Billet d’humeur du sieur Du Plessis : « Mais de quoi j’me mêle ? »

17 Août

N’oubliez jamais que PERSÉVÉRER dans l’erreur EST DIABOLIQUE (le fameux « perseverare diabolicum » des Romains). Et pourtant c’est ce que l’Union européenne (UE) avec l’Allemagne à sa tête, jamais en reste d’erreurs stratégiques, se préparent à faire. La tragédie de 1999 avec sa guerre du Kosovo, la partition de fait de la Serbie et l’installation d’un Etat fantoche Albanophone et, surtout, musulman sur les terres serbes ne leur a pas suffi…Et vingt ans après, voilà que l’UE, avec toujours l’Allemagne à sa tête, prétend s’immiscer dans les délicates négociations que le gouvernement serbe a réussi à nouer non sans peine avec les mafieux du Kosovo.

 » Mais de quoi j’me mêle ? « 

Dans une déclaration remarquée, le président de l’ancienne région serbe devenue prétendument indépendante en 2008 sous le nom de « République du Kosovo« , Hashim Thaci, a publiquement expliqué début août que des « corrections frontalières »pouvaient être envisagées dans le cadre « d’une solution pacifique avec la Serbie ».

Cette idée explosive avait jusqu’ici toujours été écartée par les autorités du Kosovo, pays à majorité albanophone, mais où vit également une importante minorité serbe. Principalement concentrée dans le nord du pays, autour de la ville divisée de Mitrovica, celle-ci est toujours entretenue par les autorités de Belgrade, qui n’ont jamais reconnu l’indépendance du Kosovo. Or, cette situation juridique instable constitue le principal point d’achoppement des négociations entre les deux pays. Le nord du Kosovo est devenu une zone de non-droit en proie aux mafias locales et aux assassinats politiques : en janvier dernier, un opposant politique serbe a été tué en pleine rue.

Même s’il s’est dit opposé à tout « échange de territoire », l’homme fort du Kosovo pourrait accepter de perdre ces territoires contre le rattachement de la vallée de Presevo et des municipalités de Medveda et Bujanovac, des enclaves majoritairement albanophones en territoire serbe. M. Thaci a proposé d’y organiser un référendum, « la seule option pour légitimer les souhaits des Albanais qui y vivent ».

Dans une déclaration tout aussi inédite, le président serbe, Aleksandar Vucic, lui a répondu le 9 août qu’il était, lui aussi, « en faveur d’une délimitation avec les Albanais ». « Avoir un territoire où personne ne sait ce qui appartient à qui est toujours une source de conflit potentiel », a-t-il affirmé. Jusqu’ici, seul le ministre des affaires étrangères, Ivica Dacic, prônait cette solution. Or, à la suite d’une rencontre avec le gendre et conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, fin juillet, celui-ci avait affirmé que « toutes les cartes étaient sur la table ».

Longtemps opposé à toute modification des frontières, Washington, qui soutenait le Kosovo depuis la guerre de 1999, semble enfin avoir adouci sa position depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. A tel point que plusieurs diplomates européens s’inquiètent désormais que les Etats-Unis puissent s’entendre sur cette solution avec la Russie, soutien historique de la Serbie. Et voilà le véritable objet du délit aux yeux de l’UE et d’Angela Merkel : que les Etats-Unis, devenus enfin réalistes, acceptent de coopérer avec la Russie et favorisent une solution négociée dans ce territoire bancal, volé à la Serbie et qui ne peut avoir, à terme, AUCUN AVENIR DANS L’INDEPENDANCE.

MM. Vucic et Thaci doivent se retrouver début septembre à Bruxelles pour un nouveau round de négociations sous l’égide de l’Union européenne, officiellement opposée à toute partition.

Mais l’idée de rebâtir les frontières continue pourtant d’effrayer largement l’Union européenne, trop heureuse de maintenir la Serbie à sa main tout en contrôlant l’Albanie et son appendice kosovar pour des raisons à la fois économiques et surtout culturelles. En effet, cette enclave islamique dans les Balkans, qui s’ajoute à celle d’une partie de la Bosnie-Herzégovine, constitue un vivier de trafiquants de tout poil et tête de pont des conquêtes islamiques, bien utiles aux magouilles des eurocrates de Bruxelles et de Berlin avec, en perspective, leur vaste projet de « Grand Remplacement » des populations chrétiennes d’Europe. 

La chancelière allemande Angela Merkel, s’est d’ailleurs aussitôt publiquement opposée, lundi 13 août, aux négociations entre la Serbie et son ancienne province. « L’intégrité territoriale des Etats des Balkans est établie et inviolable », a-t-elle affirmé sans rire depuis Berlin, oubliant que cette opinion ne fut pas toujours celle de l’Allemagne !

« C’est un grand danger pour toute la région », s’alarme aussi Pierre Mirel, ancien responsable des Balkans à la Commission européenne. Ce dernier s’inquiète d’une potentielle « escalade des mouvements pour redessiner les frontières sur des bases ethniques » qui pourrait contaminer des pays voisins comme la Macédoine, le Monténégro ou la Bosnie où coexistent difficilement de nombreuses minorités.

Ben voyons…

Le 17 août 2018.

Du Plessis

 

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3 Réponses to “Billet d’humeur du sieur Du Plessis : « Mais de quoi j’me mêle ? »”

  1. JeanAndré août 17, 2018 à 4:26 #

    Situation extrêmement intéressante, en effet, et qui dévoile une fois de plus l’hypocrisie du directoire européen, Allemagne en tête, bien sûr, qui se considérant comme l’héritière de fait de l’empire austrohongrois, voit les Balkans comme faisant partie de sa chasse-gardée, de son lebensraum. Quand je pense aux relations historiques et si étroites de la France avec le royaume de Serbie, aux francais qui sont morts dans cette région en 14-18, quelle infâmie!
    Je profite de l’occasion, parce que vous citez souvent l’adage latin « diabolicum est perseverare », qu’il ne date pas de la Rome antique mais de l’ère chrétienne. Il constitue très probablement une forme simplifiée d’une formule équivalente de Saint-Augustin, inspirée elle-même de celle qu’on trouve chez l’auteur grec de la période romaine tardive, Ménandre, qui dit « se tromper une fois, passe, mais répéter la même erreur deux fois n’est pas digne d’un homme sage » (το δις εξαμαρτείν ου ανδρός σοφού). D’ailleurs, l’adjectif « diabolicus », du grec « diabolos », ne signifiait pas chez les Grecs, puis les Romains, « du diable », mais « calomniateur, diviseur », pour la simple raison que le Diable n’existe que depuis le christianisme, d’abord comme adjectif puis comme nom pour Satan, et signifiait au départ (sous-entendu Satan) »Celui qui divise, Le Calomniateur ».
    Ne répétez donc plus cette petite inexactitude sinon je me verrai dans l’obligation de citer …Ménandre!

    • conseilesperanceduroi août 17, 2018 à 5:49 #

      Nous reconnaissons bien là à la fois la grande culture et l’humour de notre ami Jean-André. Qu’il en soit remercié.

  2. Hervé J. VOLTO août 17, 2018 à 5:56 #

    C’est comme si on permettait à la Seine-Saint-Denis de venir indépendante parce que majoritairement musulmanne…

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