Le XXI ème siècle sera celui d’une tragédie démographique entre l’Afrique et l’Europe.

12 Juin

Lorsqu’on voit le temps perdu par les responsables politiques de nos pays face à la menace islamique on peut être encore plus inquiet quant aux décisions urgentes à prendre mais qui ne le seront pas face à la démographie galopante du continent africain et son inéluctable conséquence : UNE IMMIGRATION DE MASSE. À côté de laquelle d’ailleurs la situation d’aujourd’hui, que nous dénonçons sans répit, fera bientôt figure de petite promenade touristique.

Car le grand fossé démographique n’oppose pas aujourd’hui l’Occident au reste du monde, mais bien l’Afrique au reste du monde.*

Qu’on en juge : avec 1,62 enfant par famille en moyenne, l’Europe est très exactement au même niveau de fécondité que l’Iran ou que la Chine (1,63 enfant par famille). Avec 1,88  enfant par femme, la France tient le milieu entre la Chine (1,63), les Etats-Unis (1,84), la Turquie (2,01), l’Amérique latine (2,04), le Bangladesh (2,07), l’Inde (2,20) et l’Indonésie (2,30). Près de 80  % des familles humaines ont désormais de 1 à 3 enfants. En revanche, la fécondité moyenne de l’Afrique subsaharienne monte à 4,75 enfants par femme. Si on prend pour référence la ligne des 4 enfants par femme, on ne trouve plus, hors de l’Afrique, et même en considérant chaque province de la Chine et chaque Etat de l’Inde comme une entité démographique indépendante, que trois pays dont la fécondité passe cette barre, et d’assez peu : l’Irak (4,21 enfants par femme), l’Afghanistan (4,41) et le Timor-Oriental (5,34). Deux pays musulmans, par ailleurs en guerre, et un pays chrétien.

En revanche, en Afrique, une fécondité supérieure à 4 enfants par femme est encore le cas le plus fréquent. A l’exception de l’Afrique australe (Afrique du Sud, Zimbabwe, Namibie, Botswana, Lesotho, Swaziland, en moyenne 2,49 enfants par femme) et de quelques îles (Maurice, Seychelles, Cap-Vert…), seule l’avant-garde la plus prospère ou la plus dynamique du continent échappe à la règle : le Kenya (3,77), le Rwanda (3,78), et bientôt l’Ethiopie (4,02) en Afrique orientale, le Ghana (3,89) en Afrique occidentale, le Gabon (3,68) en Afrique centrale.

Si on dresse, au contraire, la liste des pays africains les plus féconds – au-dessus de 5 enfants par famille –, on observe deux groupes. Un premier en Afrique centrale et orientale : la République démocratique du Congo (accablée par les conflits et par une forte mortalité, 5,96  enfants par femme), à laquelle on peut joindre l’Angola (5,59), le Mozambique (5,14), le Burundi (5,58) et l’Ouganda (5,46). Et un second groupe, qui nous intéresse au premier chef : on y trouve en effet la majorité des Etats du Sahel et de la savane sub-saharienne, et un grand nombre d’Etats francophones que la France soutient dans leur lutte contre le djihadisme. Ce sont, dans l’ordre de fertilité croissante, le Burkina Faso (5,23 enfants par femme), le Nigeria (5,42), le Tchad (5,80), le Mali (5,92), la Somalie (6,12) et le Niger (7,15, record mondial détenu comme on le voit d’assez loin, avec un enfant par femme de plus que la Somalie). La vague migratoire africaine est donc, sans aucun doute, un problème  » européen « , mais plus réellement et spécifiquement français, dans la mesure où ces Africains francophones choisissent aussi spontanément la France que les Kurdes ou les Afghans préfèrent l’Angleterre.

Retenez bien cela et pénétrez-vous de ce désastre annoncé.

