De Charybde à Scylla.

1 Sep

Après avoir cheminé une partie de l’été dans les pas d’Homère et de son héros Ulysse (grâce au talent et à la verve de Sylvain Tesson), c’est l’image des monstres marins Charybde et Scylla qui nous revient à propos de la nomination de Pierre Haski en remplacement de l’inénarrable Bernard Guetta au poste prestigieux d’éditorialiste chargé des problèmes de géopolitique sur la principale radio d’Etat, France Inter.

Vous connaissez notre aversion pour Bernard Guetta* qui durant les trop nombreuses années de son activité journalistique nous a gavé de ses pensées d’abord carrément gauchistes puis, au gré de l’évolution de la pensée conforme et obligatoire, de plus en plus soumise à l’eurolâtrie bruxelloise pour finir logiquement en thuriféraire d’Emmanuel Macron (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/02/il-faut-savoir-ne-pas-aller-trop-loin/). Au moins avait-il le mérite de chercher à convaincre en basant son action sur des analyses personnelles, exprimées dans une langue parfaite.

Pour quiconque s’attend toujours au pire, l’avantage avec France Inter est qu’on n’est jamais déçu.  Ainsi, après le départ de Bernard Guetta et l’intérim souvent ridicule d’Anthony Bellanger – tout aussi asservi d’ailleurs à la pensée unique –, est-ce Pierre Haski qui, dans le journal matinal de Nicolas Demorand, le plus écouté de France paraît-il, assure désormais l’influente rubrique de géopolitique avec la bénédiction de Laurence Bloch, directrice de la station.

C’est lui

Rien d’étonnant dans ce choix : coreligionnaire de Mme Bloch (et aussi de Bernard Guetta et de Nicolas Demorand) qu’il fréquenta assidûment du temps où tous deux étaient correspondants en Afrique australe, d’où ils ameutaient l’opinion contre le « pays de l’apartheid », Pierre Haski est un produit exemplaire de ce moule idéologique qu’est le Centre de formation des journalistes de Paris. Il fut de 1981 à 2007 un pilier de Libération. Journal que Nicolas Demorand, qui confie avoir grandi dans « un monde profondément laïque et juif, mais d’un judaïsme intellectuel, culturel et sensuel », dirigea pour sa part de 2011 à 2014, à l’appel du banquier Edouard de Rothschild devenu l’actionnaire de référence de l’ancien « quotidien du peuple ». Un paradoxe qui n’étonnera que les naïfs.

Poursuivi à Rue89, l’itinéraire de Pierre Haski a déjà de quoi inquiéter. Mais il y a plus grave : élu le 27 juin 2017 président de l’association Reporters sans frontières, sans doute pour faire oublier la présidence « sulfureuse » de Robert Ménard, le nouveau gourou de la géopolitique se veut aussi l’arbitre des exigences journalistiques. D’où son intention, pour s’opposer aux fake news déjà dans la mire de Macron, de « créer une certification [sic] pour lutter contre les fausses informations ». Entendez celles qui n’ont pas l’heure de plaire à tout ce que le monde journalistique compte de militants de la pensée conforme et obligatoire. Il exprimera donc, sur France Inter, cette pensée-ci et, surtout, pas une autre. Le groupe de Visegrad et ses nouveaux amis italiens n’ont qu’à se le dire…Et cela avec l’argent du contribuable puisque France Inter est radio d’Etat.

Un projet qu’il précisait récemment dans Le Nouveau Magazine littéraire : « L’idée n’est pas d’interdire des contenus, mais d’en valoriser. Non pas de faire des listes noires, mais des listes blanches. Nous n’allons pas regarder chaque information et dire “ceci est faux, ceci est vrai” mais nous allons définir des principes et des processus de fabrication d’information de qualité. » Sur le modèle, tenez-vous bien, « de ce qui existe dans le bâtiment (avec les normes ISO par exemple) » ! Sans doute un vieux reste du matérialisme organisateur marxiste…

«  Si par malheur devaient prévaloir ces normes ISO-RSF aboutissant à la fabrication d’une « information de qualité » encore plus standardisée et contrôlée qu’elle ne l’est aujourd’hui pour s’inspirer de la « ligne Jdanov » imposée sous Staline, ce qui reste de presse indépendante pourrait- il encore révéler que les assassins d’Adrien Perez sont les frères Younes et Yanis El Habib ? Si se présentait un nouveau Cahuzac jurant « les yeux dans les yeux » à ses compatriotes n’avoir aucun compte dans un paradis fiscal, pourrait-il encore enquêter ? RSF et son président peuvent bien se vouloir « sans frontières », leur conception de l’information est singulièrement bornée. Pour le plus grand profit de l’idéologie dominante au service de l’hyperclasse mondialisée « , écrit à ce sujet et avec pertinence la journaliste de Présent Florence Dunois.

