Rencontre entre le pape François et Emmanuel Macron : une partie de poker menteur.

26 Juin

Chacun a besoin de l’autre mais pour des raisons qui lui sont propres : le pape brûle d’obtenir l’aide du chef de l’Etat français pour assouvir sa monomanie immigrationniste tandis qu’Emmanuel Macron compte sur le soutien du Saint-Père pour circonvenir l’électorat catholique dont il a le plus grand besoin !

Mais il reste, à l’un comme à l’autre, encore du chemin à parcourir avant d’arriver à ses fins. Ainsi d’Emmanuel Macron : « Je ne sais vraiment pas d’où il vient. » Interrogé lors d’une conférence de presse le 29 avril 2017, le pape François avait ainsi justifié le fait de ne pas être en mesure d’éclairer le choix des électeurs catholiques avant le second tour de l’élection présidentielle française, qui opposait la candidate du Front national Marine Le Pen à l’ancien ministre de l’économie de François Hollande. « Je ne comprends pas la politique intérieure française », s’était encore excusé le pontife argentin. Mardi 26 juin, le chef de l’Eglise catholique aura enfin l’occasion de faire la connaissance de ce politique de fraîche date, le chef de l’Etat devant lui rendre ce jour-là la première visite de son quinquennat.

Mais, depuis son élection, l’Eglise catholique officielle en France aura eu le temps de faire remonter au Saint-Siège des informations sur son hôte, qui se présente comme agnostique mais avait demandé le baptême à l’âge de 12 ans. Sa vision de la place des religions dans le débat public, telle qu’elle ressort des discours prononcés depuis un an devant les représentants des différents cultes, aura sans doute rassuré un pape qui, par le passé, a fait une « petite critique » à la France, celle « d’exagérer la laïcité », comme il l’avait dit dans un entretien au quotidien La Croix, le 17 mai 2016, et qui mérite d’être lu.

Les catholiques ont apprécié l’allocution prononcée par le président de la République le 9 avril au Collège des Bernardins, à l’invitation de la Conférence des évêques de France (CEF).

« Nous avons entendu (sic) la main tendue du président de la République aux catholiques, résume naïvement Olivier Ribadeau Dumas, le secrétaire général de la CEF. Dans son discours, il y avait la reconnaissance de la place du catholicisme dans notre pays comme une évidence historique et l’affirmation que les catholiques ont un rôle à jouer dans la cohésion sociale. »

À condition, sans doute, de ne jamais oublier de tendre l’autre joue…

Il n’y avait pas d’ordre du jour à proprement parler à cet entretien privé, prévu pour durer une trentaine de minutes mais qui a duré près d’une heure. Il est probable cependant que les deux hommes ont abordé un certain nombre de leurs intérêts convergents. La réaction décidée d’Emmanuel Macron après la décision de Donald Trump de sortir les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, le 1er juin 2017, avait ainsi été appréciée par le premier pape à avoir rédigé une encyclique sur l’écologie, Laudato si’, publiée en juin 2015. Les deux hommes s’étaient parlé par téléphone le lendemain de l’annonce du président américain.

La grande préoccupation de Rome sur le sort des chrétiens d’Orient conduit aussi le Saint-Siège à rechercher le soutien des diplomaties actives dans la région en se souvenant sans doute des Capitulations signées par François 1er avec Soliman le Magnifique ! Le président français a d’ailleurs fait coïncider sa visite au Vatican avec l’annonce d’une mission confiée à Charles Personnaz, haut fonctionnaire impliqué dans l’Œuvre d’Orient, l’association de l’Eglise catholique consacrée à l’aide aux chrétiens d’Orient. M. Personnaz sera chargé de proposer une stratégie pour renforcer l’action de la France dans les domaines de la protection du patrimoine des minorités du Moyen-Orient et du soutien au réseau éducatif des communautés chrétiennes de la région, qui scolarisent en français près de 400 000 élèves.