Que déduire de ces chiffres ? Que l’Afrique est désormais engagée dans la même  » transition démographique  » qui a mené le reste du monde à la stabilisation après la forte croissance du XIXe et surtout du XXe  siècle. La transition africaine est sensible depuis un quart de siècle. Mais même en supposant une baisse de la fécondité plus rapide que ne le prévoient les Nations unies, il faudra plusieurs décennies – au moins trois ou quatre – avant que les rythmes démographiques africains ne rejoignent ceux de l’Amérique latine ou de l’Asie d’aujourd’hui.

La question gagne en acuité politique quand ces rythmes démographiques distinguent et opposent, en Afrique, des populations vivant dans les mêmes frontières d’Etat : en Côte d’Ivoire, au Nigeria surtout, la fécondité des populations du Sud ne dépasse guère la ligne symbolique des 4 enfants par femme ; celle des peuples du Nord dépasse les 6 enfants. Or il s’y ajoute que ces  » Sudistes  » sont plutôt chrétiens, tandis que les  » Nordistes  » sont massivement musulmans. Que la ligne de partage des disparités de la transition démographique coïncide avec celle des religions crée toutes les conditions de l’explosion.

Mais il ne s’agit pas, comme on semble souvent l’admettre tacitement, d’un trait anthropologique islamique. La moyenne de la fécondité du monde arabe est désormais inférieure à 3 enfants par femme ; en Asie, les Philippines chrétiennes ont une fécondité supérieure à celle de l’Indonésie et de la Malaisie musulmanes. Il serait certes ridicule de prétendre que l’islam – et en particulier la version sahélienne de l’islam – n’est pour rien dans cette situation d’explosion démographique. Mais on peut affirmer sans crainte d’être contredit que cette version sahélienne de l’islam n’est pas la plus commune dans le monde islamique, pas même là où la religion se veut la plus rigoriste : l’Arabie saoudite, avec 2,48 enfants par femme en  2015-2020, connaît depuis trois décennies une transition démographique rapide.

Il est donc impératif d’agir dans le monde sahélien pour tenter d’éviter les gravissime conséquences de ces deux problèmes liés que sont l’immigration en France et la divergence démographique en Afrique. Mais, attention, l’heure tourne et le temps presse.

 

* À lire et relire :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/08/08/demographie-en-afrique-les-migrations-daujourdhui-ne-sont-rien-a-cote-de-ce-qui-attend-nos-enfants/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/08/08/demographie-en-afrique-les-migrations-daujourdhui-ne-sont-rien-a-cote-de-ce-qui-attend-nos-enfants-2eme-partie/

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5 Réponses to “Le XXI ème siècle sera celui d’une tragédie démographique entre l’Afrique et l’Europe.”

  1. Hervé J. VOLTO juin 12, 2018 à 12:24 #

    La politique migratoire, sera défi n°1 pour l’unité européenne : un accord des Vingt-Huit au Conseil européen de juin sur la réforme du système d’asile commun semble désormais hors de portée.

    L’Espagne a accepté hier, lundi 11 juin 2018, de prendre en charge le navire humanitaire Aquarius qui transporte les 629 migrants secourus au large de la Libye, après le refus de l’Italie et de Malte de l’accueillir. Matteo Salvini, le ministre italien de l’Intérieur et patron de la Ligue, refuse de transformer la péninsule en un «énorme camp de réfugiés». Le discours se durcit également dans de nombreux pays.

    Le bras de fer entre la coalition antisystème au pouvoir en Italie et ses partenaires européens aura bien lieu. Des deux fronts annoncés -la zone euro et la crise migratoire- le second pourrait s’avérer le plus aigu. Sur le premier, le tout nouveau ministre de l’Economie Giovanni Tria vient d’envoyer des signaux plutôt rassurants, affirmant dans un entretien au CORRIERRE DELLA SERA qu’il n’était pas question pour la péninsule de quitter l’euro. Mais l’extrême droite transalpine semble décidée à faire monter la pression sur les migrants, sur fond d’incapacité des Vingt-Huit à trouver un accord sur la réforme du règlement de Dublin, qui impose aujourd’hui aux pays de première arrivée de gérer la grande majorité des demandes d’asile.

