Un président de la République française qui batifole avec des joueurs de foot ne peut pas être foncièrement…bon.

6 Juin

Pourquoi faut-il donc que les quatre derniers présidents de la République se soient crus obligés de fréquenter ce qu’il y a de pire dans notre société : les joueurs professionnels de football ? On nous répond que c’est, tenez-vous bien, pour  » faire nation  » !

Les proches d’Emmanuel Macron le disent souvent : le chef de l’Etat n’aime rien faire comme les autres. Une fois n’est pas coutume, le président quadragénaire a pourtant décidé de suivre les traces de ses prédécesseurs en matière de sport, honorant de sa présence les mêmes compétitions et tentant d’afficher la même proximité avec les champions que François Hollande, Nicolas Sarkozy ou Jacques Chirac avant lui.

Emmanuel Macron s’est ainsi rendu avec sa femme, Brigitte, mardi 5  juin, au centre technique national de Clairefontaine, situé dans la forêt de Rambouillet, afin d’y déjeuner avec les joueurs de l’équipe de France de football (que l’on nomme abusivement « les Bleus » mais qui n’ont de bleu que le nom) en phase de préparation pour la Coupe du monde, qui débute le 14  juin à Moscou. Une rencontre destinée, selon l’Elysée, à  » relayer le message d’encouragement et de confiance des Français «  et lors de laquelle le chef de l’Etat devait aussi  » insister sur le bien vivre-ensemble que dégage l’équipe  » !!!

Est-il besoin de rappeler qui sont « les Bleus » à Clairefontaine ? Ce n’est plus du métissage, c’est quasiment monocolore :

Cette visite est, paraît-il, devenue un classique des présidents français, au même titre que les finales de la Coupe de France de foot et du Top 14 de rugby, auxquelles M. Macron a assisté ces dernières semaines. Avant l’actuel hôte de l’Elysée, MM. Chirac, Sarkozy et Hollande se sont eux aussi rendus à Clairefontaine à la veille d’une compétition, afin de saluer les joueurs ou déjeuner avec eux.

Emmanuel Macron se rendra également sur le Tour de France cet été, sans doute à la fin du mois de juillet. En  2017, le chef de l’Etat avait suivi dans la voiture du directeur de course l’étape alpestre qui avait emmené les coureurs jusqu’à Serre-Chevalier (Hautes-Alpes), grimpant à leur côté le col du Galibier. Il y avait également donné sa première interview de président, sur le plateau de France 2, après la course. Cette année,  » ce sera sans doute une étape des Pyrénées, où le président a des attaches familiales « , confie un conseiller de l’exécutif – la grand-mère de M. Macron possédait une maison à Bagnères-de-Bigorre, où le jeune amiénois venait passer ses vacances.

 » C’est pour les présidents une façon de mettre en scène leur sortie des palais parisiens pour s’immerger dans la France paysagère « , analyse sans rire Fabien Conord, professeur à l’université Clermont-Auvergne et auteur du  Tour de France à l’heure nationale (PUF, 2014). Emmanuel Macron n’a d’ailleurs pas attendu de devenir président pour s’y montrer : il s’était rendu sur le Tour lorsqu’il était ministre de l’économie, en  2015, au départ à Utrecht (Pays-Bas), puis en  2016 déjà dans les Pyrénées. Mais ce que personne ne savait encore, à part lui, c’est qu’il serait…président de la République après Hollande !

Emmanuel Macron assume ces mises en scène malgré un emploi du temps chargé, ses proches assurant même que le chef de l’Etat lit…L’Equipe tous les jours et suit notamment de près la Ligue 1. Lors d’une visite en Tunisie, en février, le président avait bluffé son entourage en sortant d’un café de la médina où était retransmis en différé un match Angers-Amiens.  » Pas la peine de regarder, c’est Angers qui va gagner « , avait lancé M. Macron, alors que la rencontre avait eu lieu quelques jours plus tôt et s’était terminée sur le score de 1-0 pour les Angevins…

Régulièrement, le chef de l’Etat affiche aussi son soutien pour l’Olympique de Marseille, dont il a suivi la dernière campagne en Europa League, même s’il n’a pas pu assister à la finale à Lyon, retenu par un sommet européen en Bulgarie. Derrière son bureau à l’Elysée, l’ancien latéral gauche de l’équipe de foot de l’ENA a conservé au sol une photo de la tête victorieuse de Basile Boli lors de la finale de Ligue des champions remportée par le club marseillais en  1993.  » C’est un supporter de l’OM qui l’a prise depuis les tribunes et la lui a envoyée, on voit les 22 joueurs du match sur la photo, Macron est capable de tous les nommer « , assure un proche, pour qui le président est  » un enfant de la génération 93 «  (il avait 15 ans à l’époque). Serait-il hélas aussi un porte-voix du 9-3.

