Comme prévu, le prétendu accord de Bruxelles sur les migrants n’est qu’un marché de dupes.

2 Juil

Il n’aura pas fallu attendre longtemps avant d’avoir la confirmation de ce que nous avons publié le 29 juin dernier, au lendemain du Sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union européenne à Bruxelles, consacré à la crise migratoire que subit l’Europe (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/06/29/lunion-europeenne-et-les-nouvelles-grandes-invasions-barbares-encore-un-marche-de-dupes/).

Les autocongratulations et les satisfecit ont vite laissé place aux premiers doutes voire même à de vraies désillusions. Un accord, oui, mais qui n’apporte pas de réponses opérationnelles très concrètes et suscite déjà maintes critiques.

A-t-il durablement apaisé les tensions entre les pays européens, ceux du bassin méditerranéen, qui réclament davantage d’aide, et ceux de l’Est, qui continuent à juste titre à refuser l’accueil des migrants? Permettra-t-il d’éviter de nouveaux chantages compassions de la part d’ONG prétendument humanitaires et authentiquement immigrationnistes ? A écouter le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, quelques heures après la conclusion de l’accord, la voix de Rome, qui menaçait de bloquer l’ensemble du Conseil européen, avait enfin été entendue.  » Je suis satisfait. Bien sûr, si j’avais eu à écrire le texte, je l’aurais fait différemment, mais nous étions Vingt-Huit « , a-t-il confié, vendredi matin.

En vérité, dès vendredi midi, les messages plus négatifs ont afflué :  » Aucun engagement contraignant et seulement des choix volontaires pour les demandes italiennes. Un résultat faible. L’Italie affaiblie. Les pays de l’Est crient victoire « , analysait le secrétaire par intérim du Parti démocrate (PD, centre gauche), Maurizio Martina. A la mi-journée encore, M.  Salvini lui-même déclarait :  » Je ne me fie pas aux paroles, ce qui m’intéresse ce sont les actes.  »  » Pour une fois, Matteo Salvini a raison. La mission de Conte au Conseil européen a été un véritable flop « , répliquait, dans un Tweet, le chef du groupe PD au  Sénat, Andrea Marucci.

Ces fameux  » hot spots «  (centres de tri des migrants) de nouvelle génération, avec davantage d’argent européen et censés retenir les demandeurs d’asile dont le dossier est à l’examen, devraient être créés sur une base volontaire. C’est quasiment la seule réponse apportée par les Vingt-Huit au refus de l’Italie d’assumer seule la responsabilité des migrants repêchés en mer.

A Bruxelles, Donald Tusk, le président du Conseil européen, déclarait pendant ce temps que la mise en œuvre de l’accord serait  » difficile «  et qu’il était  » bien trop tôt pour parler d’un succès « . De quoi doucher les espoirs d’un accord durable. La chancelière allemande, Angela Merkel, restait, elle, particulièrement prudente :  » C’est un bon signal que nous nous soyons accordés sur un texte commun ; nous aurons encore beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue.  » Emmanuel Macron, très actif pour dégager un compromis acceptable pour Rome, modérait un peu plus tard lui aussi son enthousiasme en estimant que le texte  » ne règle en rien, à  lui seul, à la crise que nous vivons, qui est largement politique « . Prouvant, s’il en était besoin, qu’il n’a décidément rien compris à la tragédie migratoire que nous subissons et à la pression démographique qu’exerce et exercera davantage encore l’Afrique. Ce n’est un problème politique que parce que rien n’est fait en pratique pour y mettre un terme avec détermination.

