Vivement le retour de la monarchie en Roumanie.

12 Août

Vendredi 10 août, une manifestation très particulière avait lieu dans le coeur de Bucarest (Roumanie). Elle réunissait en effet plus de 80 000 personnes, dont la plupart étaient des Roumains de la diaspora venus protester contre la corruption institutionnalisée qui gangrène leur pays. En face, d’importantes forces de police usèrent de gaz lacrymogènes et de canons à eau !

Ainsi, Nicusor Vasile, petit entrepreneur dans le bâtiment vivant à Bruxelles depuis cinq ans, a fait 2 200 kilomètres de route pour se rendre place de la Victoire, devant le siège du gouvernement, lieu traditionnel des manifestations. Agé de 45 ans, il a quitté la Roumanie en 2013. « J’en avais marre, explique-t-il. En Roumanie, je travaillais jusqu’à douze heures par jour et j’avais du mal à joindre les deux bouts. Nous avons tout ce qu’il faut pour vivre aussi bien à Bucarest qu’à Bruxelles ou à Paris, mais la corruption a détruit ce pays. »

« Pourquoi une telle violence ? Nous ne céderons pas, prévient M. Vasile. J’envoie l’argent que je gagne en Roumanie et qu’est-ce que je reçois en échange ? Du gaz lacrymogène et des jets d’eau sur la tête. Nous ne confierons pas la Roumanie à une bande de voleurs qui ont fait main basse sur le gouvernement et sur le Parlement. »

Mais vendredi, le président libéral Klaus Iohannis (issu de la minorité germanique de Transylvanie) a affiché sa solidarité avec les manifestants et a aussitôt réagi au zèle policier du gouvernement. « Je condamne l’intervention brutale de la gendarmerie, disproportionnée par rapport à l’attitude paisible de la plupart des manifestants », a-t-il déclaré.

La Roumanie est entrée dans l’Union européenne en 2007, et des millions de ses ressortissants sont partis chercher une vie meilleure dans l’ouest du continent. Nous en savons quelque chose ! Officiellement, trois millions ont émigré en Occident, mais, selon les associations de la diaspora, il y en aurait cinq millions, soit un Roumain sur quatre. C’est grâce à eux que l’économie du pays s’est maintenue. Tous les ans, ils envoient à leurs familles environ 5 milliards d’euros, une somme importante dans un pays où le salaire moyen est de 500 euros.

Le 10 août, ils s’étaient donné rendez-vous dans la capitale pour exprimer leur colère contre le gouvernement. Le mécontentement était monté d’un cran en février 2017, lorsque l’exécutif social-démocrate a multiplié les mesures pour mettre fin à la campagne anticorruption lancée au début des années 2000.

« Les hommes politiques sont allés trop loin, ils se comportent comme des gens auxquels tout est permis, selon Nicusor Vasile. Ma femme et ma fille vivent ici et c’est ici que je veux vivre, mais si tu es honnête dans un pays corrompu jusqu’à la mœlle, tu crèves. Je ne veux pas vivre toute ma vie à l’étranger, je veux vivre avec ma famille dans un pays qui respecte les règles. Mais comment peut-on respecter la loi si ceux qui la font, nos députés et nos gouvernants, ne la respectent pas ? »

Après une victoire écrasante aux législatives de décembre 2016, Liviu Dragnea, le chef de file des sociaux-démocrates, n’a pas pu devenir premier ministre en raison d’une condamnation pénale à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. Le 20 juin 2018, il a été condamné une deuxième fois à trois ans et demi de prison ferme pour abus de pouvoir. M. Dragnea, qui préside la Chambre des députés, fait aussi l’objet d’une troisième enquête pénale pour détournement de 20 millions d’euros de fonds européens à travers une société de construction d’autoroutes…

Mais il a trouvé la parade : modifier le code pénal pour blanchir son casier judiciaire et limiter drastiquement le pouvoir des magistrats. Le 18 juin, les députés ont voté un nouveau code pénal, vivement contesté par les spécialistes. Le gouvernement a également réussi à obtenir le limogeage de Laura Codruta Kövesi, chef du Parquet national anticorruption (DNA), qui incarnait cette lutte.

