Affaire Benalla (saison 2).

23 Juil

Votre serviteur a suivi intégralement les deux premières auditions de la Commission des lois de l’Assemblée nationale (mue en commission d’enquête parlementaire sur la désastreuse affaire  » Benalla », du nom de ce collaborateur du président de la République, Franco-Marocain mais aussi barbouze patenté et auteur de violences pseudo-policières). Il s’agissait d’entendre, ce matin, le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, et, cet après-midi, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech. Au total cinq heures d’audition…

Disons-le tout net, elles furent à nos yeux particulièrement édifiante sur les premiers éléments de cette affaire (beaucoup reste encore à découvrir) mais aussi et surtout sur l’état de déliquescence politique de la République.

Qu’avons-nous appris ? Rien, au fond, que nous ne connaissions déjà. Mais beaucoup, vraiment beaucoup de confirmations concernant les rouages de ce que toutes ces bonnes personnes, parlementaires compris, osent encore appeler l’état de droit. En voici la synthèse.

1/ Gérard Collomb n’a jamais rien vu, jamais rien entendu et donc jamais rien su de ce sbire du mouvement  » En Marche ! « , devenu le factotum es-sécurité d’Emmanuel Macron mais pourvu de pouvoirs discrétionnaires considérables autant qu’illégaux. Mais Gérard Collomb ne nous dit que cela, oubliant qu’il fut l’un des tout premiers confidents et collaborateurs du candidat Macron puis organisateur de sa campagne électorale de 2016-2017 et que, dans ce cadre-là, il a forcément rencontré et travaillé avec M. Benalla qui assurait (permis de port d’arme compris !) la sécurité rapprochée – publique autant que privée – du candidat Macron 24h/24 ! Donc Gérard Collomb ment…Sous serment.

2/ Michel Delpuech fut à la hauteur de sa réputation, précis, droit dans ses bottes mais avec prudence et (presque) incollable sur les faits. Seuls manquaient dans ses réponses…ce qui ne manquera pas de ressortir des enquêtes en cours, judiciaire et administrative et qu’il ne pouvait révéler. Mais cela viendra en son temps.

Néanmoins, deux éléments d’importance nous furent communiqués par le préfet de police : d’abord le fait que la présidence de la République était informée AVANT TOUT LE MONDE des faits délictueux commis par son nervi le 1er mai dernier; ensuite l’aveu que toute cette affaire, protection du coupable comprise à tous les niveaux, relevait de  » COPINAGES MALSAINS  » ! Rien de moins.

3/ Enfin, pour les deux intervenant, même si ce fut dit avec toutes les circonvolutions nécessaires à leur protection rapprochée (!), la clé de ces barbouzeries ne se trouve nulle part ailleurs qu’à…l’Elysée. En d’autres termes, une forme de police parallèle, même si elle n’en a pas encore l’envergure. Mais…c’est en bonne voie. 

Ainsi, le constat de Bruno Dive dans Sud-Ouest, confirme notre propre analyse : « La vacuité des réponses de Collomb, la précision de celles de Delpuech auront au moins eu le mérite d’apporter en creux la confirmation de ce dont chacun se doutait : c’est bel et bien Emmanuel Macron, et ses proches, qu’il faudrait auditionner. »

Bref, de tout cela et au jour d’aujourd’hui (car les choses vont très vite), que savons-nous de plus que ce que nous vous affirmons depuis le début de ce désastre :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/23/le-seigneur-na-pas-interdit-de-sourire-du-mutisme-demmanuel-macron-a-propos-de-son-pote-benalla/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/22/billet-dhumeur-du-sieur-du-plessis-ils-non-rien-compris-a-narcisse/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/21/la-meute-a-macron/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/20/le-nervi-maghrebin-de-lelysee/

Que la République est bien à l’agonie. Mais :

 

Le 23 juillet 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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5 Réponses to “Affaire Benalla (saison 2).”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 23, 2018 à 7:56 #

    Un Président de la République fraichement élu a-t-il le droit de nommer comme membres de son cabinet un petit garde du corps en charge de sa sécurité lorsqu’il était candidat à la Présidence et lui donner bureaux, logements et véhicules de focntions qu’obtiennent que difficilement des cadres de la Sécurité Publique? Peut-être…

    Des gens de de sac et de corde, qui ont la chance de se faire une place à l’ombre d’un puissant dans le sillage duquel ils trainent, ont-ils le droit de grignoter du pouvoir en se prévalant de la proximité avec le chef ? Ont-ils le droit d’usurper une fonction, de malmener des manifestés pas très futés se trouvant au mauvais endroit et au mauvais moment, et de faire du recel de preuve en se faisant consigner une vidéo l’incriminant, ce après d’autres “dérapages” analogues jamais sanctionnés ? On en est moins certain.

    C’est en tout cas à toutes ces questions que le Président -ou au moins son chef de cabinet- devra répondre devant le Parlement.

