« Hulot, non mais Hulot quoi ! » (Nabila)

9 Août

Emmanuel Macron a non seulement les ministres qu’il mérite, il a aussi des ministres qui ne risquent pas de lui faire de l’ombre. Nous avons dit, déjà, tout le bien que nous pensions de Gérard Collomb empêtré dans l’affaire Macron-Benalla (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/23/affaire-benalla-saison-2/ et aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/31/le-ministere-de-linterieur-va-mal-tres-mal/). Il y a bien sûr aussi ces deux malheureuses Nicole Belloubet, Garde des sceaux, ministre de la justice (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/02/pauvre-nicole/) et Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/04/20/agnes-buzyn-ce-nest-pas-la-girouette-qui-tourne-cest-le-vent/) qui auraient mieux fait de ne pas quitter leurs fonctions précédentes dans lesquelles elles servaient au moins à quelque chose. Mais il ya aussi ce pauvre pantin de Nicolas Hulot, ancien amuseur publique sur les écrans télévisuels lorsqu’il était animateur de l’émission « Ushuaïa » et devenu, pour satisfaire les caprices écologiques du chef de l’Etat, ministre de l’environnement.

Après la récente épreuve de son  » entretien d’évaluation  » avec le Premier ministre, Edouard Philippe, voici ce que déclarait un proche du petit homme vert :  » Nous devons mieux travailler avec certains ministères, notamment avec l’économie, sur les opportunités d’emplois liés à la transition énergétique. Et préparer la loi mobilité qui sera présentée début septembre « .

Voilà donc pour les objectifs du ministre d’Etat, emblématique numéro trois du gouvernement, qui ne fait pas mystère de ses états d’âme quand il en a. Ce qui ne l’a pas empêché de déclarer le 6 juin, sur France Inter :   » Je reste au gouvernement « . Ce qui laisse à penser que la place ne doit pas avoir que des inconvénients…

Il faut dire que l’année n’a pas été facile pour M. Hulot. Dès novembre 2017, il est chargé d’annoncer que l’objectif de réduction de la part du nucléaire à 50 % dans l’électricité en  2025 ne sera pas tenu. Un premier désaveu pour le ministre, qui enterre une promesse de campagne d’Emmanuel Macron.

En janvier, il prétend avoir obtenu l’annulation du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais  » C’est la victoire des zadistes, plus que celle du ministre qui n’a pas été sur le devant de la scène « , observe le député Guillaume Garot, vice-président de la commission du développement durable à l’Assemblée.

Au printemps vient le délicat sujet du glyphosate. Nicolas Hulot plaide pour inscrire l’interdiction du pesticide dans la loi, à l’horizon 2021, quand le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, s’y oppose, préférant négocier directement avec les filières concernées.  » Il a été très faible vis-à-vis du ministre de l’agriculture sur la question du glyphosate et sur la question animale « , regrette Olivier Falorni, député non inscrit de Charente-Maritime, qui siège à la commission du développement durable.  » Il a les qualités de ses défauts : ce n’est pas un politicien. Mais il faut savoir jouer du rapport de force quand on est au gouvernement. Là, on a atteint les limites « , poursuit le parlementaire.

 » Nicolas Hulot est d’un naturel discret. Il y a une forme de loyauté avec le gouvernement. Même si cela ne lui donne pas toujours une image positive, les résultats sont là « , veut-on croire dans l’entourage du ministre, où l’on se prétend  » satisfait «  par la solution retenue par Matignon dans ce dossier délicat : trois ans pour tenter de convaincre les filières d’abandonner le pesticide et une inscription dans la loi si des solutions alternatives n’étaient pas trouvées.Autant dire que le lobby de l’agriculture intensive acoquiné à celui de l’industrie chimique l’on encore emporté ! «  Matignon arbitre et tranche, nous ne sommes pas là pour faire plaisir à tel ou tel ministre, mais pour appliquer la ligne gouvernementale « , résume un conseiller de M. Hulot dans une pirouette très politicienne.

Alors, conscient qu’une démission d’une des personnalités les plus populaires du gouvernement serait perçue comme une défaite politique, l’exécutif cajole le ministre d’Etat.  » Nicolas Hulot n’est pas un homme politique, c’est une personnalité forte et très utile à ce gouvernement « , loue-t-on hypocritement  à Matignon, où l’on ne nie pas les difficultés que ses états d’âme répétés et exposés au grand jour peuvent causer. «  Quand on a été engagé sur le sujet de l’écologie pendant tant d’années, une fois qu’on est ministre, on peut douter, c’est sain. Ce qui vaut, c’est de respecter la feuille de route, la mise en œuvre et d’aller au bout des ambitions, ce qu’il fait. « 

Ou comment accepter d’être le cache-misère de la prétendue politique de l’environnement d’Emmanuel Macron.