La Commission européenne et les instances occidentales s’inquiètent de cette situation en Roumanie, d’autant plus que le pays assurera la présidence tournante de l’UE pendant six mois à partir du 1er janvier 2019. Le 28 juin, douze pays occidentaux, dont la France et les Etats-Unis, avaient exhorté le Parlement roumain à ne pas modifier la loi pénale. « Nous appelons nos partenaires roumains à éviter des modifications qui pourraient affaiblir l’Etat de droit et la capacité de la Roumanie à lutter contre la délinquance et la corruption », déclarait le communiqué des chancelleries occidentales à Bucarest.

De son côté, la famille royale tente de résister du mieux qu’elle peut au chant des sirènes gouvernementales (qui voudraient bien profiter de l’aura dont elle bénéficie au sein de la population). La princesse Margarita et ses soeurs se tiennent éloignées du conflit tout en envoyant de discrets signaux de solidarité aux acteurs de la lutte contre la corruption.

N’en doutons pas, le peuple roumain ne tardera pas à revendiquer le retour de la royauté, seul gage de réunification des peuples et de paix civile.

Le 12 août 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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4 Réponses to “Vivement le retour de la monarchie en Roumanie.”

  1. Hervé J. VOLTO août 12, 2018 à 12:41 #

    Oui, le peuple roumain ne tardera pas à revendiquer le retour de la Royauté, seul gage de réunification des peuples et de paix civile. la France, à la place de vouloir toujours donner des leçons, ferait bien d’y prendre exemple.

    D’ailleurs, il nous arrive une bonne nouvelle de la France : l’inattendu retour en grâce de Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions

    Dans une réforme de l’audiovisuel public lancée sans véritable chef d’orchestre, la présidente de France Télévisions, aussi belle qu’intelligente, joue habilement sa partition… après quelques canards.

    La présidente-directrice générale de France Télévisions a annoncé il y a quelques jours le lancement d’une plateforme de vidéo à la demande par abonnement en association avec TF1 et M6. Un tour de table que Delphine Ernotte tenait à réussir au cours de son mandat. S’il doit encore être concrétisé, ce projet symbolise l’amélioration de la situation de l’ancienne numéro 2 d’Orange, un temps en difficulté à plusieurs niveaux.

    -Tu n’es plus seule.

    De son pupitre, Françoise Nyssen, qui présente à la presse le premier pan de la réforme de l’audiovisuel public, adresse un franc message de soutien à Delphine Ernotte assise face à elle. Ses homologues n’auront pas droit à autant d’égards. La marque d’affection de la ministre de la Culture à la présidente de France Télévisions est loin d’être anodine, en ce 4 juin, alors que cette dernière était encore promise à la guillotine fin 2017.

    A l’époque, Delphine Ernotte tente par tous les moyens d’échapper à une baisse des subventions publiques de 50 millions d’euros. Un lobbying forcené qui lui vaut des reproches directs et indirects de la part du chef de l’Etat et de Matignon, dont la désormais fameuse sortie présidentielle sur la « honte de la République » en novembre, Madame Ernotte étant connue pour ses opinions Royalistes qu’elle n’étale pourtant pas.

    -Elle n’avait pas compris le logiciel Macron, explique un témoin qui la connaît bien.

    Paris bruissait d’une fin de mandat précipitée. C’est un autre scénario qui va s’écrire.

    « Proactive ». Faute d’avoir été clairement énoncée dans le programme présidentiel, la grande réforme de l’audiovisuel public réclamée par le chef de l’Etat s’enclenche tous azimuts, sans ligne directrice claire. Comme toute la politique macronnienne, d’ailleurs…

  2. Hervé J. VOLTO août 12, 2018 à 12:57 #

    Le retour de la Monarchie en France ? S’il y a quelque chose qui manqee à la France, c’est bien le Roi : c’est Emmanuel Macron qui l’a dit lui-même !