Bref, c’était intolérable avec Bernard Guetta et nous l’avons écrit ici même à plusieurs reprises. Mais, n’en doutez-pas, ce sera pire avec Pierre Haski ! Grâce à vos impôts.

Le 1er septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire « Deux charlatans de la République » : 

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/05/31/deux-charlatans-de-la-republique/

Article auquel vous pourrez en ajouter quelques autres avec le mot-clé « Bernard Guetta » dans notre moteur de recherche.

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2 Réponses to “De Charybde à Scylla.”

  1. Hervé J. VOLTO septembre 1, 2018 à 4:21 #

    Le Centre de formation des journalistes de Paris est comme l’ENA ou l’Ecole National de la Magistrature, une institution de pensée maçonnique. On y apprendra ce que les Légitmistes nomment les SOCIETES DE PENSEE et qui ont pour finalité « d’élaborer l’opinion ».

    Le principe de « thérapie » anti-autorité qui, à tarvers un groupe réducteur, a pour moyen LA CONTRACDICTION DE TOUTE PERSONNE SEMBLANT AVOIR TROP RAISON, vise à crééer une « opinion moyenne », UN CONSENSUS : nous avons ici la base d’une pensée unique, conforme et obligatoire. Un véritable lavage sociologique des cerveaux peut donc s’opérer autour de la table ronde d’une école de journalisme, d’un recyclage ou d’un séminaire, comme au cours de la réunion d’une section syndicale, ou d’une commission de travail qui « cherche sa motivation ». On écarte les « extrêmistes » et l’on ne concerve que les plus vils ou les plus dissimulateurs. Ici se trouve la base de la pensée maçonnique, ur laquelle appuyer le système démocratique, base du régime républicain. Bernard Guetta n’est qu’un exemple de l’élite journalistique formaté par la pensée maçonnique, unique, conforme et obligatoire…

    Pour en savoir plus :

    Groupes réducteurs et noyaux dirigeants (1973) – [Vive le Roy]
    http://www.viveleroy.fr/Groupes-reducteurs-et-noyaux

    -La démocratie n’est pas un fait. La démocratie est une idée […] l’idée démocratique est fausse, en ce sens qu’elle est en désacord avec la nature… l’idée démocratique est mauvaise, en ce qu’elle soumet constamment le meilleur au pire, le supérieur à l’inférieur, au nombre lsa qualité, c’est à dire les compétances et l’aptitude.

    COMMENT LUTTER CONTRE LES SOCIETETES DE PENSEES ?

    1. promouvoir la personne, donc les personnalités, contre la massication démocratique.
    2. Et pour cela,il faut concentrer ses énergies sur la règle du jeu. C’est elle, et elle seule
    qu’il faut refuser. Et il faut la refuser jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’au martyre.
    3. Il faut accepter pour cela de passer pour « fou aux yeux du monde », de se faire sortir,
    d’être persécuté.

    -Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres (Jean 8-32).

    Il faut affirmer :
    -qu’il y a une vérité ;
    -que tout travail sérieux dans un groupe exige que celui-ci comporte une hiérarchie ;
    -que certains avis ont plus de poids que d’autres ;
    -que la vraie fraternité doit reposer sur des intérêts communs réels ;
    -que la gestion de ceux-ci exige un chef et des responsabilités.
    POUR PASSER D’UN SYSTEME DE GOUVERNEMENT PAR OPINION A UN SYSTEME DE GOUVERNEMENT PAR AUTORITE.

    Pour les vrais Royalistes, le Roi est la SEULE autorité Légitime émanant de Dieu : tel est la définition du PRINCIE ROYAL…

  2. Hervé J. VOLTO septembre 1, 2018 à 4:25 #

    Excuzez-moi. La citation suivante est de Charles Maurras :

    -La démocratie n’est pas un fait. La démocratie est une idée […] l’idée démocratique est fausse, en ce sens qu’elle est en désacord avec la nature… l’idée démocratique est mauvaise, en ce qu’elle soumet constamment le meilleur au pire, le supérieur à l’inférieur, au nombre lsa qualité, c’est à dire les compétances et l’aptitude (Charles Maurras, répondant le 24 aout 1902 au Comte d’Aussonville, parlementaire Royaliste libéral).

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