  2. Hervé J. VOLTO juillet 23, 2018 à 7:58 #

    Ce que l’on retiendra, dans cette histoire, c’est la légéreté avec laquelle Emmanuel Macron nomme n’importe qui comme membre du cabinet présidentiel, impose sa meute, dont tous les membres viennent de “là-bas” comme la communauté qu’il caresse dans le sens du poil pour avoir ses voix dans 4 ans, meute composée de nombreux petits videurs de discothèques hallogènes aux surnoms exotiques et à la réthorique marseillaise certifiée, attachés à de simples missions de sécurité privées mais dont le chef se trouve chargé de superviser la protection présidentielle, une étrangeté, puisque c’est d’ordinaire le Groupe de Sécurité de la Présidence de la République (GSPR) qui est chargé de la sécurité du chef de l’Etat.

    Benala et les hommes d’élite du GSPR traitant désormais d’égal à égal, celà ne va pas sans rivalité, un homme d’élite de 40 ans qui est formé en autre pour combattre à main nues, arréter une hémoragie, éteindre un incendie, désamorcer un explosif et accompagner partout de hautes personalités, ne se voyant pas recevoir des ordres d’un petit con de 26 ans tout juste bon à tabasser les beaufs qui ne savent pas la fermer quand il faut…

  3. Hervé J. VOLTO juillet 23, 2018 à 7:59 #

    C’est en tout un peu vil de tenter de se décharger sur un ministre de l’intérieur près de la retraitre et qui n’a eu que le tort, on le comprend aisément, d’avoir obéi servilement au cabinet Présidentiel. Aucun pouvoir ne pouvant durer en s’appuyant uniquement sur la tchatche, à défaut de force, il faudra au Chef de l’Etat cesser des magouilles commençant à produire chez les Français honnêtes un effet laxatif certain et acquérir UNE LEGITIMITE NATURELLE par les services rendus au peuple qui lui est confié qui, en retour, lui manifestera une reconaissance capable de consacrer son autorité. Ces services concernent les nécessités naturelles : GERER L’ORDRE, FAIRE RESPECTER LA JUSTICE, DEFENDRE LE PEUPLE CONTRE LES ENNEMIS, ASSURER LES CONDITIONS DE LA PROPERITE DU PAYS…

  4. Hervé J. VOLTO juillet 24, 2018 à 11:06 #

    Un dernier pour la route…

    L’Elysée, plus que jamais camp retranché au cœur de la capitale, ne faisait aucune communication. Refusant même de confirmer un déjeuner de crise, samedi 21 Juillet 2018, réunissant le Président, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb et la garde des Sceaux Nicole Belloubet, révélé par LE PARISIEN.

    M. Benalla révèle, à son corps défendant (sans jeu de mots au regard de sa fonction près du président Emmanuel Macron), les vices d’une République qui croit, sous la cinquième du nom, imiter la Monarchie quand elle n’en est que la caricature.

    Perte des repaires moraux, délocalisations, chômage, précarité, insécurité, lois liberticides et fiscalité confiscatoire : en ce début de XXI° siècle, ce n’est plus la faute à Marie-Antoinette !

    -les précédents quinquennats ou septennats ont tous été émaillés de scandales qui, parfois, ont atteint jusqu’au sommet de l’État, et les histoires d’écoutes, de crocs-en-jambes et de règlements de comptes, de fausses factures et d’emplois fictifs, de passe-droits et de pots-de-vin, etc. emplissent les colonnes des collections du CANARD ENCHAINE et les archives nationales. A croire que la République, née avec le très corrompu Danton, ne peut se défaire de cet héritage maudit et renouer avec l’honneur, apanage d’une Monarchie, ce que Montesquieu avait souligné en son temps (Jean-Pierre Chauvin)…

  5. Hervé J. VOLTO juillet 24, 2018 à 2:34 #

    Un dernier pour la route…

    Avec les beurettes de François Hollande, on avait au moins le plaisant spectacle de belles paires de fesses lorsqu’elles étaient en jupe courte.

    Avec la meute du Président Macron, nous avons le terrible spectacle de concussions et prébandes, sociétès secrètes et polices paralèles, inoculations virales et manipulations génétiques, trafics d’armes, de drogues et d’influence…

    Il n’est pas certain que la stratégie visant à faire tomber la responsabilité de l’affaire benala sur des sous-fiffres soit efficace pour protéger Emmanuel Macon ni pour faire baisser la pression de l’opposition. Pour preuve, le report de la réforme constitutionnelle, acté juste après l’audition du ministre d’Etat. En attendant, elle abîme un peu plus le lien de confiance entre un Gérard Collomb qui n’a peut-être eu que le tort d’obéir servilement à aux consignes du Château et des forces de police qui ont le sentiment que leur patron -le Présidentr, chef des armèes et de la police, pas le minsitre qui obéti au premier- se défausse sur elles plutôt que de les soutenir…

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