Mais d’autres sujets sont davantage facteurs de tensions entre le Vatican et Paris. Trois semaines après le refus du gouvernement italien d’autoriser les réfugiés de l’Aquarius à débarquer sur son sol, le silence observé dans un premier temps par l’exécutif français n’est pas passé inaperçu, dans une Eglise dont le chef plaide inlassablement pour l’accueil de ces migrants depuis le début de son pontificat.

« Sur la question des migrants, les dirigeants font en ce moment preuve de cynisme et d’indécence », estime d’ailleurs Olivier Ribadeau Dumas, plus prompt à favoriser le  » Grand Remplacement  » qu’à soutenir les entreprises de conversion des mécréants. Emmanuel Macron devra s’employer à convaincre son interlocuteur du bien-fondé de sa politique et de la stratégie européenne sur le sujet au moment où les Vingt-Huit sont plus divisés que jamais.

D’ailleurs, le chef de l’Etat a rencontré la communauté catholique de Sant’Egidio, qui participe à des « couloirs humanitaires » permettant à des réfugiés syriens d’être accueillis en Europe, et qui est en contact étroit avec le Vatican. Il a aussi eu l’habileté d’inviter dans sa délégation Véronique Fayet, présidente du Secours catholique et immigrationniste militante, qui n’a pas eu de mots assez durs contre la loi asile et immigration, en navette devant le Parlement, et contre la circulaire du ministre de l’intérieur sur les contrôles dans les centres d’hébergement d’urgence.

« Cette invitation me donnera l’occasion de demander [à Emmanuel Macron] une stratégie de lutte contre la pauvreté ambitieuse », commente Véronique Fayet. Vatican News, le portail d’informations du Saint-Siège, a publié lors du premier anniversaire de l’élection du président français, un entretien avec Dominique Quinio, la présidente des Semaines sociales, duquel il ressortait que, accusé d’être le « président des riches », « le chef de l’Etat n’a pour le moment pas montré de politique sociale claire malgré les nombreuses réformes engagées ».

En revanche, et alors que le mariage pour tous avait empoisonné les relations entre François Hollande et le Saint-Siège pendant les premières années de son quinquennat, il n’est pas certain que la question de la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes se pose de façon aussi brûlante pour son successeur. Le Vatican a vu d’un œil intéressé l’organisation des Etats généraux de la bioéthique en France. Et les catholiques présents aux Bernardins ont bien compris que, si Emmanuel Macron a dit vouloir « réparer le lien » entre l’Eglise et l’Etat qui a été « abîmé », il a aussi prévenu qu’il ne trancherait pas toujours en leur faveur. Mais nous nous en serions doutés.

Un autre combat porté avec insistance par le pape François pourrait aussi préoccuper la diplomatie française. Il touche à la dissuasion nucléaire, base de la doctrine française de défense. Si le Saint-Siège a condamné depuis longtemps l’emploi d’armes de destruction massive, Jean Paul II avait admis, au début des années 1980, qu’« une dissuasion basée sur l’équilibre » pouvait « être jugée comme moralement acceptable » comme « une étape sur la voie du désarmement progressif ». Avec le pape François, la condamnation morale de l’Eglise catholique semble s’étendre désormais à la « possession » même d’armes nucléaires. Le Saint-Siège ne se contente pas de mots : il s’est beaucoup investi dans l’adoption, par 122 pays sur 192, du traité sur l’interdiction des armes nucléaires à l’ONU, en juillet 2017. Il a été l’un des premiers Etats à le ratifier. Mais, comme chacun s’en souvient, une question brûlante revient souvent à l’esprit sur ce sujet :  » Le pape, combien de divisions ? « 

Notons cependant qu’Emmanuel Macron s’est rendu dans l’après-midi à Saint-Jean-de-Latran pour recevoir le titre de chanoine (laïc) d’honneur de cette basilique, distinction symbolique qui revient automatiquement au chef de l’Etat français selon une tradition qui remonte au roi Henri IV – même si Georges Pompidou, François Mitterrand et François Hollande ne sont pas venus en prendre possession.

Mais n’est-il pas vrai qu’à vaincre sans péril on triomphe sans gloire ?

Le 26 juin 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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5 Réponses to “Rencontre entre le pape François et Emmanuel Macron : une partie de poker menteur.”

  1. Hervé J. VOLTO juin 26, 2018 à 6:30 #

    CLAIRVOYANTE ANALYSE !

    SI elle redore la fonction Présidentielle, et elle rappele au passage la Mission Divine de la France, Fille Aînée de l’Eglise et Educatrice des Peuples, la rencontre du Vatican ne doit pas nou aveugler. Le fait d’avoir rencontré la Communauté Saint-Egide renforce la traditionnelle vocation Catholique du Chef d’Etat Français, facteur de prestige pour notre Pays.

    Hélas en matière d’mmigration, il est fort à parier que l’Elysée trouvera ici une nouvelle jusification à sa position euroi-mondialiste et islamisatnte. Et çà, ce n’est pas très Catholique…

    Emmanuel Macron s’est par ailleur attaqué au nationalisme qui «monte comme une lèpre un peu partout en Europe». Des propos qui ont fait bondir Marine Le Pen, qui a bien deviné avant les autres que, si pèersonne ne fait rien, nous aurons les navires d’immigrés directement dans le port de Marseilles.

    Moi, je ne suis pas Charlie, mais je suis Lépreux. Comme à l’époque des Chevaliers de Saint Lazarre ?

  2. Hervé J. VOLTO juin 26, 2018 à 6:37 #

    On dit souvent du secrétaire d’Etat qu’il est le « numéro 2 » du Vatican. L’actuel titulaire de la charge, le cardinal italien Pietro Parolin, 63 ans, est d’abord un diplomate de haut vol, choisi en 2013 par le pape François. Il aura mardi matin, après le pape lui-même, un entretien avec Emmanuel Macron, qui effectue sa première visite au Vatican.

    Pietro Parolin est le plus jeune secrétaire d’Etat que le Vatican ait connu depuis le cardinal Pacelli, futur Pie XII.

    Deux mois après son discours des Bernardins, Emmanuel Macron a enfin rencontré le pape François au Vatican pour un premier entretien qui devait être largement consacré à la question migratoire, sujet de préoccupation récurrente du souverain pontife et source de divisions entre Européens. Un an après leur premier entretien téléphonique, Emmanuel Macron «a eu à cœur de présenter au pape son approche transversale» sur la question migratoire, souligne-t-on l’Elysée, et insistera sur l’importance d’améliorer la réponse européenne à quelques jours d’un Conseil européen qui s’annonce très houleux…

  3. Hervé J. VOLTO juin 26, 2018 à 6:51 #

    Personnellement je ne vois qu’une seule erreur protocolaire dans ce voyage : il va résider à l’ambassade de France près de l’Italie, au palais Farnèse. Il aurait dû dormir à l’ambassade de France près le Saint-Siège, à la villa Pauline comme le veut l’usage qui est de ne pas confondre les deux États : l’État italien et l’État de la Cité du Vatican. Mais visiblement les services du Saint-Siège ne s’en sont pas formalisés.

    Celà s’expliquerait peut-être par le fait que Madame est divorcée et que son mariage avec Emmanuel Macron est un mariage non religieux…

  4. Hervé J. VOLTO juin 26, 2018 à 7:06 #

    Les relations entre le pape François I° et François Hollande étaient glaciales. C’est le moins que l’on puisse dire. François I° n’appréciait pas du tout François Hollande. Mais ces relations se sont légèrement réchauffées après la mort du Père Hamel. Le tort de François Hollande est d’être arrivé au pouvoir en n’ayant aucune idée de la réalité diplomatique du Saint-Siège, de son importance dans les relations internationales. Les lignes ont commencé à bouger quand son cabinet a compris le rôle du Vatican dans la réconciliation entre Cuba et les États-Unis. Emmanuel Macron n’a pas fait cette erreur. Le Saint-Siège est dans le jeu diplomatique du Quai d’Orsay et il est considéré par ce dernier comme un acteur majeur.