Pour autant, pas question de voir le chef de l’Etat en train de faire du sport. Bien sûr, le quadragénaire s’entretient, en jouant au tennis quand il se rend dans la maison de sa femme au Touquet ou en pratiquant la course à pied à la résidence de la Lanterne à Versailles. De même, il lui arrive de faire des exercices de remise en forme avec ses officiers de sécurité dans la salle de sport de l’Elysée, assure son entourage. Mais le président refuse de se mettre en scène en sportif du dimanche, à l’inverse d’un Nicolas Sarkozy, qui aimait se montrer roulant à vélo au Cap Nègre ou montant les marches de l’Elysée en short après un footing.

 » Macron met à distance son corps quotidien pour mieux incarner le corps solennel, analyse Patrick Carles, professeur à l’université de Lausanne et historien du sport. Alors qu’Henri IV adorait se montrer pratiquant le jeu de paume, Louis XIV avait décidé de ne plus le faire en public, pour mieux incarner le corps royal. On peut dire que Macron est davantage Louis XIV qu’Henri IV. «  » Emmanuel Macron a le souci de ne pas abîmer le corps présidentiel en se mettant en scène de manière inauthentique « , reconnaît Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée.

Nous ne tarderons pas à entendre parler, à son propos, des DEUX CORPS DU ROI…

Le 6 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Publicités

3 Réponses to “Un président de la République française qui batifole avec des joueurs de foot ne peut pas être foncièrement…bon.”

  1. Colette B. juin 6, 2018 à 9:34 #

    Sauf quand il s’installe dans un fauteuil de handicapé…. Et les bien pensants n’avaient pas hurlés!!!
    Mère d’un enfant handicapé je n’ai pas encore « digérée »!!!!!

  2. Hervé J. VOLTO juin 6, 2018 à 7:26 #

    C’est une donnée nouvelle de ce XXIe siècle : le changement accélérant sans cesse, les mutations se produisent désormais à un rythme exponentiel. Ainsi, dans le domaine des médias : la nature de l’information, ses modes d’expression, ses canaux de diffusion, ses codes, les tendances, les objets, les mots, les médias eux-mêmes et leurs lecteurs, auditeurs, téléspectateurs ou internautes et jusqu’aux hommes et aux femmes soumis à la vague du dégagisme, tout est différent depuis cinq ans.

    C’est la raison d’être d’un média de percevoir le monde qui bouge autour de lui, de tenter de le comprendre et de le raconter. Et donc de changer. Mais plus la matière première, l’information et les idées sur lesquelles il travaille sont bouleversées, plus il doit être solide sur ses choix stratégiques, ses piliers. Ses invariants.

    Les nôtres sont au nombre de cinq.

    Faire différent : l’offre médiatique est innombrable, ses combinaisons sont infinies. Il faut être singulier pour émerger de cette immensité plurielle.

    Faire plus : l’information brute n’a quasiment plus de valeur. Reprise et diffusée partout instantanément, elle a perdu jusqu’à son référencement : l’information est là, et plus personne ne sait d’où elle vient. Il faut donc ajouter de la valeur à l’information, des angles, des idées, des commentaires. Une spécificité.

    Faire multiple : les supports de l’information et du commentaire, les modes de communication et les usages changent sans cesse. Digital, print, vidéo, il faut être partout, et sous tous les formats.

    Faire sélectif : tout est à portée de clic. Il faut donc sélectionner, sélectionner encore pour se distinguer.

    Faire partager : sur cet océan infini de l’info, la ligne éditoriale est notre pavillon. Chrétienne, familiale, patriotique, elle ne changera pas.

Trackbacks/Pingbacks

  1. La France entre nécrose royaliste et névrose révolutionnaire ? Ou le Royaume d'Ubu en marche vers la " Corée du Nord de la Méditerranée ? " [ MAJ 06/06 ] - Cril17 - juin 6, 2018

    […] ADDENDUM 9 h 45 Ciel ! L’élite militaire que nous appelons de nos vœux pourrait-elle être l’avant-garde du corps du Roi à venir, ou ne serait-elle pas en fait une survivance militaire  du  » Corps mystique du Royaume de France  » , selon notre interprétation actualisée de la thèse  de Jean de Terrevermeille, juriste contemporain de Jeanne d’Arc, que le professeur Jean Barbey nous a fait connaître, et qui doit être selon toute vraisemblance, évoquée dans ce livre,  ( Merci au Conseil dans l’Espérance du Roi ) […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :