Pourquoi le Brexit, contrairement au prêt à penser, a toutes les chances de réussir.

26 Sep

Malgré ce que proclament chez nous les europhiles et autres eurolâtres, il faut le dire avec force :

1/ NON, les Britanniques n’ont pas changé d’avis et quittent bien l’Union européenne (UE),

2/ NON, le Royaume-Uni n’est nullement en train de s’effondrer.

Comme nous le prévoyions au moment du référendum, face au vacarme de tous ceux pour qui l’Union européenne reste  » l’horizon indépassable de notre temps  » (comme le fut le marxisme dans la pensée de Jean-Paul Sartre), après avoir subi des dégâts à court terme, le Royaume-Uni va sortir plus fort de l’épreuve et reprendre sa course au grand large pour se forger un nouveau destin, à la fois plus britannique et plus planétaire. Même si ce dessein grandiose se heurte aux dures réalités européennes, transatlantiques et mondiales.

Car, quelle est la logique économique et politique du Brexit ? Celle dont personne ne parle. La réponse est certes violente : libéré des règles européennes, le Royaume-Uni va pouvoir devenir un «  Etat-voyou  » sans contrainte ni entrave, poussant plus loin le dumping fiscal, la flexibilité du travail et la porosité aux pratiques financières pas toujours scrupuleuses. Avec sa City de Londres, transformée en  » plate-forme offshore débridée « , experte dans l’art de contourner les obstacles mis par Bruxelles pour qu’elle cesse d’être la capitale financière de la zone euro après le Brexit.

La City, grâce à son réseau d’anciens territoires britanniques convertis en paradis fiscaux, grâce à son opportunisme à l’égard de la Chine et aussi grâce à la complicité de certains Etats européens, comme l’Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas, ne cessera pas de prospérer après le divorce avec l’UE. C’est très exactement ce que nous écrivions déjà il y a plus de deux ans (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/07/01/bulletin-climatique-quotidien-1er-juillet-2016-de-la-republique-francaise/):

«  il y a fort à parier que les Britanniques vont déborder d’imagination pour utiliser, plus encore qu’aujourd’hui, les possibilités financières offertes par leur immense empire ex-colonial !

Les ennemis acharnés des paradis fiscaux ont encore bien du souci à se faire.« 

C’est ce que Marc Roche (1) appelle le  » cynisme admirable «  d’Albion et le  » double langage «  de ses responsables politiques – qui professent la vertu mais soutiennent les pratiques troubles – pour que l’économie britannique tire son épingle du jeu.

Mais le Brexit n’est pas un conte de fées : la réussitede ce Brexit se paiera sans doute par une destruction massive d’emplois et une aggravation de la pauvreté , dans un pays déjà champion de la précarité, de la faiblesse des garanties sociales et des inégalités. «  Les Britanniques ont toujours été darwiniens « , assure Marc Roche, tenant pour acquis que le pays  » accepte les inégalités « .

Pourtant, deux années de négociations l’ont démontré : les liens entre Londres et l’UE sont si denses que, dans ce divorce, ils sont encore difficiles à supprimer. C’est toute la perversité du système européen, patiemment tissé depuis 1951 mais dont le carcan n’a cessé d’être rendu, lors de chaque nouveau traité, plus coercitif.

Raison de plus pour claquer la porte au plus vite, ainsi que nous l’écrivions ici (2).

Le 26 septembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

(1) Marc Roche, journaliste et essayiste Belge, est chroniqueur au Point et auteur de plusieurs ouvrages parus chez Albin Michel, dont Le capitalisme hors la loi (2011) et l’enquête sur Goldman Sachs, La Banque (2010), Les banksters (2014) et Histoire secrète d’un krach qui dure (2016) ont eu un grand retentissement. Il a également co-réalisé le documentaire « Goldman Sachs, La banque qui dirige le monde » ainsi que celui, tout aussi sulfureux, sur la banque anglo-saxonne HSBC. Son dernier ouvrage est le suivant:

(2) « Brexit dur : et si c’était la bonne solution » :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/24/brexit-dur-et-si-cetait-la-bonne-solution/

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Une Réponse to “Pourquoi le Brexit, contrairement au prêt à penser, a toutes les chances de réussir.”

  1. HERVE JOSEPH VOLTO septembre 26, 2018 à 11:46 #

    La City, grâce à son réseau d’anciens territoires britanniques convertis en membres du Commonwelth, grâce à son opportunisme à l’égard de la Chine et aussi grâce à la complicité de certains Etats européens, comme l’Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas, ne cessera pas de faire propérer prospérer le Royaume Uni de Grande Bretagne après le divorce avec l’UE.

    Tout le reste n’est propagande, une porpagande insidieuse ayant pour but de décourager les autres pays de l’Union à suivre l’exemple de la GB, et dont seul les courageux Pay du Visegrade ont compris les arcanes pernicieuses.

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