En Espagne la chasse aux sorcière a le vent en poupe.*

19 Juin

Avec le retour de la gauche aux affaires, la persécution des souvenirs du Franquisme reprend du service. La dernière volonté en date dans ce domaine est, tenez-vous bien, l’expulsion de la dépouille du généralissime Francisco Franco de son mausolée de la Valle de los Caïdos (la Vallée de ceux qui sont tombés) avec, pour prétexte, de faire de ce site un  » lieu de réconciliation  » et un  » mémorial des victimes du fascisme « . Mais qui osera élever, quelque part en Espagne, un monument à la mémoire des innombrables victimes (en particulier religieuses) des sanguinaires de la Seconde République ?

Francisco Franco

« Nous n’avons pas encore la date, mais le gouvernement va le faire », a assuré le premier ministre Pedro Sanchez dans sa première interview télévisée depuis sa prise de fonctions le 2 juin. Il a rappelé que le Parlement avait déjà demandé, dans une résolution en 2017, l’exhumation des restes du dictateur, qui seraient alors remis à sa famille.

« L’Espagne ne peut pas se permettre des symboles qui divisent les Espagnols », a poursuivi le chef du gouvernement, estimant que ce serait inimaginable en Allemagne et en Italie, « qui ont aussi connu des dictatures fascistes ». Le mausolée doit être transformé « en lieu de réconciliation (…) et non d’apologie de la dictature », a abondé de son côté Oscar Puente, porte-parole du Parti socialiste (PSOE).

La Valle de los Caïdos est un complexe monumental commémorant le conflit de 1936 à 1939, construit, à 50 kilomètres à l’est de Madrid. Et c’est au nom justement de la réconciliation nationale que le général Franco y avait fait transférer les restes de plus de 33 000 victimes – nationalistes et républicaines – de la guerre civile. Il y est lui-même inhumé près de l’autel de la basilique surmontée d’une croix de pierre de 150 mètres de haut. Sa tombe toujours fleurie voisine avec celle du fondateur de La Phalange, Jose Antonio Primo de Rivera.

En décembre dernier, le PSOE alors dans l’opposition avait déjà déposé une proposition de loi prévoyant le déplacement des restes de Franco mais aussi de ceux de Primo de Rivera. Il était aussi question dans ce texte de la création d’une « commission de la vérité » ou de l’annulation des décisions de justice prises durant la dictature pour des raisons politiques.

Quarante-trois ans après la mort du dictateur, les rouges s’acharnent à empêcher que les plaies se referment et la question du travail de mémoire divise toujours en Espagne.

« Le Parti socialiste nous a habitués à mener ces batailles culturelles » qui « n’apportent rien à la coexistence et à la concorde », a jugé Andrea Levy, responsable du Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy. « L’histoire de la récente démocratie espagnole est une histoire de fraternité et de dépassement des moments les plus tristes », a-t-elle affirmé.

Le parti libéral Ciudadanos a affiché en revanche son ouverture tandis que la gauche radicale de Podemos, principale force au Parlement après le PSOE à avoir porté M. Sanchez au pouvoir, a salué cette initiative. Pablo Echenique, l’un des cadres de la formation, a ainsi dénoncé la présence d’un « dictateur génocidaire dans un mausolée gigantesque à qui on rend les honneurs alors qu’il y a des dizaines de milliers de morts [républicains] dans les fosses communes ». Les mots ne sont pas trop forts !…

Toutes ces bonnes personnes n’oublient qu’un détail : alors que la plupart d’entre elles n’étaient pas nées à l’époque, que savent-elles de ce que serait aujourd’hui l’Espagne si le général Franco n’avait pas pris les armes en 1936 ni exercé le pouvoir jusqu’en 1975 ?

PROBABLEMENT PAS GRAND CHOSE…

Le 19 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire « Espagne: après la traque des souvenirs du Franquisme, voici venu le temps du safari contre la famille Franco » : 

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/02/06/espagne-apres-la-traque-des-souvenirs-du-franquisme-voici-venu-le-temps-du-safari-contre-la-famille-franco/

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2 Réponses to “En Espagne la chasse aux sorcière a le vent en poupe.*”

  1. alaintexier juin 19, 2018 à 3:43 #

    Mais qui osera élever, quelque part en Espagne, un monument à la mémoire des innombrables victimes (en particulier religieuses) des sanguinaires de la Seconde République ?

    En effet.

    Les martyrs de la guerre d’Espagne sont principalement des religieux catholiques espagnols exécutés par les républicains dans le contexte de la terreur rouge qui se déroula durant la guerre d’Espagne (1936-1939), et reconnus comme tels par le Vatican. Ces catholiques sont morts en raison de leur foi selon l’Église catholique, mais pour les républicains, ils sont morts également en raison de leur soutien au camp nationaliste. L’Église catholique reconnaît 1 875 martyrs pendant la guerre d’Espagne.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Martyrs_de_la_guerre_d%27Espagne

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