Algérie : et, après la peste islamique, voici le choléra.

29 Août

Qu’il est loin le temps de la sécurité sanitaire des départements français d’Algérie ! Qu’il est loin le temps où nos médecins militaires puis civils luttaient sans merci contre les attaques microbiennes, virales ou parasitaires qui décimaient régulièrement les populations du Maghreb et de l’Afrique, permettant à celles-ci de prospérer et d’atteindre (hélas) des taux de fécondité et d’espérance de vie jamais atteintes dans ces contrées sauvages et primitives ! Ainsi l’ont voulu la modernité et la veulerie de nos dirigeants politiques qui succédèrent à Charles X, Louis-Philippe Ier et Napoléon III.

La dernière épidémie de choléra en Algérie eut lieu en 1996, soit 34 ans après que la France ait donné son indépendance à ce pays sans passé mais aussi sans projet. Depuis, l’assistance médicale autant que la formation de médecins qualifiés apportées par notre pays ont longtemps permis à l’Algérie d’échapper à la reprise des grandes pandémies, si coûteuses en vies humaines.

Mais, aujourd’hui les prétentions et autres illusions du pays l’ont éloigné des compétences de son ancienne puissance protectrice en même temps que d’innombrables médecins formés sur place quittaient le pays pour pouvoir exercer leur art au sein du notre. Privant ainsi l’Algérie d’autant de ses capacité sanitaires.

Le résultat ne s’est pas fait attendre. Le choléra, réapparu en Algérie début août pour la première fois depuis vingt-deux ans, touche désormais 59 personnes dans cinq régions du pays, dont onze dans la capitale, a annoncé, mardi 28 août, le ministère de la santé.

L’actuel épisode de choléra a déjà tué deux personnes hospitalisées à Boufarik, dans la wilaya de Blida (environ 50 km au sud d’Alger), principal foyer de l’épidémie avec 30 cas confirmés. Une personne souffrant de diarrhées aiguës est en outre décédée mardi au même hôpital, mais les analyses sont en cours pour vérifier la présence ou non du vibrion du choléra dans son organisme, a indiqué à l’AFP le directeur de l’établissement, Reda Daghbouche.

Dans la wilaya de Tipaza (70 km à l’ouest d’Alger), où les autorités ont condamné une source contaminée par le vibrion du choléra, quatorze cas sont désormais recensés. A Alger, les analyses ont confirmé le diagnostic du choléra chez onze malades. Dans la préfecture de Bouira (une centaine de km au sud-est d’Alger), aucun cas supplémentaire n’a été recensé depuis les trois premiers malades détectés début août, et un cas reste confirmé dans celle de Médéa (80 km au sud-est d’Alger).

« C’est toute notre organisation qui est en cause. Ce type d’épidémie révèle avant tout la carence de l’administration du pays. En effet, tous les secteurs sont ici en cause : hygiène publique qui n’est plus assumée par les autorités aussi bien locales que nationales, l’éducation en général et l’éducation civique en particulier, la gestion de l’eau, de l’exploitation des sources hydriques, de la manipulation des produits phytosanitaires, des médicaments, etc. », écrit Soufiane Djilali, président de Jil Jadid, parti d’opposition, sur sa page Facebook.

Les défaillances sont en effet graves et nombreuses. Beaucoup pointent du doigt la communication chaotique des autorités dès les premiers jours. Parmi ses lourdes conséquences, la rupture de confiance. Ce qui s’est passé à Tipaza après la diffusion d’un communiqué officiel au sujet d’une source d’eau illustre parfaitement la situation. Le ministère de la Santé a précisé que le « contrôle bactériologique de l’eau de source Hamr El Ain (Sidi El KEBIR) de la wilaya de Tipasa a révélé la présence du vibrion cholérique ». « De ce fait, cette source a été condamnée et interdite à la consommation », a-t-il ajouté.

La réaction des habitants de la localité ne s’est pas fait attendre. Dans un geste de dépit et de défiance, des jeunes ont bu cette eau devant les caméras des chaînes de télévision privées. « Il y a eu beaucoup de perte de temps entre le moment où les premiers cas ont été diagnostiqués et le moment où l’information a été donnée au public. Entre-temps, on a eu d’autres cas contaminés et un décès. C’est un problème réel de communication », affirme le Pr Mustapha Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de santé et le développement de la recherche (Forem). Mais, en Algérie, sous le règne du potentat-plante verte Abdelaziz Bouteflika, ON NE PARLE PAS.

L’absence du ministre au cours des premiers jours est critiquée par les professionnels. « Pourquoi le ministre de la Santé ne s’est pas adressé à la population au courant des premières minutes ? », se demande Mohamed Bekkat Berkani. « Le rôle d’un politique est de savoir trouver les mots pour simplifier et rassurer. Les gens ont besoin d’être rassurés. Or, ils ont passé deux jours avant de savoir que l’eau potable dans les robinets n’est pas contaminée. Les experts doivent être derrière le politique. C’est à ce dernier de prendre la parole. C’est ainsi que les choses se déroulent dans les pays organisés », poursuit le président de l’Ordre des médecins.

