Avant qu’il soit trop tard.

24 Sep

Il est urgent de s’interroger sur le rôle néfaste du transport aérien dans la destruction de l’environnement.

Car bien peu de gens en parlent. Comme si le sujet était tabou. Mais pourquoi ? Parce qu’il est TABOU.

Il l’est parce qu’en parler c’est d’abord toucher à l’un des principaux privilèges de nos élites : se déplacer en avion (on estime que 3  % de la population mondiale prend l’avion au moins une fois chaque année, et que 18  % est déjà montée dans un avion). Les migrants, eux et dans la plupart des cas, ne se déplacent pas en avion !

Il l’est aussi parce qu’en parler c’est faire de l’ombre à une activité qui se veut aussi florissante que tyrannique : le tourisme. Dont nous savons pourtant, depuis la judicieuse remarque de Jean Mistler, qu’il s’agit en réalité de  » l’industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux chez d’autres qui seraient mieux sans eux ! « 

Il l’est aussi par le nombre considérable d’acteurs impliqués dans ce domaine, du lobby du transport jusqu’à celui des énergies fossiles en passant par celui…des pilotes de ligne.

Mais le pire, c’est que cela ne devrait pas s’arranger, en partie en raison du développement des vols low cost et de la hausse des revenus des classes moyennes encore privilégiées dans le monde. Au rythme actuel, le nombre de passagers va doubler d’ici à 2035, pour dépasser les 7  milliards par an. Une manne qui fait briller les yeux de tous ceux que nous citions plus haut.

Résultat : le secteur de l’aviation a été explicitement exclu du protocole de Kyoto sur le changement climatique. Jouissant d’une dérogation permanente pour tout ce qui touche à la taxation des carburants (le kérosène n’est pas taxé, en vertu d’une convention datant de 1944) et des billets (TVA zéro dans la plupart des pays), le transport aérien est aujourd’hui, de fait, un secteur où les émissions de CO2 sont subventionnées !

L’aviation est responsable de 2 % des émissions de CO2. Mais ce chiffre ne dit rien de ce qu’il va devenir avec le doublement du trafic annoncé. Dans la perspective de  » zéro émission nette  » durant la seconde moitié du XXIe  siècle décidée par l’accord de Paris, cette hausse conduira à reporter sur d’autres secteurs les efforts d’atténuation. Les représentants de la profession ont proposé les premiers objectifs climatiques de leur histoire il y a tout juste deux ans. 191 pays ont pris l’engagement de réduire de 50  % les émissions en  2050 comparativement à leur niveau de 2005.

Mais comment atteindre ces objectifs dans un secteur en pleine expansion ? Quatre solutions sont mises en avant par les professionnels. La première est l’usage de biocarburants ou de carburants alternatifs, déjà incorporés en mélange au kérosène à hauteur de 10  % dans les flottes de certains pays (Brésil, Indonésie, Etats-Unis notamment). L’inconvénient des carburants alternatifs actuels est qu’ils sont consommateurs de terres et entrent en concurrence avec l’alimentation. La deuxième solution réside dans la compensation des émissions de CO2 par le financement d’activités d’atténuation. Mais l’Arabie saoudite, avec le soutien des Etats-Unis, a obtenu d’inclure la production de  » pétrole propre  » (parce que produit par des raffineries alimentées en électricité renouvelable) afin de contourner l’obligation de compensation…

Les deux dernières voies consistent à augmenter les performances énergétiques des moteurs et à optimiser les trajets afin de contribuer à la création de formations nuageuses à pouvoir refroidissant. Mais ces solutions, qui semblent surtout destinées à allumer des contre-feux face à la pression environnementale, ne changent pas les termes de l’équation : l’aviation demeure un secteur dont le poste de coût essentiel est le carburant, lequel est aujourd’hui fossile à plus de 90  %.

La réduction de la consommation d’énergie est une nécessité intégrée désormais dans les scénarios de l’Union européenne (UE) pour tous les autres secteurs. Appliquée à l’aviation, elle signifie à terme très concrètement de….moins prendre l’avion. Et donc de remettre en cause son modèle économique low cost, dont le coût n’est d’ailleurs pas si bas si tant est qu’on y inclue le coût pour l’environnement.

Or, on ne connaît pas d’autre solution pour changer les comportements que de mettre un vrai prix aux services que l’on consomme. Alors, à quand un plafond d’émissions pour les vols de courte distance en Europe ?

Le transport ferroviaire s’en porterait sans doute mieux.

Le 24 septembre 2018.

Pour le CER, le Conseiller  chargé  de l’économie, des finances et de l’industrie.

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Une Réponse to “Avant qu’il soit trop tard.”

  1. HERVE JOSEPH VOLTO septembre 24, 2018 à 10:06 #

    C’est vrai que Bruwelles n’est qu’à un heure de TGV de Paris !

    Dimanche 23 Septembre 2018, Nicolas Dupont-Aignan s’est déclaré candidat-tête de liste aux européennes au Cirque d’Hiver de Paris, où étaient réunies environ 1 000 personnes. Au même moment, Marine Le Pen était à la Fête du drapeau de Mantes-la-Ville (Yvelines). Ce lundi, le chef de Debout la France enverra son manifeste « Amoureux de la France, unissons-nous ! » à Marine Le Pen et à Laurent Wauquiez.

    En Italie, ils ont vaincu les élections car ils ont eu le courage de dire à la Beppe Grillo VAN FANCULLO à la Gauche et de réunir tous les amoureux de l’Italie : une cohalliton Forza Italia (équivalant transalpin de nos LR), Fratelli d’Italia (équivalant Outre-Alapin du notre Rassemblement national) et Lega Italiana(ex-Lega Nord, équivalant spahguetti de nos autonomistes corses appliquant leurs idées eurospetiques à toute l’Italie et non plus seulement à la région Nord-Padana), elle-même allièe aux 5 ETOILES de beppe Grillo (celui des défouloirs verbaux colorés et équivalant latin de notre LREM).

    Résultat : pendant que les chiens Français aboie, la caravane italienne passe et ferme tous ses ports aux navires négriers : altroche un défouloir verbal coloré, un fuck – pardon, un doigt d’honneur- à la bien pensance laïque et obligatoire.

    Vue d’Italie, Nicolas Dupont-Aignan semble trépigner d’impatience, quelques heures avant l’annonce officielle. Il est le premier à entrer en piste comme tête de liste aux européennes.

    -On a le candidat (lui-même, ndlr), on a le projet, on y va ! débite-t-il à toute vitesse.

    De numéro deux dans l’entre-deux tours de la présidentielle, alors éphémère allié de Marine Le Pen en échange d’un hypothétique poste de Premier Ministre -Nous aurions eu là peut-être un grand Richelieu- le voilà numéro 1 de «sa» liste. Créneau souverainiste, avec le coq Français pour symbole (nous, on préfère les Lys, mais, bon en attendant mieux…).

    C’est pourtant bien par rapport à Marine Le Pen que «NDA» a choisi son timing. Conforté par un sondage Odoxa qui lui donne 6,5 % d’intentions de vote à huit mois du scrutin, le leader de Debout la France a attendu le meeting de Fréjus pour voir si la présidente du RN dévoilerait son jeu d’alliances…

    -Marine Le Pen n’est pas candidate, se réjouit-il auprès de certains médias Français en ligne avant de descendre dans l’arène du Cirque d’hiver. Elle n’a pas de tête de liste, pas de candidats, pas de projet européen. Je l’ai soutenue loyalement l’an dernier, j’ai été nickel même après le débat raté… Maintenant, c’est à elle de me soutenir !

    Réglo…

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