Un exemple de projet européen utile et bénéfique.

10 Août

Au lieu de leur utopie mortifère d’une Union fédérale européenne, nos responsables politiques feraient mieux d’en revenir à davantage de lucidité et donc d’utilité et d’efficacité telle que la mise en commun des fruits du parcours de chacun des pays concernés dans l’Histoire ou des compétences acquises au fil du temps. C’était d’ailleurs ainsi que fonctionnait, bien mieux qu’aujourd’hui, l’organisation issue du Traité de Rome au travers de véritables projets bénéfiques à tous. C’était le bon temps de l’EUROPE DES NATIONS. En voici d’ailleurs un exemple particulièrement démonstratif.

Grèce, Suède, Portugal, Espagne… Depuis le début de l’été, des feux dévastateurs et meurtriers font rage du sud-est au nord de l’Europe. En  2017, déjà, plus de 1 million d’hectares de forêts – dont la moitié au Portugal – étaient partis en fumée, et plus de 200  personnes avaient péri dans les catastrophes naturelles ayant affecté l’Union européenne.

Lorsqu’un pays est sous-équipé ou bien trop sévèrement touché par un sinistre, il arrive qu’il soit contraint d’en appeler à la solidarité d’autres Etats européens pour maîtriser flammes, inondations, conséquences de tempêtes, séismes ou épidémies. Basé à Bruxelles, le Centre de coordination de la réaction d’urgence de la Commission européenne entre alors en action.

Opérationnelle vingt-quatre heures sur vingt-quatre et théoriquement capable de gérer simultanément plusieurs situations d’urgence, sa plate-forme organise – par le biais du  » Mécanisme de protection civile de l’UE  » – une réponse aux besoins occasionnés par tout type de catastrophes naturelles. En fonction des moyens disponibles dans les pays volontaires, ce système permet d’apporter une aide dont il cofinance l’acheminement à hauteur de 85  %.

Depuis sa création en  2001, ce  mécanisme – auquel participent selon leurs possibilités les 28  Etats membres ainsi que la Macédoine, l’Islande, le Monténégro, la Norvège, la Serbie et la Turquie – a reçu près de 300 demandes d’aides, émanant le plus souvent de pays européens. Mais le dispositif est aussi appelé à la rescousse dans d’autres régions du monde. Il a notamment fait ses preuves en  2014 lors de graves inondations en Serbie et en Bosnie-Herzégovine, de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest et du conflit en Ukraine, mais aussi lors du séisme au Népal au printemps 2015, puis l’année suivante en Irak et lors du passage de l’ouragan Matthew, à Haïti.

Face aux incendies de forêt, le mécanisme européen a été activé à deux reprises en  2014, mais huit fois en  2016, tandis que 2017 a été une année record avec dix-huit activations du dispositif pour diverses catastrophes naturelles. Saturé, celui-ci n’a pu apporter qu’à dix reprises une aide que se sont partagée le Portugal, l’Italie, le Monténégro, la France et l’Albanie.

«  Pour 2018, nous avons pu couvrir tous les besoins, assure Carlos Martin Ruiz de Gordejuela, porte-parole de la Commission pour l’aide humanitaire et la protection civile. Mais il arrive que tous les moyens d’une même zone soient indisponibles au même moment. «  Cela a été le cas en octobre  2017, par exemple, alors que le Portugal appelait à l’aide pour une deuxième salve d’incendies meurtriers.

Cet été, le mécanisme a été enclenché pour lutter contre des feux sans précédent en Suède où plus de 360 professionnels spécialisés dans la lutte contre les incendies, sept avions, six hélicoptères et soixante-sept véhicules ont été dépêchés ces trois dernières semaines.

La Grèce, qui a requis assistance le 23  juillet (à la suite des terribles incendies de la région d’Athènes), a immédiatement pu compter sur six avions et soixante-dix professionnels de plusieurs pays de l’UE. Traumatisé par le décès de 114  personnes dans des incendies en  2017, le Portugal s’épuise actuellement dans la lutte contre un feu qui frappe l’Algarve et a demandé l’aide bilatérale de l’Espagne qui lui a envoyé deux Canadair.

La multiplication des incendies, qui ne sont désormais plus circonscrits au sud de l’Europe, a conduit la Commission européenne à élaborer le projet du système dit  » RescEU  » (qu’il eut été préférable de nommer « SecourEU« ). Il repose sur la création d’une réserve de ressources propres à l’Union européenne : avions bombardiers d’eau, pompes à grande capacité, équipes médicales d’urgence. «  Il s’agit d’une capacité d’intervention européenne supplémentaire qui ne se substituerait pas aux services de protection civile nationaux « , précise Carlos Martin Ruiz de Gordejuela.

Christos Stylianide, commissaire européen chargé de l’aide humanitaire et de la gestion des crises, la présente comme  » un filet de sécurité dans les cas où les moyens d’un Etat ne seraient pas suffisants « , dont la priorité sera d' » assurer une solidarité européenne auprès des pays membres « , mais utilisable  » partout dans le monde « . Fin mai, le projet a été adopté par les députés européens. Le conseil des ministres des Etats membres devrait se prononcer sur son avenir à l’automne.

Un exemple de bonne idée, utile à tous pour de multiples raisons et bien plus pertinente que de vouloir gérer la politique migratoire de la Hongrie ou l’organisation judiciaire de la Pologne !

Le 10 août 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Publicités

Une Réponse to “Un exemple de projet européen utile et bénéfique.”

  1. Hervé J. VOLTO août 10, 2018 à 12:49 #

    Bien plus pertinente que de vouloir gérer la politique migratoire de la Hongrie ou l’organisation judiciaire de la Pologne : la gestion des affaires intérieures de la France !

    Comme le terrorisme, la clandestinité ne s’improvise pas. C’est un choix de vie difficile, où il n’y a pas de place pour les pieds nickelés, les branquignols et les charlots. Elle exige une discipline féroce, des nerfs à toute épreuve, de la rigueur dans tous les domaines, un sens aigu de l’appréciation des situations. Ne refait pas la Cagoule, la Fraction Armée Rouge (RAF), l’OAS ou le Sean Fean qui veut, surtout à une époque où les moyens de surveillance et d’investigation policières sont plus perfectionnés que jamais…

    Au-delà des démonstrations de vigueur musculaire de l’intéressé, la vraie question qui se pose est de savoir comment Alexandre Rachid Benalla a pu, dans l’ombre d’Emmanuel Macron, bénéficier d’une carrière météorique qui lui a donné autant de privilèges exorbitants du droit commun.

    Comment, aujourd’hui suspecté d’avoir voulu mettre en place un réseau de sécurité indépendant des pouvoirs publics officiels (en clair, une police parallèle), a-t-il pu se rendre indispensable au point de pouvoir injurier et humilier gendarmes et policiers pendant des mois sans s’attirer de sanctions autres que symboliques ? Comment a-t-il pu se sentir couvert aussi longtemps au plus haut niveau de l’État ? Macron est-il totalement incapable d’évaluer ceux qui l’entourent, ce qui serait déjà inquiétant, ou y a-t-il une autre raison ? Question subsidiaire, à laquelle on attend toujours une réponse : qui a fait fuiter cette affaire par le truchement de la presse ? Pour punir qui et pourquoi ? Bien d’autres hommes politiques ont accordé leur confiance dans le passé à des individus douteux, voire à des voyous dont ils appréciaient l’« efficacité » ou les capacités à jouer les « intermédiaires » dans des affaires délicates. Ils s’en sont toujours mordu les doigts, avant d’appeller des sapeurs-pompiers inteindre l’incendie…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :