Nous approchons du 20 août…

8 Août

Plus que 12 jours avant que la Grèce tente de voler de ses propres ailes et, après avoir reçu la dernière tranche de l’aide financière européenne d’un montant de 15 milliards d’euros, se finance seule sur les marchés internationaux !

La semaine dernière, la presse grecque s’inquiétait du retard pris dans ce versement et accusait le ministre allemand des finances, Olaf Scholz, de vouloir bloquer la procédure parce que le gouvernement hellène avait décidé de retarder l’augmentation de la TVA dans cinq îles proches des côtes turques ayant été en première ligne de la crise des réfugiés ces trois dernières années.

Le Parlement allemand a finalement voté en faveur de cet ultime prêt le 31  juillet. En huit ans de crise, la Grèce a bénéficié de plus de 273  milliards d’euros d’assistance de la part de ses créanciers – Union européenne (UE) et Fonds monétaire international (FMI) – en échange de réformes douloureuses et à l’issue de tractations souvent houleuses avec Berlin.

Mais les gauleiters de Berlin n’ont pas pour autant fini de surveiller Athènes : le directeur général du MES, Klaus Regling, a souligné que 9,5  milliards d’euros serviraient à la constitution d’une réserve de trésorerie et 5,5  milliards d’euros au remboursement de la dette. Dans la foulée de ce dernier versement,  » la réserve atteindra environ 24  milliards d’euros. Cette somme devrait couvrir environ 22 mois des besoins de financement de la Grèce après la fin du programme le 20  août « , a-t-il ajouté. DANS LE MEILLEUR DES CAS.

Car Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, compte appliquer son plan de croissance, présenté en mai, et promouvoir des mesures sociales pour les populations les plus durement touchées par la récession. M.  Regling a toutefois rappelé que laisser filer les déficits budgétaires était exclu :  » La Grèce devra prouver à ses partenaires et aux marchés qu’elle s’est engagée à ne pas inverser les réformes passées et à poursuivre les politiques économiques et budgétaires durables nécessaires à long terme pour devenir une économie robuste qui crée de la croissance et des emplois.« 

Pourtant, et alors qu’Athènes et ses créanciers européens se réjouissent de la fin du programme d’aide, le FMI a jeté un pavé dans la mare, le 31  juillet, en remettant en question la viabilité de la dette grecque à long terme. L’institution de Washington a ainsi démontré une nouvelle fois qu’elle n’était pas en adéquation avec l’analyse européenne. Ce constat risque d’écorner un peu plus la confiance des investisseurs et de compromettre le retour du pays sur les marchés.

Dans le détail, le FMI juge que les mesures prises jusqu’ici devraient suffire à assurer l’accès de la Grèce aux marchés financiers internationaux à court terme. Cependant, il estime que les prévisions à long terme de l’UE sont trop optimistes en ce qui concerne la croissance et l’excédent budgétaire. De fait, il anticipe un excédent budgétaire (hors service de la dette) limité à 1,5  % du produit intérieur brut (PIB) avec une croissance annuelle d’environ 1  %, tandis que l’UE table sur un excédent de 2,2  % du PIB en maintenant la croissance annuelle à 3  %.

D’après son scénario, le FMI affirme que les coûts de la dette grecque vont  » commencer une hausse ininterrompue  » après 2038, marquant une explosion des besoins de financements bruts au-delà du seuil de 20  % du PIB. Les directeurs exécutifs du Fonds affirment qu’à ce moment-là,  » un allégement supplémentaire serait nécessaire pour assurer la viabilité de la dette « .

L’accord sur les modalités de sortie de la Grèce des programmes d’aide, intervenu en juin entre les créanciers, prévoit bien une réévaluation de la situation en  2032 afin de déterminer si des mesures d’allégement additionnelles sont requises. Mais cet exercice, réaffirme le FMI, doit être  » subordonné à des hypothèses réalistes « . La Commission européenne a réagi à ce rapport en affirmant que l’allégement de la dette était  » suffisant « . Elle a souligné que ce sont les Européens qui avaient financé le programme et que le FMI était connu pour ses  » prévisions systématiquement pessimistes. « 

En réalité, c’est bien avant ces échéances théoriques que l’insurmontable problème de la dette souveraine de la Grèce se posera, ainsi que nous n’avons cessé de l’affirmer depuis l’acmé de la crise, en 2015.*

Le 8 août 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Vous pouvez vous reporter à nos articles intitulés « Billet d’Argolide » sur notre moteur de recherche et aux articles suivants sur le sujet (mot-clé Grèce).

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Une Réponse to “Nous approchons du 20 août…”

  1. Hervé J. VOLTO août 8, 2018 à 12:02 #

    Les anglais disent que les espagnols ont le vice de jouer, les Français sont putaniers -et certains gouvernants surpris à 2 heures du matin à aller aux putes sur leur deux roues à 60 ans comme s’ils en avait 20 et comme s’ils étaient le beauf d’en face et pas le représentant élu de la IV° puissance mondial ne les démentira pas- les italiens sont voleurs, les grècs sont affabulateurs.

    Tant que les communistes tiendront la Grèce en otage -Alexis Tsipras a été élu sur la ppromesse de « traire » la vache européenne après avoir menti sur la rélaité de la situation économique te truqué les comptes- cette dernière continuera à sombrer, Bruxelles faisaint payer son lait à prix d’or…

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