« Demain, tous crétins ? »*

13 Juin

Le constat est désormais attesté : nos enfants sont moins intelligents que nous et tout porte à croire que leurs enfants le seront plus encore. Une série d’études conduites dans les pays développés a dressé ce triste constat. Suède, Norvège, Finlande, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Australie… les observations convergent – même si, dans le cas de la France, la faible taille de l’échantillon fait débat. Seuls les Etats-Unis semblent, pour l’heure, faire exception (mais on s’y interroge sur le cas de Donald Trump !).

L’origine de cette chute, en revanche, fait l’objet d’une vive controverse parmi les chercheurs. Les uns mettent en avant des causes dites environnementales, terme à prendre au sens large. Selon leur spécialité, ils invoquent le dérèglement du système éducatif, le recul du livre, l’omniprésence des écrans, la crise de l’Etat-providence, la souffrance des dispositifs de santé publique, voire même l’influence des perturbateurs endocriniens sur le développement embryonnaire. Les autres privilégient des explications plus biologiques. Ils avancent l’existence d’un effet dit  » dysgénique  » (par opposition à eugénique), qui voudrait que les familles les moins intelligentes procréent davantage et fassent donc baisser le niveau.

Le phénomène n’est pas nouveau, disent-ils, mais il a longtemps été masqué par les gains éducatifs de toute la population. Mais les mêmes voient une autre cause à cette chute : l’immigration. Arrivés de pays sous-développés, moins éduqués, les migrants, puis leurs enfants, lesteraient les performances moyennes. Sujet sensible et combien chargé d’explosifs tant l’évidence est violemment rejetée par un certain nombre d’idéologues. En  2016 et 2017, deux articles, l’un faisant la synthèse de la littérature existante, l’autre analysant les données de treize pays, avaient successivement appuyé cette seconde thèse.

Une équipe norvégienne vient, elle, de s’intéresser à la première. Dans un article publié dans les comptes rendus de l’Académie des sciences américaines (PNAS), lundi 11  juin, Bernt Brastberg et Ole Rogeberg affirment que la baisse du quotient intellectuel présente une  » origine environnementale  » (ce qui, soit dit en passant, n’est pas en contradiction avec la seconde…). Les deux économistes du centre Ragnar Frisch de l’université d’Oslo ont analysé trente années de tests cognitifs des jeunes conscrits norvégiens, de la génération née en  1962 à celle de 1991 (derniers enrôlés dans un service militaire obligatoire). Surtout, ils ont comparé l’évolution au sein même des fratries, de manière à écarter tout effet dysgénique. Leur constat est formel : l’évolution au sein des fratries reproduit avec une étonnante fidélité celle de l’ensemble de la population.

Le choix de la Norvège n’est pas anecdotique. C’est là qu’en  2004, pour la première fois, a été observé ce que les spécialistes ont appelé  » l’inversion de l’effet Flynn « . Portant le nom de son découvreur, le Néo-Zélandais James Flynn, cet effet voulait que, partout dans le monde, le QI suivît une courbe croissante. Les données rassemblées dans les années 1980 par le chercheur de l’université d’Otago, couvrant l’essentiel du XXe  siècle dans plusieurs pays, conféraient à son constat une valeur de principe. Amélioration de la scolarisation, du niveau d’études, des conditions sanitaires, de la nature des tâches professionnelles : les causes semblaient elles aussi faire consensus.

En  2004, pourtant, Jon Martin Sundet et ses collègues de l’université d’Oslo constataient une inversion de la courbe à partir de 1995. Et de s’interroger sur les causes de ce qui ressemble bien à une débâcle.

Les chiffres avancés par les chercheurs norvégiens ne sont pas bien rassurants. De la génération 1962 à celle de 1975, le gain en QI a été de 0,20 point par an, en moyenne. De 1975 à 1991, la chute enregistrée atteint 0,33 point. Et les différentes études conduites depuis trois ans concluent à une accélération du phénomène. L’article publié dans PNAS n’entre pas, hélas, dans le détail des causes envisagées. En revanche, elles sont bien liées aux conditions de vie extérieures et non à la nature intrinsèque des personnes testées.

Pour s’en convaincre, l’équipe s’est focalisée sur les familles d’au moins deux garçons – soit quelque 237 000 individus – et a comparé deux jeux de données. Le premier observe l’évolution du QI moyen des aînés.  » Il reflète donc les différences entre les familles – les gènes des parents, les conditions sociales, le style éducatif – et les évolutions environnementales susceptibles d’affecter les enfants « , précise Ole Rogeberg. Le second compare les performances entre les frères.  » Cette fois, toute différence traduit un effet strictement environnemental puisque les parents sont identiques, poursuit le chercheur norvégien. On exclut même ce qui perdure dans les familles, par exemple une éducation autoritaire ou un climat chaotique. « 

La comparaison a ensuite rendu son verdict. Pendant la phase croissante, l’indice  » intrafamilial  » a augmenté de 0,18 point par an (contre 0,20 pour l’ensemble). A l’inverse, à partir de la génération 1975, le retournement de l’effet Flynn a provoqué une baisse de 0,34 point par an à l’intérieur des familles (contre 0,33 pour l’ensemble). On le comprend : une telle proximité ne laisse guère de place aux tenants des explications dysgéniques. Reste les conséquences migratoires difficiles à mesurer dans un pays comme la Norvège, moins affectée par cette catastrophe que d’autres pays.