D’ailleurs, Emmanuel Macron, premier à prêcher la nécessaire solidarité européenne, semble devoir finalement refuser d’installer un  » centre contrôlé  » sur notre territoire.  » Quand un bateau doit débarquer – après un sauvetage – , il va vers le port sûr le plus proche. Puis il y a la règle de Dublin, du pays de première arrivée. C’est pour cela que la France, qui n’est pas un pays de première arrivée, n’ouvrira pas de centre « , a justifié Emmanuel Macron dans une première communication sur le sujet pour éviter sans doute de déclencher l’ire de nos compatriotes. Mais nous savons que les promesses (de ce genre) n’engagent que ceux qui les écoutent…Comme ce fut le cas pour le refus d’accueillir l’Aquarius et ses centaines de migrants qui s’achève dans l’ouverture totale de la frontière avec l’Espagne, pays d’accueil !

Sur ce point si sensible, il s’est pourtant fait reprendre, presque en direct, par M. Conte, le Président du Conseil italien. Ce dernier a démenti que ces centres d’accueil devraient être créés dans les pays de première entrée.  » Macron était fatigué « , a-t-il ajouté…

Pour l’instant, seule la Grèce se serait portée volontaire pour ouvrir des  » centres contrôlés « , et pour cause : elle pourrait ainsi  » recycler  » les hot spots qu’elle a dû ouvrir, surtout sur ses îles, au plus fort de la crise de 2015-2016, et recevrait davantage de financement européen.

M.  Salvini a prévenu, vendredi, que les ports italiens seraient fermés  » tout l’été « aux ONG qui récupèrent les migrants en mer. Or, le dénouement de la situation du Lifeline, qui a fini par être accueilli par Malte, a été mis au point par des diplomates, et non par des techniciens… L’incertitude persiste quant à la systématisation de la prise en charge des migrants, que refusent désormais les Italiens.  » L’espoir, c’est surtout que l’on décourage les bateaux des ONG de prendre la mer « , lâche un expert. C’est très exactement ce qu’exige le CER dans ses nombreuses analyses de la situation…

L’idée de  » plates-formes de débarquement  » dans les pays tiers, hors de l’UE, une autre avancée de l’accord, semble elle aussi dès à présent mal engagée et se heurte au refus de la Tunisie, du Maroc et de la Libye. Les Vingt-Huit ont confié au Conseil et à la Commission l’examen du  » concept « , mais l’issue est plus qu’incertaine. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime que ces centres de gestion des demandeurs d’asile devaient être situés en Europe, et pas à l’extérieur de celle-ci. Ben voyons !

Un porte-parole de l’agence a déclaré que celle-ci était  » très heureuse de la solidarité et du consensus qui ont émergé «  du sommet de Bruxelles. Mais  » nous ne parlons pas de centres de traitement à l’étranger, c’est le point crucial « , a ajouté Leonard Doyle. L’OIM a exprimé son inquiétude  » insurmontable «  quant à l’ouverture de  » plates-formes de débarquement «  en Libye du fait de l’insécurité qui y règne et des mauvais traitements qui y sont infligés à des migrants. C’est bien pourquoi nous pensons que l’instauration (consentie ou imposée) de zones de néo-protectorats dans les déserts du Maghreb ou du Sahel devrait être la meilleure solution pour éviter tôt ou tard une réelle et sanglante catastrophe humanitaire

Les seuls accords un peu consistants issus des nombreuses heures de négociations des derniers jours pourraient bien être ceux qu’Angela Merkel (qui ne manque pas d’audace après avoir mis l’Europe dans la situation que l’on sait) a commencé à négocier avec deux pays au moins, l’Espagne et la Grèce. Ils devraient permettre de systématiser le renvoi de  » dublinés  » d’Allemagne vers ces deux pays, par lesquels ils sont entrés dans l’Union européenne. Dans les deux cas, les gouvernements d’accueil y voient une source inespérée de revenus, toujours utiles par les temps qui courent !

Mais, comme l’aurait dit la regrettée Geneviève Tabouis,  » attendez-vous à savoir  » que la France sera la destination finale de beaucoup de ces envahisseurs. À nous de l’interdire.

Le 2 juillet 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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2 Réponses to “Comme prévu, le prétendu accord de Bruxelles sur les migrants n’est qu’un marché de dupes.”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 2, 2018 à 12:54 #

    Intégration, piège à con.

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