Nous l’avions revendiqué, l’Union européenne semble devoir s’y résoudre.

4 Sep

Dans un de nos articles, du 16 août dernier, nous répondions aux mystifications d’Emmanuel Macron en matière de politique migratoire (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/08/16/francais-allez-vous-enfin-comprendre-quemmanuel-macron-est-un-mystificateur/). Et voici quelles étaient nos revendications :

 » Pour mettre en oeuvre le mécanisme pérenne et soutenable appelé de ses voeux par la présidence de la République française, il faut :

1/ commencer par interdire l’action des associations dites humanitaires impliquées dans ces trafics d’êtres humains et confisquer leurs navires négriers,

2/ en cas de naufrage prouvé seules les unités navales officielles doivent intervenir et rapatrier les naufragés sur les côtes desquelles ils sont partis. Si celles-ci devaient s’avérer véritablement dangereuses pour les migrants (ce qui devrait être démontré), il est impératif de respecter le droit maritime et, pour ce faire, transporter les naufragés vers les ports les plus proches qualifiés de « sûrs« . Dans la plupart des cas il s’agira des ports tunisiens, situés à peu de distance des lieux habituels de naufrage (Tunis, Sousse ou Sfax), et non pas italiens ou maltais,

3/ les quelques situations qui pourraient amener à un rapatriement vers le continent européen doivent aboutir au transfert immédiat des migrants ne relevant pas du statut de réfugié vers l’aéroport le plus proche à partir duquel ils seront aussitôt renvoyés…chez eux. « 

Or, qu’apprenons-nous aujourd’hui ? Que l’Union européenne fait depuis peu pression sur la Tunisie pour qu’elle accepte l’installation sur son territoire de  » plates-formes régionales de débarquement  » des migrants subsahariens en provenance de Libye et récupérés par les navires prétendument humanitaires, de secours aux naufragés.

A l’instar d’autres pays d’Afrique du Nord, la Tunisie est citée par des responsables européens comme un possible centre de réception, hors de l’Union européenne (UE), où serait opéré le tri entre candidats éligibles à l’asile et simples migrants économiques ne relevant pas du droit d’asile. Les dirigeants de Tunis ont eu beau afficher officiellement leur hostilité à un tel projet, qui concerne par définition des ressortissants non tunisiens, l’affaire n’en est qu’à ses prémices.  » Les requêtes sont de plus en plus coordonnées,confirme une source diplomatique tunisienne. Les Européens nous les transmettent par la porte ou par la fenêtre. Cela nourrit un climat de tension. « . Pour l’heure, ce sont surtout les représentants des Etats membres qui se manifestent, surtout les Français (Emmanuel Macron a dû lire nos articles…) et les Allemands. Mais l’UE s’apprête à entrer en scène.  » On va devoir soulever la question sans trop tarder auprès de nos interlocuteurs tunisiens « , assure un officiel de l’UE.

C’est parce qu’elle se sait dans le champ de vision d’une Europe impatiente d’externaliser la gestion des flux migratoires que la Tunisie a attendu près de deux semaines avant d’autoriser le 28  juillet l’accostage à Zarzis (sud-est) du Sarost-5. Ce navire commercial battant pavillon tunisien avait secouru 40 migrants au large de la Libye mais ni Malte, ni l’Italie, ni la France n’avaient souhaité l’accueillir. Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed avait finalement donné son feu vert  » pour des raisons humanitaires « 

Toutefois, la Tunisie a été bien plus inflexible moins de deux semaines plus tard quand l’Aquarius, le navire de secours affrété par SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières, s’était tourné vers les pays riverains pour débarquer 141 migrants sauvés au large de la Libye. Cette fois-ci, Tunis n’a pas cédé aux sollicitations diplomatiques et Malte a dû ouvrir le 15  août son port de La Valette.

Officiels et acteurs associatifs arguent que la Tunisie n’est pas prête, sur les plans politique, juridique et social, à accueillir de telles plates-formes. «  La Tunisie a déjà ses régions économiquement déshéritées, objecte un ancien diplomate. L’installation d’étrangers auxquels il faudrait fournir un minimum de services sociaux provoquerait des tensions, certaines xénophobes.  » Tiens, tiens ! Existerai-il une xénophobie arabo-musulmane à l’encontre des Africains noirs ? (Lire « Depuis le temps que nous dénonçons la traite négrière orientale… » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/11/28/depuis-le-temps-que-nous-denoncons-la-traite-negriere-orientale/ ).

