Du réveil de l’Italie aux courbettes de l’Espagne face au lobby immigrationniste.

14 Juin

 » Victoire ! «  fut le tweet de Matteo Salvini, ministre italien de l’intérieur, à peine 24  heures après avoir commencé son épreuve de force : les 629 passagers de l’Aquarius, secourus lors de six opérations différentes dans la nuit de samedi à dimanche dernier au large de Tripoli, n’accosterons pas sur les côtes italiennes. Ils se sont vu « proposer l’hospitalité » par le nouveau gouvernement socialiste espagnol aux ordres de Bruxelles et de Berlin, qui a annoncé que le port de Valence leur serait ouvert.

Depuis les choses se sont un peu compliquées, l’association SOS Méditerranée faisant remarquer que l’Aquarius était proche de sa jauge limite et que, la météo s’annonçant mauvaise, les conditions élémentaires de sécurité pour entreprendre un voyage de trois jours n’étaient pas réunies. Bien fait pour eux ! Qu’allaient-ils faire dans cette galère ? L’Aquarius a dans un premier temps annoncé son refus de faire route vers l’Espagne. Puis, mardi matin, une nouvelle solution était envisagée : deux navires de gardes-côtes italiens seront dépêchés auprès de l’Aquarius. Ils devraient prendre à leur bord environ 250 réfugiés chacun, puis les trois navires feraient route vers Valence… une absurdité logistique qui montre bien qu’il est urgent de mettre un terme ferme et définitif à ce trafic d’êtres humains. En commençant d’ailleurs par interdire la récupération en mer des migrants par des ONG prétendument humanitaire mais authentiquement négrières.

D’un point de vue tactique, en revanche, le résultat de cette opération-éclair est parfait. En quelques heures, et avec une grande économie de moyens, le ministre de l’intérieur a obtenu qu’un bateau de migrants récupérés au large de la Libye accoste ailleurs que sur les côtes italiennes. Un souhait de longue date de Rome, qui avait jusqu’ici été systématiquement écarté par les pays voisins. Mise en cause par Matteo Salvini, la Commission européenne, par la voix de sa porte-parole pour le dossier de la migration, Natasha Bertaud, a rappelé qu’elle n’était  » pas compétente «  pour les sauvetages en mer, mais qu’elle pèserait de tout son poids auprès des Etats-membres. La France  » a pris sa part « , a déclaré de son côté le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, en renvoyant le règlement du problème à une hypothétique solution européenne…Décidément l’Union européenne n’est qu’un ramassis de lâches et d’incapables.

L’Elysée assure que la crise migratoire sera le sujet principal du déjeuner réunissant le premier ministre italien, Giuseppe Conte, et Emmanuel Macron, qui se tiendra vendredi midi à Paris. Si rien n’est remis en cause d’ici là. Selon la même source, la France estime que la solution consistant à faire débarquer les migrants en Espagne n’est  » pas viable « , mais Emmanuel Macron devrait proposer de remettre à plat la coopération bilatérale sur la frontière franco-italienne, où les incidents se sont multipliés ces derniers mois, et de renforcer encore l’action de l’agence européenne de gardes-frontières Frontex. Ces différents dossiers, considère-t-on à Paris, peuvent avancer dans les prochains mois, sachant que la renégociation en cours des accords de Dublin (sur la répartition des demandeurs d’asile) semble, elle, durablement bloquée.

L’autre acteur de la journée de lundi fut le nouveau président du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, au pouvoir depuis le 1er  juin, qui, en proposant d’accueillir l’Aquarius, a voulu marquer une inflexion avec la politique migratoire de son prédécesseur conservateur Mariano Rajoy, régulièrement attaqué pour ne pas respecter les fameux  » quotas  » de réfugiés réclamés par Angela Merkel et fixés par Bruxelles. Il a annoncé avoir donné  » des instructions pour que l’Espagne respecte ses engagements internationaux en matière de crise humanitaire. (…) Notre obligation est d’aider à éviter une catastrophe humanitaire et offrir un port sûr à ces personnes « , a-t-il ajouté. De quelle catastrophe humanitaire parle-t-il ? Ferait-il allusion à l’explosion de la démographie africaine et à la fuite sur les pistes du Sahel de jeunes hommes et femmes de plus en plus nombreux et affamés qui sont autant de forces vives faisant défaut à leurs pays ? Non, bien sûr. Il faisait allusion à tous ceux qui connaissent parfaitement les dangers de leur entreprise mais ont choisi de les faire assumer par les naïfs européens au risque d’y perdre la vie. Mais ce choix est leur choix et tout mauvais sort une sélection naturelle. Ce risque existe depuis que l’homme est sur la terre et qu’il entreprend de la parcourir pour en tirer un meilleur profit que sur son lieu de naissance

Mais, pour Pedro Sanchez, c’est aussi une manière de se façonner une image dans le domaine international où il est un inconnu tout en renforçant sa popularité en Espagne, où il gouverne en minorité. D’ailleurs, le parti centriste Ciudadanos (La République en marche de l’Espagne) aussi bien que la formation de la gauche radicale Podemos ont salué l’annonce. Plus tôt dans la journée, le maire de Valence, Joan Ribo, du parti de la gauche alternative Compromis, et celle de Barcelone, l’ancienne militante du droit au logement Ada Colau, s’étaient offerts d’accueillir l’Aquarius.

