La réalité du pouvoir d’achat des Français.

16 Juin

Qu’apprend-on en lisant la dernière enquête de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) sur la consommation et le pouvoir d’achat des ménages en  2017 ? Si l’on se contente des grands agrégats, pas grand-chose. Mais, en réalité et en fouillant davantage, il apparaît que la situation est nettement moins brillante que les apparences le laisseraient croire.

Ainsi, la consommation, toutes dépenses confondues, décélère, avec une croissance moyenne de 1 % en  2017, après 2,1 % en  2016. Sans surprise, le pouvoir d’achat connaît une trajectoire similaire (+ 1,3 % après + 1,8 %). La cause de ce trou d’air : un revenu disponible brut – calculé en retranchant les cotisations sociales et impôts du salaire, des éventuels loyers et dividendes et des prestations que touchent les ménages – dont la dynamique ne compense pas le rebond des prix.

Que recouvrent ces tendances censées traduire, sous forme de moyennes, le comportement du Français (moyen) ? Pour répondre, il faut éplucher avec attention les tableaux de données fournis par l’Institut. Dans l’alimentaire, les achats de viande plongent (– 1,5 %), ainsi que les poissons et crustacés (– 3,4 %) et les fruits et légumes (– 0,9 %). Restent le pain, les céréales, le lait, le fromage et les œufs, qui ont la cote. Afin de conserver ces denrées, les Français ont craqué l’an dernier pour les… réfrigérateurs et congélateurs, plus pratiques que les téléviseurs, stars de 2016 ! Amusant, non ?

Mais, ce que ne disent pas, ou mal, ces statistiques, c’est la part croissante des dépenses contraintes dans le budget de certains. L’Insee y associe les frais de loyer, gaz, eau, électricité, d’abonnements divers et d’assurances. En moyenne, elles ont représenté 29,4 % du revenu disponible brut en  2017. Mais le chiffre grimpe à 61 % pour les ménages pauvres, selon une note de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) datée de mars  2018.

Or, plus les dépenses contraintes pèsent sur le revenu disponible, plus le pouvoir d’achat se réduit. Et,  » depuis la crise, celui de la classe moyenne a crû beaucoup moins vite que les autres « , observe Pascale Hebel, directrice du Pôle consommation et entreprise du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc).  » La part des loisirs et de l’alimentation n’augmente que chez les classes aisées et supérieures. Pour les jeunes et les plus modestes, c’est le prix du logement et les frais afférents qui conditionnent tout. « De quoi expliquer l’écart entre la perception commune et les  » vérités  » statistiques. Mais de quoi expliquer aussi que les stigmates de la misère se multiplient partout dans notre pays.

Et comme il est probable que la fameuse théorie du  » ruissellement « , chère au gouvernement d’Emmanuel Macron, ne sera d’aucun secours, la situation économique des Français risque fort d’avoir empirée à la fin du quinquennat jupitérien…

Le 16 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “La réalité du pouvoir d’achat des Français.”

  1. Hervé J. VOLTO juin 16, 2018 à 1:13 #

    Par ses choix, par inclinaison intellectuelle et sociale, Emmanuel Macron semble organiser avec grande détermination la déconstruction de la France : déserts médicaux, culturels, ferroviares, abandons des classes, des personnes agées, des services publics en zone rurales, abandon de l’Outre-Mer, etc…

    Dans tout çà, la baisse du pouvoir d’achat des Français semble une insulte de plus….

    Il reste encore quatre ans au Président pour nous convaincre si l’on s’est trompé.

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