Dans cette opposition, la dimension psychologique, celle d’une sensibilité nationale vis-à-vis d’une Europe perçue comme imposant unilatéralement sa vision des flux migratoires, ne saurait être sous-estimée, avertissent nombre de responsables tunisiens. La transition démocratique post-2011, qui a érigé la société civile en nouvel acteur politique, limite de facto la marge de manœuvre du gouvernement de Tunis. Ce dernier préfère ainsi assurer le maximum de discrétion aux rapatriements de ses nationaux expulsés d’Europe pour séjours irréguliers. A titre d’exemple, l’Italie refoule chaque semaine une cinquantaine de Tunisiens par vols charters. Or ces derniers atterrissent à l’abri des regards, à Enfida, un aéroport peu fréquenté situé entre Hammamet et Sousse, loin de la foule de l’aéroport de Tunis-Carthage. Question : POURQUOI LA FRANCE N’EN FAIT PAS AUTANT ?

Sur un plan plus technique, l’absence d’une loi sur l’asile en Tunisie est invoquée comme un obstacle à l’installation de toute  » plate-forme de débarquement  » vouée à traiter les dossiers de candidats au statut de réfugiés. Le projet de loi est fin prêt mais l’Assemblée des représentants du peuple n’est guère pressée de s’en saisir. La crainte que l’adoption d’une telle législation soit exploitée par l’Europe pour exiger de la Tunisie la sous-traitance de ses propres demandes d’asile explique partiellement l’enlisement du texte. PATIENCE !

Une telle carence juridique ne soulagera pas pour autant la pression. Car si le gouvernement de Tunis n’octroie pas l’asile – bien que signataire de la Convention de Genève –, il confie à ce stade au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) le soin de fournir une  » protection internationale  » aux réfugiés présents sur son sol. Le HCR a jusqu’à présent accordé sa protection en Tunisie à un millier de réfugiés – les trois quarts étant des Syriens. Cette garantie offerte par le HCR, jointe au fait que la Tunisie ne pratique pas le refoulement, est susceptible de motiver le classement de la Tunisie dans la liste des  » pays tiers sûrs  » en voie d’établissement par l’UE et que nous affirmons depuis longtemps. Une telle qualification pourrait fournir la base juridique aux yeux des Européens de futures  » plates-formes de débarquement « .

Mais la Tunisie a-t-elle les moyens de résister à la pression européenne qui devrait monter inexorablement ? Car, combien de temps pourra durer la résistance ? La santé financière de la Tunisie est fragile, son endettement croissant, sa dépendance à l’égard des bailleurs de fonds internationaux de plus en plus lourde. Déjà, les visiteurs européens de passage font miroiter des faveurs financières en échange de la bonne volonté de Tunis en matière migratoire » Dans l’actuel contexte économique très difficile que traverse la Tunisie, nous sommes en position de faiblesse. Mais la société civile est prête à monter au créneau si le gouvernement devait être tenté de céder aux pressions européennes « , rappelle le politologue Mohamed Limam.

N’en doutons pas, la résolution du CER autant que les espèces sonnantes et trébuchantes de l’UE finiront par avoir raison des maigres résistances tunisiennes !

Le 4 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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2 Réponses to “Nous l’avions revendiqué, l’Union européenne semble devoir s’y résoudre.”

  1. Hervé J. VOLTO septembre 4, 2018 à 10:05 #

    Pour renverser le courant de l’immigration, faudrait avant tout réformer le code de nationalité : NAIT FRANCAIS TOUT CITOYEN NE DE PERE ET DE MERE CATHOLIQUES !

    Il faudrait ainsi protéger l’identité nationale qui est indo-européenne et judéo-Chrétienne, arréter toute nouvelle immigration non-Chrétienne, instaurer le rpincipe de préférence nationale : arréter les pompes aspirantes ! Enfin , il faudrait organiser le retrour des immigrés dans leur pays d’origine.

    Pour celà, il faudrait proposer une concertation internationale sur les mouvements de population, METTRE NE PLACE LES REVANDICATIONS DU CER, coupler le retour des immigrés avec l’aide à leur pays d’origine, AIDER FINANCIEREMENT L’ITALIE, LA LYBIE ET LA TUNISIE, supprimer les cartes de séjour de 10 ans tacitement reconductibles, prévoir le retour des chomeurs en fin de droit, procéder à l’expulsion effective des clandestins et des délinquants étrangers, organiser le retour chez eux des étudiants étrangers à l’issu de leurs études.

