trop hospitalière, mais, quand on fait plus de stages dans le libéral, on nous dit que les hôpitaux ne tournent plus. Cela veut donc dire que le nombre de médecins est insuffisant.  » CQFD.

Plusieurs directeurs d’hôpital font enfin valoir qu’une telle baisse risque de poser des problèmes de recrutement à l’avenir, l’internat permettant souvent à un médecin de découvrir un établissement et un territoire, lui donnant ensuite l’envie de s’y installer en libéral ou à l’hôpital.

Bref tout va bien dans le monde dévasté de la santé publique française !

Le 24 mai 2018.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la Santé publique.

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