Vous espériez peut-être que le niveau de nos universités s’améliorerait ? Peine perdue…

16 Août

Car, avec l’effondrement des connaissances dans les écoles de la République comme avec l’effroyable acculturation qui résulte du métissage ethno-culturel d’aujourd’hui, comment voulez-vous que nos universités échappent au désastre ?

C’est ainsi que le cru 2018 du classement annuel international de Shanghaï, établi par l’Academic Ranking of World Universities (ARWU), ressemble à celui des années précédentes avec un palmarès dominé par les universités américaines, qui s’arrogent dix-sept des vingt premières places tandis que les universités françaises continuent leur dégringolade…

Harvard, Stanford, Massachusetts Institute of Technology, Berkeley, Princeton et Columbia trustent les premiers rangs. Seules trois universités britanniques parviennent à figurer dans cette élite : Cambridge (3e), Oxford (7e) et l’University College of London (16e). A noter la performance de l’Institut fédéral de Zurich (Suisse), qui se hisse au 19e rang.

Le premier établissement français, Sorbonne Université, apparaît au 36e rang.

Porteuse de la loi sur l’autonomie des universités en  2007, sous la houlette de Nicolas Sarkozy, la ministre Valérie Pécresse s’était même rendue en  2010 à Shanghaï, pour plaider la cause des établissements français… Afin de hisser quelques champions tricolores au sommet de la compétition, elle avait accéléré un mouvement de regroupement des universités, des grandes écoles et des centres de recherche dans des structures communes, une politique de fusion poursuivie par ses successeurs. Si ces ensembles, parfois constitués à grand-peine, tentent de pousser leurs atouts, leurs espoirs et efforts sont souvent déçus, tel Sisyphe voyant régulièrement son rocher redescendre de la montagne…

Mythe de Sisyphe

Comme nous l’avons rappelé, la cause en est simple : c’est le métissage ethno-culturel qui tire les élèves puis les étudiants systématiquement vers le bas.

Certes, le classement de Shanghaï, établi par une équipe de l’université Jia Tong, ne considère qu’avec précaution ces regroupements tant que les établissements ne sont pas définitivement fusionnés dans une entité unique : les communautés d’universités et d’établissements (Comue), mises en place en  2013 en France, n’y apparaissent pas, alors qu’elles sont prises en compte par d’autres palmarès, également très suivis à l’international, ceux du magazine Times Higher Education (THE) et du cabinet Quacquarelli Symonds (QS).

En outre, pour que leur institution soit créditée de leurs travaux dans le classement de Shanghaï, les chercheurs doivent impérativement signer leurs articles de recherche du nom de la nouvelle entité, ce qui prend du temps à faire accepter et à mettre en place.

Ainsi, Sorbonne Université, née cette année de la fusion de l’université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC, Paris-VI) et de Paris-Sorbonne (Paris-IV), n’est donc classée qu’au 36e rang mondial du classement de 2018. Une position qui  » confirme Sorbonne Université comme une université de recherche de dimension internationale « , s’est félicité l’établissement dans un communiqué. Elle grappille quatre places, par rapport à l’édition 2017, dans laquelle la première française (l’UPMC) était 40e.

C’est un peu mieux, mais la remontée n’a rien de spectaculaire. La nouvelle entité a rencontré un  » bug  » dans le classement dit  » sectoriel « , qui précède depuis trois ans, en juillet, le classement général de Shanghaï : elle fait moins bien que la seule UPMC en  2017. En mathématiques, elle glisse ainsi de la troisième place mondiale en  2017 à la neuvième.

Reculant dans tous les secteurs, elle perd aussi le statut d’université française la plus citée dans ce palmarès sectoriel. Or, Sorbonne Université dit qu’elle a été pénalisée par  » un artefact technique lié au référencement incomplet de la production scientifique de l’université «  à la date où les données ont été collectées.  » Un pointage fin mars indiquait que seulement deux tiers des publications étaient correctement indexées dans la base qui sert au classement de Shanghaï « , avait-elle fait savoir dans un communiqué le 19  juillet. Bref, ce n’est pas de sa faute, c’est de la faute des autres !

Là où ce processus a pu aboutir, les résultats sont au rendez-vous. L’université de Montpellier a ainsi conquis la première place mondiale dans le classement sectoriel en…écologie, dépassant Oxford, qui détenait cette palme en  2017. Grenoble Alpes, la Française la mieux représentée dans la dernière édition dévoilée le 17  juillet,  » apparaît  » pour sa part dans 35 des 54 disciplines. Heureusement, comme d’habitude, les établissements français confirment leur place prééminente dans la recherche en mathématiques avec seize établissements dans le top 100 mondial dans cette matière. Il est vrai que l’on y a moins besoin de savoir parler et écrire dans la langue nationale (« La langue de la République est le français » dit notre Constitution dans son article 2) !

Pour autant, de bonnes performances comme celles de Grenoble Alpes ne garantissent pas de transformer l’essai au classement général. Le palmarès mondial publié mercredi attribue des points aux universités qui ont abrité, ou emploient toujours, des prix Nobel ou des titulaires de la médaille Fields, son équivalent pour les mathématiques. Mais il ne retient pas d’autres prix scientifiques prestigieux qu’elle intègre seulement dans le classement sectoriel.

Autre difficulté, le classement général ne comptabilise que les travaux de chercheurs principalement employés par l’université, un critère qui n’existe pas dans le palmarès sectoriel.  » Tout le monde sur notre site signe “Université Grenoble Alpes”, y compris les chercheurs du CEA – Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives – , du CNRS et de l’Inserm – Institut national de la santé et de la recherche médicale – , mais ces travaux ne sont pas pris en compte pour les citations au classement général. Cela nous coûte 40 places ! « , regrette Patrick Lévy, président de la Comue Grenoble Alpes. Le problème devrait être réglé au 1er  janvier 2020 par la fusion totale des entités membres de sa Comue, et par sa disparition au profit d’un seul établissement.

Mais le biais le plus critiqué du classement tient à ce qu’il donne une prime aux mastodontes américains :  » La façon dont il est construit consacre quasiment à vie les dix à quinze premiers établissements, compte tenu du capital, y compris symbolique, dont ils disposent : les prix Nobel parmi leurs anciens élèves, par exemple. C’est ce que l’ARWU appelle les “historical data” – données historiques – « , explique Alain Fuchs, président de la Comue Paris sciences et lettres (PSL). Ainsi l’Ecole normale supérieure se hisse à la 64e place, gagnant cinq rangs par rapport à 2017, un résultat remarquable étant donné sa petite taille (2 500  étudiants) et démontrant ainsi que le système ne nuit pas nécessairement aux établissement français.

Enfin, la concurrence est de plus en plus rude avec les pays émergents :  » La Chine, Singapour, qui est présente depuis longtemps mais qui s’est fortement renforcée, la Corée du Sud ou des pays du Moyen-Orient ne restent pas les deux pieds dans le même sabot. Quand on progresse, ou même quand on se maintient, ce n’est déjà pas mal. Il est tout à fait possible de s’approcher du top  100, mais y être et y rester est difficile « , prévient Patrick Lévy. La France a perdu un établissement dans ce top 500 avec dix-neuf universités en  2018 contre vingt en  2017. Nice-Sophia Antipolis, que présidait la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal avant de rejoindre le gouvernement, n’y figure plus !

Une question nous vient alors : POURQUOI PAR NOUS ?

Comme le note Alain Fuchs,  » on ne construit pas une nouvelle université comme PSL pour figurer dans les classements, mais ils sont regardés, et c’est un élément de reconnaissance dans le monde que nous ne pouvons pas négliger « . La course à la visibilité dans les classements fait pour longtemps partie des contraintes auxquelles devront se plier les universités qui veulent acquérir le statut de champions mondiaux, attirant talents et financements.

POURQUOI PAS NOUS ?

Le 16 août 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “Vous espériez peut-être que le niveau de nos universités s’améliorerait ? Peine perdue…”

  1. Hervé J. VOLTO août 16, 2018 à 1:30 #

    LE ROI ET L’INSTRUCTION PUBLIQUE

    Pour transmettre le savoir, il faudrait:

    1. Libérer l’enseignement.
    2. Rétablir la qualité de l’enseignement.
    3. Enraciner l’école dans la Patrie.
    4. Développer le sport.

    1. Libérer l’enseignement.

    Garantir le libre choix de l’école, favoriser les écoles Catholiques, assurer l’égalité de traitement entre enseignement public et privé, instituer le chèque scolaire, donner leur autonomie aux établissements scolaires, diversifier les ressources des établissements, créer des universités Catholiques, libérer l’école de la mainmise syndicale et bureaucratique.

    2. Rétablir la qualité de l’enseignement.

    Transmettre le savoir de base (lecture, écriture, calcul, savoir parler correctement), promouvoir l’émulation et honorer le mérite, contrôler et sanctionner la qualité de l’enseignement, améliorer les compétances des maîtres, revaloriser la fonction des professeurs, assurer la discipline et la sécurité dans les établissements scolaires, rendre l’enseignant inviolable.

    3. Enraciner l’école dans la Patrie.

    Confier l’école primaire à l’Eglise Catholique, garantir la liberté de l’enseignement Catholique dans le secondaire, réhabiliter les enseignements qui confortent l’identité Chrétienne de la France, rétablir l’Histoire de France pré-révolutionnaire et la géographie Française, rétablir l’instruction civique et les cours de morales, protéger l’école des méfaits de l’immigration non-Chrétienne, revaloriser l’enseignement profesionnel, confier l’enseignement professionnel aux… professionnels, favoriser efficacement la recherche scientifique.

    4. Développer le sport.

    Permettre un pratique sportive continue sur le modèle anglo-saxon, offrir un encadrement sportif de qualité, réformer le financement du sport.

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