Les « toutous » ne sont pas une espèce en voie d’extinction.

17 Juil

Vous connaissez notre aversion pour le tourisme de masse et ses conséquences catastrophiques sur l’environnement autant que sur les populations qui en sont les apparentes bénéficiaires mais, en fait, les réelles victimes. Vous savez aussi que nous rappelons souvent, à ce propos, la définition que nous a donné Jean Mistler du tourisme et dont la lucidité ne cesse de nous surprendre :  » Le tourisme est l’industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux.« 

Et pourtant, que croyez-vous que nous réservent les compagnies aériennes autant d’ailleurs que leurs mentors, les dirigeants politiques de nos pays ?

Une pluie de commandes de nouveaux avions pour transporter de plus en plus de voyageurs au-dessus de nos têtes et de nos jardins.

Le salon de l’aéronautique de Farnborough (Grande-Bretagne), qui s’est ouvert hier, en témoigne. A l’occasion de la publication annuelle, début juillet, de ses prévisions pour les vingt prochaines années, Airbus a fait montre d’un optimisme sans faille, prévoyant que, d’ici à 2037, les compagnies aériennes du monde entier auront besoin de 37 400 avions neufs.

Les chiffres de Bœing, qui seront communiqués dans les prochains jours, ne devraient pas doucher ces espoirs. Il y a tout juste un an, le constructeur américain fixait déjà les besoins en avions neufs des compagnies aériennes à 34 900 appareils. Au total, la flotte mondiale devrait doubler en vingt ans et avoisiner les 48 000 avions, selon Airbus. Il y a deux ans, le constructeur tablait seulement  sur 42 500 appareils dans le monde d’ici à 2036.

La raison principal de cette folie est évidemment l’insatiable appétit financier des compagnies aériennes qui laisse espérer un véritable pactole aux fabricants d’avions: pas moins de 5 800  milliards de dollars (près de 5 000  milliards d’euros). Et encore, cette future manne n’est-elle qu’un minimum. Airbus avoue volontiers qu’il se montre  » plus conservateur que le marché «  dans ses prévisions. En clair, les commandes des compagnies aériennes pourraient être encore supérieures à ses anticipations.

Avec la montée en puissance des compagnies à bas coûts, ce sont surtout les appareils moyen-courriers d’Airbus et de Bœing qui devraient constituer l’essentiel des ventes. Les achats d’avions de la famille A320 représentent 80  % du carnet de commandes d’Airbus. Au total, les monocouloirs, la famille des A320 d’Airbus ou les 737 de Bœing, devraient représenter jusqu’à 28 550 commandes d’ici à 2037. Si l’avionneur européen, évoquant les A320, prévient déjà qu’il  » devrait y avoir des commandes à l’occasion du salon de Farnborough « , il espère que, cette année, les long-courriers seront aussi à l’honneur. Airbus  » espère des commandes pour ses A350 «  pendant le salon de la grande banlieue de Londres.

Pourtant, le très-gros porteur d’Airbus, l’A380, est un énorme fiasco (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/12/29/voila-ou-menent-le-gigantisme-et-lobesite-aeronautiques/). Mais cela ne semble pas émouvoir outre mesure les constructeurs…

Plus, toujours plus !

Pour la première fois de leur histoire, les deux grands constructeurs pourront offrir à leurs clients toute la gamme des appareils commerciaux. Avec la reprise du pôle aviation commerciale du canadien Bombardier, l’offre d’Airbus va des appareils à hélices de quelques dizaines de places au gros-porteur A380, qui peut transporter jusqu’à 800 passagers. Pour ne pas se laisser distancer par son concurrent européen, Bœing s’est empressé de racheter le brésilien Embraer. Les CSeries de Bombardier ont été rebaptisés A220 par Airbus. L’américain pourrait faire de même avec les jets de son nouveau partenaire minoritaire brésilien.

