Le grand écart statistique des immigrationnistes.

22 Juil

 » Les statistiques sont l’art de mentir avec précision « , disait Disraeli ! Voyons cela de plus près, dans un domaine particulièrement sensible à ce genre de déviance.

En 2017, 538 000 demandeurs d’asile ont obtenu l’accueil dans l’Union européenne, selon Eurostat (25  % de moins qu’en  2016 mais, ne vous y trompez pas, c’est dû simplement au fait que la route des Balkans a été bloquée et que le nombre des migrants irako-syriens a nettement diminué. Ce qui n’est pas le cas des africains du nord comme du sud du Sahara).

Or, parmi les questions soulevées par leur intégration en Europe, celle de leur impact économique suscite bien des discussions contradictoires. Afin d’y voir plus clair, plusieurs économistes se sont penchés sur le sujet ces derniers mois.  » Une telle évaluation est délicate, car elle dépend du contexte, du pays, et du type de migration « , détaille Anthony Edo, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii). Notons aussi, ce qui n’est pas dit, que cette évaluation est très dépendante des a priori idéologiques, généralement pro-immigration.

Selon les variables choisies, les études aboutissent donc à des résultats contradictoires. Un consensus nous est cependant présenté :  » Passé l’effet transitoire, l’impact à long terme des migrations sur la richesse par habitant, et son évolution, est neutre « , résume Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce qui n’empêche pas que les effets sectoriels et locaux sont parfois notables, sans compter ce que les chercheurs se refusent obstinément à mesurer : les effets culturels et sociétaux.

Différents mécanismes entrent en jeu sur le marché du travail, les finances publiques et la croissance. Si l’on s’en tient au seul produit intérieur brut (PIB), l’effet apparaît positif : les migrants consomment et se logent, ce qui contribue mécaniquement à l’activité. Et lorsque de l’argent public est dépensé pour accueillir les réfugiés, il est aussitôt réinjecté dans l’économie – l’équivalent, en somme, d’une relance keynésienne.

Dans une étude publiée fin juin, trois chercheurs du Centre national de la recherche scientifique, Hippolyte d’Albis, Ekrame Boubtane et Dramane Coulibaly, ont étudié les flux migratoires en Europe de l’Ouest entre 1985 et 2015. Malheureusement, les origines comme les parcours respectifs de ces trois chercheurs laissent planer le doute sur l’objectivité de leurs travaux…*

A court terme, les effets sur le marché du travail sont contrastés. Les demandeurs d’asile n’ont en général pas accès à l’emploi pendant l’instruction de leur demande, sauf dans son exercice clandestin ce qui (par définition) le rend inexploitable. On sait cependant que l’afflux massif de réfugiés peut au départ, dans certaines régions, se traduire par une hausse du chômage. Mais, selon les auteurs, l’effet s’estompe après quelques années, et le surcroît de consommation qu’ils représentent contribue également à créer des postes. En la matière, les travaux de David Card, économiste à Berkeley (Californie), font référence. Ils établissent qu’en 1980 l’arrivée à Miami de 125 000 Cubains expulsés par Fidel Castro n’a pas fait exploser le chômage ni fait plonger les salaires. Ces deux indicateurs ont évolué de la même façon que quatre autres villes témoins.

Selon le rapport publié mi-juin par l’OCDE, l’afflux de demandeurs d’asile dans l’UE depuis 2015 devrait se traduire par une hausse de 0,4  % en moyenne de la taille de la population en âge de travailler d’ici à fin 2020 – dont près de 1  % pour l’Allemagne et la Suède, et 0,15  % en France. Mais l’effet ne sera pas homogène sur tous les segments de l’emploi. En Allemagne, les migrants devraient faire augmenter de 15  % d’ici à 2020 l’offre de main-d’œuvre masculine peu qualifiée. En dépit du plein-emploi, les travailleurs locaux peu éduqués pourraient dès lors, plus que les autres, se sentir en concurrence avec les réfugiés.

Ces effets dits  » redistributifs  » dépendent beaucoup de la formation des arrivants. Ces derniers occupent souvent une partie des postes non pourvus car boudés par les locaux, contribuant à dynamiser le marché de l’emploi. S’ajoutent à cela des effets de second tour, plus difficiles à mesurer et néanmoins réels. «  Lorsque les immigrés sont nombreux dans les emplois à domicile – ménages, garde d’enfants , ils contribuent à augmenter la participation au marché du travail des femmes du pays d’accueil, libérées d’une partie des tâches ménagères « , observe avec humour un des chercheurs. En d’autres termes, une politique incitative amenant les travailleurs indigènes les moins qualifiés à exercer les emplois les moins attractifs réduirait le nombre d’emplois vacants pour les migrants tout en poussant les femmes vers le marché du travail ! Voilà une bien bonne idée.

Qu’en est-il des finances publiques ? Avant de pouvoir gagner leur vie, une partie des réfugiés dépendent des prestations sociales. Mais ils cotisent dès qu’ils sont en emploi.  » Même si leur contribution est en moyenne inférieure à celle des autochtones, ils ne représentent pas véritablement un coût pour les finances publiques « , prétend Xavier Chojnicki, professeur à l’université Lille-III, qui a étudié l’impact budgétaire de l’immigration en France entre 1979 et 2011. Et pour cause : ils sont surreprésentés dans les catégories en âge de travailler, contribuant dès lors théoriquement aux financements des infrastructures et des retraites. Mais c’est oublier :

1/ le nombre de ceux qui sont durablement employés clandestinement (en particulier dans la bâtiment, la manutention et l’hôtellerie-restauration),

2/ et son corollaire, le manque à gagner pour l’Etat en matière de cotisations sociales et d’impôts.

