Ne lâche rien, Viktor, nous sommes à tes côtés !

16 Sep

Le rapport haineux de l’élue écologiste néerlandaise (verte dehors, rouge dedans) Judith Sargentini sur la politique du premier ministre hongrois Viktor Orban a finalement été adopté, par le Parlement européen, à une large majorité : 448 voix pour, 197 contre et seulement 48  abstentions.

L’article  7 du traité de l’Union, procédure aussi exceptionnelle que stigmatisante, actionnée une seule fois jusqu’alors dans l’histoire de l’UE (par la Commission contre la Pologne fin 2017), devrait donc pouvoir être activé à l’encontre du gouvernement de M. Orban, toujours membre du Parti populaire européen (PPE), le rassemblement des forces conservatrices de l’Union, mais devenu la coqueluche des droites les plus fermes pour sa politique antimigrants. Par ce vote, le Parlement de Strasbourg prétend dénoncer des  » risques clairs de violation grave de l’Etat de droit en Hongrie «  et invite les Etats membres, au Conseil, à se saisir de la question. Si l’article  7 est mené à son terme, le pays incriminé restant absolument non coopératif, il peut aller jusqu’à une suspension des droits de vote de la Hongrie, soit une quasi-exclusion du jeu européen.

La belle affaire !

Un scénario d’ailleurs très hypothétique : la procédure est complexe et son efficacité n’a encore jamais été prouvée. Ainsi, le gouvernement du PiS à Varsovie refuse toujours d’amender substantiellement ses réformes de la justice jugées problématiques par la Commission. En alerte, le gouvernement hongrois s’est en tout cas empressé, mercredi, de contester le mode de calcul des voix à Strasbourg, jugé « frauduleux  » par Zoltan Kovacs, le porte-parole de M. Orban. Pour  » passer  » au Parlement, l’article  7 nécessitait un seuil de deux tiers des suffrages exprimés (hors abstentions). Ce seuil a été atteint grâce aux votes des sociaux-démocrates, des libéraux et de l’extrême gauche. Mais c’est le soutien de 115  élus PPE, plus de la moitié du groupe à Strasbourg (218), qui a fait la différence. Ce qui confirme que l’on est bien trahi que par les siens…

Le changement d’attitude des caciques du groupe conservateur, longtemps tolérants à l’égard de la politique anti-Bruxelles et antimigrants de M. Orban, a été déterminant. Et l’on est en droit de s’interroger sur les compensations qu’ils ont dû obtenir en échange de leur vote, la corruption n’étant pas la dernière des méthodes de gouvernement au sein de l’Union européenne.

Mardi 11  septembre, après que M. Orban a livré un nouveau discours sans concession à Strasbourg, dénonçant un  » chantage «  de l’Union, Joseph Daul, le président du PPE – un Alsacien réputé proche de la chancelière Merkel (« dis-moi qui sont tes amis et je te dirai qui tu es« ) –, a posté un Tweet en forme de désaveu :  » L’Union européenne est fondée sur la liberté, la démocratie, l’égalité, l’Etat de droit, le respect des droits de l’homme et une société civile libre. Le PPE ne fera pas de compromis là-dessus, quelle que soit l’affiliation politique.  » Plus tard, Manfred Weber, sujet allemand et chef du PPE à Strasbourg (et candidat à la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission), indiquait qu’il allait voter  » en faveur de l’article  7  » :  » J’ai toujours été favorable au dialogue et je continue à l’être mais hier, je n’ai constaté aucune volonté du premier ministre hongrois de faire un pas vers nous. « 

Quelles conséquences aura ce vote, qualifié d’historique à Strasbourg ? Fera-t-il changer la politique de M. Orban vis-à-vis des migrants ? Reculera-t-il sur ses mesures intitulées  » Stop Soros  » entravant l’action des ONG aidant les demandeurs d’asile ? Cela semble heureusement bien improbable.

 » On espère que cela lui mettra un peu la pression « , glissait une source du PPE, même si le dirigeant hongrois, dans le huis clos de la réunion du groupe, la veille du vote, n’a accepté aucun compromis. Le PPE ira-t-il jusqu’au bout de la clarification, en rejetant définitivement la ligne de M. Orban, et en évinçant son parti, le Fidesz, à neuf mois du scrutin européen de mai  2019 ? Rien n’est moins sûr. Le règlement intérieur du PPE prévoit l’exclusion d’un membre à condition qu’elle soit  » soumise par la présidence ou par sept partis membres ordinaires ou associés issus de cinq pays différents « . Loin d’être tranchée, la question pourrait s’inviter au sommet des dirigeants du groupe, dès le 20  septembre à Salzbourg, ou en novembre à Helsinki, pour le Congrès du parti.