  2. Hervé J. VOLTO juin 12, 2018 à 12:30 #

    Président du groupe Modem à l’Assemblée nationale, Marc Fesneau estime-t-il qu’il y a une désynchronisation au sein de la majorité ?

    -Je ne suis pas sûr. Il y a des moments où il y a des débats », répond le député du Loir-et-Cher. C’est l’exercice du pouvoir qui fait ça, des textes ont été votés dans de très bonnes conditions, il y a aussi des sujets plus émotionnel.

    L’élu qui rappelle que le Modem entend « faire valoir deux volets dans le programme présidentiel : libérer et protéger ».

    Interrogé sur les aides sociales, Marc Fesneau estime « qu’il ne faut pas plus d’aides ».

    -Ce n’est pas une question de plus ou moins. Ce n’est pas comme cela qu’il faut aborder les choses, ajoute le député. Peut-être qu’il faut revoir les dispositifs mais il ne faut pas les voir que par le prisme budgétaire. C’est aussi un sujet budgétaire (…) mais le débat qu’on doit avoir est comment fonctionne la puissance publique, en quoi c’est utile, comment on réoriente.

    La majorité se divise sur la question de l’accueil de l’Aquarius, bateau humanitaire transportant à son bord 629 migrants.

    -Il y a une question européenne d’abord, on laisse les Italiens affronter cette question, on a eu un égoïsme européen », indique Marc Fesneau qui ne se prononce pas sur l’accueil de ce bateau par la France. Il y a une question qu’on se pose : « quelle est la part que prend la France dans cette misère qui arrive ?’ ».

    Attention :

    -Il ne faut pas qu’on ouvre une porte, il ne faut pas qu’on dise le nouveau chemin, c’est la Corse, ajoute toutefois l’élu.

    La classe politique est également divisée sur la tenue du concert du rappeur Médine au Bataclan.

    -Par nature, je n’aime pas qu’on interdise les concerts mais le Bataclan est devenu un lieu chargé de symboles, commente Marc Fesneau. Il faut faire attention dans les programmations à ce que ça ne puisse pas choquer les gens. (…) mais il faut entendre les victimes.

    l’élu du Loir-et-Cher estime que cela relève de « la liberté des organisateurs ».

    SURTOUT PAS DE REVISION DES ACORDS DE DUBLIN, DE GRACE !!!

  3. Hervé J. VOLTO juin 12, 2018 à 12:35 #

    L’Italie met l’Europe en accusation.

    la péninsule affronte une crise politique sans précédent depuis 1948. Et l’Europe avec elle. La commission doit d’urgence apporter des réponses concrètes sauf à nourrir un euroscepticisme mortifère, ACCUSEE PAR L’ITALIE D’EGOISME ET DE « M’EN-FOUTISME ».

    La crise italo-maltaise s’est appaisée, l’Espagne néo-socialiste ayant accpeté de les faire débarquer à Valence. Mais l’Italie s’enfonce dans la crise migratoire, qui n’est pas réglée pour autant, et ses partenaires s’interrogent. Comment répondre à la flambée eurosceptique de ce pays fondateur, troisième économie de la zone euro ? Comment répliquer aux critiques virulentes de la Ligue et au Mouvement 5 Etoiles, qui font de Bruxelles leur bouc émissaire commun ?

    Quand les faits sont tétus…

  4. Hervé J. VOLTO juin 12, 2018 à 1:36 #

    Et si la crise migratoire profitait à Emmanuel Marcon ?

    Thierry Chopin est professeur au Collège d’Europe (Bruges), visiting fellow à la London school of economics and political science (LSE, European institute). Il a dit récemment :

    -En défendant l’Europe, Emmanuel Macron défend la vraie souveraineté !

    Mais de quoi parle-t-il ?

