Quinquennat d’Emmanuel Macron : entre esbroufe et réalité.

6 Août
Emmanuel Macron, son gouvernement et sa majorité parlementaire se targuent d’avoir été très actifs pendant cette première année (une perception d’ailleurs  partagée par l’opinion publique) mais, en réalité, les faits sont beaucoup plus nuancés.

Les chiffres donnent en effet le tiercé suivant, dans l’ordre: Nicolas Sarkozy, avec 131 textes adoptés durant la première année de son quinquennat; puis François Hollande, avec 96; et enfin Emmanuel Macron avec 64.  Ensuite, tout dépend de l’importance des textes qui ont été en discussion. De François Hollande on retient qu’il a fait passé plusieurs textes qui inversaient des mesures prises par Nicolas Sarkozy ou qui alourdissaient la fiscalité… Ce qui fait que, le match, par l’ampleur des textes proposés, se déroule entre Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy.

Le bilan de l’ancien président durant sa première année est impressionnant: défiscalisation des heures supplémentaires, loi sur l’autonomie des universités, loi TEPA (en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat), loi sur la récidive, loi destinée à lutter contre l’immigration clandestine, loi sur le service minimum dans les transports et l’Education Nationale, réforme des régimes spéciaux de retraite. Et Nicolas Sarkozy avait fait passer à la date du 21 juillet 2008 une réforme de la Constitution. Donc, sans minimiser la situation actuelle, il est certain que Nicolas Sarkozy soutient la comparaison.  En même temps sa trajectoire est un avertissement pour l’actuel président de la République: une action soutenue n’est pas suffisante pour garder l’électorat qui vous a élu !

 

Car, que va-t-il se passer maintenant ? Durant la seconde partie du quinquennat d’Emmanuel Macron, il n’est pas exclu que la zone euro entre en turbulence après le départ de Mario Draghi de la présidence de la BCE à l’auitomne 2019. Dans ce cas, l’essentiel de l’activité du président français serait absorbée par la lutte contre une crise monétaire et financière, comme ce fut le cas de Nicolas Sarkozy à partir de 2008.

Emmanuel Macron comme Nicolas Sarkozy ont succédé à des présidents qui avaient peu fait évoluer le pays. Jacques Chirac n’osa pas faire passer la loi sur l’autonomie des universités alors qu’elle était prête depuis 2004 ! Nicolas Sarkozy la fait passer dès le mois d’août 2007. On peut pousser la comparaison entre les deux présidents en soulignant qu’ils ont incarné, comme ministres, la face la plus active de la présidence qui les a précédés, Sarkozy comme Ministre de l’Intérieur, Macron comme Ministre de l’Economie.

Mais le problème est sans doute ailleurs: responsables politiques et médias sont d’accord pour des effets d’annonce, pour décrire le lancement d’une mesure ou d’une politique. En revanche, il est très rare que l’on ait un bilan de la mise en oeuvre des lois et une évaluation de leur impact. Le succès d’une loi ne se mesure en effet qu’à moyenne ou longue échéance. Nicolas Sarkozy avait tendance à communiquer quand il lançait un sujet puis on passait à autre chose. Emmanuel Macron est plus intéressé par le suivi que son prédécesseur mais il n’est pas sûr qu’il puisse aller contre la tentation de la communication superficielle: l’exemple récent de la vidéo sur le « fric dingue » mis dans les dépenses sociales est une illustration de la dérive probable, sinon inévitable, qui guette une personnalité politique qui doit lutter contre l’usure médiatique d’une image de réformateur.

N’oublions pas que la modernité politique a une caractéristique : une inflation législative. Cela fait des décennies qu’au lieu de cantonner la loi à des textes généraux, à de grandes règles d’action, nos gouvernements encouragent leurs parlements à se mêler de tous les détails. Ce n’est pas spécifique à la France; c’est vrai de toutes les démocraties occidentales. Et l’Union Européenne, par l’intermédiaire de la Commission et du Parlement européen, a encore aggravé le phénomène.

On devrait pouvoir établir un parallèle entre l’inflation législative et le développement des Etats-Providence. Pourtant, le recul de la protection sociale n’a pas signifié une décrue législative : d’une part, l’entrée en crise de l’économie de la Seconde révolution industrielle a conduit à multiplier les textes de lutte contre la crise, le chômage, la pauvreté…. et, d’autre part, c’est largement l’Etat qui, depuis les années 1960, mène la libération des moeurs et, dans ce domaine, empile les textes dit « sociétaux ». Quant au surgissement de nouvelles thématiques, comme le principe de précaution, l’environnement etc…Il alimente aussi la multiplication des textes.