Figure de proue des critiques de cette étude, l’anthropologue britannique Ed Dutton (université d’Oulu, Finlande) rejette ces conclusions. Pour lui, l’étude est entachée d’erreurs méthodologiques. A commencer par la sélection de foyers d’au moins deux garçons.  » C’est stupide, tranche-t-il. Ça revient à surreprésenter les familles modestes, surtout à mesure que les années passent. Autre critique de Dutton :  » Pour observer un effet migratoire, la Norvège n’est aucunement représentative, c’est évident. « 

Son collègue Michael Woodley, de l’Université libre de Bruxelles, lui aussi tenant de la thèse dysgénique, juge au contraire l’étude  » bien conduite et approfondie « . Il estime toutefois que  » les auteurs ont eu tort de généraliser leurs résultats aux autres pays « . Dans un article publié en  2017, le chercheur a examiné 66 études conduites dans 13 pays. Il conclut en effet d’une part que la chute du QI s’accélère, d’autre part que, selon les pays, l’ampleur du déclin  » croît avec la proportion d’immigrés « .

Ole Rogeberg appuie la première observation. Pas la seconde, politiquement incorrecte !  » L’influence directe du score des immigrés sur la moyenne est écartée par notre étude « , assure-t-il : la baisse de QI est visible au sein même des fratries norvégiennes. Ce qui n’est pas une preuve car l’acculturation peut quand même s’y exercer . Et d’ailleurs, il admet un possible,  » effet indirect, qui voudrait que la présence d’immigrés ait une influence sur les performances des autres – par exemple en réduisant la qualité de l’éducation –; nous ne pouvons pas formellement l’écarter. « 

La controverse n’est donc pas terminée mais, néanmoins, l’hypothèse d’une altération des performances intellectuelles par une mixité ethno-culturelle nuisible ne perd pas de sa force dans l’étude en question. 

Décidément, le « Grand Remplacement » n’en finit pas de nuire.

Le 13 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Titre d’un documentaire de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, diffusé en novembre  2017, sur Arte.

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4 Réponses to “« Demain, tous crétins ? »*”

  1. Hervé J. VOLTO juin 13, 2018 à 3:26 #

    face aux fortunes et vagabondes nous voulant tous crétins et protitués -et ce depuis la plus tendre enfance !- tous nés de père inconnu et mourant tous célibataires, cons-tribuable interchangeables avec un arrivage amssif de « chances pour la France », NOTRE SOLIDARITE DOIT ALLER PLEINEMENT A MATTEO SALVINI ET VIKTOR ORBAN !!!

    -MATTEO, MAI MULLA! TIEN DUR !!!

    En hongrois je ne sais pas le dire mais le message est le même.

    En France, MARION ! TIEN BON !!! ET TOI AUSSI, GUILBON…

  2. Cril17 juin 13, 2018 à 3:41 #

    Et aujourd’hui ?

    Paris : la Ligue de Défense Noire Africaine s’attaque à la statue de Jeanne d’Arc pour dénoncer… l’esclavage en Libye

    http://www.fdesouche.com/1023571-paris-la-ligue-de-defense-noire-africaine-sattaque-a-la-statue-de-jeanne-darc-pour-denoncer-lesclavage-en-libye

  3. Cril17 juin 13, 2018 à 3:42 #

    La France entre nécrose royaliste et névrose révolutionnaire ? Ou le Royaume d’Ubu en marche vers la » Corée du Nord de la Méditerranée ? » [ MAJ 13/06 ]

    MAJ 13/06 15 h 40 Ohé Atlantico ?
    De quelle névrose s’agit-il ici ? De quoi et de qui faut-il libérer la France, insultée en toute impunité, par ces Africains qui nous invitent à créer un réseau de cellules johanniques aptes à répondre de manière adaptée à cet outrage fait à Jeanne d’Arc !

    http://cril17.eu/la-france-entre-necrose-royaliste-et-nevrose-revolutionnaire-ou-le-royaume-dubu-en-marche-vers-la-coree-du-nord-de-la-mediterranee-maj-13-06

  4. Hervé J. VOLTO juin 17, 2018 à 3:02 #

    Il faudrait que qulqu’un dise à la Ligue de Défense Noire Africaine que c’est la France qui fut la première nation à abolir l’esclavage !

    En effet, le décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises du 4 février 1794 (16 pluviôse an II) est une décision émise par la Convention nationale et votée à Paris le 16 pluviôse an II, 4 février 1794. Le décret décide l’abolition de l’esclavage des Nègres dans toutes les Colonies. Il suit et confirme l’initiative des commissaires civils de Saint Domingue Sonthonax et Polverel, réalisant un voeux de Louis XVI jamais mis en application, et prend valeur de loi générale. Le texte ne prévoit d’indemnisation pour aucune des catégories sociales. Inégalement appliqué, il a été abrogé par la loi du 20 mai 1802 par Napoléon Bonaparte.

    Mais à la chute de ce dernier, c’est Louis XVIII qui met la traite des noirs hors la loi par l’Ordonnance Royale du 8 janvier 1817, qui abolit l’esclavage, Ordonnance confirmée au Congrès d’Aix-la-Chapellle de 1818 (Le congrès d’Aix-la-Chapelle s’est tenu du 29 septembre au 21 novembre 1818)…

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