    Quand nous pensons à toutes les bêtises de nos dirigeants de droite ou de gauche et que nous en mettons un nouveau tout les 5 ans : c’est trop long s’il est mauvais et trop court s’il est bon ! Spouvenons-nous de nos bons Rois qui avaient le courage de regrouper nos départements et mener à l’extérieur une politique saine ET DURABLE.

    Laissons à notre régent Présidentiel le temps d’apprendre son métier, et après avoir pris de sérieuses  » claques », qu’il nous montre si l’on s’est trompé sur son compte. Il est très apprécié à l’étranger, essayons de patienter. Lui, il sait ce qu’il doit faire : aucun pouvoir ne pouvant durer en s’appuyant uniquement sur la tchatche, à défaut de force, il faudra au Chef de l’Etat acquérir UNE LEGITIMITE NATURELLE par les services rendus au peuple qui lui est confié qui, en retour, lui manifestera une reconaissance capable de consacrer son autorité, services concernent les nécessités naturelles : GERER L’ORDRE, FAIRE RESPECTER LA JUSTICE, DEFENDRE LE PEUPLE CONTRE LES ENNEMIS, ASSURER LES CONDITIONS DE LA PROPERITE DU PAYS. En attendant d’appeller le Roi comme Franco l’a fait en espagne en 1976…

  3. Hervé J. VOLTO août 12, 2018 à 1:05 #

    MPARDON DE FAIRE LONG MAIS… mais en France spécialement, la Royauté a, en plus du devoir de défendre le Bien Public de ses cocnitoyens pour posséder une LEGITIMITE NATURELLE, le devoir de protéger l’Eglise et d’assurer une législation Chrétienne, reconaissant Dieu comme source de toute autorité : c’est LE LEGITIMITE THEOLOGIQUE. Or, historiquement, seule la Monarchie Capétienne, Catholique et Royale, a possédé pleinement cette DOUBLE LEGITIMITE.

    Bien que nous ne soyons plus en Monarchie, le Roi Perdu a un rôle à jouer dans la vie politique de notre Pays. Un Roi est par définition un arbitre, un cociliateur, quand il n’est pas un guide. Le Roi caché, comme le Roi en exil, peut incarner une autorité morale qui peut être écoutée. Il peut attirer l’attention du pouvoir et de ses concitoyens sur des questions précises. Il doit pour celà se tenir en permanance au courant de la vie politique de son pays. Il incarne au-delà de tout une tradition, une continuité, comme un possible recours…

    Dans l’oeuvre du Raspail, Le Roi au-delà de la mer, ouvrage séduisant au contour de tous Royaliste, qui ne peut qu’espérer et recréer à son tour ce que pourrait accomplir le souverain combattant, le souverain en marche vers son trône. Le principe du livre est cependant de l’ordre du retour. Raspail s’adresse aux Princes de France dans un roman lettre-ouverte, mais son Prince est ficitf. Le quel est-il ? Nous n’en savons rien. Louis, Jean, Henri, celà a peu d’importance. Le Prince concerve son panache, il s’éloigne de tout compromission -même avec son propre milieu- prend le large pour se faire désirer, rendre sa présence indispensable par l’absence. Evidemment, quelle autre destination raspail pouvait-il choiri que l’Ecosse ? Son Prince marche dans les traces de Bonny Prince Charly, Charles Spencer Stuart…

    Raspail connaît et développe l’histoire de la Duchesse de Berry qui, en 1832, essaya de reconquérir le trône de son fils alors agé à peine de dix ans avec panache et bravoure. Elle échoua, mais la cause n’était pas perdue d’avance, tout comme celle de Charles Stuart ne le fut pas. Ils se donnèrent les moyens de vaincre, trempèrent leurs mains dans des coffres d’or, du sang frais et l’encre de missives secrètes.