D’ailleurs, mardi 7 août sur Europe 1, répondant depuis son lieu de vacances à des questions sur la canicule et la pollution de l’air, M. Hulot a semblé lancer un appel à l’aide.  » Un ministre tout seul n’arrivera pas à résoudre la situation. On ne peut y arriver que s’il y a une union sacrée « , a interpellé l’ancien producteur de télévision, qui s’en remet à la responsabilité individuelle :  » Chaque citoyen (…) doit se demander ce qu’il peut faire.  » C’est comme pour la balance commerciale de la France dont nous parlions  ici : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/08/09/avis-de-tempete-sur-la-balance-commerciale-de-la-france/ .

Mais une  » union sacrée  » battue en brèche par le député de La France insoumise Eric Coquerel, qui réclame  » la planification écologique  » et ironise sur Franceinfo :  » M. Hulot devrait être ministre de l’environnement, ça se passerait mieux dans le pays. «  La pique, cinglante, résume ce que beaucoup pensent du bilan du ministre d’Etat.  » Au regard du bilan concret, il n’a pas révolutionné la planète, tacle un conseiller ministériel. Il lance des appels au peuple parce que sa seule force, c’est sa popularité. Il n’a que ça. « 

 » Il est très clairement isolé au sein du gouvernement et ses secrétaires d’Etat – Brune Poirson et Sébastien Lecornu – n’ont pas le poids politique ni la possibilité de passer au-dessus de lui « estime M. Falorni, qui, depuis les séances de questions au gouvernement, observe un ministre  » parfois désabusé parce que tout le monde se fiche de la biodiversité « . Alors M. Hulot reste. Pour  » le moyen terme et le long terme « , comme il l’a précisé sur France Inter en juillet. Mais jusqu’à quand ? Le plan mobilité doit certes consacrer des avancées sur le vélo (!), mais cela suffira-t-il à combler celui qui  » n’est pas un ministre heureux «  et qui,  » tous les soirs, se demande s’il en a fait assez « , comme l’assure l’un de ses proches ? Emmanuel Macron et Edouard Philippe n’ont plus qu’à tout faire pour que l’un des seuls représentants de l’écologie soit encore là à l’été 2019, pour la nouvelle salve d’entretiens annuels avec les ministres.

Mais peu après, aussi, les élections européennes de tous les dangers pour tous ces mystificateurs.

Le 9 août 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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2 Réponses to “« Hulot, non mais Hulot quoi ! » (Nabila)”

  1. Hervé J. VOLTO août 9, 2018 à 11:41 #

    M. Hulo n’est qu’un exemple. Regardez les minsitres de Macron : à part le Premier Ministre, ce tous des homes et des femmes agés ! Comme celà, il n’a pas de rique qu’ils ou q’elles lui fassent de l’ombre…

    C’est clinique. Et c’est quand même bien inquiétant…

  2. Hervé J. VOLTO août 9, 2018 à 12:08 #

    Le synptome Hulot est significatif. Où va l’hyper-démocratie?

    Le pouvoir, conjointement approprié par de grandes firmes étrangères à toute démocratie, et par les exaltations émotionnelles d’une multitude de réseaux sociaux et d’influenceurs d’opinion, relègue le politique à un rôle de gardien des apparences.

    Emmanuel Macron sait désormais qu’il ne lui sera rien pardonné. D’autant moins qu’il ne vient pas du sérail de la politique partisane, et qu’il trahit dans l’épreuve d’inutiles crispations arrogantes. Avec «l’affaire Benalla», on est incontestablement monté d’un cran dans la surexploitation politique du dérapage individuel d’un pied nickelé écervelé.

    Elle aura constitué une divine aubaine pour des oppositions déboussolées par leur humiliation électorale de 2017. C’est de bonne guerre.

    Mais cette affaire, qui n’a pas la consistance politique et judiciaire des activités organisées du SAC gaulliste ou de la cellule d’écoutes élyséenne du commandant Prouteau sous François Mitterrand, signe le pari de sa hiérarchie :

    -Couvrons-nous mais, avec un peu de chance, ça ne sortira pas.

    En d’autres termes, « cachons les cornes » comme on dit en Italie. Pas très «République exemplaire»… Parallèlement, les déclarations de membres des forces de l’ordre, de Gérard Collomb – se défaussant sur tout ce que la préfecture de police compte d’agents – et de Benalla lui-même ont mis au jour la défiance entre le Président et les fonctionnaires de l’Intérieur. Deux éléments qui risquent de handicaper Emmanuel Macron dans l’opinion.

    Pour retrourner à Nicolat Hulot, ce dernier plaide pour inscrire l’interdiction du pesticide dans la loi, à l’horizon 2021, quand le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, s’y oppose, préférant négocier directement avec les filières concernées. Pourquoi l’Elysée ne tranche-t-elle pas, laissant accréditer l’idèe que le lobby de l’agriculture intensive acoquiné à celui de l’industrie chimique l’on encore emporté ?!

    Encore une tache sur le Quinquénat d’Emmanuel Marcon…

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