Un malheureux gendarme de la brigade de Limonest (Rhône) vient de perdre tragiquement ses deux enfants probablement assassinées par leur propre mère, par vengeance,le couple étant en instance de séparation après un parcours difficile de leur vie commune.

Djamila E., une femme de 38 ans, d’origine marocaine et vendeuse en cosmétique, était connue, semble-t-il, pour être psychologiquement perturbée,  » bipolaire et dépressive « , comme l’ont laissé entendre les enquêteurs mais aussi plusieurs des membres de son entourage. Sa condition psychique fragile aurait pu souffrir de la situation conjugale actuelle du fait de la perte des éléments de sécurité que lui assurait le métier de son conjoint.

Elle a été mise en examen mercredi 13 juin pour l’assassinat de ses deux filles. Elle avait d’abord été placée en hôpital psychiatrique lundi 11 juin, en état de choc.

Horrible fin pour ces pauvres enfants. Et mauvaise pioche pour ce malheureux gendarme. Mais ces macabres histoires en provenance de la rive sud de la Méditerranée n’en finissent pas.

Le même jour, en effet, nous était annoncé l’épilogue d’une affaire vieille de plus de trente ans : la découverte, en août 1987 dans un fossé de l’autoroute A10, à hauteur de Blois, du cadavre d’une enfant de 4 ans environ, restée depuis anonyme, les enquêteurs ne parvenant pas à mettre un nom sur ce petit corps martyrisé. Après toutes ces années d’investigations menées par les gendarmes de la section de recherches d’Orléans, les parents de cette fillette ont été enfin identifiés. Le père, Ahmed Touloub, un Marocain de 66 ans, et la mère, Halima, 64 ans, ont été interpellés, mardi 12 juin. A l’issue de leur garde à vue, jeudi, ils ont été mis en examen pour meurtre, recel de cadavre et violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans, et écroués.

C’est essentiellement à partir du méticuleux travail sur l’ADN de l’enfant que les gendarmes chargés du dossier sont parvenus jusqu’aux parents. En 1987, la fillette avait en effet été découverte habillée, recouverte d’une couverture. Tous ces éléments matériels avaient été soigneusement placés sous scellés. Mais on était alors au tout début des méthodes de police scientifique permettant de prélever de l’ADN. Les progrès techniques ont fait le reste.

En 2008, grâce à un enquêteur qui s’intéressait de près aux évolutions de la recherche en matière criminelle, l’enquête a été relancée et l’ADN de l’enfant a pu être formellement identifié. Des techniques permettant de travailler sur l’ADN « familial » ont permis au passage d’isoler l’ADN de ses parents. A l’époque, aucune identité ne peut y être associée, mais tous ces génomes sont enregistrés dans la base du fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).

L’affaire rebondit avec l’interpellation d’un frère de la fillette dans le cadre d’une affaire de violences dans le cadre d’un trafic de stupéfiants, à Villers-Cotterêts (Aisne), en 2016. On ne sait alors pas encore que cet homme est le frère de la petite victime, mais son ADN est prélevé comme le veut la procédure, et, lui aussi, versé au Fnaeg, rapporte une source proche du dossier. C’est à ce moment-là que peut enfin être accolé un nom de famille à l’enfant, et de nouveaux fils sont tirés pour remonter jusqu’aux parents présumés.

En passant au crible les fichiers des allocations familiales, les enquêteurs se rendent compte que ces derniers, parents initialement de sept enfants, n’en déclarent plus que six après la mort de la fillette. Et ce, alors qu’aucun signalement pour disparition n’a été effectué de leur côté, précise la même source. Leur garde à vue a permis d’apprendre qu’ils auraient dit à l’époque à leurs proches que la fillette avait été renvoyée au Maroc pour y être gardée par sa grand-mère. Un pays où elle était née, le 3 juillet 1983, et où elle avait déjà passé dix-huit mois de sa courte existence.

Mais ce n’est pas tout en matière de turpitudes maghrébines. Jugez-en. En 1987, les expertises révélèrent que le corps de l’enfant portait des traces de brûlures dues à un fer à repasser et que des cicatrices et des plaies de morsures humaines avaient été provoquées par une petite mâchoire, qui pouvait être celle d’une femme. Le juge d’instruction de Blois, chargé à l’époque du dossier, avait déclaré qu’il s’agissait « pratiquement d’un cas d’anthropophagie avec prélèvement de chair » !

En garde à vue, le père de l’enfant a admis des violences au sein de la cellule familiale. Mais selon ses propos, rapportés par le procureur de Blois, Frédéric Chevallier, lors d’une conférence de presse organisée jeudi, son ex-épouse lui faisait vivre « l’enfer ». C’est d’elle dont seraient venues les violences. Ahmed Touloub aurait découvert le corps sans vie de sa fille et aurait décidé dès le lendemain matin de partir pour le Maroc, avant de la laisser sur le bord de l’autoroute. Un acte qui l’aurait « soulagé ».

La mère, à l’inverse, s’est d’abord murée dans le silence, avant de rejeter à son tour la responsabilité de la mort de l’enfant sur son mari. D’après elle, séparée depuis 2010 de son ex-conjoint, celui-ci était violent. Elle-même pouvait l’être aussi, a-t-elle admis. Mais ce n’est pas elle qui serait à l’origine de la mort de la fillette, a-t-elle assuré.

Lors de la découverte d’Inass, la gendarmerie avait lancé la plus grande diffusion judiciaire jamais entreprise en France. Près de 65 000 écoles avaient été visitées à la rentrée scolaire, et 6 000 médecins ou assistantes maternelles avaient été rencontrés pour essayer de donner un nom à la petite victime. Le signalement de la fillette avait été diffusé dans plus de trente pays et sa photographie affichée dans tous les endroits publics. Elle mesurait 95 centimètres, avait les cheveux bruns bouclés et les yeux marron foncé.

Mais l’enquête a permis d’apprendre depuis qu’elle n’avait jamais été scolarisée. A cette époque, les enquêteurs ne pouvaient travailler sur d’éventuels indices téléphoniques ou des bandes de vidéosurveillance de l’autoroute : il n’y avait ni téléphones portables ni caméras. « L’évolution de l’enquête a été longue, mais le temps n’a jamais joué contre nous. Les enquêteurs ont toujours pensé que l’affaire serait élucidée », a observé le procureur.

Tandis que les parents se rejettent mutuellement la responsabilité de la mort de la fillette, la justice va tâcher désormais d’entendre tous les autres membres de cette famille arrivée en France, à Vitry (Val-de-Marne) en 1982 et qui comptait sept enfants : quatre garçons et trois filles, tous nés entre 1978 et 1991. Inass était la troisième de la fratrie. Elle avait rejoint ses parents en France à la fin de 1984.

Et nous revenait à l’esprit l’histoire non moins tragique de la jeune Sophie Lionnet, cette jeune fille au pair, originaire de Troye, qui eut récemment le malheur de croiser à Londres la route de deux maghrébins pervers, Sabrina Kouider et Ouissem Medouni qui l’ont torturée à mort et fini par la découper en morceaux avant de la brûler dans leur barbecue…

Il n’y a décidément rien à attendre de bon de ces sauvages que nous accueillons avec tant d’empressement et de générosité. Il y a plutôt urgence à mettre un terme à ces pratiques :

Le 16 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.