C’est dans le cadre de cette communication chaotique et parfois amateur qu’intervient la bourde du ministre de la Santé. Dès sa première sortie après l’annonce du retour du choléra, Mokhtar Hasbellaoui s’engage à éradiquer l’épidémie « dans les trois prochains jours », soit « avant la prochaine rentrée scolaire » prévue le 5 septembre ! « Le fait d’arriver hier et de dire qu’on va régler cela en trois jours, c’est une déclaration irresponsable », s’est indigné le professeur Abdelouahab Bengounia, ancien chef du service épidémiologie et médecine préventive au centre hospitalo-universitaire Mustapha Pacha, qui parle de la « faillite du système de santé ».

Pour le Pr Mustapha Khiati, le retour du choléra « révèle des dysfonctionnements de grande ampleur ». « Nous sommes dans le nord du pays où la ressource hydrique est mobilisable. Nous avons des stations de dessalement de l’eau de mer. Comment expliquez-vous le fait que des gens aillent encore chercher de l’eau avec des jerricanes pourris dans des sources incontrôlées ? Que font les services des mairies ? » s’indigne le président de l’Ordre des médecins qui ajoute : « Nous avons trouvé la source de H’mar El Aïn, qu’en est-il des fruits et légumes ? Il faut dire la vérité aux Algériens. »

Le président de la Forem insiste, lui aussi, sur la responsabilité des maires en rappelant ce qui s’est passé à Tipaza au sujet de la source de Hamr El Ain. « À partir du moment où il y a eu enquête et détection du vibrion cholérique, la mairie devait procéder à la mise en place d’un périmètre de sécurité et à la mobilisation de gardiens (pour surveiller le site). Elle devait informer le public. Elle ne l’a pas fait et on a vu à travers des vidéos des gens, comme dans un geste de défi vis-à-vis de l’autorité sanitaire, qui consommaient cette eau », ajoute-t-il.

La réapparition de cette épidémie lève surtout le voile sur le « manque de prise en charge de ce genre de risque », selon Mohamed Bekkat Berkani. « Nous avons déjà appelé à la création d’une agence nationale de prévention, une agence de veille sanitaire, une agence d’alerte. La loi sanitaire est passée. Elle renferme de grands principes qui serviront probablement à pas grand-chose. Gouverner, c’est prévoir ! », insiste le président de l’Ordre des médecins.

Le président du Forem souligne lui aussi l’importance du rôle qu’aurait pu jouer un organisme de prévision dans ce domaine. « Nous sommes un pays qui a déjà été envahi par ces maladies et celles-ci elles sont devenues endémiques. C’est-à-dire qu’elles sont présentes dans le paysage. il faut les surveiller. Cela fait longtemps qu’on a demandé la mise en place d’un observatoire ou d’un centre de veille qui permet de dépister ce genre de problème de santé », assure-t-il.

« Si on avait fait des prévisions, on aurait pu donner des recommandations en ce qui concerne les points d’eau. Si les communes avaient envoyé le personnel des bureaux d’hygiène avec des gendarmes pour voir comment les champs de pastèques sont irrigués avec les eaux usées, on n’en serait pas là. Il faut prendre les problèmes à bras le corps, ça suffit, le bricolage », lance Mohamed Bekkat Berkani.

Le choléra met aussi sous le feu des projecteurs une réalité sur laquelle des militants écologistes ne cessent d’alerter depuis des années. « Ayant parcouru des wilayas, cet été, j’ai pu constater que des égouts se déversent dans les oueds. Du côté de Tipaza, j’ai pu voir des agriculteurs pomper les eaux usées pour irriguer leurs exploitations », affirme Amar Adjili, qui milite pour un environnement propre en organisant régulièrement des collectes de déchets avec des volontaires à travers tout le territoire national.

Après l’annonce du retour de l’épidémie, de nombreux internautes ont partagé des vidéos montrant la dégradation de l’environnement : des champs irrigués par des eaux usées, des égouts déversés dans la mer et passant près des terres agricoles, des bacs de poubelles qui débordent dans les quartiers de la capitale. Bref, autant de preuves de l’incompétence de ces éternels donneurs de leçon devant lesquels se couchent honteusement nos élites.

Le Pr Mustapha Khiati prévient contre le retour d’autres épidémies. « À partir du moment où il n’y a pas d’hygiène publique, tout est possible. Les conditions d’apparition d’autres épidémies sont réunies aujourd’hui », estime le président de la Forem. La peste, par exemple, peut réapparaître, selon lui. En 2003, les autorités avaient enregistré une dizaine de cas. Un village situé à la périphérie d’Oran avait été placé en quarantaine. Une équipe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait fait le déplacement.