En définitive, et pour mesurer l’effectivité du parlement, il conviendrait d’évaluer le nombre de lois réellement novatrices par rapport aux textes de circonstances et aux législations cosmétiques tout en portant également son attention sur le nombre de lois qui ont dû être adoptées après commission mixte paritaire avec le dernier mot à l’Assemblé nationale par rapport aux lois adoptées par consensus.

Hélas, le législateur national, dans l’Union Européenne, est devenu en grande partie une chambre d’enregistrement des directives européennes, qu’il transpose en droit national et empaquète sous forme de loi. Et il y a rarement des débats approfondis sur la transposition des directives européennes. Encore moins une réaction, qui serait salutaire, consistant à vouloir mettre un frein à la multiplication des textes, dans tous les sens, par la Commission européenne.

S’ajoute à ce fait la tendance de ces dernières années a voter systématiquement un texte de loi après un accident ou un fait de société dans distinguer le nécessaire écart entre l’aspiration des Etats à tout régenter et l’impossibilité d’une intervention dans tous les domaines de la vie sans sombrer dans le totalitarisme. C’est ce qui explique que nous puissions avoir le sentiment de vivre sous l’emprise d’une dictature…molle. Une fois que l’on a fait la part des textes rendus obligatoires par l’appartenance à l’UE et des textes de circonstance, il faudrait mesurer combien de temps les parlements consacrent aux enjeux du XXIè siècle : progrès de la médecine mais fréquemment aux dépens de la personne, développement de l’intelligence artificielle, irruption des données massives etc…L’exemple le plus récent est la décision et la façon d’imposer sans concertation la limitation de la vitesse à 80 km/h alors que les commissions parlementaires devraient anticiper et travailler plutôt sur les futurs véhicules autonomes.

Pendant ce temps, l’heure tourne. L’essentiel n’est que très peu distingué de l’accessoire et notre pays s’enfonce irrémédiablement dans un désastre à la fois économique (la croissance nous quitte et le chômage ne baisse pas), intellectuel (nos enfants n’apprennent quasiment plus rien – même pas à parler leur langue – et leur niveau s’effondre), sanitaire (nous manquons de ces médecins exceptionnels qui nous mettaient à l’abris des dangers sur la santé et nos hôpitaux sont cachectiques) et, pire encore, culturel avec l’instauration d’un métissage mortifère et la mise en oeuvre virulente du « Grand Remplacement » de notre population de souche.

Nous jugerons bien sûr dans moins de quatre ans maintenant (à moins que ce ne soit avant…). Mais, d’ici là, répétons le une fois encore :

« Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus »

Le 6 août 2018.
Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.
Publicités

4 Réponses to “Quinquennat d’Emmanuel Macron : entre esbroufe et réalité.”

  1. Hervé J. VOLTO août 6, 2018 à 9:06 #

    PREMIEREMENT…

    L’affaire Benalla nous montre une nouvelle fois que les entourages des grands de ce monde s’avèrent parfois bien embarrassants. D’où l’importance primordiale pour les dirigeants politiques de choisir avec soin leurs ministres, leurs conseillers et leurs collaborateurs. Car, entre incompétence, courtisanerie et trahison, les risques ne manquent pas…

    La fin sera fâcheuse :

    -Du reste, si un prince veut une règle certaine pour connaître ses ministres, on peut lui donner celle-ci : Voyez-vous un ministre songer plus à lui-même qu’à vous, et rechercher son propre intérêt dans toutes ses actions, jugez aussitôt qu’il n’est pas tel qu’il doit être, et qu’il ne peut mériter votre confiance ; car l’homme qui a l’administration d’un État dans les mains doit ne jamais penser à lui mais doit toujours penser au prince, et ne l’entretenir que de ce qui tient à l’intérêt de l’État.

    Mais il faut aussi que, de son côté, le prince pense à son ministre, s’il veut le conserver toujours fidèle ; il faut qu’il l’environne de considération, qu’il le comble de richesses, qu’il le fasse entrer en partage de tous les honneurs et de toutes les dignités, pour qu’il n’ait pas lieu d’en souhaiter davantage ; que, monté au comble de la faveur, il redoute le moindre changement, et qu’il soit bien convaincu qu’il ne pourrait se soutenir sans l’appui du prince.