    Service de renseignement de la Gendarmerie Vaticanne, Nonciatures, Opus Dei (certains policiers, carabiniers ou agnst secrts italiens peuvent y faire partie), Comunauté Saint Egide, ou journalistes de l’agence de presse du Vatcican PROPAGNADA FIDES : au Saint Siège, on n’attend pas comme les CIA que les mauvaises nouvelles arrivent par la CNN. On raconte même que le jeune Mrg Georg serait un Janitor pouvnt neutraliser un important à main nue, stopper une émoragie ou éteindre un incendie…

    Les réseaux diplomatiques de l’Ordre Souverain de Malte, qui opèrent aux quatres coins du monde, peuvent eux-aussi faire parvenir des informations en temps réel à la secrétairie d’Etat. Je pense que le pape François va essayer, en dépit de leurs visions qui peuvent diverger sur certains points, de cultiver le dialogue et le rapprochement des deux partis : Eta Français et Etat pontifical. Encore faut-il définir les causes communes. On peut penser qu’il y a plus de profondeur dans l’approche d’Emmanuel Macron, comme en témoigne son discours aux Bernardins. Il faut dire qu’il possède le bénéfice de la jeunesse. Mais, je le répète, entre les intentions exposées aux Bernardins et la réalité de la politique, il pourra y avoir un fossé. Au pape François de le combler, autant que faire se peut.

    En attendant le vrai Roi…

  5. Hervé J. VOLTO juin 26, 2018 à 7:42 #

    Nostradamus a en tout cas appellé le Roi le Grand Chrien -de HENRI, Henririch, Chiren, Cyrénéen, le Lys qui aide à porter le poid DE LA CROIX- ou le Lorrain V. Il connaitrait sa propre identité depuis JUILLET 1999 : selon Raspail, ce ROI caché Bourbon inconnu et masqué aux yeux du monde comme l’est Benoit XVI depuis sa démission, pourrait avoir commencé à régner dans l’ombre, ce qui créerait un sentiment DE GRANDE FRAYEUR parmi les ennemis de la France et de la Chrétienté, ayant déjà commencé à consulter, bâtir, organiser -et même conspirer!- à tisser sa toile, comme une Chouannerie moderne et, d’allégences en allégences, instituer un Royaume parallèle, invisible aux yeux d’Yves-Marie Adelyne mais pas à ceux de Jean Raspail, et dont la trame irriguerait silencieusement le corps encore sain de la Nation.

    En certaines circonstances, l’Eglise s’erst revivifiée de cette manière là…

    On peut ainsi imaginer notre Roi inconnu Catholique d’une haute élévation de sentiments, tel un Chavalier Hospitalier au service des des indigents, incollable sur les Ordres de Chevalerie antiques ou encore existants comme sur les hauts lieux d’apparitions Mariales, suivant silencieusment les déplacements de la Jet Set, possédant un passeport de l’Ordre Souverain de Malte, ayant ses entrées à la cour Royale d’Angleterre et usufruitant d’un bolide de rêve -une corvette Stingray modèle 1965 de couleur noire- résultant enregistrée au parc automobile de la Maison Blanche, où personne là-bas ne semble rien savoir https://www.youtube.com/watch?v=FT9VVR0Jlxc
    .
    BLACK STINHGRAY 1965, POUR ECHANGES SEULEMENT
    https ://www.youtube.com/watch?v=h_yRrrIbV-s …

    Et pour arriver au Majordome du pape et courcircuiter un projet d’attentat sur la personne pontificale en substituant des dossiers secrets visant à démasquer la faune qui gravite autour du Saint Père, il faudrait que le Roi caché possède à son tour sa propre diplomatie parallèle.

    Mais en attendant, ce n’est pas un Super-héros de block bustter américains. Tout juste un résistant.

    C’est une sentinelle Française, à la Franck Abed.
    Un peu comme le Fantôme de l’opéra, qui fait parfois entendre sa voix, mais sans qu‘on le voit.
    Une présence invisible, qui veille sur la France.
    Un gardien silencieux.
    Un Chevalier Blanc dans l’obsucurité…

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