Modeste et temporaire bouffée d’oxygène pour la Grèce.

25 Juin
Les créanciers d’Athènes se sont entendus jeudi sur les modalités de sortie de la Grèce des programmes d’aide dont elle bénéficie depuis huit ans.

Des mesures d’allégement de la dette de la Grèce (que nous réclamions avec force depuis plus de six ans) figurent parmi ces modalités. « On a un accord sur la Grèce« , a affirmé une source européenne peu après minuit, après plus de six heures de réunion à Luxembourg entre les ministres des Finances de la zone euro.

Cet accord permettra à Athènes de quitter, comme prévu, la tutelle de ses créanciers le 20 août prochain pour recommencer à se financer seule sur les marchés, après plusieurs années de profonde récession. Mais le début d’une période de tous les dangers.

Les discussions se sont prolongées car, comme ce fut le cas lors des négociations précédentes, l’Allemagne a manifesté une résistance de dernière minute contre cet allégement de la dette grecque, dont le niveau reste le plus élevé de l’UE (180% de son PIB).

Les ministres de la zone euro ont finalement convenu d’allonger de dix ans les échéances de remboursement d’une partie de cette dette. Ce qui, à nos yeux, est très largement insuffisant. D’ailleurs, si le Fonds monétaire international (FMI) a salué vendredi l’accord sur l’allégement de la dette de la Grèce trouvé par l’Eurogroupe, en expliquant que cela améliorait la situation de la dette grecque à moyen terme, il a maintenu des réserves sur le long terme

La directrice générale du FMI Christine Lagarde s’est exprimée à ce sujet lors d’une conférence de presse. Elle a ajouté que malgré les améliorations attendues, le Fonds maintenait des réserves sur la viabilité à long terme de la dette grecque.

Soulignons qu’Athènes, après sa sortie du programme, sera sous le coup d’une surveillance encore jamais vue de la part des Européens, bien plus stricte que celles mises en place dans le passé pour le Portugal, Chypre ou l’Irlande.

Mais il faut souligner que l’accord grec n’aurait pas été possible sans les efforts, considérables, des Grecs et l’attitude du gouvernement d’Alexis Tsipras, qui, après avoir pris la décision douloureuse (et peut-être erronée), à l’été 2015, pour éviter un Grexit, d’abandonner ses promesses d’en finir avec l’austérité, a fini par accepter toutes les réformes imposées par ses créanciers et les contrôles permanents des gauleiters diligentés par l’Allemagne et la Commission de Bruxelles.

La Grèce referme ainsi une parenthèse économique particulièrement douloureuse. Pour autant, à Luxembourg, tout le monde a pris un pari très audacieux sur l’avenir du pays. Car pour parvenir à contenir sa dette à des niveaux supportables (dans les conditions que nous venons d’évoquer), la Grèce devra dégager un surplus primaire (surplus budgétaire avant paiement des dettes) de 3,5 % de son PIB jusqu’en 2022 puis d’encore 2,2 % en moyenne pendant encore… trente-sept ans ! La bonne blague !

« Ce sera pour la prochaine génération de négociateurs », lâchait l’un d’eux, jeudi soir.

Mais, avec les dirigeants européens, c’est toujours pareil : aucune décision d’importance et réellement efficace n’est jamais prise que…quand il est trop tard. Ce qui en repousse systématiquement la prise en charge auprès de nos enfants et petits-enfants.

RESPONSABLES MAIS JAMAIS COUPABLES.

Le 25 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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