La République en Marche : elle a le président qui lui ressemble.

22 Sep

Finalement, on connaît encore assez mal La République en Marche (LRM), le mouvement créé par les amis d’Emmanuel Macron en avril  2016 et qui a accompagné sa conquête de l’Elysée. C’est ce qui fait l’intérêt de l’étude que Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean Jaurès, vient de consacrer au profil des sympathisants de LRM.

Cette radioscopie repose sur l’analyse de l’enquête électorale du Centre de recherches de Sciences Po, réalisée par Ipsos et Le Monde depuis décembre 2015. Sur la base de la dernière vague de cette enquête, menée en juin 2018 auprès de 12 387 électeurs, un échantillon de 1 696 sympathisants de LRM a été circonscrit. Il s’agit de citoyens qui répondent que le parti dont ils  » se sentent le plus proches «  est celui des  » marcheurs « . Un noyau plus large que les adhérents, mais plus étroit que les électeurs.

Ces sympathisants, qui étaient quasi inexistants en janvier 2017, représentent actuellement 14 % de l’ensemble de l’échantillon, contre 14 % pour Les Républicains, 13 % pour le Rassemblement national, 9 % pour le Parti socialiste, 7  % pour La France insoumise et 25  % qui ne se sentent proches d’aucune formation. Si l’émergence du parti présidentiel est indéniable, elle ne lui permet pas pour autant de dominer le paysage politique.

Premier constat : les sympathisants de LRM ne sont ni particulièrement jeunes ni particulièrement urbains. Ils sont surreprésentés (+ 6 points par rapport à la moyenne des Français) chez les plus de 64 ans (ce qui explique le malaise actuel des retraités à l’égard d’Emmanuel Macron) et ils sont à peine moins nombreux (– 2 points) dans le monde rural que dans les grandes villes (+ 2 points). En revanche, ils se qualifient d’ « optimistes« .

Second constat : ils sont les représentants d’une France qui va bien et qui a peu de soucis (ce qui n’est pas très représentatif de l’ensemble de la population…). C’est vrai de leur catégorie socio-professionnelle : les cadres supérieurs sont en nombre (16 % contre 11  % en moyenne), contrairement aux employés et ouvriers (17  % contre 27  % en moyenne). De même, ils sont plus diplômés et plus aisés que la moyenne : 27 % ont un diplôme au moins égal à bac + 4 (+ 8 points) et 38  % ont un revenu mensuel supérieur à 3 500 euros (+ 12 points). Enfin, c’est parmi les sympathisants de LRM que l’on trouve le plus grand nombre de Français ayant le sentiment d’avoir  » réussi leur vie  » : 58 %, contre 52 % chez les sympathisants proches du parti Les Républicains (LR), 49 % chez les socialistes, 40 % chez les  » insoumis  » et 39 % chez les frontistes.

Enfin, 61 % d’entre eux considèrent que  » la démocratie fonctionne bien « , à rebours de l’ensemble des Français (28 %). Toutefois, ils ne sont pas insensibles à la tentation d’un pouvoir fort : 46 % ont le  » sentiment que la France devrait avoir à sa tête un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ni des élections  » (suivez leur regard…).C’est moins qu’au RN (55 %), mais autant qu’à LR et beaucoup plus qu’à gauche.

L’électorat d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle penchait nettement à gauche, 47  % des électeurs de François Hollande en  2012 ayant voté pour lui. Un an plus tard, le centre de gravité des sympathisants de LRM a glissé sensiblement vers la droite. Parmi les sympathisants d’aujourd’hui, 40  % se déclaraient proches de LR ou de l’UDI en septembre  2016, 7  % proches du MoDem et 27 % seulement proches du PS. Cette évolution confirme les nombreux sondages qui relèvent la  » droitisation  » de l’image du président. Mais c’est surtout la confirmation qu’entre la fausse droite et la non moins fausse gauche il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier. C’est, grandeur nature, la bonne vieille ex-

Sans surprise, les  » marcheurs  » plébiscitent à 91 % la personnalité du chef de l’Etat et à 93  % (+ 48 points par rapport à la moyenne) son action durant sa première année de mandat. Qu’il s’agisse du respect des engagements de campagne, du rythme des réformes ou de leur effet positif, leur soutien est massif. Et ils se démarquent nettement du reste des Français sur le caractère inégalitaire de la politique économique et sociale : 47  % jugent qu’elle profite avant tout aux catégories aisées, contre 76 % pour l’ensemble des Français qui considèrent Emmanuel Macron comme le  » président des riches « . Simplement Macronophiles ou carrément Macronolâtres ? Finalement, on ne sait plus.

