Le projet d’Emmanuel Macron concernant la zone euro, remisé au magasin des accessoires.

2 Juil

Comme attendu par la gravité de la situation et même si les résultats n’ont pas été à la hauteur des nécessités, le sujet migratoire a occulté tous les autres au sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de Bruxelles, vendredi 29 juin. Pourtant, les dirigeants européens s’y retrouvaient aussi pour un sommet spécial sur l’état de la zone euro et les projets des uns et des autres visant à sa réorganisation.

Prévu de longue date, ce rendez-vous expédié en à peine deux heures devait pourtant être le moment pour le président Emmanuel Macron de faire endosser par ses partenaires son projet de budget de la zone euro. Après la déclaration de Meseberg le 19  juin avec l’Allemagne, détaillant une vision franco-allemande pour une zone euro plus intégrée, la France espérait voir figurer des engagements ambitieux des 27 pays membres de l’Union européenne (UE), sans le Royaume-Uni, dans les conclusions du sommet.

Las ! La déclaration commune à 27 pays n’y fait presque pas référence, se contentant d’accueillir  » favorablement les contributions nationales, y compris celle présentée par la France et l’Allemagne « . Le texte note aussi que  » l’Eurogroupe – qui réunit les ministres des finances de la zone euro – examinera de manière plus approfondie toutes les questions mentionnées dans la lettre  » de son président, le Portugais Mario Centeno, qui signale le lancement d’une réflexion sur un budget commun.

 » Il y a trois mois, tout le monde disait : jamais vous n’aurez un accord, ne serait-ce qu’avec les Allemands, sur un budget de la zone euro, a déclaré Emmanuel Macron vendredi. Je ne suis pas un fétichiste. Mais cette séance n’était pas une séance d’écriture, et nous allons maintenant travailler pour construire sur cette base un accord européen à 19 – les membres de la zone euro – .  » Mon oeil !

Car ils sont très nombreux dans l’UE, y compris au sein du parti de la chancelière allemande Angela Merkel, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), ceux qui considèrent qu’en ces temps de croissance retrouvée, la zone euro n’a pas besoin de réformes, mais juste de stabilité.

Même s’il est parvenu à inscrire le  » budget de l’eurozone  » à l’agenda européen, le président français fait face à une forte hostilité sur ce sujet. De nombreux dirigeants européens continuent à refuser tout concept de pot commun. Pas question, résument-ils, de payer pour la mauvaise gestion des autres capitales. Et en particulier les pays dits « du nord » tels que le Bénélux, la Scandinavie et les Pays baltes.

Trois jours à peine après la déclaration de Meseberg, le ministre des finances néerlandais, Wopke Hœkstra, battait déjà le rappel des «  nonistes  » (ceux qui disent NON à Emmanuel Macron), avec un courriel au président de l’Eurogroupe pointant  » les larges divergences existant sur la nécessité d’un budget de l’eurozone « .

 » Il n’y a clairement pas de consensus sur le fait de commencer à y travailler «  ni sur la possibilité d’utiliser une future taxe sur les transactions financières (TTF) pour financer ce budget commun, ajoutait ce ministre conservateur du gouvernement du libéral Mark Rutte. Dans son message, M.  Hœkstra cite d’autres collègues (letton, luxembourgeois, belge, autrichien, estonien, suédois, finlandais…) censés partager ses réticences.

Depuis, les ministres luxembourgeois et irlandais se sont légèrement désolidarisés. Et de fait, ce sont davantage les ambitions en matière d’harmonisation de l’impôt sur les sociétés qui leur posent problème. On s’en serait douté ! Mais les Néerlandais restent intransigeants :  » Nous disposons déjà d’un budget de la zone euro : les 200  milliards d’euros dépensés dans les fonds structurels, les fonds de cohésion ou la politique agricole «  au sein du budget de l’UE, a estimé M. Rutte vendredi.

Bref, si l’on a bien compris, Angela Merkel a donné son accord à Emmanuel Macron, lors de l’entrevue de Meseberg, dans le seul espoir que celui-ci ferait tout pour  » sauver le soldat Merkel  » face à la fronde de ses alliés de la CSU dans la crise migratoire (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/06/29/lunion-europeenne-et-les-nouvelles-grandes-invasions-barbares-encore-un-marche-de-dupes/).

Ce fut fait mais ce pauvre Emmanuel s’en trouve être le dindon de la farce…

Le 2 juillet 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “Le projet d’Emmanuel Macron concernant la zone euro, remisé au magasin des accessoires.”

  1. hathoriti juillet 3, 2018 à 1:44 #

    le dindon de la farce, le manu ? tant mieux ! Rien de ce qu’il « propose » ne réussit ! il est incompétent, n’ayant jamais gouverné et, desservi par son arrogance démesurée, il s’en prend plein la tronche, , devient la risée du monde entier et nous fiche la honte ! A quand sa prochaine insulte sur les français ou sur un autre peuple ? je l’attends avec gourmandise, car, plus il en dit, moins les français le supportent…!

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