Le gouvernement espagnol a devancé les possibles critiques de la droite en prétendant que son annonce ne produira pas l’effet « d’appel d’air » bien connu en la matière*, et le ministre des affaires étrangères et européennes, Josep Borrell, a insisté sur l’importance de remettre la question migratoire  » sur la table du Conseil européen  » pour la résoudre  » de manière solidaire « . Selon l’ancien président du Parlement européen,  » c’est un problème qui concerne tous les pays, pas une année la Grèce, l’année suivante l’Italie…  » C’est bien beau, toutes ces belles paroles, mais qu’a fait l’Union européenne d’utile et d’efficace en la matière au cours de ces dernières années ? Poser la question c’est y répondre :

RIEN !

Le 14 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

* Quand on songe aux efforts déployés par les précédents gouvernements espagnols conservateurs pour protéger leur pays des hordes migrantes depuis les enclaves marocaines de Ceuta et Melilla jusqu’au détroit de Gibraltar. Quand on songe aux accords diplomatiques de réadmission obtenus par ces mêmes gouvernements avec les pays d’Afrique émetteurs de ces migrants…on ressent un vif sentiment de dégoût.

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4 Réponses to “Du réveil de l’Italie aux courbettes de l’Espagne face au lobby immigrationniste.”

  1. Hervé J. VOLTO juin 14, 2018 à 8:06 #

    Après avoir insulté les Français d’Algérie et les Français qui, parce qu’ils n’ont pas tous la chance d’être des fils à papa aisés et gatés pouvant se payer de bonnes études, ne réussissent pas, le Président Marcon a insulté les italiens, que l’on sait fiers et susceptibles, tombant facilement dans l’émotionnel et de granbdes difficultés pour se maintenri dans le rationnel.

    Les propos du Président de la République sont irresponsables : un chef d’Etat européen ne s’adresse pas aux membres d’un gouvernement élu démocratiquement pour lui exprimer ses diergences de vue sur un sujet brulant comme celui de l’immigration…

  2. Hervé J. VOLTO juin 14, 2018 à 8:10 #

    La France républicaine est un pays ingouvernable, toujours en grève, qui possède une dette abyssale et a des banlieues devenues des zones de non-droit ingérables. Il serait opportun de balayer devant sa porte avant de donner des leçons aux autres et se mettre à dos un allié géopolitique de poid.

  3. Hervé J. VOLTO juin 14, 2018 à 8:13 #

    L’Italie a fait savoir mercredi qu’elle jugeait «inacceptables» les critiques de la France sur son attitude dans l’affaire de l’Aquarius, un navire d’une association humanitaire ayant recueilli des migrants que l’Italie a refusé d’accueillir. Ces déclarations émanent du ministre des Affaires étrangères Enzo Moavero, qui a convoqué dans la matinée l’ambassadeur de France à la suite de ces critiques. Dans la foulée, le ministre italien de l’Economie, Giovanni Tria, a annulé une rencontre prévue mercredi après-midi avec son homologue français Bruno Le Maire à Paris. Un nouveau rendez-vous aura lieu dans quelques jours, assurait-on mercredi après-midi à Bercy.

    Longtemps, les populistes italiens ont visé Angela Merkel, coupable d’imposer l’austérité. C’est au tour d’Emmanuel Macron, avec l’immigration dans le viseur. Il s’agit là d’une mnoeuvre subtile : Rome s’en prend à Paris pour mieux faire plier Bruxelles…

  4. hathoriti juin 17, 2018 à 10:47 #

    Macron l’usurpateur qui se croit le maître de la France a insulté les Italiens ! De quoi je me mêle ? Qu’il s’occupe d’abord de ce qui se passe en France et après…on verra ! Quant à Salvini, j’espère qu’il ne va pas se coucher …Je n’ai pas trop d’espoir…Les « autres » ont des moyens de pression terribles: ils ont réussi à évincer le pape Benoît XVI pour mettre à sa place un islamophile mondialiste, ils ont écrasé la Grèce, qu’en est-il du Brexit ? Même le président Trump a dû donner des gages à ces gens-là ! Quand donc serons-nous débarrassés de cette engeance…?

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