» E pur si muove « , disait Galilée.

11 Juil

Comme chacun le sait,  » nul n’est censé ignorer la loi  » et moins encore la loi constitutionnelle. Or vous n’ignorez pas non plus que nos brillants parlementaires ont voté récemment et à l’unanimité (excusez-les du peu…) l’exclusion du mot  » RACE  » de la Constitution (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/?s=il+ne+suffit+pas+de+répéter+un+mensonge&submit=Recherche). « Et pourtant, elle tourne« , disait Galileo Galilei à propos de la rotation de la Terre autour du Soleil…Faut-il le leur rappeler ?

Mais peut-être ne voyez-vous pas ce que je veux dire. Alors, voici une petite histoire qui vous l’expliquera :

J’ai un copain qui a une affaire agricole au Cameroun (c’est en Afouique…). Il vient de se faire condamner pour néo-esclavagisme sous prétexte qu’il abuse des forces de ses employés.

Voilà toute l’histoire :

Il avait commandé une brouette à la quincaillerie locale.

Il a envoyé un employé la récupérer et il lui a dit :
« Profites en pour ramener un sac d’engrais !!« 

Des siècles (et même plus) séparent le Cameroun du Palais Bourbon !

La question qui vient donc à l’esprit, en ces temps de contestation des évidences, est la suivante : la biologie peut-elle délimiter des groupes humains qui fonderaient l’existence de races à l’intérieur de l’espèce humaine ? Depuis les années 1970, nos élites nous affirment que les généticiens ont tranché : la race est une construction sociale dont il n’existe aucun fondement en biologie. Ils se délestaient ainsi de cette question brûlante, à l’origine au XIXe siècle de théories dont on nous répète que la description emplit aujourd’hui les pages les plus dérangeantes de l’histoire de leur discipline. Et qui sont aussi…les plus sombres de notre histoire !

Mais voilà qu’un éminent généticien de l’université Harvard, David Reich, ravive les cendres qu’on croyait éteintes avec la publication de son livre Who We Are and How We Got Here ? (« Qui sommes-nous et comment sommes-nous arrivés ici ? », ­Pantheon Books, non traduit). Son credo ? Dénoncer l’« orthodoxie » du discours sur la diversité génétique qui s’est imposé au cours des dernières décennies et qui a fait de la race une question taboue. « Comment devons-nous nous préparer à la probabilité qu’au cours des années à venir des études génétiques montrent que de nombreuses caractéristiques sont influencées par des variations génétiques et que ces traits diffèrent entre les groupes humains ? », questionnait-il dans une tribune parue en avril dans le New York Times. « Argumenter qu’il n’est pas possible qu’il existe des différences substantielles entre les populations humaines ne fera que favoriser l’instrumentalisation raciste de la génétique que nous voulons justement éviter », concluait-il. PAS DE BOL !…

A l’heure où la France a entrepris de gommer le mot « race » de sa Constitution par un vote des députés, le 27 juin, la polémique lancée par Reich rappelle que la génétique nous réserve encore bien des surprises.

Comment les généticiens ont-ils effacé la notion de race de leur discipline ? Et pourquoi ressurgit-elle aujourd’hui sous la plume de l’un des leurs – dont les travaux, et c’est là une des subtilités de la polémique, démontrent par ailleurs que les populations humaines sont faites de métissages ? Sauf que l’un ne contredit pas l’autre.

Il faut remonter, pour le comprendre, à l’évolution de la place en biologie du concept de race après les ravages de la seconde guerre mondiale. « En réalité, la race est moins un phénomène biologique qu’un mythe social. Ce mythe a fait un mal immense sur le plan social et moral », prétendait en 1950 la Déclaration de l’Unesco sur la race. Pourtant, à cette époque, la majorité des généticiens, parmi lesquels Theodosius Dobjansky ou Ronald Fisher, pensaient encore que les races humaines existaient, d’un point de vue biologique. Dès les années 1930, ils avaient entrepris de les redéfinir en s’appuyant sur des caractères qu’ils considéraient plus fiables que les caractères morphologiques, en particulier les groupes sanguins. Ils avaient notamment observé que le groupe O était présent chez 90 % des Amérindiens, et ils croyaient pouvoir décrire des groupes humains homogènes et stables.

Mais ils s’aperçurent que cette particularité des Amérindiens ne reflétait en rien une pureté de race mais venait de leur histoire, en tant que ­population persécutée et isolée. Les variations entre les êtres humains résultent à la fois de leur adaptation à leur environnement, comme le climat ou l’altitude, et de la diversité des origines géographiques des populations humaines. Ajoutez-y la culture et vous aurez le bouillon du même nom qui fait les différences entre les Hommes.

Partant de ce constat, certains généticiens, comme Richard Lewontin aux Etats-Unis ou ­Albert Jacquard en France, déclarèrent que toute tentative de classification des êtres humains en catégories biologiques relevait de choix arbitraires, car, quelles que soient les catégories, elles ne reposent que sur une part infime de l’ensemble des variations. Deux individus pris au hasard à l’intérieur d’un même groupe humain se distinguent par un nombre de variations plus élevé que celui qui distingue deux groupes entre eux. D’où un changement de point de vue que le séquençage du génome humain dans les années 1990 vint conforter. Il révéla de plus que les variations du génome humain ne concernaient qu’une infime partie du génome, de l’ordre de 0,1 %. Dès lors, un discours antiraciste sur la diversité génétique s’imposa dans la discipline, dont David Reich dénonce aujourd’hui l’« orthodoxie ». Mais qui se souvient que la différence génomique entre un homme et un grand singe n’est que de moins de 5% ?…Ça laisse rêveur.

Trois mois après avoir lancé la polémique, David Reich campe sur ses positions. « Je n’adhère pas à l’idée selon laquelle les différences biologiques moyennes entre deux groupes – par exemple entre des habitants de Taïwan et des habitants de Sardaigne – sont si pe­tites qu’elles peuvent êtres considérées comme ­dépourvues d’un sens biologique et ignorées, ­explique-t-il. C’est depuis un moment le message de nombreux universitaires, qui à mon avis est dangereux car il nuit à la compréhension et la considération de la diversité humaine. »

« Les découvertes en génétique au cours des dernières décennies ont confirmé que la notion de race n’avait aucun fondement biologique, rétorque la généticienne Evelyne Heyer, du Muséum national d’histoire naturelle. D’une part, il n’existe pas de limites distinctes entre les groupes humains qui permettraient de définir des catégories “étanches”. D’autre part, les critères comme la couleur de peau ne concernent qu’une infime partie du génome. Enfin, les différences ne justifient pas l’existence de hiérarchie entre les êtres humains suivant leurs capacités », dit-elle. L’exposition « Nous et les autres », organisée au Musée de l’homme en 2017 et dont elle fut la commissaire, s’appuyait sur ce discours pour marquer la rupture de la science contemporaine avec les dérives racistes du XIXe siècle et louer l’étude de la diversité biologique. Mais c’est justement par l’étude de cette diversité que ressurgit la question de la race.

Pourquoi ? Le séquençage du génome humain a inauguré de colossaux programmes de recherche axés sur deux champs de recherche, la génétique des populations et la génétique médicale. Dans le premier, contestant le monopole sur ces questions des préhistoriens, des anthropologues et des linguistes, les généticiens tentent de retracer les grands flux migratoires à l’origine du peuplement de la planète, en étudiant les signatures des origines géographiques contenues dans les génomes. Des prouesses techniques et scientifiques qui permettent aujourd’hui de réécrire l’histoire des peuples tels que les Vikings, les Juifs, les Sardes ou les Amérindiens.

Dans le second, ils recherchent des prédispositions génétiques expliquant la fréquence particulièrement élevée dans certains groupes de population de maladies comme les cancers, le diabète, l’obésité ou la dépression. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Islande ou encore l’Estonie financent des projets nationaux de génomique, avec, en point de mire, l’avènement d’une médecine personnalisée qui ciblerait un profil génétique en fonction du risque de maladie auquel il est associé.

D’où le paradoxe : comment nier l’existence de catégories entre les êtres humains tout en délimitant pour ces études des groupes de population au sein desquels on étudie des variations génétiques ? En quoi l’existence de ces groupes mouvants questionne-t-elle la notion de race, qui postulait l’existence d’entités stables et étanches que les biologistes d’antan nommaient « catégories » ? Ces arbitrages biologiques n’ont-ils pas des soubassements politiques ?

« Dès les années 1970, il y a une ambiguïté dans la rupture avec la notion de race dont nous ne sommes pas sortis. Vous pouvez dire que les races sont des catégories arbitraires qui ne valent pas pour une classification. Cela n’empêche pas que la diversité contenue entre deux catégories, si minime soit-elle, peut vous servir à tout un ensemble d’usages », analyse ainsi l’historien Claude-Olivier Doron. Les groupes délimités par les généticiens ont une existence qui résulte aussi d’une histoire sociale et politique. Ils sont le fruit d’une culture à laquelle, qu’ils le veuillent ou non, ils appartiennent aussi. « Les généticiens considèrent que leurs études sur la génétique des populations n’ont rien à voir avec les études anthropologiques sur lesquelles a été fondée la notion de race. Or, si les techniques, les disciplines et les enjeux ont changé, les grandes catégories de population sur lesquelles s’appuient ces études, tels que les Juifs, les Africains ou les Vikings, restent inchangées », dénonce l’historien Amos Morris-Reich, du Bucerius Institute de l’université de Haïfa, en Israël.

« Ce que je partage avec Reich, c’est le fait que laisser les choses non discutées donne la possibilité à un certain nombre de discours racistes de fleurir et de se développer, notamment sur Internet, et il y a besoin d’une pédagogie très précise sur ce que disent et ne disent pas les savoirs génétiques », tempère l’historien Claude-Olivier Doron.

David Reich s’appuie, par exemple, sur les travaux de son équipe ayant abouti à l’identification, dans les génomes d’hommes afro-américains, de régions les prédisposant au cancer de la prostate. Ce qui n’est pas sans intérêt quand on sait que ce problème est soulevé aujourd’hui aux Antilles françaises face à l’usage du, un pesticide employé dans la culture de la banane…N’y aurait-il pas là une prédisposition génétique à développer ce mal ?

Les populations afro-américaines, latinas ou amérindiennes sur lesquelles s’appuient les études en recherche biomédicale aux Etats-Unis sont par ailleurs défavorisées d’un point de vue socio-économique, ce qui les expose à des environnements et à des modes de vie susceptibles de favoriser l’expression de prédispositions génétiques : pollution, stress ou encore alcoolisme.

Ces études pourraient aussi interroger des pans de l’inconscient collectif. Un programme national mexicain vise ainsi à séquencer le génome de différents types d’Indiens et de métisses afin d’étudier leurs prédispositions ­génétiques au déclenchement précoce du diabète de type 2 et de l’obésité. « La spécificité du débat mexicain, ce sont des mélanges de populations impliquant des Européens, des Afro-Américains et des Asiatiques, mais surtout différents types d’Indiens », explique l’historien Luc Berlivet. « On voit réapparaître dans le débat des stéréotypes raciaux différents de ceux mobilisés avec les Afro-Américains ou les Amérindiens d’Amérique du Nord. Il ne s’agit plus de distinguer les Blancs des Afro-Américains ou des Latinos, mais différents types d’Indiens. Cela pose les mêmes questions mais de manière décalée », ajoute-t-il.

Autre source d’interrogation, une vision nouvelle de la notion d’identité produite par les analyses en génétique des origines géographiques. D’autant plus qu’un marché s’est développé, avec des sociétés comme 23andMe, Ancestry.com ou MyHeritage, qui proposent à leurs clients la ­détermination de leurs origines géographiques au moyen de l’analyse génétique.

Certains scientifiques craignent que ces résultats attisent les tensions locales autour des questions identitaires ou révélent les stéréotypes racistes d’une culture, comme ce fut le cas au Brésil, avec les tests ADN sur les origines africaines. Malgré un récit national valorisant le métissage, les ­préjugés sont ancrés dans la culture brésilienne en raison du passé esclavagiste du pays et de la vulgarisation des théories eugénistes valorisant les phénotypes « blancs » au début du XXe siècle. Les universités brésiliennes ont décidé d’instaurer des quotas d’étudiants à la peau noire dans les années 2000. « Dans ce contexte, il s’agissait de savoir comment se définissait la race noire, et les tests génétiques ont été disqualifiés lorsqu’ils ont révélé que le génome d’un célèbre danseur de samba noir contenait plus de 60 % de gènes européens, raconte l’anthropologue Sarah Abel. Ces résultats ont été utilisés pour dire que les quotas n’avaient pas lieu d’être, car la race n’avait pas de sens au Brésil, ou encore que cela ne servait à rien d’avoir 60 % de gènes européens lorsqu’on était arrêté par des policiers d’après la couleur de la peau. » Mais c’est oublier que les différences les plus significatives ne concernent, comme nous le rappelions plus haut, qu’une très petite partie du génome humain.

D’ailleurs, le débat apparu depuis peu sur la place de l’homme de Neandertal dans l’histoire de l’humanité repose en partie sur ces progrès de la science génétique. Il y a là de quoi nous interpeller (Lire « Homo neanderthalis retrouve lentement sa juste place » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/03/30/homo-neanderthalensis-retrouve-lentement-sa-juste-place/).

En Europe et aux Etats-Unis, certains experts en génétique n’hésitent pas aujourd’hui à s’appuyer sur les données et les résultats des études génétiques pour étayer des idéologies fondées sur la pureté des origines et l’existence d’une identité européenne profonde. Les auteurs du site Humanbiologicaldiversity.com ont ainsi élaboré un argumentaire très étayé visant à refonder la réalité biologique de la race, en s’appuyant notamment sur les travaux de Luca Cavalli-Sforza, pionnier des études génétiques sur les origines géographiques.

Les avancées de la génétique pourraient-elles remettre en question avant longtemps la doxa qui préside aux manigances des acteurs du  » Grand Remplacement  » ? Mais serons-nous autorisés à en parler ?

Le 11 juillet 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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4 Réponses to “ » E pur si muove « , disait Galilée.”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 11, 2018 à 11:41 #

    Otan: et si Trump avait raison ?

    Au sommet de l’Alliance Atlantique qui se déroule aujourd’hui mercredi 11 Juillet 2108 et demain à Bruxelles, en présence des chefs d’Etat et de gouvernement, le président Trump, rencontrera Emmanuel Macron en tête-à-tête. Le président américain se rendra ensuite en visite officielle au Royaume-Uni puis il rencontrera le président russe Vladimir Poutine, lundi 16 juillet à Helsinki (Finlande).

    Le sommet de l’Alliance atlantique, mercredi et jeudi, devrait être dominé par la question du partage du fardeau financier de l’immigration entre les deux rives de l’Atlantique…

  2. Hervé J. VOLTO juillet 11, 2018 à 11:48 #

    À l’heure où les États-Unis prennent leurs distances avec l’OTAN, l’UE s’en rapproche. Il s’agit de réunir tous les moyens disponibles afin de permettre aux Européens de renforcer leur défense, y compris en cas de retrait américain. Or, seule deux pays en Europe possèdent l’a dissuasion nucléaire : la France et la Grande Bretagne. Oops, j’oubliais que la Grande Bretagne s’est retirée de l’Union Européenne et pense renforcer ses liens avec ses ancienes colonnies : la défense de l’Europe pèse donc entièrement sur les épaules de la France…

    Merci à Jaques Chirac d’avoir renouveller en son temps l’appareil atomique de la France pour un demi siècle : c’est la seule chose de bonne que l’on retiendra de lui.

  3. Hervé J. VOLTO juillet 11, 2018 à 12:03 #

    Pour l’instant, l’inbvasion est pacifique. Si demain, une puissance quelle qu’elle soit voudrait menacer un pays européen, la France serait en mesure de répondre même par des moyens non-conventionnels. dans l’attente, nous ferions bien de nous réveiller, d’aider les pays africains chez eux, la Lybie et l’Italie, par un plan Marshal.

  4. Conseil dans l'Espérance du Roi juillet 12, 2018 à 8:52 #

    Ces gens sont fous !
    http://www.leparisien.fr/politique/les-deputes-suppriment-a-l-unanimite-le-mot-race-de-la-constitution-12-07-2018-7818141.php

    Mais n’oublions jamais que ceux que Jupiter veut perdre, il les rend fous…

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