Avis de tempête sur la balance commerciale de la France.

9 Août

Sale temps pour les affaires d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. Non seulement la croissance est aux abonnés absents et le chômage en progression mais voici que l’une des plus constantes et aussi des plus graves difficultés économiques de notre pays s’ajoute au triste bilan de cette première année de quinquennat : le déficit de notre balance commerciale.

Contrairement aux espoirs de nos responsables politiques, la France est partie pour une nouvelle année noire dans ce domaine, d’après les statistiques publiées mardi 7 août par les douanes. Au premier semestre, les importations de biens et de services ont dépassé les exportations de 33,5 milliards d’euros alors que l’Allemagne vient d’annoncer au même moment avoir dégagé un excédent commercial de 121,5 milliards d’euros en six mois.

Le mois de juin a été particulièrement mauvais. Le déficit s’est creusé à 6,2 milliards d’euros, un des chiffres les plus élevés jamais observés. Une conséquence directe de la hausse des cours du pétrole, la principale matière première au monde, que la France ne produit pratiquement plus (rappelons combien le désert du Sahara est riche en hydrocarbures…)  » Le déficit se creuse considérablement pour les produits énergétiques « , alors que l’industrie manufacturière a, au contraire, bénéficié de bonnes livraisons d’avions, précisent les douanes.

Et la suite de l’année s’annonce difficile. Côté importations, nombre de professionnels s’attendent à ce que l’or noir continue de monter, ce qui alourdirait d’autant la facture. Mais, côté exportations, le net ralentissement économique en Europe, ainsi que les mesures protectionnistes lancées par les Etats-Unis, risquent de compliquer la tâche des entreprises. Et voici que le prometteur marché iranien se referme brutalement…

 » On est assez loin du scénario qui avait fait rêver les autorités et nombre d’experts il y a quelques mois « , constate l’économiste  Véronique Riches-Flores. Le déficit commercial n’est  » pas inéluctable « , affirmait le Premier ministre, Edouard Philippe, en février, en présentant une série de mesures censées aider à redresser la barre. Le mois suivant, la Banque de France estimait que le commerce extérieur fournirait pour la première fois depuis des années une contribution  » nettement positive  » à la croissance en 2018. Une démonstration de la compétence de tous ces experts !

Mais cette contribution est restée jusqu’à présent négative, a indiqué l’Insee le 27 juillet. La France s’apprête à enregistrer non seulement son quinzième déficit commercial annuel de suite, mais l’un des plus inquiétants. Au premier semestre, les exportations ont représenté l’équivalent de seulement 87,8 % des importations, un taux parmi les plus faibles enregistrés depuis les années 1970.

Pour quelles raisons ? C’est simple : le manque total de patriotisme économique. En France même, particuliers et entreprises achètent de plus en plus de produits venus de l’étranger, des tee-shirts aux téléphones portables en passant par les logiciels et les machines-outils. En quinze ans, le poids du  » Made in ailleurs  » dans le marché national est passé de 20  % à 25  %. Et le mouvement se poursuit. Ces trois derniers mois, les importations ont progressé de 6  % en rythme annuel, grapillant encore un peu de terrain sur les produits français.

Dans le même temps, le  » Made in France  » se vend moins bien hors des frontières. Entre 2000 et 2017,  » la part des exportations mondiales assurée par la France a reculé de façon régulière « , pour tomber à 3,7  % en 2017, souligne Ludovic Martin, du Crédit agricole, dans une note datée de juin. Avec une hausse de 4,4 % par rapport à 2017, les exportations tricolores des derniers mois ont seulement permis de stabiliser cette part de marché.

 » Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Hexagone, le problème est identique : la France manque de compétitivité « , résume Stéphanie Villers, économiste au sein du groupe de protection sociale Humanis.  » Spécialisés dans le milieu de gamme, nous sommes handicapés par des coûts salariaux trop élevés « , ajoute-t-elle. D’où les efforts des industriels pour tenter d’obtenir l’emploi de migrants clandestins au plus bas coût…Car, une chose est certaine, les actionnaires refusent, eux, de voir diminuer leurs dividendes. 

Le pays a certes réussi à imposer ses marques à travers le monde dans des secteurs tels que l’aéronautique, le luxe, les cosmétiques.  » En apportant une forte valeur ajoutée, la France gagne ici des parts de marché, tout en absorbant des coûts de production importants « , note Mme Villers. Mais ailleurs, la crise se prolonge. L’industrie traditionnelle s’étiole, et aucun Google ou Facebook français n’émerge.  » La désindustrialisation de la France se poursuit, alors même que l’on constate un redressement de l’industrie dans le reste de la zone euro « , s’inquiète Patrick Artus (Natixis). Pour lui, cela ne peut que mener à une nouvelle dégradation du commerce extérieur, faute d’entreprises à même de répondre à la demande. C’est bien notre avis aussi.

Est-il possible de redresser la barre ? Comment ? L’absence d’embellie du commerce extérieur à ce stade, alors que les sociétés ont rétabli leurs marges, conduit à s’interroger. Pour certains, pas d’autre solution que d’aider l’industrie à resserrer ses coûts pour améliorer son offre, dans l’espoir que cela finira par payer. D’autres se montrent plus critiques.  » La politique de compétitivité avait du sens dans les années 2000, lorsque les échanges mondiaux étaient en forte croissance et qu’il y avait donc beaucoup à gagner, estime Mme Riches-Flores. A présent que les échanges progressent beaucoup moins, privilégier les entreprises au détriment des ménages paraît plus discutable. « 

Reste une autre voie dont personne ne parle jamais : LE PATRIOTISME ECONOMIQUE. Et s’il ne peut être obtenu spontanément…il existe d’autres moyens pour l’obtenir.

Le 9 août 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “Avis de tempête sur la balance commerciale de la France.”

  1. Hervé J. VOLTO août 9, 2018 à 11:38 #

    Par ses choix, par inclinaison intellectuelle et sociale, Emmanuel Macron semble organiser avec grande détermination la déconstruction de la France : déserts médicaux, culturels, férroviaires, abandons des classes, des personnes agées, des services publics en zone rurales, abandon de l’Outre-Mer, etc…

    Il lui reste encore quatre ans pour nous convaincre que l’on s’est trompé sur son compte.

    Le Royalisme en France, c’est avant tout une attitude culturelle Catholique, celle de la Tradition. En politique, il participe du principe d’expension-évangélisation dont Léon XIII et Charles de Foucault reprendront l’idée : tout le contraire de l’actuel euro-mondialime islamisant ! C’est aussi un nationalisme Français et Chrétien : mourir pour la Patrie, c’est mourir pour le Salut de la soiciété Française destabilisée par les idées révolutionaire. C’est, enfin, face à la masse, l’affirmation de la personne… voulue Chrétienne.

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