Toutefois, si les carnets de commandes des avionneurs sont bien remplis, les compagnies aériennes se trouvent face à un casse-tête ! Comment trouver les pilotes pour s’installer aux commandes des 48 000 appareils de la flotte mondiale en  2037 ? Selon Airbus, à cette date, il faudra trouver 540 000 nouveaux pilotes. L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) voit encore plus grand. Elle estime que, d’ici à 2036, il faudra environ 620 000 navigants pour transporter les 7,8  milliards de passagers annuels attendus. Une situation qui n’a pas du tout été anticipée. Au contraire : mises à mal par la crise de 2008, les compagnies ont, pour la plupart, à l’instar d’Air France, arrêté de recruter et de former de nouveaux pilotes. Une forme inversée du numerus clausus, imposé par les pouvoirs publics français aux étudiants en médecine, il y a quarante ans, pour diminuer le nombre de médecins et faire chuter la consommation médicale ! Nous pouvons mesurer aujourd’hui la pertinence de cette idée géniale…

Ces gens sont fous.

 » Chez Air France, il manque déjà 300 pilotes pour avoir une activité normale « , soupire Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Maintenant que les indicateurs sont à nouveaux au vert, les compagnies reprennent leur expansion, et embauchent à nouveau. Air France veut recruter 250 pilotes supplémentaires par an pendant cinq ans. Signe que la compagnie reste attractive, 4 300 candidats se sont fait connaître, en dépit d’un long conflit social et de la démission de son PDG.

Mais la concurrence va devenir très forte.  » Le défi est d’attirer un maximum de candidats « , explique M. Evain. Selon son expérience,  » une statistique immuable montre que, sur 3 000 postulants, seuls 5  % sont retenus « . Pour l’heure, les compagnies piochent d’abord parmi les pilotes laissés sans emploi durant les années de crise. Un réservoir qui s’épuise. Les compagnies américaines tentent de faire revenir leurs navigants un temps tentés par les rémunérations mirifiques des compagnies chinoises ou du Golfe. Dans l’empire du Milieu ou à Dubaï, un commandant de bord de moyen-courrier peut gagner jusqu’à 300 000  dollars par an, avec des charges sociales réduites et net d’impôts. Il faut croire que  » transporter des gens qui seraient mieux chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux  » n’est pas sans intérêt financier pour les compagnies.

Pour séduire ces exilés, les compagnies ont dû mettre la main à la poche. Et cela fonctionne.  » Les navigants américains sont partis du Golfe pour revenir aux Etats-Unis « , constate un pilote d’Air France. Mais ce retour coûte cher. Sur cinq ans, Delta Airlines a prévu d’augmenter les salaires de ses pilotes de 25  % à 30  %.

Reste que, selon le bon vieux principe des vases communicants, ce reflux pose un réel problème aux compagnies chinoises et à celles du Golfe. Celles-ci  » ont été très gourmandes en commandants de bord américains ou européens, car les compagnies d’assurances les préfèrent « , pointe un pilote. Dans le Golfe, faute de navigants, certains avions doivent rester au sol. Pour faire face à cette pénurie annoncée, certains pays pourraient prendre des mesures drastiques. Selon un ancien dirigeant du SNPL,  » le lobbying a déjà commencé aux Etats-Unis pour décaler l’âge de départ à la retraite des pilotes de 65 à 67 ans « .

Tout ça pour satisfaire le désir de métissage culturel (mais pas que) tout en détruisant chaque jour davantage la planète…Ces gens sont effectivement fous.

Le 17 juillet 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “Les « toutous » ne sont pas une espèce en voie d’extinction.”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 17, 2018 à 10:41 #

    Mais… si au lieu d’être fou, ils étaient criminels ? que nou vivons la vengence des Templiers, Mètisser et islamiser la France et les pays occidentaux ? un plan à long terme, dont nous ne commençons à voir les effets que maintenant…

    Est-ce trops tard, ou pouvons-nous faire encore quelque chose ?

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