Voilà qui nous réjouit : même le diable porte pierre.

15 Juin

Le diable (vitrail de la Sainte-Chapelle)

Le réalisme finirait-il par l’emporter sur l’idéologie ? C’est probablement le plus grand paradoxe de ces années d’après crise et le signe d’un changement d’époque. La croissance mondiale est de moins en moins portée par la mondialisation. Dernier indice en date, le rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), présenté mercredi 6  juin, pointe un effondrement des investissements directs étrangers sur la planète, qui recouvrent aussi bien les acquisitions d’entreprises étrangères que les implantations de filiales et d’usines dans un autre pays que le sien. Près de 470  milliards de dollars (397 milliards d’euros) d’investissements se sont évaporés depuis le sommet de 2007. Et les perspectives pour 2018 vont dans le même sens.

Le rapport avance deux explications à ce retournement spectaculaire, à l’œuvre depuis quelques années. La première est la baisse de la rentabilité des investissements. Elle n’atteint plus que 6,7  %, contre 8,1 % en 2012. Hormis les effets conjoncturels dus aux variations du prix des matières premières, la raison est aussi à chercher probablement dans la réduction de certains avantages comparatifs en matière de salaires et de fiscalité.

Ce qui conduit à la deuxième explication avancée par les auteurs de l’étude, l’effet anticipé des mesures protectionnistes annoncées aux Etats-Unis, puis, par ricochet, en Europe et en Asie. Ce ne sont pas tant les décisions de taxation qui sont en jeu, la plupart étant encore en cours de négociation, mais la peur d’une guerre commerciale qui refroidit les ardeurs des investisseurs. Les entreprises américaines constatent depuis un an un double mouvement de l’administration Trump vers une fiscalité très avantageuse et un discours agressif sur le commerce international. 

Ces mouvements de fonds sont confirmés par l’évolution de la quantité de valeur ajoutée étrangère dans les produits, qui décline depuis 2012. Insensiblement, les entreprises ajustent leur complexe organisation internationale en diminuant la part de production étrangère dans les biens ou services qu’elles vendent. Dernière tendance, la baisse continue des investissements industriels au profit des biens intangibles, comme les brevets et licences. Mais la démondialisation est aussi, et cela est davantage préoccupant, une désindustrialisation, comme on peut le constater dans l’effondrement, depuis vingt ans, de l’emploi industriel sur la planète.

Nous vivons donc la fin d’un cycle d’expansion des échanges. La bonne nouvelle pour les pays développés est qu’elle semble indiquer la fin des délocalisations et le retour au bercail de certaines productions avec la reprise en main de l’économie par le politique. C’est le pari de Donald Trump qui aurait pu avoir raison avant tout le monde.

Alleluia !

Le 15 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “Voilà qui nous réjouit : même le diable porte pierre.”

  1. Hervé J. VOLTO juin 15, 2018 à 12:28 #

    Le futur est dans l’économie Chrétienne. Vers un ordre social Catholique ?

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