    -C’est à la Légitimité Catholique et Royale que nous devons revenir… ce ne sont pas les hommes, si éminants soient-ils, qui sauvent un pays, ce sont les insitutions (Comte Muarice d’Andigné.

    Il serait très difficile de retrouver les noms de tous les sujets que l’Orléanisme a volontairement ou involontairement mais bel et bien flétrit. En les déclarant énnemies, l’Orléanisme se séparait à tout jamais des vieilles familles qui ont rendu de grands services au Royaume dans la guerre et dans la paix :

    Le général Auguste de LarocheJaquelein, Berryer, le Duc de Polignac (enfermé au fort du Ham) Villaret-Joyeuse Les Ducs de Levis, de Fitz-James, de Guiche, d’Avaray et de Richelieu, Chateaubriant, les Ducs de Tourzel, de Caylus, de Berghes, des Cars, de Rohan, de Mirepoix et ses deux fils, Guy et Sigismond de Mirepoix, les Ducs de Rivière, de Valmy, de Lorge, les Prince de Broglie, de Chalais, de Croy d’Havré, de Lucinge, de Léon, de Montmorency, le Comte de Brissac, le Vicomte de Damas, les Comtes de Jankowitz, de Nugent, de Lépine, de Toqueville, de Bancher, de Boutray, de Charnacé, le Marquis et le comte de Durfort, le Comte du Lau, le Comte de Biencourt, les Comtes de Béthune, les Ducs de Sully, de Blancmesnil, de Boisgantier, le Comte de Caux, le général Brèche, le Vicomte de Flamarens, le Marquis de Malet, le Comte de Cosnac, Grimouard de Saint Laurent, le Marquis de la Haye-Montbault, les Comte Charles et Gaspard de Bourbon Busset, de Quisonnas, de Nouillan, le Marquis de Vibraye, de Chaulieu, de Banville, de Fontaine, le Marquis de Monterot, le Marquis du Quesnoy, de Chênedollé, le Comte de Canisy, de Pracontal, le Marquis de la Ferté Mun, de Carondelet, de Cacheleu, de Malard, de Brimond, le Comte de Riencourt, de Lamarre, le Baron de Viviers, le Marquis Desmoutiers de Mérinville, le statuaire Flatters, Alfred Nettement. Nous en oublions surement…

    C’est bien dommage…

    Le Roi qui reviendra, qui qu’il sera, sera bien avisé de rappeller leurs descendants actuels pour leur mender Aide et Conseil ! JE M’ARRETTE ICI ET JE LAISERAI VOLONTIER LA PAROLE A QUELQU’UN D’AUTRE…

  4. Hervé J. VOLTO août 13, 2018 à 12:39 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE…

    Les manifestations antigouvernementales continuent en Roumanie.

    Serait-ce une redite de février 2017, lorsque le gouvernement cédait sous la pression de la rue ? Dimanche 12 août, des milliers de Roumains se sont rassemblés pour le troisième soir consécutif dans le centre de Bucarest et dans plusieurs autres villes de Roumanie. Ils demandent la démission de la Première ministre Viorica Sancila et dénoncent la corruption au sein du gouvernement social-démocrate. Dans la capitale roumaine (Bucarest), quelque 15 000 personnes se sont réunies devant le siège du gouvernement, sifflant, criant des slogans comme « la corruption tue ! Démission ! » et accusant les membres du gouvernement d’être des « voleurs ». À en croire Transparency International en 2017, 29 % des ménages roumains se plaignent d’avoir dû verser un pot-de-vin pour obtenir un service public.

    De son côté, la famille Royale tente de ne pas profiter de l’aura dont elle bénéficie au sein de la population tout en se déclarant PRETE A SERVIR, la princesse Margarita et ses soeurs se tiennant en retarait du conflit du conflit tout en envoyant de discrets signaux de solidarité aux acteurs de la lutte contre la corruption…

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