Qui est responsable de cette situation ? « Tout le monde ! » répond le Pr Khiati. « Ça commence par le citoyen qui jette les ordures partout, les services de la mairie qui ne ramassent pas ces ordures tous les jours, voire plusieurs fois par jour, qui ne lavent pas la chaussée, les entreprises qui jettent n’importe comment et n’importe où leurs déchets, les agriculteurs qui jettent leurs engrais et leurs saletés dans les oueds, etc. », développe-t-il. Sur les réseaux sociaux, certains pointent du doigt le peuple algérien « qui est sale ! », selon eux. Etonnez-vous alors de l’état catastrophique de nos banlieues…

« Mais il n’y a aucune éducation dans les écoles pour apprendre aux enfants à respecter la nature. Il n’y a aucune diffusion de reportages à la télévision autour de la gestion des déchets. Aucun spot publicitaire », note Amar Adjili. Ce militant souligne aussi le manque de mobilier urbain. « Quand on va dans un quartier quelconque, on constate qu’il y a trop peu de poubelles. Quand ça déborde, on jette forcément les déchets à côté. Puis le service de nettoyage ne ramasse pas ce qui est posé sur le sol. Ce qui fait accumuler les déchets ménagers », explique-t-il.

Mais, tenez-vous bien, ce n’est pas tout.

Le Maroc et la Tunisie, pays voisins de l’Algérie mettent en place des mesures strictes de protection de leurs frontière D’autres suivent, comme l’Egypte ou les pays du Sahel. Mais croyez-vous que la France qui accueille chaque jour tant de citoyens Algériens, sous les prétextes les plus divers, exige de ceux-ci la production de certificats de santé prouvant qu’ils ne sont pas porteurs du vibrion cholérique ?

PAS DU TOUT !

Ils continuent d’entrer chez nous comme si de rien était. Ce qui ne manquera pas d’étendre, tôt ou tard, cette épidémie à notre pays. Nous tiendrons alors pour responsables ses autorités politiques et exigerons qu’ils soient punis.

Le 29 août 2018.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

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Une Réponse to “Algérie : et, après la peste islamique, voici le choléra.”

  1. Hervé J. VOLTO août 29, 2018 à 9:35 #

    Les Accords d’Évian, résultat de négociations entre les représentants du Gouvernement de la République française et du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) pour mettre fin à la guerre d’Algérie, prévoyaient et prévoient ENCORE AUJOURD’HUI la libre circulation des personnes et des biens entre l’Algérie et la France.

    Ces accords, secrètement négociés les semaines précédentes aux Rousses, près de la frontière suisse, sont signés le 18 mars 1962 à l’hôtel du parc, à Évian-les-Bains (en Haute-Savoie, France) et se traduisent dans l’immédiat par un cessez-le-feu applicable sur tout le territoire algérien dès le lendemain 19 mars à midi, date de l’annonciation à la nation de ces accords. Ils sont ratifiés, côté Français, par le référendum du 8 avril 1962 organisé en France métropolitaine, donnant au gouvernement par 91 % des votes les pleins pouvoirs pour appliquer les accords, et côté algérien, par le référendum d’autodétermination du 1er juillet 1962.

    Ces accords mettent fin officiellement à sept années et cinq mois de guerre.

    La signature des Accords d’Évian, que l’historien Guy Pervillé désigne comme une « utopie juridique », marque le début du processus de sortie de guerre : arrêt des hostilités entre les autorités officielles des deux pays (Ve République Française et GPRA), mais, dans « le no man’s land chronologique de la transition, entre le cessez-le-feu et le référendum », départ massif des Français d’Algérie -dont mes parents avec votre serviteur bébé dans les bras de sa maman- et poursuite des violences plusieurs mois sur le terrain par d’autres acteurs, principalement l’OAS9, qui voulait saboter les accords ou pratiquer la politique de la « terre brûlée » pour faire payer au FLN les attentats et rendre l’Algérie à son état de 1830, ainsi que certains groupes armés algériens (du banditisme ou issus de l’ALN, notamment les « marsiens ») contre une partie des pieds-noirs et des harkis, en réaction à l’OAS (réactions qui dépassent « par leur ampleur le stade des représailles »). Après l’indépendance, ce fut le tour d’une guerre civile algérienne qui se termina en septembre 1963, une guerre « là-bas » et « entre eux ».

    Qu’il est loin le temps de la sécurité sanitaire des départements français d’Algérie ! Qu’il est loin le temps où nos médecins militaires puis civils luttaient sans merci contre les attaques microbiennes virales ou parasitaires qui décimaient régulièrement les populations du Maghreb et de l’Afrique, permettant à celles-ci de prospérer et d’atteindre (hélas) des taux de fécondité et d’espérance de vie jamais atteintes dans ces contrées sauvages et primitives ! Ainsi l’ont voulu les indépendantistes du FLN, qui paient aujourd’hui le salaire de leurs égarements…

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