La reprise par Damas des provinces du sud de la Syrie n’est pas pour déplaire à Israël.

4 Août

Pas de chance pour Laurent Fabius ! Fini, pour lui, les vociférations dont il était coutumier contre le régime de Bachar Al-Assad, du temps où il se prétendait ministre (totalement incompétent comme nous le rappelions ici *) des affaires étrangères de François Hollande. Fini les rodomontades de ce foutriquet à l’encontre de Vladimir Poutine et de la Russie. Car l’homme-lige de Tel Aviv et de Riyad doit à présent en rabattre. Et voici les raisons de ce camouflet.

Laurent Fabius à l’époque où il prenait ses ordres auprès de Benjamin Netanyahou

Israël a tués pour la première fois, mercredi 1er  août, dans la partie sud du plateau du Golan syrien, des terroristes affiliés à l’organisation Etat islamique (EI) ; c’est l’information qu’a communiquée l’armée israélienne le lendemain. Celle-ci les a repérés alors qu’ils avaient traversé la ligne frontalière de cessez-le-feu  » Alpha  » et se dirigeaient vers les positions israéliennes, sur la partie du Golan occupée et annexée par l’Etat hébreu. L’aviation les a stoppés par des tirs de missiles.

Les soldats israéliens dépêchés sur les lieux des frappes, le 2  août, ont retrouvé sept corps, ainsi que des gilets pare-balles, cinq fusils d’assaut AK-47, des grenades et des ceintures d’explosifs. L’affiliation de ces combattants à l’EI fait peu de doute pour l’armée : ils comptaient s’infiltrer en Israël avant d’y perpétrer des attaques.

L’armée israélienne reste en état d’alerte sur sa frontière du Golan alors que le régime du président Bachar Al-Assad conclut l’offensive déclenchée le 19  juin pour reprendre le contrôle du sud de la Syrie. Le 2  août, l’armée russe, puissante alliée de Damas, annonçait que le régime syrien avait repris le contrôle de trois provinces méridionales (Deraa, Kuneitra et Souweïda), et la zone frontalière avec la Jordanie.

Une fois la reddition des groupes rebelles actée, Bachar Al-Assad avait pris pour cible les djihadistes affiliés à l’EI dans la province de Deraa. Pour résister, ces derniers ont alors multiplié les attaques sanglantes. L’armée israélienne y ajoute cette dernière tentative d’infiltration à partir du plateau du Golan. Jamais, pourtant, l’EI, dans la poche que l’organisation occupait dans le sud de la Syrie, n’avait auparavant opposé de menace directe à Israël.

L’épisode du 1er  août s’inscrit, en fait, dans la reconquête du sud de la Syrie par Assad.  » Il fallait s’y attendre. Les combattants de l’EI présents ici sont repoussés aux zones frontalières, près d’Israël et de la Jordanie. Dans le cas récent, il est difficile de connaître leurs intentions, s’ils voulaient attaquer Israël ou simplement échapper à l’armée syrienne « , tempère Stephane Cohen, analyste et ancien chef de liaison israélien avec l’ONU dans la région. Le 31  juillet, l’armée jordanienne a aussi tué des djihadistes de l’EI près de sa frontière nord avec la Syrie, alors que des combats avaient lieu dans le bassin de Yarmouk (province de Deraa) entre ses troupes et des combattants de l’EI.

Les combattants djihadistes du sud de la Syrie dispersés, l’enjeu, pour Israël, est de mesurer leur capacité de nuisance sur le Golan syrien, notamment à proximité de sa bordure frontalière.  » La menace djihadiste est un danger tactique, très localisé, que le commandement nord de l’armée peut gérer seul « ,assure de son côté Stephane Cohen.

Résigné au retour d’Assad dans le Sud syrien, Israël compte dès lors retrouver le calme qui avait prévalu pendant quarante ans sur la zone frontalière du Golan, avant le début du conflit syrien en  2011. Le 2  août, le ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman, a d’ailleurs salué le retour d’un  » pouvoir central  » en Syrie : il a aussi appelé le régime syrien à respecter l’accord de 1974 prévoyant la création d’une zone tampon démilitarisée sur le Golan.

L’étape suivante est donc celle de la stabilisation locale. Contrairement au statu quo d’avant 2011, ce sera la police militaire russe qui se déploiera du côté syrien de la ligne de démarcation, avant de céder sa place aux forces armées syriennes, a annoncé le général russe Sergueï Roudskoï, jeudi. Le redéploiement des soldats de la paix de la Fnuod (Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement) est prévu aux côtés des forces russes, la Russie confirmant son rôle de médiation entre Israël et la Syrie. Israël a donc bien acté le bénéfice qu’il peut tirer de la victoire du gouvernement de Damas sur les rebelles syriens comme sur les divers groupes djihadistes.

Il n’y a que le gouvernement français pour trainer encore des pieds…

Le 4 août 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

*

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/08/01/affaire-lafarge-vous-vous-en-doutiez-sans-doute-mais-laurent-fabius-na-jamais-rien-vu-rien-entendu-et-bien-sur-rien-su/

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5 Réponses to “La reprise par Damas des provinces du sud de la Syrie n’est pas pour déplaire à Israël.”

  1. Hervé J. VOLTO août 4, 2018 à 10:55 #

    C’est comme si la France était envahis d’Extra-Terrestres (le parti étranger cher à Maurras ?) qui gouverneraient notre Pays CONTRE ses propres intérets supérieurs : il ne faut pas s’étonner sa politique extérieure soit aussi erronnée….