Comme leur président, ses sympathisants sont de fervents partisans de la construction européenne. Pour 63 % d’entre eux, le mot  » Europe  » est positif, contre 41  % pour l’ensemble des Français ; il est négatif pour 16  % seulement d’entre eux (contre 35  % en moyenne). De même, ils sont 81  % (27 points de plus que les LR) à préconiser  » plus de libre-échange pour permettre aux entreprises françaises de conquérir de nouveaux marchés « . Le fric, encore le fric, toujours le fric.

De manière générale, cette cohésion est remarquable sur l’ensemble des questions économiques. Comme dans toutes les familles politiques, les sympathisants LRM placent la lutte contre le chômage au premier rang des priorités mais sans pour autant savoir comment y parvenir…. En revanche, ils sont les seuls pour lesquels la compétitivité des entreprises est citée (à 38 %) comme la deuxième priorité, devant le pouvoir d’achat, l’immigration ou la criminalité. Pas étonnant qu’ils n’aient pas encore compris que la crise migratoire est la plus grave tragédie de tous les temps vécue par le continent européen.

De façon également symptomatique, s’ils ont majoritairement (55 %) une opinion positive du service public, ils n’en préconisent pas moins, pour 52  % d’entre eux, une réduction du nombre de fonctionnaires (contre 38  % pour l’ensemble des Français).

Ils sont en revanche beaucoup plus partagés sur la question de la redistribution. Ainsi, 29 % approuvent l’idée de  » prendre aux riches pour donner aux pauvres « , 30 % (soit autant) la réprouvent et 41 % ne tranchent pas.

L’identité quant à elle fait débat au sein de LRM. Si les sympathisants sont massivement libéraux sur des questions de société, comme l’homosexualité ou la peine de mort, ils sont davantage partagés au sujet de l’immigration et de l’islam. Ainsi,37 % approuvent l’idée qu’ » il y a trop d’immigrés en France « , contre 26  % qui la récusent et 37  % d’indécis.  Autrement dit :  » c’est kifkif bourricot !  » De même, 44 % estiment que  » l’islam représente une menace pour l’Occident « , 28 % s’opposent à cette affirmation et 28  % sont indécis.

Au total, en dépit de la diversité de leurs origines politiques, ce sont des clones de leur idole. D’autres, plus critique ou…plus lucides, diront que ce sont des 

Le 22 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “La République en Marche : elle a le président qui lui ressemble.”

  1. Hervé J. VOLTO septembre 22, 2018 à 11:34 #

    Ci c’était des clowns, il serait facile de les renverser. Non, ce sont des imposteurs, des camaléons, des transformistes, des prostitués politiques qui vont là où souffle le vent. On a déjà vu çà Outre-Alpes avec l’Extrême-Centre de Matteo Renzi, qui voulait faire croire d’être socialement de gauche, économiquement de Droite, à la Tony Blair, sans être nationalement d’Italie, ce que les vrais patriotes transalpins, et les Royalistes parmi eux, n’ont pas accepté et donc l’ont sanctionné, faisant vaincre Matto Salvini, Conte n’étant qu’un pête-nom et les 5 Etoiles n’étant qu’un LREM à l’italienne. Ou plutôt, ce serait LREM qui serait un mouvemts 5 étoiles à la Française.

    Ce sont des gens qui, derrière leur volonté de « réformer » le système, ne font que le maintenir en vie, les extrêmes faisant semblant de constituer une nécessaire opposition. Et avce renzi, on vu Outre-Alpes ce que çà a donné : plus de taxes et moins de sécurité car plus d’immigrés. Ils n’ont pas de programme, seulement des mesurettes de circonstances, voulant rassurer les gens de Droite que la Gauche n’existe plus et ceux de Gauche que la Droite n’existe plus. Et de continuer à permttre à ceux qui font du « business » de le faire et aux immigrationsites de les faires venir, au grands dam d’honnêtes gens à qui on avait promis le contraire.

    D’où la politique du grand écart du LREM et une certaines imposture parfaitement démasqués par le CER. Là où le Président s’etait démasqué, c’est qu’après une clein d’oeil aux Royalistes, Emmanuel Macron continue d’appeller son mouvement LA REPUBLIQUE EN MARCHE, et non LA FRANCE EN MARCHE, comme l’aurait appellé un authentique Royaliste, fusse-t-il Orléaniste. Certains de nos Princes pensent qu’Emmanuel Macron serait le passeur qui fera traverser la France des rives de la République à celles de la Royauté. S’il ne l’a pas liquidée avant comme un simple LAND d’une Europe pas très Catholique…

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