Ces dernières heures, l’éviction n’était plus d’une actualité brûlante. Personne, lors de la réunion de groupe mardi face à Orban, n’a demandé son départ, selon plusieurs sources présentes dans la salle. Manfred Weber est resté très prudent pour ne pas dire muet, mercredi sur Twitter :  » Les semaines qui viennent doivent permettre de commencer le dialogue, pas d’y mettre fin. Les valeurs européennes ne sont pas négociables pour nous.  » Beaucoup, en interne, refusent de céder aux  » manœuvres  » des autres partis politiques, la droite dure de l’Italien Matteo Salvini et de Marine Le Pen, les sociaux-démocrates ou Emmanuel Macron et les libéraux, qui rêveraient de déstabiliser le PPE en lui faisant perdre son statut de premier parti de l’Union, incontournable à Bruxelles. Laisser partir M. Orban ferait courir le risque, selon nombre de conservateurs, de se priver d’une partie des sensibilités très droitières du parti paneuropéen.

De fait, Emmanuel Macron a fait de son opposition au dirigeant hongrois et à sa vision ultranationaliste un des grands axes de sa campagne pour le scrutin européen. Nathalie Loiseau, la ministre française des affaires européennes, déclarait juste avant le vote :  » J’aurais du mal à comprendre que des partis de centre droit affichant des valeurs européennes fortes et leurs croyances dans les valeurs fondamentales – … – considèrent qu’il y a un risque fort de violation de l’Etat de droit en Hongrie mais que le Fidesz reste bienvenu dans le PPE.  » Décidément, nos dirigeants politiques nationaux sont toujours prêts à hurler avec les loups. Surtout quand c’est une louve et qu’elle se prénomme Angela !

Au PPE, certains ont déjà trouvé la parade pour éviter de tomber dans le  » piège  » que leur tendrait le président français.  » L’article  7 va arriver sur la table du Conseil. Nous, nous avons pris nos responsabilités au Parlement. C’est aux Etats membres, dont la France, de les prendre maintenant vis-à-vis de la Hongrie « ,glisse un proche de M. Weber. Or, rien ne dit à ce stade que les chefs d’Etat et de gouvernement oseront mettre à l’index l’un des leurs alors que le Brexit à venir requiert toute leur unité.

Comme nous le répétons souvent désormais, rendez-vous au printemps 2019, lors des prochaines élections européennes. Nous pourrons y dire notre colère et notre volonté d’abattre cette association de malfaiteurs qu’est devenue l’UE.

Le 16 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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3 Réponses to “Ne lâche rien, Viktor, nous sommes à tes côtés !”

  1. Hervé J. VOLTO septembre 16, 2018 à 10:20 #

    Pourquoi attendre les élections, il faudrait composer un Gouvernement Provisoire structuré, se faire connaître, se faire admettre. Ainsi, en version Cheval de Troie, la Contrerévolution, ou révolution intérieure, pourra se faire.

    Pas un Parti Politique avec des discours, non, un vrai Gouvernement avec un vrai programme, et un vrai Porte-Parole !

    Inspirons-nous de Coluche et de Gröland.

  2. JeanAndré septembre 16, 2018 à 8:44 #

    Ceux qui ont mis la Pologne et la Hongrie à l’index pour la soit-disant non conformité de certaines de leurs initiatives sur le plan des principes démocratiques, feraient mieux de jeter un coup d’oeil sur les continuelles violations de l’Etat de Droit en Grèce de la part de l’actuel gouvernement cryptocommuniste et cryptofasciste à la fois de M.Alexis Tsipras. Il faut dire que, lui, collabore activement avec les gouvernements immigrationistes européens, alors non seulement on ferme les yeux sur ses violations réelles de l’indépendance de la Justice et de la liberté de la Presse, mais on le cajole honteusement… . C’est bien la preuve, si besoin était, de la véritable raison pour laquelle MM. Kasinski et Orban sont l’objet de telles vexations de la part même de leurs coolègues du P.P.E.

  3. hathoriti septembre 17, 2018 à 8:57 #

    Je redoute les trahisons, les coups bas,les magouilles, les mensonges, le martelage mental des journaleux aux ordres…Je redoute la réaction de (trop) de français victimes du formatage scandaleux qui, l’an dernier, a porté au pouvoir l’individu arrogant,menteur et incompétent, celui qui insulte les français mais aussi les chefs d’état étrangers,ce charlatan en un mot, qui prétend diriger la France ! Espérons contre toute Espérance que nous aurons, nous aussi, notre ORBAN -SALVINI- POUTINE -TRUMP et que ce sera le ROI !

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