  2. Hervé J. VOLTO août 4, 2018 à 11:12 #

    Pendant ce temps là, en France, les élus de centre droit Agir ont demandé à la commission d’enquête du Sénat de faire la lumière sur le comportement de certains comptes Twitter suractifs autour de l’affaire Benalla. Ils soupçonnent une « manipulation d’ampleur, largement relayée par l’extrême droite et certains comptes liés à LR ou à LFI, destinée à déstabiliser l’exécutif ».

    De l’affaire Benalla, Twitter fait ses choux gras. Un utilisateur s’affichant « russophone » bombarde 100 messages par heure. Un autre nommé « Ami criméen » relaie le feuilleton de manière systématique. Une professeure à l’université de Moscou diffuse des thèses complotistes sur le traitement médiatique… C’est en examinant l’activité de ces curieux comptes que Nicolas Vanderbiest, doctorant à l’Université Catholique de Louvain et fondateur de EU Disinfo Lab, une association de lutte contre la désinformation, s’est intéressé à la twittosphère commentant les affres de la présidence de la République.

    A l’aide du logiciel Visibrain, l’étude met en évidence un « gonflage numérique puissance 20 » de l’affaire, annonce le Belge de 30 ans, qui avait l’an dernier identifié le compte d’extrême droite américain à l’origine des « MacronLeaks », cette fuite de mails de l’équipe du candidat Macron. Cette fois, « 1 % des comptes ont produit près de la moitié du trafic sur l’affaire Benalla », explique son coéquipier, Alexandre Alaphilippe, directeur de l’association. Comment ? Par l’« astroturfing », une technique de publication robotisée et intensive de messages sur les réseaux sociaux à des fins de propagande. Et, fait notable selon les analystes, près d’un tiers des « Twittants » sont russes. Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que beaucoups attendent de la France, qu’elle est observée, et que le cri « Lafayette, nous voici ! » n’est que mémoire et gratitude. Et si russes et américains sont d’accord…..

    C’est comme en Amérique ou en Terre Sainte, quand on les démasques, « c’est la faute aux russes » !

  3. Hervé J. VOLTO août 4, 2018 à 11:40 #

    La Russie confirmant son rôle de médiation entre Israël et la Syrie, Israël a donc bien acté le bénéfice qu’il peut tirer de la victoire du gouvernement de Damas sur les rebelles syriens comme sur les divers groupes djihadistes.

    Il n’y a que le gouvernement Français pour trainer encore des pieds…

    Comme pour le Brexit ! Emmanuel Macron a accueillie Theresa May à Brégançon. Emmanuel Macron et Theresa May ses sont entretenus à propos des obstacles à franchir pour boucler l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne et des relations futures entre les deux entités.

    -Il ne s’agit absolument pas de se substituer à notre processus et notre cadre de négociation, qu’on a à coeur de respecter, qui ne doit pas être bilatéral et qui est piloté par Michel Barnier, veut croire une source proche du cabinet présidentiel.

    La question irlandaise semble devenirle principal obstacle à la conclusion d’un accord de retrait, auquel les deux parties veulent parvenir d’ici octobre. Les Européens, représentés par une République Française qui marche sur la tête, défendent l’idée convenue en décembre d’une clause de sauvegarde (« backstop »), selon laquelle l’Irlande du Nord continuerait d’appliquer les règles européennes pour éviter d’ériger une frontière entre la République d’Irlande, membre de l’UE, et l’Irlande du Nord, une partie du Royaume-Uni. Cette solution risque cependant d’impliquer la mise en place d’une frontière entre l’île d’Irlande et le reste du Royaume-Uni, une solution contraigante pour Londres…

  4. Hervé J. VOLTO août 4, 2018 à 11:44 #

    On est loin de la Mission Divine de la France et de sa politique extérieure traditionnelle :

    1.Se doter de moyens de la Grandeur (politiques, éconmiques, militaires, diplomatiques).
    2. La France Fille, Ainée de l’Eglise et Educatrice des Peuples.
    3. La France défenseur des nations Chrétiennes.
    4. La France, promoteur du développement.
    5: La France, pivot de l’Europe des Patries (voulues Chrétiennes et couronnées).
    6. La France, partenaire de l’Afrique et du Moyen-Orient (c’est là où la République lui fait trainer les pieds).
    7. La France présente dans le monde.
    8. La France, artisan de paix.

  5. Hervé J. VOLTO août 4, 2018 à 12:48 #

    Un dernier pour la route…

    Ce que pourrait faire la France, même encore en république, au Proche Orient : être la partenaire du Moyen-Orient et de l’Asie, proposer à la Lybie de signer les Accords de la Méditérannèe, agir pour l’indépendance du Liban, normaliser les relations avec l’Algérie, éviter la marginalisation en Asie, miser sur la Chine et la Corée libres, revenir en Asie du Sud-Est.

    Et enfin, aider à stabiliser le Proche-Orient, Israël-Palestine: énnoncer les principes Chrétiens de la paix, et promouvoir la paix dans le Golf.

    Car si le président Rohani menace les américains de déclencher la crise mondiale en fermant le détroit d’Ormuz, par où transitent chaque jour 14,5 millions de barils de pétrole, c’est à la France de seposer en arbitre de la région. Ce qui signifie cesser de trainer les pied et pendre entre ses mains une paire de c… hoses nécessaire à une vision plus réaliste de la diplomaite Pro che-Orientale…

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