    Il faudrait développer les moyens de renseignement (un effort important doit être consentit au profit de la DGSI (qui tourne au ralentit à l’intérieur) par rapport à la DGSE (exellente à l’étranger), des satélites de reconnaissance et de tous les systèmes d’information et de commendement, et que des moyens d’écoute et d’analyse des télécommunications), puis créer un organisme de contrôle des frontière et de contrôle de populations étrangères (à l’image du service des douannes, à renforcer, regrouper certaines compétances aujourd’hui Police de l’Air et les Frontières, les Renseignements Teritoriaux (ex-Renseignements Généraux), la DGSI et les Douannes volantes, avec mission de rendre les fontières étanches à l’immigration clandestine et de controler les étrangers présents sur le territoire national)…

  2. Hervé J. VOLTO septembre 4, 2018 à 10:37 #

    Car ce n’est pas finit ! la situation internationl risque de nous jeter de nouvelles hosrdes d’immigrès sur les plges européennes, comme dans le Camp des Saints de Raspail. Pardon de faire un peu long : après celle-ci, je laisserait la parole à quelqu’un d’autre…

    L’Argentine tente d’éloigner la tourmente financière : Buenos Aires va donner un tour de vis supplémentaire pour atteindre un déficit budgétaire zéro dés 2019 afin de convaincre le Fonds monétaire international de l’aider massivement, à l’heure où les Vénézuelliens fuient en masse leur pays affamé par une funeste dicateure communiste: milliers de Latinos pourraient venir en Europe, via l’Espagne.

    En Afrique, les Européens à la peine face aux Chinois : alors que s’ouvre l’importantissime sommet Chine-Afrique à Pékin, les Européens et les Américains cherchent à éviter que le continent tombe totalement sous l’influence de la Chine et sa pensée marxiste-léniniste.

    -L’Armée populaire est un acteur majeur de la relation sino-africaine !

    Pour Raphaël Rossignol, docteur en Sciences économiques et politiques de l’EHESS, la diplomatie militaire chinoise repose sur la formation, la fourniture d’armes et la coopération entre États-majors chinois et africains. Le communisme en Afrique ne ferait que porter des hordes de migrants en Europe.

    L’Italie joue l’affrontement avec Bruxelles sur le déficit :

    -Nous devons faire passer les Italiens en premier ! assure le leader du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, ne reniant pas la pensée profonde de Matteo Salvini, leader de la Ligue.

    Les dirigeants de la coalition au pouvoir en Italie se prononcent toujours en faveur d’une marge de manoeuvre pour les dépenses budgétaires l’an prochain, au risque de contrarier l’Union européenne mais aussi les investisseurs. Car depuis que Fitch a abaissé à «négative» la perspective de la note souveraine de l’Italie, ni le dirigeant de la Ligue, Matteo Salvini, ni son homologue du Mouvement 5 Etoiles (M5S), Luigi Di Maio, n’ont renoncé à leurs promesses de campagne de réduire les impôts et d’augmenter les dépenses de protection sociale. Et d’afficher une volonté déterminée de refoulé tout immigré qui pourraient ainsi venirpour un tier en Allemagne, pour un tier… en France, et pour un tier, dans l’ensemble des pays du Nord !

    Le PPE est-il encore dans le camp pro-européen ou non ? Viktor Orban a profité de la pause estivale pour prendre la tête de la croisade contre l’intégration européenne et la démocratie libérale. Son programme en cinq points exposé dans le Bild est clair :

    -protection de la culture Chrétienne de l’Union par un rejet de l’idéologie multiculturelle, protection du modèle de la famille traditionnelle et des enfants, qui ont le droit d’avoir un père et une mère , protection des secteurs économiques nationaux stratégiques, protection des frontières nationales avec un rejet de l’immigration et enfin égalité entre toutes les nations au sein de l’UE !

    Une profession de foi,soutenue par les autres Pays de Visegrade (Pologne, République Tchèque, Slovaquie) et de l’Autriche de Krstian Kurtz, et qui a soulevé l’enthousiasme de son admirateur Matteo Salvini, le ministre italien de l’Intérieur, qui a reçu le Premier ministre hongrois en grande pompe la semaine dernière à Milan. A quand le même programme en France ?

    La france doit-elle proposer la création d’un Conseil de Sécurité Européen pour les actifs stratégiques ou entamer un FREXIT ? Car côté Brexit, la charge de Boris Johnson contre Theresa May montre que les négociations pour la sortie de l’Union européenne sont un véritable chemin de croix pour la Première ministre, contestée jusque dans son camp, qui la juge trops consiliante avec l’UE…

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