La fermeté affichée de l’Union européenne face aux négociateurs britanniques du Brexit a du plomb dans l’aile.

9 Juil

Pendant un an, Michel Barnier, chargé par la Commission européenne de faire passer le Royaume-Uni sous ses fourches caudines après le Brexit, a joué les matamores.

Maurice Sand, dans le Capitan Matamore (1860)

Mais il semble que ce ne soit plus aussi vrai aujourd’hui…Depuis que Sebastian Kurz, chancelier d’Autriche, a pris la présidence tournante de l’Union et tandis que l’échéance de la sortie britannique de l’Union européenne approche (30  mars 2019).

Jeudi 5  juillet, le chancelier autrichien Sebastian Kurz a suggéré qu’il serait possible, si les discussions entre Bruxelles et Londres n’aboutissaient pas fin mars  2019, de prolonger la procédure  » article  50 « , qui donnait deux ans aux parties pour boucler un accord de divorce.  » Sans solutions – sans accord – , je plaide pour qu’on continue les négociations et pour éviter un Brexit “hard” « , a déclaré le dirigeant autrichien, dont le pays a pris la présidence de l’Union européenne pour six mois le 1er  juillet.

Dans la même veine, Horst Seehofer, le ministre de l’intérieur (CSU) d’Angela Merkel, qui lui a tenu la dragée haute sur l’immigration, a ouvert un nouveau front, en adoptant une position bien plus accommodante envers Londres que la chancelière. Le Financial Times citait jeudi un courrier adressé à la Commission européenne, le 27  juin, dans lequel le Bavarois écrit que  » garantir la sécurité des citoyens en Europe devrait l’emporter sur tous les autres aspects des négociations sur la sortie «  du Royaume-Uni de l’Union européenne. Reprenant notre point de vue, maintes fois affirmé, que les nouvelles « Grandes Invasions barbares » subies par l’Europe constituent la tragédie la plus grave de tous les temps pour notre continent.

Ces propos, révélés alors que Mme Merkel vient de recevoir la première ministre britannique Theresa May jeudi à Berlin, peuvent entamer la stratégie de négociation des Vingt-Sept, qui s’est construite en grande partie sur une contrainte temporelle particulièrement handicapante pour Londres.

Mais le temps de la négociation peut être prolongé, l’article  50 le permet. Il faut pour cela l’unanimité des Vingt-Sept. Et jusqu’à présent, tout le monde s’est interdit d’évoquer cette éventualité pour maintenir la pression sur Londres. Michel Barnier, le négociateur en chef de l’Union, ne répète-t-il pas sur tous les tons  » the clock is ticking  » ( » l’horloge tourne « ) ?

La France ne devrait en tout cas pas changer de position sans de nouvelles concessions. Les déclarations de M. Kurz ne sont  » évidemment pas la position européenne  et c’est à M. Barnier seul de s’exprimer sur le sujet « , explique l’entourage du président Macron. Pourtant, il est probable que l’unité des Vingt-Sept va être mise à rude épreuve à partir de l’automne prochain, si, côté britannique, Theresa May ne parvient toujours pas à réconcilier les partisans d’une rupture brutale ou douce au sein de son gouvernement, augmentant le risque d’un non-accord.

 » The clock is ticking « , certes, mais pas nécessairement de la façon que l’on croit.

Le 9 juillet 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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3 Réponses to “La fermeté affichée de l’Union européenne face aux négociateurs britanniques du Brexit a du plomb dans l’aile.”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 9, 2018 à 1:54 #

    L’Union Européenne est seulement un bluff qui coute cher aux contribuables Français et à ceux des autres pays de l’UE.

  2. Hervé J. VOLTO juillet 9, 2018 à 2:56 #

    Nigel Farage, Président du partit indépendantiste anglais, est en très bonne relation avec Viktor Orban -qui à son tour est en très bonne relation avec les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays de Visegrade et des Pays Baltes- et Matteo Salvini, qui, pour ce qui est de ce dernier, est en très bon terme avec Marine Le pen : l’union fait la force.

  3. Hervé J. VOLTO juillet 9, 2018 à 4:41 #

    C’est cette union contre l’Union qui inquiète Bruxelles et oblige cette dernière à sévir. La justice a tranché. Le parti politique de Marine Le Pen, nouvellement appelé le « Rassemblement National » s’est vu saisir deux millions d’euros. La décision répond à une enquête pour détournements de fonds européens visant Marine Le Pen, soupçonnée d’avoir mis en place un système lui permettant de rémunérer ses salariés nationaux sur les fonds européens de Bruxelles.

    Invitée sur BFMTV, la cheffe du parti dénonce une cabale politico-judiciaire.

    -Les juges ont décidé, violant la présomption d’innocence, sans aucun jugement d’un tribunal, d’assassiner le premier parti d’opposition de France, rage Marine Le Pen.

    De l’autre côté des Alpes, ila ont fait pareil au parti au pouvoir, la Ligue.

    -C’est un véritable attentat contre la démocratii ! juge encore Marine Le Pen, rerpenant les exactes paroles de Matteo Salvini à la télé transalpine, pas moins irrité qu’elle. Pour Jean-Christophe Lagarde, interrogé sur Europe 1, si la politique de Marine Le Pen « doit être combattue », la méthode n’est pas la bonne.

    -Je ne comprends pas pourquoi les magistrats seraient obligés de saisir de l’argent maintenant (…) alors que s’ils ont commis un délit, il faut attendre la condamnation, qu’est-ce que c’est que cette condamnation préventive ? s’interroge le président de l’UDI.

    La même manoeuvres serait en cour en autroichem dans les Pays du Visegrade et dans les pays Baltes. Une démonsttration de force des loges ?

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