Mairie de Paris : la fête est finie.

18 Sep

Le 30  mars 2014, autant dire il y a un siècle, tout ce que Paris comptait de bobos et de gauchos en liesse, chauffés par Bruno Julliard, son porte-parole, acclamaient Anne Hidalgo montée…sur un podium installé devant l’Hôtel de Ville. Elle était alors souriante et visiblement émue après avoir été élue maire de Paris. Dans un geste d’affection spontanée, Bertrand Delanoë, debout derrière elle, se pencha brusquement pour embrasser celle qui fut son adjointe pendant treize ans. Tout autour, l’équipe de campagne était aux anges. Au-dessus de leurs têtes, de beaux ballons blancs portant les mots  » Merci Paris «  flottent dans le ciel de printemps.

Quatre ans plus tard, la fête est finie, la photo déchirée, les ballons dégonflés. La maire et son prédécesseur sont fâchés, Bruno Julliard tire sa révérence, le peuple de Paris (même les bobos et les gauchos) ne brandit plus de drapeaux roses mais des brassées de reproches et les ennuis s’accumulent pour Anne Hidalgo : désastre du renouvellement des Vélib’, faillite d’Autolib’, polémiques sur la propreté de la ville ou bataille des berges de Seine, rien ne va plus. Et la critique fait feu de tout bois. L’histoire semble s’être détraquée…pour une détraquée.

Ambitieuse et pleine de projets, Anne Hidalgo incarnait pourtant un possible renouveau à gauche. Elle portait haut l’environnement et vantait les mérites de la démocratie participative, jurait aux Parisiens de tout faire pour que leur ville  » soit au rendez-vous du XXIe  siècle  » ! Pendant les deux premières années, sa clientèle l’a crue. Jusqu’au jour où, par un soudain renversement de générations, Emmanuel Macron a fait irruption sur le devant de la scène. De l’avis général, c’est l’ascension puis l’élection du président de la République qui ont fait trembler la terre sous les pieds de la maire de Paris.

D’abord, M.  Macron lui a volé la vedette. Comme l’explique l’un de ses adjoints,  » celle qui incarnait la nouveauté s’est trouvée reléguée au monde d’avant « . Surtout, En marche ! a fait un tabac dans la capitale. La ville qui avait élu Anne Hidalgo à 53,34  % trois ans plus tôt délaisse le candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon, au profit d’Emmanuel Macron, qui a reçu le soutien de Bertrand Delanoë mais que la maire de Paris a pourtant durement critiqué pendant la campagne. Très vite, certains adjoints, sentant le vent tourner, se rallient à La République en marche (LRM) et des tensions se font jour au sein de la majorité municipale. Phénomène bien naturel dans ce milieu.

En parallèle, l’exécutif parisien connaît ses premières défections. En octobre  2017, l’adjoint aux finances, Julien Bargeton, quitte la mairie pour rejoindre son siège de sénateur LRM. Le 28  août 2018, l’adjoint au logement, Ian Brossat, prend la tête de la liste communiste pour les européennes à Paris. Il promet de démissionner de son poste d’adjoint s’il entre au Parlement européen alors que, statutairement, rien ne l’y oblige.

Composé de socialistes, de communistes, d’écologistes et de  » marcheurs  » (entendez de chevaux de Troie de Jupiter), l’exécutif ne correspond plus à la carte électorale de la capitale où Jean-Luc Mélenchon a également fait un bon score au premier tour de la présidentielle. La maire se sent en terrain hostile. Elle est sur la défensive. Le destin national que lui prédisaient ses amis n’est plus de saison, la belle confiance d’hier s’est muée en appréhension. Elle s’absente beaucoup pour promouvoir sa ville en dehors des frontières et, quand elle est à Paris, son caractère dérange. Mais c’est trop tard :

Ou plutôt, son  » mauvais caractère « , comme le décrit son entourage. Ce durcissement ne date pas du changement de paysage politique, mais sa dénonciation se fait de plus en plus ouverte à mesure que des divergences apparaissent au sein de l’exécutif. Elle qui  » claquait la bise à tout le monde dans les premiers temps « , selon les mots d’un chargé de mission, est désormais accusée d’être cassante, colérique, et de ne pas supporter la contradiction.  » C’est une personne très ouverte, mais elle s’est recroquevillée face à la difficulté « ,commente un ancien membre de son cabinet.

La collégialité revendiquée, qui avait bien fonctionné au début, se met à avoir des ratés. Contrai-rement à Bertrand Delanoë, qui contrôlait tout de manière obsessionnelle, la maire se voit bientôt accusée d’empiler des projets qu’elle ne suit pas d’assez près. De son côté, l’administration parisienne ne se rallie pas comme un seul homme à ce feu d’artifice de nouveautés. Le suivi des budgets participatifs représente un surcroît de travail et les fonctionnaires n’apprécient pas toujours de voir leur expertise concurrencée par les décisions citoyennes.

D’autant que les membres des cabinets, souvent jeunes, ne font pas toujours le poids face aux énarques et aux ingénieurs de la Ville de Paris, vieux routards de la politique municipale. Enfin, sur certains sujets, Anne Hidalgo refuse d’écouter. La direction juridique lui avait ainsi déconseillé le contrat avec JCDecaux sur les panneaux publicitaires de la Ville de Paris. Elle n’en a pas tenu compte. Résultat : en février, le conseil d’Etat a annulé le contrat, Decaux a dû démonter 1 630 panneaux et l’équipe municipale ne pourra plus communiquer de cette façon avec les Parisiens avant l’été 2019. Sans parler du manque à gagner financier puisque la Ville n’encaissera pas la redevance due par l’entreprise.

Normalement, affirme l’un de ses adjoints, un échec de ce genre n’aurait pas pris d’ampleur, mais dans le contexte du  » Hidalgo bashing  » dénoncé par ses amis, l’affaire a fait florès. Notre-drame de Paris, le livre à charge d’Airy Routier et Nadia Le Brun (Albin Michel, 2017) n’y a pas été pour rien, mais on dénonce surtout, dans l’entourage de la maire, les manœuvres de ses adversaires politiques en vue des municipales de 2020.

Suivez mon regard…

Le 18 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “Mairie de Paris : la fête est finie.”

  1. hathoriti septembre 20, 2018 à 11:15 #

    Ha!Ha!Ha! Quel cloaque puant (pléonasme) que celui de la gauche ! Tous ces traîtres abrutis, se poussant, se dénonçant, se bouffant le nez pour plus de fric, de pouvoir (de nuisance) …laissant les vrais français désemparés devant la montée de l’islam et l’insécurité galopante entre autres joyeusetés ! Lors des élections municipales, je n’avais pas pour « ça », cette garce de gauche me déplaisait autant que l’autre, dite « de droite », la NKM (qui a disparu du paysage politique) cette bobo snob et idiote, non merci ! aucune des 2 ! j’ai pas voté ! depuis,j’ai quitté Paris pour la province et je suis bien contente de savoir que mes impôts n’iront plus alimenter les caisses de cette sal…e !

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