« L’apport migratoire peut aussi alléger ponctuellement le problème du vieillissement« , nous disent les chercheurs. Ce qui fut, souvenez-vous, l’un des arguments de la chancelière allemande, Angela Merkel. En  2017, le nombre de décès (5,3  millions) a dépassé celui des naissances (5,1  millions) dans l’UE, selon Eurostat : sans l’immigration, le nombre total d’habitants (513  millions) aurait reculé. Mais c’est là donner pleinement raison au CER qui affirme, face aux satisfactions affichées par nos autorités politiques en matière de démographie nationale, qu’il faut distinguer par exemple le nombre de naissances en France du nombre de naissances authentiquement françaises.

Et Hippolyte d’Albis de conclure que si les Européens de l’Ouest acceptent l’idée que les immigrés contribuent positivement à l’économie, ils sont bien plus divisés sur la question sécuritaire, ainsi que l’a révélé une étude publiée le 12  juillet par le Pew Research Center, un institut américain. Signe que   » les enjeux soulevés par les réfugiés sont en vérité moins économiques que politiques, diplomatiques et culturels. « 

Nous ne sommes pas si éloignés, toutes choses égales par ailleurs, de cette évidence…

Le 22 juillet 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Tous trois sont économistes mais ils ont toujours milité, dans plusieurs publications, en faveur des flux migratoires dont ils nient systématiquement les effets péjoratifs. Hippolyte d’Albi, leur mentor s’est ainsi signalé à la fois en faveur des migrants de toutes sortes comme par des prises de position iconoclastes concernant l’absence de conséquence des maternités de plus en plus tardives. Ekrame Boubtane, d’origine algérienne, comme Dramane Coulibaly, d’origine malienne, soutiennent quant à eux, depuis longtemps et dans plusieurs publications, les bienfaits des migrations maghrébine et africaine sous l’angle peu vérifiable de leurs conséquences économiques.

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2 Réponses to “Le grand écart statistique des immigrationnistes.”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 22, 2018 à 2:54 #

    Si l’on s’en tient au seul produit intérieur brut (PIB), l’effet apparaît positif : les migrants consomment et se logent, ce qui contribue mécaniquement à l’activité. Et lorsque de l’argent public est dépensé pour accueillir les réfugiés, il est aussitôt réinjecté dans l’économie – l’équivalent, en somme, d’une relance keynésienne.

    Lorsque les immigrés sont nombreux dans les emplois à domicile – ménages, garde d’enfants –, ils contribuent à augmenter la participation au marché du travail des femmes du pays d’accueil, libérées d’une partie des tâches ménagères « , observe avec humour un des chercheurs.

    Et Hippolyte d’Albis de conclure que si les Européens de l’Ouest acceptent l’idée que les immigrés contribuent positivement à l’économie, ils sont bien plus divisés sur la question sécuritaire, ainsi que l’a révélé une étude publiée le 12 juillet par le Pew Research Center, un institut américain. Signe que » les enjeux soulevés par les réfugiés sont en vérité moins économiques que politiques, diplomatiques et culturels.

    Quand à nous, nous serons tentés de faire notre cette boutade de Jean-marie L epen :

    Nous ne voulons ni du beur, ni de l’argent du beur !

  2. Hervé J. VOLTO juillet 22, 2018 à 7:44 #

    -A quelles causes attribuer la haine que son nom [Charles X, NDLR] souleva ? La cause est simple, elle est une. Charles X ne se contenta pas d’être le roi très-chrétien, il fut catholique. Dans toute la sincérité de son âme, il voulait mériter le beau nom de Fils aîné de l’Eglise. Là et rien que là se trouve l’explication de la catastrophe de juillet.

    Crétineau-Joly.

    Au risque de susciter la haine, je pronerais le retour de la catthpolicité comme religion d’Etat. Et une politique Catholique. Car si la France, fille aînèe de l’Eglise, était plus forte intérieurement, si elle avait de véritable insitutions Chrétiennes, et non plus seulement des constitution, elle se réconcilierait enfin avec elle-même, elle redeviendrait cette Educatrices des Peuples dont parlait avec admiration Jean-Paul II, méditant sur son passè Très Chrétien. On ne peut faire un trait sur cette identité fondamentale de la France, fondée sur les principes hérités des Celtes, des Grecs, des Romains, des Francs et des Juifs du Royaume d’Israël, héritage polymorphe, politique et culturel, nourri à la sève Chrétienne sans laquelle on ne peut vriament comprendre ce qu’est notre vieux pays. Là aussi, le Royalisme pourrait non seulement prendre des mesures d’arret des flux migratoires, incontrôlés aujourd’hui, mais restaurer nos Valeurs comme nos principes fondateurs de l’identité Française, de telle façon que notre Pays soit en mesure de de répondre à ce défit, à n’en pas douter l’un des plus grands de son Histoire.

    Là encore, le Royalisme, qui propose une vision d’ensemble de la société qui propose à la France de retrouver sa vocation Catholique, et qui propose aux Français de retourver leurs racines Chrétiennes, est une réponse à ce nouveau défit de l’Histoire qu’est l’immigrationisme…

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