    -Si les leaders nationaux et européens ne réforment pas l’UE pour remédier à ses défaillances, l’ouverture européenne laissera la place au repli national, lequel apportera plus de nouveaux problèmes que de réelles solutions (T. Chopin, citant Emmanuel Marcon).

    Gérard Collomb a provoqué la colère de l’opposition et une large indignation sur les réseaux sociaux après avoir affirmé, face au Sénat, que les migrants cherchant à rallier l’Europe faisaient du « benchmarking » afin de choisir leur pays de destination. Si depuis cette prise de parole, les élus LREM et membres du gouvernement s’efforce de faire entendre que le ministre de l’Intérieur faisait allusion aux passeurs davantage qu’aux migrants eux-mêmes, Robert Ménard, lui ,ne l’a pas compris comme ça. Le maire de Béziers est d’ailleurs tout à fait d’accord avec Gérard Collomb :

    -C’est une telle évidence ! Quelle attitude de faux-jetons de ceux qui le lui reproche ! Vous pouvez trouver que le mot n’est pas le plus heureux, on pourrait le dire en Français, mais à part ça c’est évident ! Bien sûr que quelqu’un qui fuit son pays regarde les conditions d’accueil dans un certain nombre de pays et choisit où c’est le plus facile, assure Robert Ménard.

    Selon Thiéry Chopin, Emmanuel Macron est le seul à porter une ambition à la fois renouvelée, claire et cohérente quant à l’avenir de l’Union européenne et de la contribution que la France peut y apporter. Ce projet d’avenir, le fondateur d’En Marche ! en a tracé les contours, notamment dans son discours à l’Université Humboldt de Berlin, en proposant de « construire une Europe de la souveraineté » pour répondre aux attentes légitimes des citoyens notamment en termes de sécurité et auxquelles l’Union européenne doit désormais s’efforcer d’apporter des réponses concrètes, pour faire la démonstration aux citoyens de sa réelle et pleine utilité face aux menaces actuelles.

    Après le Breixt, la crise italo-maltaise résolue pour l’instant, la décadence de l’Almagne et la pression migratoire qui s’excer sur toiut le monde sans distinction, le projet européen d’Emmanuel Macron semble propulser celui-ci à la tête des initiaitives diplomatique, plaçant la France républicaine au centre des débats européens.

    Emmanuel Macron arrive à destabiliser jusque dans son camp.

    J’ai bien peur que Pétaouchnok attendra encore un peu…

  5. Hervé J. VOLTO juin 12, 2018 à 1:42 #

    Un dernier pour la route…

    L’Europe attendait le retour de son messie depuis le départ de François Mitterrand, en 1995. L’a-t-elle enfin trouvé avec l’élection surprise d’Emmanuel Macron ? À la veille du sommet européen qui s’ouvre aujourd’hui à Bruxelles, The Economist, le très sérieux hebdomadaire britannique, a carrément posé la question en « une » : « le sauveur de l’Europe ? » titre-t-il avec, comme illustration, un Macron souriant marchant sur l’eau alors que Theresa May se noie derrière lui (seuls ses escarpins émergent encore). The Economist reflète parfaitement la « macromania » qui s’est emparée des capitales européennes, chacun saluant « le retour de la France en Europe ».

    -La conjonction qui se met en place est similaire à celle de l’âge d’or Mitterrand-Kohl-Delors, s’enthousiasme ainsi un haut responsable de la Commission.

    -Jacques Chirac, Nicolas Sakozy et François Hollande avaient une attitude très souverainiste, une réserve à l’égard de l’Union. Macron, lui, a un vrai point de vue sur l’Europe et son avenir, s’enthousiasme Mercedes Bresso, députée européenne italienne du groupe socialiste, à l’unisson de ses collègues.

    -Il a montré qu’on pouvait gagner avec l’étendard européen en main, renchérit Enrico Letta, ancien premier ministre italien (parti démocrate).

    Salvini et nous, avons du pain sur la planche…

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