    Quand le prince et le ministre sont tels que je le dis, ils peuvent se livrer l’un à l’autre avec confiance : s’ils ne le sont point, la fin sera également fâcheuse pour tous les deux.

    Nicolas Machiavel, Le Prince, 1532 (chapitre XXII, « Des secrétaires des princes »). Dans notre texte, « Untel » fait référence au bien oublié Pandolfo.

  2. Hervé J. VOLTO août 6, 2018 à 9:10 #

    PUIS…

    Nous voici, en France, avec plus d’inflation pour moins de croissance ! Nous avons 2,3 % d’inflation en juillet en France et allons vers 1,7 % de croissance. L’an dernier à pareille époque, l’inflation était de 0,7 % et la croissance allait dépasser 2 %. Comment expliquer ce croisement ?

    Euthanasie des rentiers. Mais Mario Draghi ne dit pas tout. Premier secret : monter les taux d’intérêt plus lentement que l’inflation entretient des taux réels négatifs, donc une perte sur l’épargne accumulée, et pousse à consommer. Deuxième secret : monter lentement les taux déprécie l’euro par rapport au dollar. Troisième secret : si les salaires réels baissent, ceci permet de demander sans peine qu’ils augmentent à terme, en échange de plus de réformes pour les flexibiliser !

    En France, peut-on profiter de cette montée de l’inflation ? Oui, en expliquant d’où elle vient : pétrole et tabac. Ce n’est donc pas une raison pour monter les salaires et renouer avec une politique d’indexation, même si des tensions apparaissent dans quelques PME, en quête de profils spécialisés. Nous avons un taux de chômage de 8,9 %, avec 1,1 million de personnes en recherche depuis plus d’un an. Pour les chômeurs, c’est de formation supplémentaire qu’il s’agit, et pour les salariés, de primes et d’intéressement, avec la montée des résultats.

    La solution Draghi, qu’Emmnauel Marcon veut appliquer en France « plus d’inflation pour plus de croissance », doit donc être définie : Mario est malin ! Il s’agit d’une inflation importée, donc d’une euthanasie des rentiers couplée à une baisse des salaires réels. Horreur ! Les retraités et les petits épargnants regretteront bientôt d’avoir voté Emmanuel Marcon…

  3. Hervé J. VOLTO août 6, 2018 à 9:20 #

    ENFIN…

    Voilà qui a le mérite d’être clair: pour Florian Philippot, Marine Le Pen «ne sera jamais présidente, et elle le sait». Invité au micro de RTL lundi 6 août, l’ancien bras droit de la présidente du RN ne mâche pas ses mots : –

    Le FN s’est ‘ré-extrémisé’, affirme-t-il, et c’est pour cela que je suis parti (…) Des gens radicaux et extrémistes sont revenus, cela ne m’intéresse pas.

    Car pendant ce temps, l’heure tourne. L’essentiel n’est que très peu distingué de l’accessoire et notre pays s’enfonce irrémédiablement dans un désastre à la fois économique (la croissance nous quitte et le chômage ne baisse pas), intellectuel (nos enfants n’apprennent quasiment plus rien – même pas à parler leur langue – et leur niveau s’effondre), sanitaire (nous manquons de ces médecins exceptionnels qui nous mettaient à l’abris des dangers sur la santé et nos hôpitaux sont cachectiques) et, pire encore, culturel avec l’instauration d’un métissage mortifère et la mise en oeuvre virulente du « Grand Remplacement » de notre population de souche.

    Beaucoups de Français en ont raz-le-bol et pensent trouver dans le Rassemblement National une solution politique à leur profond désarroi.

    Bon vent, Florian…

  4. Hervé J. VOLTO août 6, 2018 à 9:22 #

    EN CONCLUSION !

    Il serait pertiannt de rappeller que LES FOUS DU ROIS savent quand à eux que le Fantôme du Louvre est assis serainement dans la pénombre, sur un siège avec des accoudoirs, regardant sur son écran les évènements avec le même détachement de quelqu’un qui regarderait un match de foot, fumant un bon havanne dont la fumée s’accumule au plafond, déborde par une fenêtre ouverte pour aller s’ajouter aux nuages menaçant qui s’amoncellent dangereusement dans le ciel.

    Et qu’il n’a plus qu’à attendre… Une étincelle !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :